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Additifs alimentaires et allaitement : Quels sont les risques pour votre bébé ?

Introduction

L'alimentation de la femme enceinte et allaitante est un sujet crucial pour la santé du bébé. De nombreux éléments convergent aujourd’hui pour souligner l’influence de l’environnement et de l’alimentation sur la santé dès le stade fœtal. Parmi les préoccupations croissantes, l'impact des additifs alimentaires sur le microbiote intestinal du nourrisson suscite une attention particulière. Les additifs alimentaires, présents dans de nombreux produits transformés, sont-ils sans risque pour le bébé allaité ?

Additifs alimentaires : Définition et omniprésence

Les additifs alimentaires sont des substances ajoutées aux aliments transformés dans le but d'améliorer leur apparence, leur goût, leur texture ou leur durée de conservation. Parmi ces additifs, on retrouve les émulsifiants, qui permettent de mélanger des substances qui ne se mélangent pas naturellement, comme l'huile et l'eau. Les émulsifiants sont largement utilisés dans l'industrie agroalimentaire et se retrouvent dans de nombreux produits courants tels que les biscuits, les crèmes glacées et même le pain de mie.

Les émulsifiants : Un impact potentiel sur le microbiote du bébé

Des études récentes ont mis en évidence un lien potentiel entre la consommation d'émulsifiants par la mère pendant la grossesse et l'allaitement et des altérations du microbiote intestinal du bébé. Le microbiote intestinal, composé de milliards de micro-organismes, joue un rôle essentiel dans le développement du système immunitaire et la santé globale de l'enfant. Une perturbation de cet équilibre peut avoir des conséquences à long terme sur la santé du bébé.

Une étude menée par des chercheurs de l’Institut Pasteur et de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a exposé des souris femelles à des émulsifiants courants - carboxyméthylcellulose (E466) et polysorbate-80 (E433) - pendant dix semaines avant la gestation, puis tout au long de la grossesse et de l’allaitement. Les résultats ont montré que les descendants de ces mères, bien qu'ils n'aient jamais consommé directement les émulsifiants, présentaient des altérations significatives de leur microbiote intestinal.

Ces altérations se manifestent notamment par une augmentation des bactéries flagellées, connues pour activer le système immunitaire et déclencher une réponse inflammatoire. De plus, ces bactéries ont tendance à entrer en contact plus étroit avec la muqueuse intestinale, ce qui perturbe la communication entre le microbiote et le système immunitaire. Chez les descendants de mères exposées aux agents émulsifiants, ces passages se ferment plus tôt que chez les descendants de mères non exposées, perturbant ainsi la communication entre le microbiote et le système immunitaire. Ce qui, au bout de la chaîne empêche la tolérance de l’organisme vis-à-vis de son microbiote intestinal.

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Cette perturbation peut entraîner, à l’âge adulte, une réponse immunitaire exacerbée et une inflammation chronique, augmentant ainsi la susceptibilité aux maladies inflammatoires de l’intestin et à l’obésité.

Additifs alimentaires : Quels risques ?

Outre les émulsifiants, d'autres additifs alimentaires sont également pointés du doigt pour leurs effets potentiellement néfastes sur la santé. Certaines études ont suggéré un lien entre certains additifs et un risque accru de développer des maladies cardiovasculaires ou un diabète de type 2. De plus, le E551, un additif utilisé comme antiagglomérant, est soupçonné de favoriser l’intolérance au gluten.

Les produits industriels à base de viande sont souvent ultra-transformés, c’est-à-dire qu’ils contiennent de nombreux additifs (colorants, émulsifiants, conservateurs, exhausteurs de goût, arômes…)… …en plus d’être gras, sucrés ou salés. Par précaution, on privilégie alors les aliments sans additifs ou avec le moins d’additifs possible. L’impact de ces additifs sur notre santé n’est pas encore bien connu, encore moins celui de l’ensemble de toutes les substances auxquelles on est exposés tous les jours. On peut donc choisir d’avoir une approche prudente vis-à-vis des effets de la consommation de ces produits ultra-transformés et d’en limiter notre consommation. Ces additifs apparaissent généralement sur la liste des ingrédients sur l’étiquette du produit avec la lettre E.

Recommandations et précautions

Face à ces risques potentiels, il est important d'adopter une approche prudente et de suivre certaines recommandations pendant la grossesse et l'allaitement :

  1. Limiter la consommation d'aliments ultra-transformés : Privilégier les aliments frais et non transformés, et cuisiner maison autant que possible. Cela permet de contrôler les ingrédients et d'éviter les additifs potentiellement nocifs.
  2. Lire attentivement les étiquettes des produits : Identifier les additifs alimentaires et choisir les produits qui en contiennent le moins possible.
  3. Varier son alimentation : Consommer une grande variété d'aliments pour assurer un apport nutritionnel équilibré et limiter l'exposition à un additif particulier.
  4. Privilégier les aliments biologiques : Les aliments biologiques sont cultivés sans pesticides ni additifs synthétiques, ce qui réduit l'exposition aux substances chimiques potentiellement dangereuses. Si c’est possible, on privilégie les fruits bio.
  5. Suivre les recommandations de l'Anses : L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) fournit des recommandations de consommation de poissons pour les femmes enceintes et allaitantes afin de maîtriser l’exposition aux contaminants chimiques de cette famille d’aliments.
  6. Être vigilante quant à l'hygiène alimentaire : Respecter la chaîne du froid et les dates de péremption pour éviter les infections alimentaires, en particulier la listériose et la toxoplasmose, qui peuvent avoir des conséquences graves pendant la grossesse. Certains microbes qui se développent dans les aliments peuvent être dangereux pour la femme enceinte, le fœtus ou pour le nourrisson.

Conseils alimentaires spécifiques pour la grossesse et l'allaitement

  • Fruits et légumes : Il est conseillé de privilégier les fruits frais locaux et de saison, mais on peut aussi utiliser des fruits surgelés pour apporter de la variété dans notre alimentation. En effet il est conseillé de manger au moins un ou deux fruits par jour (ou une ou deux portions de fruits), crus ou cuits, nature ou préparés. Les fruits sont riches en vitamines, en minéraux, en fibres. Ils offrent une variété de saveurs, pour conjuguer santé et plaisir. Ils sont bons pour la santé de toute la famille.
  • Légumes secs : On consomme des légumes secs (lentilles, haricots, pois chiches…) au moins 2 fois par semaine. Si on le peut, on privilégie les légumes secs bio. Les légumes secs sont naturellement riches en fibres et contiennent des protéines végétales.
  • Viande et volaille : Pendant toute la grossesse, on ne mange que des viandes bien cuites. On privilégie une consommation de volaille et on limite les autres viandes (porc, bœuf, veau, mouton, agneau, abats) à 500 g (environ 3 ou 4 steaks) par semaine. Il est déconseillé de manger du grand gibier (sangliers, cerfs, chevreuils,…) pendant la grossesse et l’allaitement.
  • Poisson : On consomme du poisson deux fois par semaine en alternant un poisson gras (sardines, maquereau, hareng, saumon…) et un poisson maigre (cabillaud, colin, morue, merlan, mérou…). Pendant la grossesse, on limite la consommation de certains poissons, et on en évite d’autres. Enceinte, on évite le poisson cru (sushi, sashimi, tarama), les poissons fumés (saumon, truite), les coquillages crus et les crustacés décortiqués vendus cuits. On ne consomme que des produits cuits.
  • Charcuterie : Pendant la grossesse et l’allaitement, il est fortement déconseillé de manger de la charcuterie crue (jambon cru, saucisson, chorizo, saucisse de foie…), de la charcuterie fumée ou encore les rillettes, pâtés, et autres produits en gelée. Il est conseillé pour toute la famille de limiter la consommation de charcuterie à 150 g par semaine.

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