Le Réseau Aga Khan de développement (AKDN) est une fondation qui travaille dans le monde entier pour améliorer les conditions de vie des populations. L'AKDN a été fondé par l'Aga Khan IV, Karim Al-Hussaini, qui a consacré sa vie à la promotion de la paix, de la prospérité et de la tolérance. Suite à son décès le 4 février 2025 à Lisbonne, son fils aîné, Rahim Al-Hussaini, a été désigné comme son successeur, devenant ainsi l'Aga Khan V.
Décès de l'Aga Khan IV et succession
L'Aga Khan IV, Son Altesse le prince Karim Al-Hussaini, est décédé paisiblement à Lisbonne le 4 février 2025, à l'âge de 88 ans, entouré de sa famille. Le décès a été annoncé par le Réseau Aga Khan de développement (AKDN). En signe de deuil, le drapeau vert barré d'une bande rouge des ismaéliens était en berne au-dessus du palais Mendonça à Lisbonne, où l'Aga Khan avait établi le siège mondial de sa communauté en 2015.
Selon la pratique chiite du « nass », l'Aga Khan IV avait désigné son successeur dans ses dernières volontés. Son fils aîné, Rahim Al-Hussaini, né de son premier mariage avec le mannequin britannique Sally Crocker-Poole, a été nommé 50e imam héréditaire des musulmans chiites ismaéliens nizarites.
Rahim Al-Hussaini, Aga Khan V : Portrait et nomination
Rahim Al-Hussaini, âgé de 53 ans, est diplômé en littérature comparée de l'Université Brown, aux États-Unis, et père de deux enfants. Il est né du premier mariage de l'Aga Khan IV. Descendant direct du prophète Mahomet, Rahim Al-Hussaini prend ainsi la direction spirituelle de cette branche du chiisme qui compte entre douze et quinze millions de membres répartis à travers le monde, notamment en Asie centrale et du Sud, en Afrique et au Moyen-Orient.
Avant sa nomination, le prince Rahim Aga Khan a joué un rôle clé dans la gouvernance du Réseau de développement Aga Khan (AKDN), où il préside le comité de l'environnement et du climat et copréside les comités d'examen du budget. Son implication dans le caritatif s'étend à plusieurs organismes affiliés, dont la Fondation Aga Khan, le Fonds Aga Khan pour le développement économique et la Fondation de l'Université Aga Khan. Ses responsabilités l'ont amené à se déplacer régulièrement pour superviser divers projets dédiés à l'éducation, la santé, l'infrastructure et le développement social dans plusieurs régions du monde.
Lire aussi: Focus sur Rachel Khan
Une cérémonie d’hommage au 50e imam des ismaéliens, décrite comme l’équivalent d’une intronisation, aura lieu mardi en fin de matinée.
L'héritage de l'Aga Khan IV
Né le 13 décembre 1936 à Genève, Karim Al-Hussaini avait été intronisé en 1957 49e imam des Ismaéliens nizârites. À moins de 21 ans, il succédait ainsi à son grand-père Mahomed Shah. Son père, Ali, s’était vu écarter de la succession après son mariage tumultueux avec l’actrice américaine Rita Hayworth.
L’héritier a investi une vaste partie de l’immense fortune familiale, dont le montant n’est pas connu, dans les pays les plus démunis, alliant philanthropie et sens des affaires, grâce notamment à la création de l’AKDN, une gigantesque fondation qui revendique 96.000 employés dans le monde. Milliardaire possédant yachts et jets, familier des champs de courses, il a aussi perpétué la tradition familiale d’élevage de pur-sangs en France et en Irlande et a contribué à la vaste rénovation du domaine de Chantilly, au nord de Paris.
Responsable religieux et philanthrope à la fortune colossale, le prince Karim Aga Khan IV, décédé mardi à Lisbonne l’âge de 88 ans, avait passé la majeure partie de sa vie à construire des ponts entre les cultures et les courants d’un islam modéré.
Le Réseau Aga Khan de développement (AKDN) : Un engagement envers le développement
L'Aga Khan IV a fondé l'AKDN, une fondation qui emploie 96 000 personnes à travers le monde. L'AKDN consacre environ un milliard de dollars par an aux activités de développement à but non lucratif, notamment la lutte contre la pauvreté, l'éducation, la formation, la santé, l'urbanisme et le développement des infrastructures.
Lire aussi: Astuces chambre deux enfants
Depuis 1984, ce réseau comprend une branche dédiée au développement économique, le Fonds Aga Khan pour le développement économique (AKFED), qui compte 36.000 salariés, 90 sociétés et génère des recettes annuelles de 4,5 milliards de dollars. L’AKFED opère notamment dans les télécommunications, la production d’électricité, le tourisme avec la chaîne hôtelière Serena, les services financiers ou les médias via l’influent Nation Media Group, côté en Bourse à Nairobi.
L’AKDN mène des actions au Pakistan, en Inde, au Bangladesh, en Afghanistan, au Tadjikistan, dans la république kirghize, au Kenya, en Côte d’Ivoire, en Ouganda, en Tanzanie, en Egypte et au Tadjikistan. Une de ses réussites les plus emblématique est la création en 2005 d’un parc de 30 hectares dans le centre historique du Caire sur un dépotoir où aucun promoteur immobilier ne se serait aventuré. En Ouganda, le réseau a cofinancé le barrage de Bujagali, inauguré en 2012.
Le prince Karim s’était donné pour mission de développer l’œuvre déjà considérable de son grand-père qui a créé des hôpitaux, des logements, ou des coopératives bancaires dans les pays en développement.
L'Aga Khan IV : Un bâtisseur de ponts
D’une discrétion à toute épreuve, maniant un verbe prudent, l’Aga Khan répugnait à aborder les questions de conflits aux Proche et Moyen-Orient, de poussée d’un islam intégriste, de tensions entre musulmans sunnites et chiites. L’islam n’est pas une confession « de conflit ou de désordre social, c’est une religion de paix », disait-il dans un entretien à l’AFP en 2017. Il est instrumentalisé dans des situations « essentiellement politiques, mais qui sont présentées, pour diverses raisons, dans un contexte théologique. Ce n’est tout simplement pas correct », selon lui.
Citoyen britannique, l’Aga Khan avait aussi la nationalité portugaise. Le parlement d’Ottawa lui a conféré la citoyenneté honoraire canadienne -- une distinction rarement accordée -- pour son rôle de champion du développement et de la tolérance dans le monde. Milliardaire possédant yachts et jets, l’Aga Khan a par ailleurs créé en 1977 le Prix Aga Khan d’Architecture récompensant les projets architecturaux novateurs des sociétés musulmanes. Familier des champs de course, il a perpétué la tradition familiale d’élevage de pur-sang dans ses huits haras de France et d’Irlande et a contribué à la vaste rénovation du domaine de Chantilly, au nord de Paris. En France, il a été fait Grand-Croix de la Légion d’Honneur, le plus haut grade de cette prestigieuse distinction.
Lire aussi: Choisir le lit superposé idéal
La famille de l'Aga Khan
L’Aga Khan a eu quatre enfants : Zahra, Rahim et Hussain, nés de son premier mariage avec le mannequin britannique Sally Crocker-Poole, puis Aly, né en 2000 d’une seconde union avec la juriste allemande Gabriele zu Leiningen, dont il a divorcé en 2004.
Le prince Rahim Aga Khan a épousé le mannequin américain Kendra Spears, devenue la princesse Salwa Aga Khan. De leur union sont nés deux enfants : le prince Irfan (2015) et le prince Sinan (2017).
Tradition et modernité
La dynastie Aga Khan, c’était aussi les pages des revues people, les yachts et les jets. Le grand-père de Karim Aga Khan s’était marié quatre fois, dont la dernière avec une Miss France couronnée en 1930, Yvette Labrousse, figure sous son titre de Bégum de la vie mondaine parisienne. Son mariage en 1949 avec la star Rita Hayworth, qui lui donna une fille, Yasmina, avait fait sensation, mais son aventure avec l’actrice Gene Tierney, la vedette de « Laura », allait décider son père à la rayer de la succession, avant qu’il ne disparaisse, à 48 ans, dans un accident de voiture.
Aujourd'hui ses descendants mènent une existence plus discrète, mais ils ont suivi son exemple en ce qui concerne le choix de leurs épouses. En quatrièmes noces, l'Aga Khan III avait jeté son dévolu sur une ancienne Miss France, Yvette Labrousse. Son fils Ali provoquera l'étonnement en se mariant avec la star hollywoodienne Rita Hayworth. Quant à Rahim, le fils de Karim et de Salma, son coeur s'est enflammé pour la sublime top-modèle américaine Kendra Spears. Découverte à la Fashion Week de New York, en 2008, alors qu'elle n'avait pas encore 20 ans, Kendra, originaire de Seattle, fera une carrière aussi brève que fulgurante, posant pour Gucci, Lacroix, Lanvin, Hermès, Valentino… Elle fera plusieurs fois la couverture de Vogue, entre autres magazines prestigieux. C'est alors qu'elle fait la connaissance du prince Rahim, son aîné de dix-sept ans et célibataire résolu. Après des fiançailles rapides, le mariage est célébré le 31 août 2013, au château de Bellerive, à Genève, selon le rite musulman et dans une relative intimité. Convertie à la foi ismaélienne, Kendra adopte le nom arabe des "Salwa", qui signifie "Consolation".
tags: #Aga #Khan #développement #enfants