L'allaitement est un processus naturel et bénéfique tant pour le bébé que pour la mère. Il est souvent associé à une perte de poids post-partum, mais la réalité est plus nuancée. Cet article vise à explorer en profondeur la relation entre l'allaitement et les dépenses caloriques, en démêlant les faits des idées reçues et en fournissant des informations précieuses pour les mères qui allaitent ou envisagent d'allaiter.
Dépense Énergétique et Allaitement : Les Bases
La dépense énergétique est un facteur très variable d’une personne à l’autre. Ceci est un facteur très important à prendre compte dans la définition des besoins énergétiques individuels. En effet, à cause cette variabilité, une prescription calorique généralisée n’a pas de sens. Il est connu depuis longtemps que la dépense énergétique est proportionnelle au poids. Ainsi, de nombreuses équations ont été établies pour calculer la dépense énergétique de repos à partir du poids. En fait, depuis les travaux de Ravussin, la masse maigre détermine la dépense énergétique de façon beaucoup plus précise que le poids. Ceci est vrai tant pour la dépense énergétique des 24 h que pour le métabolisme de base. Malgré cela, la plupart des équations qui permettent de calculer le métabolisme de base ou la dépense énergétique totale sont établies à partir du poids. Il n’y a pas encore d’équation satisfaisante permettant d’estimer le métabolisme de base à partir de la masse maigre.
Dans la dernière version les apports nutritionnels recommandés pour la population française (2001) deux équations sont proposées pour estimer le métabolisme de base à partir du poids. Femmes MB = 0,963 . P0,48 . T 0,50 . Hommes MB = 1,083 . P0,48 .T 0,50 . La dépense énergétique totale diminue au cours de l’âge, pour deux raisons. D’une part, le métabolisme de base diminue (environ 2 % tous les 10 ans, a priori à cause de la réduction de la masse maigre associée à l’âge sans qu’il soit possible de déterminer s’il existe un défaut métabolique spécifique du vieillissement). D’autre part, la dépense énergétique liée à l’activité physique est diminuée à cause de la réduction du temps passé en activités physiques. Il semble que le coût énergétique de chaque activité diffère très peu au cours de l’âge, à l’exception de certaines activités comme la marche quand elle s’accompagne de déficits physiques ou de handicaps.
La grossesse est une période d’adaptation du métabolisme énergétique. La femme va construire un organisme nouveau et mettre de l’énergie en réserve pour préparer la période d’allaitement. Ceci entraîne des modifications de la composition corporelle (augmentation du volume de certains organes, création de nouveaux organes comme le placenta, et augmentation de la masse grasse). Étant donné le peu de variations de la consommation alimentaire induites par la grossesse, il doit exister une adaptation des différents postes de la dépense d’énergie. La dépense énergétique de repos est augmentée en proportion de l’augmentation de la masse corporelle, et de la masse maigre ; c’est la partie la plus coûteuse de la grossesse. L’effet thermique de l’alimentation n’est pas modifié par la grossesse. Pour ce qui est des activités physiques pour lesquelles le poids a peu d’importance (par exemple la pratique de la bicyclette) le coût énergétique n’est pas modifié jusqu’au troisième trimestre. À la toute fin de la grossesse des modifications de la gestuelle (l’allure de la marche est différente) l’efficacité énergétique s’améliore, et permet de réaliser une certaine économie. On estime les besoins énergétiques supplémentaires associés à la grossesse à environ 260 kilocalories par jour, pendant les trois trimestres. Ceux-ci assurent une prise de poids raisonnable (entre 10 et 12 kg).
L’allaitement représente un coût énergétique supplémentaire à cause de la production du lait, du coût induit par le changement de masse grasse, et de ceux liés à la variation d’activité physique. Le volume de lait produit par jour est remarquablement constant entre les femmes, mais évolue au cours de l’allaitement. La valeur énergétique du lait est d’environ 0,61 kilocalories par g. Il en coûte environ 20 % de kilocalories en plus pour en assurer la synthèse. La dépense énergétique de repos et l’effet thermique des aliments ne sont pas modifiés au cours de l’allaitement.
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Allaitement et Calorie : Combien Brûle-t-on Réellement ?
Allaiter son nouveau-né implique de produire du lait maternel en quantité suffisante pour assurer sa bonne croissance et son bon développement. Le lait maternel contient environ 42 calories par 100 ml, que l’organisme de la maman doit dépenser pour sa production. D’après la Leche League « le coût énergétique total de l’allaitement est de 595 kcal/jour entre 0 et 2 mois post-partum, et de 670 kcal/jour entre 3 et 6 mois ».
L'allaitement maternel est un processus exigeant qui sollicite considérablement l'organisme de la mère. Pour produire du lait, le corps puise dans ses réserves d'énergie, ce qui entraîne une augmentation de la dépense calorique quotidienne. On estime qu'une femme qui allaite exclusivement brûle en moyenne entre 500 et 700 calories par jour, soit l'équivalent d'une heure de vélo.
- Production de lait : La fabrication du lait maternel est un processus énergivore. Chaque millilitre de lait produit nécessite un apport calorique spécifique.
- Dépense énergétique de base : L'allaitement n'affecte pas directement la dépense énergétique de repos ni l'effet thermique des aliments.
- Activité physique : Il existe une réduction importante de l’activité physique dans les sociétés occidentales, chez les femmes ayant choisi l’allaitement.
Allaitement et Perte de Poids : Une Équation Complexe
Bien que l’allaitement engendre une importante dépense calorique, on ne peut pas pour autant affirmer qu’il fait maigrir, au même titre qu’il serait réducteur d’affirmer que faire du sport fait maigrir. Certes, l’allaitement est très calorivore, mais le revers de la médaille est qu’il donne faim ! « L’organisme a besoin d’un équilibre entre les dépenses de calories et les apports. Du coup, quand on dépense beaucoup de calories, il nous envoie le signal de la faim pour pallier ses besoins », résume Raphaël Gruman. Certaines peuvent même prendre du poids en surcompensant la dépense calorique de l’allaitement, souvent avec l’idée plus ou moins consciente que le bébé a besoin d’un lait suffisamment riche pour bien grandir.
Plusieurs facteurs peuvent influencer la perte de poids pendant l'allaitement :
- Appétit et alimentation: L'allaitement peut stimuler l'appétit, ce qui peut entraîner une augmentation de l'apport calorique. La prise alimentaire moyenne des femmes au cours de l’allaitement (entre 70 et 380 kilo-calories par jour) ne suffit pas à compenser son coût énergétique (environ 600 kilocalories par jour lors de l’allaitement exclusif). Il est donc crucial de maintenir une alimentation saine et équilibrée pour favoriser la perte de poids.
- Hormones : Les hormones liées à l'allaitement peuvent influencer le métabolisme et la façon dont le corps stocke les graisses.
- Génétique : La prédisposition génétique joue un rôle dans la façon dont le corps réagit à l'allaitement et à la perte de poids.
- Niveau d'activité physique : L'activité physique régulière contribue à brûler des calories et à favoriser la perte de poids.
- Facteurs individuels : S’occuper d’un nourrisson en bas âge demande beaucoup d’énergie et est très chronophage. Certaines mamans, qui ne souhaitent ou ne peuvent pas allaiter leur bébé, font le choix de tirer leur lait pour le leur donner ensuite au biberon. Si l’allaitement - ou tirer son lait - ne fait a priori pas perdre de poids, certaines femmes vont cependant avoir tendance à mincir naturellement pendant cette période.
Allaitement et Alimentation : Les Recommandations Essentielles
Les recommandations nutritionnelles pour la femme allaitante sont : de limiter les aliments ultratransformés, les produits sucrés et les aliments trop riches en graisses saturées, et de privilégier les fruits et légumes frais, les céréales et féculents complets, les légumineuses, les viandes peu grasses, le poisson et les huiles végétales.
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Pour soutenir la production de lait et favoriser la perte de poids, il est essentiel d'adopter une alimentation saine et équilibrée. Voici quelques recommandations clés :
- Apport calorique suffisant : Allaiter, c’est augmenter son apport en calories. Une femme qui allaite a besoin de plus de calories qu’une femme enceinte !…Votre apport calorique doit être augmenté d’environ 500 calories par repas pour atteindre un apport quotidien plus riche d’environ 2500 calories par jour.
- Hydratation : Pensez à boire beaucoup. Les besoins en eau augmentent pendant l’allaitement, car le lait est constitué principalement d’eau (75% de sa composition), il faut donc boire environ 2 à 3 litres par jour (eau, jus de fruits, tisanes, potages).
- Aliments nutritifs : Privilégier les aliments riches en nutriments tels que les fruits, les légumes, les céréales complètes, les protéines maigres et les graisses saines.
- Éviter les aliments transformés : Limiter la consommation d'aliments transformés, de boissons sucrées et de graisses saturées.
- Vitamines et minéraux : Les références nutritionnelles augmentent pendant la grossesse par rapport à la femme adulte non enceinte pour un certain nombre de vitamines. Bien que l’augmentation des besoins en certaines vitamines est importante pendant ces périodes, des apports excessifs doivent cependant être évités notamment quand une limite supérieure de sécurité a été précisée. La référence nutritionnelle actualisée pour la choline est de 480 mg/jour pour la femme enceinte et de 520 mg/jour pour la femme qui allaite.
Risques Nutritionnels Pendant la Grossesse ou l’Allaitement
L’insuffisance en certains nutriments peut exposer la mère ou l’enfant à des dangers spécifiques :- L’augmentation du risque de pré-éclampsie, de prématurité ou de petit poids de naissance pour la vitamine D,- Un risque accru d’hypertension pour le calcium,- Des altérations plus ou moins sévères du développement intellectuel de l’enfant pour l’iode. D’autres molécules doivent au contraire être limitées :- Les phyto-œstrogènes susceptibles d’augmenter le risque de cancer du testicule ou du sein,- Les phytostérols (ou phytostanols) induisant une baisse de l’absorption du β-carotène,- La caféine pouvant favoriser un retard de croissance du fœtus,- Les métaux lourds potentiellement toxiques pour le développement du système nerveux central du fœtus.
Allaitement : Bien plus qu'une question de calories
Allaiter son bébé présente différents avantages d’un point de vue nutritif mais aussi organisationnel. Autrement dit : c’est pratique. Quel que soit l’endroit où vous vous trouvez, vous pouvez nourrir votre bébé sans avoir, en amont, pensé au bib, au lait, ah mais comment qu’on fait pour le chauffer ?? Concernant l’apport nutritif, celui-ci n’est plus à prouver, le lait maternel contient tout ce qu’il faut. En effet, le lait, sa quantité et les nutriments présents évoluent en même temps que bébé. Par exemple, le lait fabriqué à 12 mois diffère de celui produit lorsqu’il avait 4 mois, tout comme ses besoins ! Enfin, notons le lien qui se crée avec la maman.
Au-delà de l'aspect calorique, l'allaitement offre de nombreux avantages pour la mère et l'enfant.
Bienfaits pour le bébé :
- Nutrition optimale : Le lait maternel est l'aliment idéal pour le nourrisson, car il contient tous les nutriments essentiels à sa croissance et à son développement.
- Protection contre les infections : Le lait maternel est riche en anticorps qui protègent le bébé contre les infections et les allergies.
- Développement cognitif : L'allaitement favorise le développement cognitif et émotionnel du bébé.
Bienfaits pour la mère :
- Réduction du risque de maladies : Prolonged breastfeeding, that is to say at least 6 months, could have a positive impact on the reduction of breast, ovarian or uterine cancers in women . Several studies indicate that the longer the period of breastfeeding - whether for a single child or for several children - the greater the protective effect.
- Renforcement du lien mère-enfant : Breastfeeding your child and feeding him with his own milk is an experience like no other. Indeed, what miracle is more incredible than that of breastfeeding? All mothers know the happiness to watch their child eat and enjoy a satisfying meal, whatever their age. Also, it is easy to imagine this tenfold pleasure looking at this tiny baby nestled against her breast.
- Bien-être émotionnel : Breastfeeding feels good . Despite the pain, despite the discomfort, despite the difficulties sometimes present at the start. So, breastfeed could reduce the risk of postnatal depression at the new mother's house . During pregnancy, the intention to breastfeed and successfully carrying out this wish would reduce the risk of depression by 42% in the two months following the birth of the child.
- Contraception naturelle : Prolactin prevents, or at least limits, ovulation . She therefore delays the return of menstruation (the famous return of diapers never expected) and reduces the risk of a new pregnancy . Be careful however, according to the WHO, the contraceptive effect of prolactin through breastfeeding requires some precautions.
Allaitement : Conseils et Précautions
- Écouter son corps : L’important est de se concentrer sur une alimentation saine et équilibrée tout en écoutant son corps. S’il est indiqué que l’allaitement fait perdre des calories, tout est relatif. En effet, il est nécessaire de garder une alimentation saine. Sans quoi, il est normal que si vous mangez anormalement plus, votre corps ne verra aucune différence.
- Ne pas se lancer dans un régime : La perte de poids se fait graduellement. Il ne faut pas vous attendre à retrouver la ligne en 3 semaines. Ne vous lancez pas non plus dans un régime, cela ne sera pas bon pour vous et votre bébé.
- Éviter l'alcool, le tabac et les drogues : La consommation régulière de boissons alcoolisées est toxique pour le bébé. L'alcool passe dans le lait maternel et entraîne des complications chez l'enfant ( retard de croissance, problèmes respiratoires … ). Le tabac, tout comme l'alcool se retrouve dans le lait maternel. La consommation de drogue est formellement interdite.
- Consulter un professionnel de santé : Certaines substances médicamenteuses passent dans le lait maternel. Ne prenez donc aucun médicament sans prescription médicale.
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