L’allaitement maternel est un sujet riche en informations, souvent contradictoires, notamment en ce qui concerne son impact sur la santé bucco-dentaire de la mère et de l’enfant. Cet article vise à explorer en profondeur la relation entre l’allaitement et la santé dentaire maternelle, en s’appuyant sur des études scientifiques et des avis d’experts, afin de fournir une information claire et nuancée.
Allaitement : bienfaits et considérations
L'allaitement maternel est l'une des premières décisions importantes qu'une mère prend pour son bébé. Il offre de nombreux avantages, aidant le système immunitaire du bébé à combattre les infections et réduisant les risques de problèmes de santé tels que l'asthme, les otites, le syndrome de la mort subite du nourrisson (SMSN) et l'obésité infantile. De plus, l'allaitement peut réduire le risque de cancer du sein et des ovaires chez les mères.
Allaitement et poussée dentaire du bébé
Au moment où les premières dents de bébé apparaissent, certaines mères envisagent d’arrêter l’allaitement. Cependant, il n’est pas nécessaire de procéder au sevrage. Si bébé mord pendant la tétée, il est important de comprendre pourquoi. La succion peut devenir une forme de soulagement pour les gencives douloureuses.
Pour gérer les morsures, proposez à votre bébé des alternatives à mâcher, comme un anneau de dentition réfrigéré en caoutchouc naturel ou une racine de violette (disponible en pharmacie). Vérifiez régulièrement l’état de ces objets pour éviter tout risque de blessure.
Si bébé mord pendant la tétée, insérez délicatement votre petit doigt dans le coin de sa bouche pour faire entrer de l’air et retirez-le du sein sans brusquerie. Expliquez-lui que mordre n’est pas permis et continuez à retirer le sein s’il recommence. Il apprendra ainsi que les morsures entraînent l’arrêt de la tétée. En général, la langue recouvre les dents inférieures et empêche les morsures, qui surviennent plutôt en début ou en fin d’allaitement. Si les morsures entraînent des blessures aux mamelons, consultez une sage-femme ou une conseillère en allaitement.
Lire aussi: Guide d'achat : Robe longue d'allaitement économique
Il est important de noter que les enfants ne mordent généralement plus une fois que leurs dents ont percé, car les sensations de pression et de démangeaisons diminuent.
Caries dentaires : un aperçu historique
Pour mieux comprendre l'histoire des caries dentaires, il est utile de remonter de quelques siècles. Des études anthropologiques sur des mâchoires d'hommes préhistoriques ont révélé un faible taux de caries. Sur 1 344 mâchoires d'Amérindiens examinées, seulement 1,4 % des dents présentaient des caries. Ces observations suggèrent que les populations allaitées pendant des millénaires n'avaient pratiquement pas de caries, qui sont apparues plus récemment, il y a environ 8 000 à 10 000 ans. Les anthropologues soutiennent que si l'allaitement maternel était la cause des caries, l'évolution aurait agi contre cette pratique depuis longtemps. L'histoire des caries dentaires est donc une histoire contemporaine.
La physiologie des dents et des caries
La dent est recouverte d'émail, la substance la plus dure du corps humain. Sous l'émail se trouve la dentine, qui contient la chambre pulpaire, parsemée de petits canaux communiquant avec le nerf de la pulpe. La bouche est un environnement humide et chaud où un équilibre physiologique de diverses bactéries, le microbiote, est présent.
Lorsqu'il y a un déséquilibre dans le microbiote (en raison de facteurs épigénétiques, du stress, d'une alimentation transformée, d'une diminution du pH, etc.), certaines bactéries, comme le streptocoque mutans, peuvent proliférer. Cette bactérie transforme le sucre en acide, ce qui peut entraîner la formation de caries.
Dès que nous mangeons ou buvons, une fine pellicule de débris alimentaires se dépose sur la dent pour former la plaque dentaire. C'est sur cette plaque dentaire que les bactéries vont s'accrocher.
Lire aussi: Conseils Allaitement et Laitage
Le rôle du lactose et du lait maternel
Tous les laits de mammifères contiennent du lactose, composé de glucose et de galactose. Le lait humain en contient la plus grande quantité, ce qui soulève des inquiétudes chez certains professionnels. Cependant, le lactose est digéré par la lactase, une enzyme présente dans l'intestin et non dans la bouche. Une étude a confirmé que le streptocoque mutans ne peut pas transformer le lactose en source d'énergie aussi facilement que le sucrose (sucre).
Il est important de noter que lorsqu'une personne devient porteuse de cette bactérie, elle le restera toute sa vie. De plus, pendant le sommeil, la production de salive diminue, tandis qu'elle augmente lorsque l'enfant est actif et mange ou boit.
Allaitement et prévention des caries : les études
Une autre étude clinique a même conclu qu'un allaitement d'au moins 40 jours peut réduire l'apparition de caries chez les enfants. D'autres chercheurs ont démontré que l'allaitement prolongé n'entraîne pas une prévalence plus élevée de caries dentaires chez l'enfant. Une étude supplémentaire portant sur des enfants australiens a prouvé que l'introduction d'aliments de sevrage ou de diversification alimentaire augmentait les caries. Enfin, une dernière étude a conclu que l'information donnée aux parents doit porter en priorité sur la limitation des apports en sucre, et que cette information doit être diffusée à toutes les personnes s'occupant de l'enfant.
À l'inverse, un article paru dans le journal de pédiatrie dentaire montre l'augmentation des caries dentaires chez le bébé nourri au lait artificiel. La plupart de ces laits réduisent significativement le pH dentaire, ce qui favorise le développement des streptocoques mutans. Le lait maternel possède en outre une protéine capable de tuer certaines cellules cancéreuses, l'alpha-lactalbumine, qui aide à produire le lactose. Il est donc peu probable que le lait maternel provoque des caries dentaires chez les bébés et les enfants. Une autre étude suggère que le streptocoque mutans serait même très sensible à l'action bactéricide de la lactoferrine présente dans le lait maternel, faisant du lait maternel un "antibiotique" naturel contre cette bactérie.
Positionnement de la langue et respiration
La position de la langue et la respiration jouent également un rôle important. La tétine du biberon se dépose sur la partie avant de la langue, tandis que le mamelon de la mère rentre loin dans la bouche du bébé. Le jet de lait maternel arrive donc très près de la gorge. La salive, les mouvements de la langue et la respiration par le nez jouent un rôle important dans la protection contre les caries, tandis que la respiration buccale, fréquente en cas de freins restrictifs buccaux, diminue le flux salivaire.
Lire aussi: Combiner allaitement maternel et lait en poudre
Actuellement, plus de 50 % des enfants sont concernés par une respiration buccale. Un frein de langue restrictif entraîne une diminution de la mobilité de la langue dans tous les sens, ce qui altère la vidange de la cavité buccale et favorise la formation de la plaque dentaire. Un frein de lèvre serré et/ou des freins de joue peuvent également empêcher un nettoyage efficace entre la lèvre, les joues et les gencives. Plus tard à l'âge adulte, le palais, n'ayant pas été modulé grâce aux mouvements physiologiques de la langue, sera trop étroit, entraînant des chevauchements dentaires et des caries par difficulté d'accès à l'hygiène.
Bien qu'il n'existe pas encore d'étude confirmant ce lien évident entre les caries et les freins restrictifs buccaux, aucune étude n'a démontré que l'allaitement était un facteur cariogène. Le Dr Erickson affirme même depuis 1997 que le lait maternel n'est pas cariogène. La logique physiologique et les études disponibles suggèrent que l'allaitement aurait même un effet protecteur.
Allaitement "long" et développement de la mâchoire : une question ouverte
L'allaitement "long" (plus de 2 ans) pose-t-il un problème sur le développement de la mâchoire ? Existe-t-il des recherches scientifiques qui prouvent qu'un allaitement "long" a un impact sur la malocclusion dentaire ? Malgré les recherches, rien ne semble affirmer cette hypothèse. Il est important de souligner que cet article n'est pas une affirmation, mais une question qui vise à susciter la curiosité et à s'interroger sur la possibilité qu'un allaitement dit "long" au-delà de 18 mois ou 2 ans puisse avoir un impact sur la malocclusion dentaire.
L'allaitement maternel exclusif est recommandé par l'OMS jusqu'à 6 mois en raison de ses bienfaits sur la santé. Mais qu'en est-il des mâchoires de nos tout-petits ? L'allaitement maternel au sein, prolongé de 6 à 12 mois, permet un bon développement des mâchoires. En effet, jusqu'à 1 an, la croissance faciale est une période de croissance exceptionnelle. Le mode de succion fait que le bébé doit happer le sein, la langue de l'enfant doit sortir de la bouche, ce qui l'oblige à propulser sa mâchoire inférieure en avant. Il doit serrer le mamelon contre son palais et le maintenir avec ses lèvres, ce qui favorise le rattrapage du rétrognathisme naturel du bébé à la naissance (petit menton en retrait). Cette gymnastique de la succion favorise la croissance du visage et le bon positionnement de la mâchoire. Tous les muscles du visage sont mis à contribution : langue, joues, lèvres et mâchoires. Idéalement, l'allaitement devrait durer au moins 6 mois pour avoir un effet bénéfique sur la croissance de la mâchoire. L'allaitement maternel reste donc la meilleure prévention en orthodontie.
Les tétées non nutritives seraient par ailleurs reconnues pour affecter l'occlusion dentaire. D'après le Dr Sylvain Chamberland, les habitudes de succion non nutritive de courte durée (moins de 24 mois) ont peu d'impact sur la dentition. Mais qu'en est-il d'un allaitement long, au-delà de 18 mois ou 2 ans ? Après avoir rencontré un orthodontiste, il semblerait que l'allaitement long, aux environs de 2 ans, jouerait un effet néfaste sur la croissance de la mâchoire, comme toute succion d'ailleurs. Aucune étude concrète n'a été mise en place à ce sujet. Pourtant, plus l'allaitement est long, moins l'enfant prendra son pouce ou une sucette qui déformera son palais.
D'après certains documents, il serait donc bien de commencer le sevrage doucement de l'enfant dès que les premières molaires de lait apparaissent, c'est-à-dire vers 18 mois ou 2 ans. En effet, à partir de ce moment, l'enfant a la possibilité de mastiquer. Dès que l'enfant adopte une nourriture solide (morceaux), cela l'oblige à mastiquer, donc à faire des mouvements importants, que l'on appelle mouvements hélicoïdaux. Ces mouvements plus complexes ont un impact sur le développement en largeur des mâchoires et sur le développement des articulations des mâchoires. Ils favorisent la maturation du cortex cérébral, de même que la prise en main d'un verre lorsque l'enfant commence à boire seul. Il est donc bien de favoriser les aliments plutôt durs et en morceaux, pour que ces mouvements se mettent en place.
Néanmoins, il en résulterait que ces 2 activités, mastication et succion, sont tout à fait opposées. En effet, comme on l'a vu plus haut, l'une favorise le rattrapage du rétrognathisme, la langue s'étale dans la bouche par manque de dents, quant à la mastication, la langue est donc retenue par les dents, ce qui permet de réaliser des mouvements qui vont élargir la mâchoire. La déglutition ne peut donc évoluer que lorsqu'il y a suffisamment de dents pour retenir la langue. La mastication des solides devrait devenir dominante lorsque les molaires de lait sont en place. Avant cet âge, l'allaitement reste un bon moyen de prévention d'une malposition dentaire, sans en éliminer les risques totalement.
D'après les Drs Adrien Marinetti et Christine Hurez, chirurgiens-dentistes spécialisés en orthodontie, théoriquement, l'allaitement long aurait une influence sur l'implantation des dents ou sur le développement de la mâchoire, mais cela reste impossible à affirmer. Il en ressort donc que toute forme de succion aurait un risque nettement plus élevé de pathologies bucco-dentaires (biberon, tétine, pouce, morceau de tissus que l'enfant tétouille, etc.). Pour qu'un allaitement maternel au sein permette un bon développement des mâchoires, il devrait être au moins de 6 à 12 mois.
Au vu de ces informations, il est important que les professionnels de la santé fassent la promotion de l'allaitement maternel, pour informer les mères qu'un allaitement maternel au sein devrait être prolongé de 6 à 12 mois afin de permettre un bon développement des mâchoires. Cela reste donc la meilleure prévention en orthodontie. Il est bien entendu que cet article ne traite que de l'allaitement long et des problèmes d'orthodontie.
Allaitement et caries : démêler le vrai du faux
Concernant l'allaitement et les caries, il est généralement admis que l'allaitement maternel exclusif aurait un effet protecteur contre l'apparition de caries. Les mécanismes en jeu nécessitent cependant des études plus approfondies pour déterminer précisément comment l'allaitement maternel offrirait une protection. Selon le docteur Caroline Deville, c'est le mécanisme de succion qui serait en cause. Lors d'un allaitement au sein, le mamelon est aspiré très profondément vers l'arrière de la bouche et le début de la trachée par le bébé (la jonction entre le palais dur et le palais mou), ce qui fait que peu de lait se trouve en contact avec les dents. Avec la tétine du biberon, beaucoup plus courte et qui se déforme peu, beaucoup plus de lait artificiel parvient sur les dents. Plus d'aliments en contact avec les dents, c'est donc plus de matière à nettoyer et un risque cariogène plus élevé.
Le lait maternel possède en plus des substances intéressantes, la lactoferrine serait bactéricide et donc serait un véritable antibiotique naturel contre le streptocoque mutant. À l'inverse, la présence de freins restrictifs, surtout non détectés et donc non traités, serait très préjudiciable pour la santé bucco-dentaire. D'abord, les freins restrictifs peuvent entraîner une respiration presque exclusivement buccale, ce qui provoque un assèchement de la salive et donc une plaque dentaire plus importante. Cela modifie également le PH buccal qui sera alors plus favorable à la prolifération de streptocoques mutants. Les freins réduisent également la motricité de la langue, ce qui diminue sa capacité à envoyer la salive partout pour éliminer la plaque dentaire. Les freins restrictifs buccaux peuvent également empêcher le mamelon d'aller jusqu'à la jonction palais dur/palais mou et donc faire entrer en contact plus de lait avec les dents.
Les études ne s'accordent pas toutes sur ce sujet, mais beaucoup d'entre elles vont tout de même dans le même sens, à savoir : l'allaitement (et plus particulièrement l'allaitement nocturne) après l'âge d'un an pourrait être un facteur aggravant quant à l'apparition de caries "de lait". La majorité de ces études ne prennent pas en compte certains facteurs, comme le milieu socioculturel dans lequel évolue l'enfant, le niveau de diversification, le nombre de tétées nocturnes, l'hygiène dentaire ou le régime alimentaire, ce qui rend les conclusions de ces études incomplètes ou imprécises. Il est important de comprendre que, bien que ces études impliquent l'allaitement maternel dans l'apparition de caries, il n'en est pas LA cause.
Plusieurs anthropologues ont observé les mâchoires des humains d'il y a plusieurs centaines d'années. Ce qui en est ressorti, c'est qu'il y avait moins de 2 % de caries et jamais sur les nourrissons (qui étaient à l'époque exclusivement allaités). En effet, les caries résultent d'un phénomène multifactoriel, défini par la génétique d'une part et/ou par un terrain "à risque". De très nombreuses études démontrent quant à elles que l'allaitement exclusif aurait un effet protecteur sur l'apparition des caries. En attendant que la recherche progresse, on ne saurait tirer de conclusions hâtives. Mieux vaut traiter au cas par cas, chaque maman, chaque allaitement et chaque enfant en prenant en compte son individualité et les facteurs qui lui sont propres.
La plaque dentaire et le microbiote buccal
Les caries sont causées par la plaque dentaire, une accumulation de bactéries sur les dents. La bouche est un milieu peuplé de bactéries, comme tout le reste du système digestif. Lorsque les populations de bactéries sont équilibrées, elles fonctionnent en symbiose avec l'organisme humain, le protègent des agressions extérieures et assurent certaines fonctions. Mais lorsqu'un déséquilibre survient dans ces populations de bactéries, certaines peuvent prendre le dessus sur d'autres et devenir pathogènes (créer des troubles ou des maladies).
Le streptocoque mutans est une des bactéries que l'on retrouve dans la bouche. En temps normal, lorsque la flore est équilibrée, il ne pose aucun problème. En cas de déséquilibre, il prend vite le dessus sur les autres colonies de bactéries. Sa nourriture de prédilection est le sucre et il produit énormément d'acide en le digérant. Plus l'introduction du streptocoque est précoce, plus les dommages peuvent être importants par la suite. La salive joue naturellement un rôle de nettoyeur de la plaque dentaire, ainsi que les mouvements de langue qui permettent de la faire passer partout et ainsi de venir décoller la plaque dentaire.
Le rôle de la salive
Avec son PH neutre et son rôle antibactérien, la salive permet l'auto-nettoyage des dents entre les brossages, ayant pour conséquence la stagnation d'aliments dans la bouche et, de fait, l'apparition potentielle de caries. De plus, les freins restrictifs peuvent empêcher une bonne respiration nasale : la bouche ouverte, de nuit comme de jour, est une porte ouverte aux germes aériens qui ne sont plus filtrés par les narines. Elle peut entraîner une modification du PH dans la bouche. Elle peut être causée par la prise de certains médicaments, par l'obstruction d'un canal salivaire, par le syndrome de Sjögren (maladie chronique caractérisée par une insuffisance des glandes qui produisent la salive et les larmes).
Autres facteurs de risque
- Un parent avec des caries non soignées: En partageant la nourriture avec des ustensiles (cuillère, fourchette …) ou en mettant la sucette à leur bouche, les parents peuvent transmettre des bactéries qui causent des caries. Chez les bébés, le risque de carie est le plus élevé si les parents ont des caries non traitées.
- Le tabagisme passif: L'exposition à la fumée secondaire peut augmenter le risque de carie des dents de lait chez le bébé.
- La consommation de sucre: Une alimentation sucrée, des boissons sucrées, ainsi que la consommation de fructose (car ce sucre passe dans le lait) par la maman lors de la grossesse et de l'allaitement peuvent également être un facteur de risque aggravant.
- La prise de médicament: La prise de médicament sucré peut créer des caries (certains sirops, pastilles, comprimés à sucer, granules d'homéopathie, surtout s'ils sont pris lors d'un traitement de longue durée). Certains médicaments provoquent des sécheresses buccales.
Conduite à tenir en cas de risque
Tout d'abord, définissons ce qu'est un terrain à risque : Un terrain à risque est défini par la combinaison du terrain inné et du terrain acquis, ajouté aux facteurs aggravants susmentionnés.
- Terrain inné: Morphologie des dents : les individus qui présentent des dents mal alignées, aux reliefs accentués sont davantage sujets aux caries que les autres, en effet la morphologie de leurs dents présente de nombreux recoins où la plaque dentaire peut venir se loger et d'où il sera difficile de la déloger mécaniquement grâce à l'action de la salive. La question ne se pose donc pas.
- Après l'âge d'1 an, dans le cas où votre enfant présenterait des caries et en accord avec le suivi de votre dentiste, il peut être nécessaire d'envisager une diminution des tétées nocturnes. Le sevrage nocturne complet n'étant pas forcément nécessaire. C'est une décision individuelle et spécifique selon le cas de votre enfant. Passer de 5 à 3 tétées, par exemple, c'est déjà très bien! Un nettoyage doux des dents, avec une compresse et un peu d'eau, après les tétées nocturnes, peut également aider à réduire les risques d'apparition ou freiner leur propagation. Et il en va de même pour les bébés au biberon, qu'on se le dise ;).
Bonnes habitudes d'hygiène bucco-dentaire et alimentaire
- Dès la première dent, on introduit la routine de nettoyage: Avec une lingette ou une compresse humide, une brosse à dent à poil silicone adapté ou un doigtier, frotter la/les petites dents le soir avant le coucher. On évitera les dentifrices ayant pour premier ingrédient la glycérine car elle laisse un film sur les dents qui empêche la salive de faire son travail.
- Lorsque l'enfant est en capacité de cracher, on ajoute une trace de dentifrice fluoré, toujours sans glycérine. Si l'enfant conserve encore des tétées ou des biberons nocturnes, on ajoute un brossage le matin au lever car la nuit, la diminution de la salive entraîne une réduction de la protection via celle-ci.
- Au niveau alimentaire, on limitera les apports sucrés pendant et entre les repas. On proposera de l'eau à la fin des repas pour aider à éliminer le surplus de nourriture entre les dents mais également en journée pour ne pas avoir une salive trop acide.
- On évite les échanges de cuillères, le "je nettoie la sucette qui est tombé par terre en la mettant dans la bouche" pour ne pas transmettre des bactéries adultes à l'enfant, qui seraient trop agressives pour lui. Et ce dès les premiers mois de bébé, même quand il n'a pas encore de dents…
Allaitement et santé dentaire de la mère : une approche globale
L'allaitement maternel peut avoir un impact sur la santé dentaire de la mère. Une diminution des soins dentaires pourrait entraîner une augmentation des maladies des gencives et des caries. La prévention des caries est particulièrement cruciale pour les mères, car même le simple fait de partager une cuillère avec elles pourrait transférer cette bactérie dans la bouche de votre bébé. Il est donc important de maintenir une bonne hygiène bucco-dentaire, en se brossant les dents deux fois par jour et en utilisant du fil dentaire une fois par jour. Il est également essentiel de consulter régulièrement un dentiste.
Si vous devez subir une intervention dentaire nécessitant la prise de médicaments pendant l'allaitement, vérifiez auprès de votre dentiste, de votre médecin personnel et de votre pédiatre que l'intervention est sans danger pour le bébé.
Des études ont montré que la prise en charge des soins dentaires chez la femme enceinte est possible et même recommandée, en respectant quelques précautions simples. De même, pendant l'allaitement, les soins dentaires sont réalisables. Il n'y a pas lieu de suspendre ou d'arrêter l'allaitement pour effectuer les soins courants. Une patiente qui allaite ne doit pas se voir refuser les soins courants par le chirurgien-dentiste, et ne doit pas non plus arrêter l'allaitement pour pouvoir les réaliser. L'anesthésique local le plus couramment utilisé est l'articaïne, associé à un vasoconstricteur (adrénaline ou noradrénaline) : il est parfaitement utilisable pendant la grossesse et l'allaitement selon le CRAT. La présence d'amalgames dentaires chez la mère n'est pas une contre-indication à l'allaitement.
tags: #allaitement #et #santé #des #dents #de