L'élevage allaitant, un pilier de l'agriculture française, est confronté à des enjeux majeurs : la baisse de la consommation de viande, la décapitalisation du cheptel et le renouvellement des générations. Le congrès de la Fédération Nationale Bovine (FNB) à Metz a mis en lumière ces défis et a permis de recueillir des témoignages d'agriculteurs passionnés qui s'efforcent de maintenir et de faire évoluer ce système d'élevage.
Maintenir un Système d'Élevage Familial et à l'Herbe
Le congrès de la FNB à Metz a souligné l'importance de conserver le système allaitant français, un défi majeur compte tenu du vieillissement des agriculteurs et de la perte de vaches. L'avenir de l'élevage français et européen dépend de la cohérence des politiques publiques et de la loyauté des échanges commerciaux.
L'Expérience de Vincent Hoffmann : L'Élevage de Galloway à Dalem
Dans la petite commune de Dalem, au nord de la Moselle, Vincent Hoffmann élève des galloways, une race bovine rustique et peu exigeante. Cette aventure a commencé il y a dix ans, à l'initiative de sa fille, Jennifer, qui reprendra l'exploitation.
La Transition d'une Exploitation Céréalière à un Élevage de Galloway
Vincent Hoffmann, initialement céréalier sur 90 hectares, a progressivement reconverti ses terres en prairies pour accueillir son troupeau de galloways. Des vergers à l'abandon ont été réhabilités grâce à des échanges. Le troupeau compte aujourd'hui trente-six mères et leur suite, ainsi que quatre taureaux. La reproduction se fait uniquement par la monte naturelle.
Les Avantages de la Race Galloway
Jennifer explique que le choix de cette race s'explique par sa rusticité et sa facilité de vêlage. Les vêlages ont lieu de mi-mars à mi-juin, et les veaux pèsent entre 25 et 30 kg à la naissance. Les animaux vivent dehors toute l'année. Un bâtiment semi-ouvert a été construit en 2013 pour stocker le fourrage et abriter des râteliers pour l'alimentation en hiver.
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Gestion du Troupeau et Santé Animale
Le troupeau est réparti sur plusieurs prés pour éviter la consanguinité. La prophylaxie est conduite de manière classique. Jennifer teste un nouveau traitement bio pour le déparasitage, car les bêtes ont facilement des poux en raison de leurs poils épais et laineux.
Commercialisation en Vente Directe
Les femelles servent au renouvellement du troupeau ou sont vendues à d'autres élevages en France. Les mâles sont élevés jusqu'à trente mois et commercialisés en vente directe, en caissettes. La mise à mort est réalisée dans un abattoir en Allemagne, situé à 20 km. Un prestataire local découpe les carcasses et prépare les caissettes, qui équivalent à un huitième de l'animal (environ 20 kg). Les morceaux sont conditionnés sous vide.
La Qualité de la Viande et la Satisfaction des Clients
Vincent Hoffmann souligne que la viande de galloway est très persillée, appréciée pour sa qualité et son goût typé. La vente se fait principalement par le bouche-à-oreille, et les clients apprécient les petits morceaux, comme les filets de 250 g.
Pierre Gandar : Un Jeune Agriculteur à Hémilly
Pierre Gandar, un jeune agriculteur à Hémilly, a repris une exploitation agricole hors cadre familial. Il a opté pour un système simple et autonome.
Les Défis de l'Élevage Allaitant : Baisse de la Consommation et Renouvellement des Générations
Le congrès de la FNB à Metz a mis en évidence les défis auxquels est confronté l'élevage allaitant, notamment la baisse de la consommation de viande et le vieillissement des agriculteurs.
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La Baisse de la Consommation de Viande
La consommation de viande est en baisse, ce qui exerce une pression sur les prix et les revenus des éleveurs. Il est essentiel de promouvoir les qualités nutritionnelles et gustatives de la viande bovine française pour inverser cette tendance.
Le Renouvellement des Générations
Près de la moitié du troupeau allaitant est détenue par des éleveurs de plus de 55 ans. Il est crucial d'encourager les jeunes à s'installer et de faciliter la transmission des exploitations.
Les Accords de Libre-Échange et la Directive IED : Des Préoccupations pour les Éleveurs
Les accords de libre-échange et la directive IED sont des sujets de préoccupation pour les éleveurs.
Les Accords de Libre-Échange
La FNSEA s'oppose aux accords de libre-échange qui ne garantissent pas la réciprocité des normes et qui pourraient être préjudiciables à l'élevage français.
La Directive IED
La directive IED, qui prévoit un permis d'exploiter pour les exploitations agricoles détenant plus de 150 unités de gros bovins (UGB), est considérée comme un amalgame idéologique insoutenable par Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.
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Le Nouveau Système Assurantiel pour les Prairies : Une Pierre d'Achoppement
Le nouveau système assurantiel pour les prairies, basé sur une observation satellitaire de la pousse de l'herbe, suscite des critiques de la part des éleveurs, qui estiment qu'il existe une trop grande distorsion entre les indices relevés par le satellite et la réalité du terrain.
Jean-Paul Samson : La Conversion au Bio à Lorry-Mardigny
Jean-Paul Samson, éleveur-céréalier à Lorry-Mardigny, s'est converti à l'agriculture biologique en 2016. Il élève une trentaine de vaches allaitantes limousines nourries au naturel et cultive ses terres sans herbicides, ni fongicides, insecticides et autres produits chimiques.
Un Retour aux Sources
Jean-Paul Samson a choisi de revenir à des pratiques agricoles plus respectueuses de l'environnement et de la santé humaine. Il utilise du compost de fumier de bovins et de volailles certifié bio pour fertiliser ses sols.
Les Défis de la Conversion au Bio
La conversion au bio demande plus de travail et d'investissement. Jean-Paul Samson a dû investir dans du matériel spécifique, comme une écimeuse, et trouver des outils d'occasion pour limiter les coûts.
Un Avenir Serein
Jean-Paul Samson entrevoit sereinement l'avenir, malgré les embûches. Son fils, Lilian, est en accord avec son choix et étudie l'agroéquipement au lycée agricole de Courcelles-Chaussy.
La Prise de Conscience des Consommateurs
Jean-Paul Samson croit au sursaut des consommateurs et à la valeur d'une alimentation de qualité. Il constate une prise de conscience chez les agriculteurs, de plus en plus nombreux à se diriger vers le bio.
Rémi Mayaux : Un Jeune Agriculteur Passionné dans les Vosges
Rémi Mayaux, un jeune agriculteur de 19 ans, a repris l'exploitation familiale et a ajouté un atelier allaitant pour valoriser les prairies. Il élève des vaches et des génisses Vosgiennes, une race qu'il a choisie par passion.
L'Installation et le Projet Agricole
Rémi Mayaux a suivi les stages nécessaires à l'installation et a choisi de conserver l'exploitation telle qu'elle est pour pouvoir la gérer seul à terme. Il est associé non exploitant avec son père, ce qui lui permet de devenir gérant de la société.
L'Engagement dans les Jeunes Agriculteurs
Rémi Mayaux est engagé dans les Jeunes Agriculteurs (JA) depuis plus de 5 ans. Il apprécie la convivialité et l'esprit de famille qui règnent au sein de cette organisation.
Philippe Bernard : L'Adaptation Face à la Crise du Covid-19
Philippe Bernard, agriculteur de 56 ans, a dû adapter son exploitation face à la crise du Covid-19. Il a constaté une diminution des importations d'Amérique du Sud et espère que les consommateurs retrouveront le goût de la « viande de qualité » produite en France ou dans l'Union européenne.
L'Importance de la Chimie
Philippe Bernard estime que la chimie est essentielle pour l'agriculture et la santé humaine. Il espère que la crise entraînera une réhabilitation de la chimie.
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