Introduction
La Protection Maternelle et Infantile (PMI) est un service départemental essentiel en France, jouant un rôle clé dans la protection sanitaire de la mère et de l'enfant. Placé sous l'autorité du président du conseil départemental, ce service organise des consultations, des actions médico-sociales de prévention et de suivi pour les femmes enceintes, les parents et les enfants de moins de 6 ans. La PMI intervient également dans la planification familiale et l'éducation familiale, tout en assurant la surveillance et le contrôle des assistantes maternelles et des établissements d'accueil de la petite enfance. Cet article explore en profondeur le rôle de la PMI, son fonctionnement, ses missions et son impact sur l'accueil des jeunes enfants.
Missions et activités de la PMI
Le service de PMI est chargé d’assurer la protection sanitaire de la mère et de l’enfant. Ses missions sont vastes et variées :
- Suivi des femmes enceintes : La PMI propose des consultations et des actions de prévention pour accompagner les femmes enceintes tout au long de leur grossesse.
- Accompagnement des parents et des enfants : Elle offre un suivi médico-social aux parents et aux enfants de moins de 6 ans, incluant des activités de planification familiale et d'éducation familiale.
- Instruction des demandes d’agrément des assistantes maternelles : La PMI joue un rôle central dans l'évaluation et l'agrément des assistantes maternelles, garantissant ainsi la qualité de l'accueil des enfants à domicile. Lors de cette réunion, le Cerfa et la liste des documents à fournir vous seront remis.
- Formation des assistantes maternelles : Elle réalise des actions de formation pour les assistantes maternelles, contribuant à leur professionnalisation et à l'amélioration de leurs compétences. La formation de l’assistant maternel agréé est organisée et financée par le Conseil départemental. Pour les assistants(e)s maternel(le)s agréés après le 1er janvier 2019, la loi impose une durée globale de formation de 120 heures minimum. Dans le département du Gard, la formation est de 126 heures, avec une initiation aux gestes de premiers secours, d’une durée de 12 heures. La formation porte sur les besoins fondamentaux de l’enfant, les spécificités du métier d’assistant(e) maternel(le), et le rôle de l’assistant(e) maternel(le) et son positionnement dans les dispositifs d’accueil du jeune enfant.
- Surveillance et contrôle des assistantes maternelles et des établissements d’accueil : La PMI assure la surveillance et le contrôle des assistantes maternelles ainsi que des établissements et services d’accueil des enfants de moins de 6 ans, veillant au respect des normes et à la sécurité des enfants.
- Prévention et prise en charge des mineurs en danger : Elle participe aux actions de prévention et de prise en charge des mineurs en danger, assurant leur protection et leur bien-être.
L'agrément des assistantes maternelles
L’agrément est délivré par le Conseil départemental. Il précise le nombre d’enfants qu’une assistante maternelle est autorisée à accueillir simultanément, avec un maximum de 4 enfants si les conditions d’accueil le permettent. Toutefois, l'exercice n'est possible qu’après avoir réalisé la formation obligatoire. L’agrément est valable 5 ans ou 10 ans (hors primo renouvellement) si les épreuves de l’EP1 et EP3 du CAP ont été réussies.
Pour continuer à accueillir des enfants à son domicile, le professionnel doit solliciter un renouvellement d’agrément. Le dossier de renouvellement est envoyé par le Conseil départemental aux assistants maternels 6 mois avant l’échéance de leur agrément. Ce dossier doit être retourné au plus tard 3 mois avant la date d’échéance, faute de quoi l’agrément sera automatiquement annulé. Une fois le dossier de demande de renouvellement complet, la puéricultrice ou l’infirmière de PMI du secteur prend contact avec le professionnel afin de fixer un ou plusieurs rendez-vous.
La DREES et les données sur la petite enfance
Dans le cadre de l’enquête Aide sociale auprès des conseils départementaux, la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) recueille chaque année des données sur les personnels et les activités des services de PMI, les établissements et services d’accueil de la petite enfance, ainsi que sur l’agrément, la formation, le contrôle et l’accompagnement des assistants maternels. Grâce à cette collecte, la DREES diffuse chaque année des données départementales sur l’offre d’accueil du jeune enfant, notamment le nombre de structures et de places par type d’accueil. Elle met aussi à disposition des jeux de données sur les personnels et les activités des services de PMI, comprenant les effectifs et équivalents temps plein (ETP) des personnels des services de PMI, et ce pour chaque profession.
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Les établissements d'accueil mère-enfant
L’accueil mère-enfant a pour objectif d’aider les femmes enceintes ou les mères isolées accompagnées d’enfants de moins de trois ans et qui ont besoin d’un soutien matériel et psychologique. Les femmes accueillies peuvent être hébergées en foyer collectif ou dans un réseau d'appartements et contribuent financièrement à leur prise en charge. Cet hébergement permet aux mères de bénéficier d'une formation professionnelle adaptée, de rechercher ou d'exercer un emploi. Les Établissements d’Accueil Mère-Enfant reçoivent des femmes enceintes et des mères avec enfants de moins de 3 ans, voire plus si elles sont enceintes ou si le plus jeune a moins de trois ans. Un projet de vie est défini avec la mère.
Évolutions réglementaires et qualité de l'accueil
Le décret d’avril 2015 a apporté des modifications à la fois sur le décret 2021 et sur l’arrêté précédemment cité. L’Arrêté du 12 décembre 2025 portant création du titre professionnel d’intervenant éducatif petite enfance est un exemple d'évolution récente. Le décret du 30 août 2021 modifie un mot important : on passe de personnel encadrant à personnel présent dans l’Art.R2324-43-1. Toutefois, depuis le décret du 1er avril 2025, celui ci doit faire partie des 40 % de diplômés.
Un constat dressé par l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) souligne une qualité d’accueil très hétérogène. La politique d’accueil du jeune enfant a été pensée pour répondre aux besoins des familles, et notamment dans le cadre de l’équité professionnelle, mais les besoins de l’enfant ne sont pas toujours au premier plan. L’Igas propose de renforcer le congé parental, actuellement trop peu rémunéré pour être considéré comme une véritable option.
Pénurie de personnel et restructuration des métiers
La France fait face à une pénurie de personnel dans le secteur de la petite enfance. Une étude de la CAF publiée en 2022 a révélé que 10 000 places étaient fermées par manque de professionnels. Ces dernières années, le niveau de formation requis a été abaissé et les taux d’encadrement assouplis, entraînant des phénomènes de maltraitance institutionnelle. Une restructuration des métiers est en cours, sous la houlette du comité de filière petite enfance, dans différentes directions : la formation des professionnels, la mise en place d’un référentiel qualité et un travail sur l’architecture des diplômes.
L'importance de la PMI à Paris
La PMI de Paris accompagne les familles dès la grossesse et jusqu’aux 6 ans de l’enfant. Plus qu’un lieu de soins, elle offre aux tout-petits des espaces d’éveil et aux parents un répit, grâce à des ateliers et des temps collectifs. Elle propose une vision globale du soin, où santé, bien-être familial, social, psychologique et culturel sont indissociables. Pour compléter l’offre autour des 1000 premiers jours, deux Maisons dédiées ont été créées dans le 18ᵉ et le 20ᵉ arrondissement. Dès la grossesse, l’environnement dans lequel le futur enfant évolue influence son développement et sa santé. Pour aider les parents à accueillir leur enfant dans un environnement sain, la PMI de Paris propose « Mon premier atelier santé environnement » : une rencontre collective, participative et conviviale, gratuite, spécialement pensée pour les futurs parents et les parents de nourrissons. Le carnet de santé accompagne chaque enfant dès la naissance, assurant une continuité entre les différents professionnels de santé.
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Les défis et risques des métiers de la petite enfance
Les métiers de la puériculture et de la petite enfance emploient de très nombreuses salariées dans les nurseries des maternités, les pouponnières, crèches, garderies, centres de protection maternelle et infantile (PMI) et à domicile. Ces professions, quasi-exclusivement occupées par des femmes, concernent les puéricultrices, auxiliaires de puériculture et les assistantes maternelles. Ces professions sont confrontées à plusieurs risques physiques, biologiques et psychologiques, auxquels on peut apporter une réponse par des mesures de prévention. La dimension relationnelle de l'emploi (exigences et violences des parents), le bruit (cris et pleurs des bébés), l’agitation perpétuelle des enfants, les cas de maltraitance infantile rencontrés, entraînent une lourde charge psychologique. Le port répété des enfants, les soins aux bébés, le déplacement des berceaux et chariots, le rangement des objets souvent ramassés au sol… entraînent des efforts physiques et des postures contraignantes avec l’obligation de se pencher souvent en avant, s’accroupir… Les activités de la petite enfance exposent au risque de contracter fréquemment des affections de la sphère oto-rhino-laryngologique et des gastro-entérites, des maladies comme la rubéole, la toxoplasmose, la varicelle, les infections à cytomégalovirus et parvovirus B19 (donnant un mégalérythème épidémique), les hépatites virales etc. Surtout dans les grandes structures où les enfants sont nombreux, le bruit généré par les enfants (cris, pleurs,…) entraîne un niveau sonore élevé source de stress et de fatigue. Les équipements mis à disposition doivent comporter des aides techniques comme des chariots de service, des tabourets sur roulettes… Les vaccinations obligatoires (tétanos, diphtérie, poliomyélite, hépatite B, BCG après intradermo réaction tuberculinique) doivent être complétées par des vaccinations recommandées (hépatite A, coqueluche par le vaccin DTPCoq lors d’un rappel par exemple).
Questions fréquentes sur le personnel en crèche
- Les personnes titulaires d'une licence en sciences de l'éducation peuvent-elles travailler auprès des enfants ? Une licence de sciences de l’éducation ne faisant pas partie de la liste des professionnels autorisés à exercer en EAJE, la seule porte d’entrée est par celle des 15 % de non-diplômés, sous dérogation auprès de la PMI.
- Un éducateur spécialisé sans diplôme de la petite enfance peut-il être employé dans une structure type petite crèche ? Les éducateurs spécialisés peuvent être recrutés en crèche, s’ils sont ou ont été en direction ou direction adjointe d’EAJE. Ils peuvent également être en direction de crèche.
- Une apprentie EJE qui aurait déjà un diplôme Petite Enfance est-elle prise en compte dans le 60 % ? Oui, puisqu’elle détient un CAP.
- Une jeune diplômée d'études collégiales "techniques d'éducation à l'enfance" au Canada peut-elle être recrutée en qualité d'EJE ? Malgré les similitudes, l’arrêté ne reconnait des équivalences qu’au sein de l’Union Européenne.
- Dans une crèche de 26 places, doit-il y avoir constamment un/e EJE ? Il suffit de respecter la présence d’un diplômé (faisant partie des 40 %) à tout moment.
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