L'infirmière puéricultrice joue un rôle essentiel dans le domaine de la santé infantile et de l'accompagnement parental. Spécialisée dans les soins et le bien-être des nouveaux-nés, des enfants et de leurs parents, elle intervient dans divers secteurs, notamment au sein des services de Protection Maternelle et Infantile (PMI). Cet article explore en détail les activités et les responsabilités de ces professionnelles au sein des PMI, en mettant en lumière leur contribution à la promotion de la santé et au soutien des familles.
Qu'est-ce que la PMI ?
La Protection Maternelle et Infantile (PMI) est un service public placé sous la responsabilité des conseils départementaux. Son rôle est de veiller à la santé des femmes enceintes et des enfants de moins de six ans, en offrant un accompagnement médical, psychologique et social. Les services de PMI sont composés d'équipes pluridisciplinaires, comprenant des médecins, des infirmières puéricultrices, des sages-femmes, des assistants sociaux, des éducateurs de jeunes enfants et des psychologues.
L’ordonnance sur la PMI du 2 novembre 1945 complète l’ordonnance sur la sécurité sociale du 4 octobre 1945 et celle sur le service national d’hygiène scolaire et universitaire du 18 octobre 1945. Ces textes reconnaissent des droits nouveaux à tous les citoyens et leurs ayants droit en matière de santé et de protection sociale, dans le sens d’une politique d’ensemble. En 1989 est publiée la loi n°89-899 du 18 décembre 1989 relative à la promotion et la protection de la santé de la famille et de l'enfance et adaptant la législation sanitaire et sociale aux transferts de compétences en matière d'aide sociale et de santé. Chaque conseil général organise son service PMI mais en restant dans le cadre légal du Code de la Santé Publique.
Formation et qualités requises pour devenir infirmière puéricultrice
Pour exercer en tant qu’infirmière puéricultrice, le diplôme d’État de puériculture (DEP), de niveau bac+4, est nécessaire. Des discussions sont en cours pour rehausser le niveau de ce diplôme au grade de master (bac +5), mais cette réforme n'est pas encore effective. Ce diplôme s’acquiert en suivant une formation payante de 12 mois en école de puériculture agréée par le ministère de la Santé, et dont l’entrée se fait sur concours. Seuls les candidats étant titulaires du diplôme d’État d’infirmier (DEI) ou de sage-femme peuvent se présenter aux épreuves du concours d’admission en école de puériculture. Les conditions d'admission varient selon les établissements.
La formation d’infirmière puéricultrice comporte une partie avec des cours théoriques centrée sur 3 thématiques : l’enfant et la santé ; la promotion de la santé de l’enfant et son éducation ; la profession d’infirmière puéricultrice. La formation comprend également une partie pratique sous forme de 710 heures de stages cliniques. Compte tenu des sujets abordés, les bacs S ou ST2S (science et technologie de la santé et du social) sont particulièrement recommandés pour aborder des études d’infirmière puéricultrice.
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Les infirmières puéricultrices et infirmiers puériculteurs doivent apprécier le contact avec les enfants et leurs parents et apprécier de travailler en équipe. Ils maîtrisent les connaissances du développement de l’enfant, de ses besoins fondamentaux et de sa santé, y compris dans le cadre environnemental, et les transmettent au sein d’une équipe pluridisciplinaire au bénéfice de la qualité d’accueil des enfants.
Journées denses, vigilance permanente, confrontation à la douleur des enfants et des familles : le métier d’infirmière puéricultrice requiert une forte résistance, physique comme psychologique. Empathie, bienveillance, pédagogie, sens du travail en équipe et des responsabilités sont des qualités très prisées chez les infirmières puéricultrices. Au-delà de veiller au bien-être d’enfants parfois lourdement malades, ce professionnel de santé joue également un rôle clé auprès des parents (accompagnement, conseils de prévention et sensibilisation sur l’hygiène et la santé).
Rôle et missions de la puéricultrice en PMI
La puéricultrice est un des éléments clé d’une équipe pluridisciplinaire. Ses connaissances des besoins de l’enfant lui permettent d’être à l’articulation du médical, du médico-social, du social et de l’éducatif. Sa spécificité en fait une collaboratrice pour les médecins de PMI, les assistants sociaux, l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) ; mais aussi par les partenaires extérieurs : les éducateurs d’Aide Educative en Milieu Ouvert (AEMO), les hôpitaux, les maternités, les écoles, les médecins, les associations caritatives, les Techniciens de l’Intervention Sociale et Familiale (TISF).
Dans les évaluations de situations familiales à risque, elle offre un regard spécifique complémentaire de celui des autres membres de l’équipe. Dans la collaboration avec les équipes hospitalières, elle apporte une connaissance sur la réalité environnementale de l’enfant et sa famille grâce à sa connaissance des besoins de l’enfant malade en particulier. Elle peut accompagner les familles en difficulté vers les lieux de soins spécialisés ou vers une prise en charge dans les structures d’accueil.
La puéricultrice assure donc aussi bien des actions en direction de tous les enfants en pré - natal (collaboration avec la sage-femme) et de la naissance jusqu'à 6 ans voir l'adolescence lorsqu'il s'agit d'une même famille et des missions spécifiques en direction de familles vulnérables et/ou étrangères.
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Les missions sont regroupées dans l'article L 149 du Code de Santé Publique (CSP), qui déterminent entre autre, les actions de la puéricultrice ou de l'infirmière en PMI. Ce cadre légal, bien que perfectible, a permis d’impulser une dynamique nouvelle et a posé les bases pour promouvoir dans chaque département une véritable politique de protection et de promotion de la santé de la famille et de l'enfance.
Les principales activités de la puéricultrice en PMI
Permanences de puériculture
Dans le centre médico-social réalisé seule par la puéricultrice ou l’infirmière, les familles peuvent ainsi choisir de la rencontrer seule en dehors de la consultation médicale. Les activités incluent :
- Pesée, mesure, courbes staturo - pondéral
- Accompagnement allaitement maternel ou artificiel
- Conseils sur soins hygiène (nombril, bain, soins de siège, oreilles, nez…)
- Conseils sur le respect des rythmes et du confort de l’enfant (couchage, prévention de la Mort Subite du Nourrisson (MSN) et prévention plagiocéphalie, bruit, tabagisme, chaleur…)
- Conseils sur les différentes acquisitions du bébé (éveil du tout petit, propreté,…)
- Conseils pour matériel de puériculture : mobilier, biberons, stérilisateur, linge, jouets et jeux …
- Orientation si besoin vers consultation médicale
Participation aux consultations d’enfants
En collaboration et sous la responsabilité d’un médecin, l’organisation peut être différente selon les départements, mais elles restent une mission importante de la PMI (consultation commune médecin/ puéricultrice ou consultation avec la puéricultrice puis le médecin). Les consultations médicales sont ouvertes aux enfants de moins de - 6 ans accompagnés d’au moins un de ses parents. Chaque département se doit d’en proposer à tous ses usagers : elles sont gratuites, ouvertes à tous publics, leur fréquence dépend de leur lieu d’implantation.
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Leur rôle est essentiellement de prévention, non de curatif : observance du calendrier vaccinal, surveillance des apports en vitamines (prévention du rachitisme), surveillance des courbes staturo - pondérales et du développement psychomoteur, dépistage des troubles du comportement de l’enfant et des troubles dans l’interaction enfant / adulte, actions de prévention et de dépistage des handicaps des enfants de moins de six ans ainsi que conseils aux familles pour la prise en charge de ces familles. Le médecin peut conseiller une orientation vers des professionnels spécialisés (Psychiatre, psychologue, Centre Médico Psychologique (CMP), otorhinolaryngologiste (ORL), ophtalmologue (OPH), Centre d’Action Médico-social Précoce (CAMSP)…). Lors de ces permanences ou consultations, selon les départements, la puéricultrice peut être assistée par une auxiliaire de puériculture pour assurer des activités liées à l'hygiène, à l'alimentation, à l'éveil, pour les mesures, et la tenue des dossiers. Selon les lieux de consultations, il existe une collaboration avec une Educatrice de Jeunes Enfants (EJE) pour l’animation et convivialité en salle d’attente qui permet écoute et parole. La puéricultrice assure un suivi post - consultations avec le médecin, et / ou l’EJE.
Agrément et suivi des assistantes maternelles et familiales
Selon les départements, une équipe pluridisciplinaire (puéricultrice ou infirmière, assistante sociale, éducatrice, psychologue) réalise les enquêtes d’agréments. Son rôle est ensuite d'assurer le suivi et/ou l’encadrement de ces professionnelles en effectuant des visites à domicile (sur rendez-vous ou de manière fortuite) ce qui permet un temps d’observation, d’échange et de conseils si besoin.
Bilans en écoles maternelles
Les puéricultrices effectuent des bilans pour les enfants de 3/4 ans. La loi n°2007-293 du 5 mars 2007 qui réforme la protection de l’enfance met un accent particulier sur les bilans en école maternelle. La puéricultrice réalise un bilan complet : poids, taille, Indice de Masse Corporelle, recherche d’anomalies bucco-dentaires, test auditif et visuel, observation du développement psychomoteur et du comportement, test de langage, vérification de la conformité du calendrier vaccinal. Dans certains départements, les enfants sont vus en présence d’un de leur parent, sinon la professionnelle assure des transmissions aux parents (sous pli cacheté) et au médecin de PMI. Après le passage de la puéricultrice, selon les politiques départementales, le médecin rencontre les parents dont les enfants présentent un problème particulier (afin de les orienter vers un médecin spécialisé ou de faire le lien avec le généraliste) ou leur donne un rendez-vous systématique (surtout en Zone d’Education Prioritaire-ZEP- ou Réseau d’Education Prioritaire -REP-).
Prévention sanitaire et sociale
Certaines puéricultrices mettent en place des réunions sur des thèmes très variés : Actions spécifiques pour l’enfance en danger (prévention des mauvais traitements, information sur la maltraitance, prévention « bébé » secoué, l’allaitement, prévention de l’obésité infantile, vaccinations, le couchage et prévention de la mort subite du nourrisson, l’alimentation, la prévention du rachitisme, le tabagisme, les toxicomanies, les jeux … etc. Réunions avec les mères étrangères: Beaucoup de puéricultrices organisent des réunions avec des familles de même ethnie afin d’instaurer une relation de confiance pour leur donner des conseils de soins et d’accompagnement à la parentalité en rapport avec leurs références culturelles. Elles recherchent la personne ressource qui pourra traduire ou réexpliquer les conseils en les adaptant à leur compréhension. Elles peuvent être amenées à organiser des ateliers notamment sur la confection de repas, mais aussi sur d’autres thèmes à la demande des mères. Elles peuvent également établir des supports de conseils avec des dessins pour les mères ne lisant pas le français, et écrit en différentes langues.
Visites à domicile
La puéricultrice effectue des visites qui peuvent être dans le cadre de « signalement » ou « information préoccupante » au titre de l'enfance en danger : numéro téléphonique 119, signalements direct au CMS, écoles, lettres ou communications téléphoniques anonymes, signalements de partenaires médico-sociaux (maternités, hôpitaux, médecins généralistes, Centre Communautaire d’Actions Sociales, modes d’accueil), signalements directs au CMS par une personne, éducation nationale (écoles, collèges, lycées), lettres ou communications téléphoniques anonymes. Au titre de la prévention, elle réalise des visites pour le suivi des agréments assistants maternels et familiaux, pour le suivi post- hospitalisations ou en liaison avec les maternités. La visite à domicile est un des outils d’intervention de la PMI qui présente de nombreux intérêts : elle permet une connaissance fine de chacun des membres de la famille et de la réalité de son environnement. L’enfant, ses parents le plus souvent se sentent en sécurité dans un environnement familier qu’ils peuvent contrôler. Les puéricultrices repèrent mieux les interactions entre les différents membres de la famille et les difficultés matérielles auxquelles celle-ci peut être confrontées (logement exigu, sans chauffage, insalubre, absence de mobilier, absence de nourriture……) Du fait des hospitalisations de plus en plus courtes à la maternité, l’intérêt des visites post-natales est très important.
Relation avec l’ASE (Aide Sociale à l'Enfance)
Le service social et le service PMI ont des relations de complémentarité et de partenariat. Chacun conservant une identité propre et les missions spécifiques des différents métiers en ayant un seul objectif, la protection de l'enfant.
Activités de planification
Dans certains CMS, des sage- femmes assurent des consultations gynécologiques, suivi de grossesses, contraception. Elles assurent dans le respect du secret professionnel, des liens avec les puéricultrices de secteur toujours dans un souci de protection de l'enfant. Actions particulières par sage - femmes ou puéricultrices à destinations des adolescents pour la prévention et l’information sur les Infections Sexuellement Transmissibles (IST) ou Maladies Sexuellement Transmissibles (MST).
Le quotidien d'une infirmière puéricultrice
Au quotidien, les infirmiers puériculteurs et infirmières puéricultrices :
- Accueillent, écoutent les familles, recueillent les informations relatives à l’enfant et informent les familles du déroulement de l’accueil de leur enfant, de manière à assurer une continuité dans la satisfaction des besoins de l’enfant.
- Observent les enfants afin de suivre et favoriser leur éveil et leur développement.
- Proposent et organisent avec l’équipe éducative des activités d’éveil visant à accompagner l’enfant vers l’autonomie et l’apprentissage de la vie sociale.
- Impulsent, suivent et évaluent avec l’ensemble de l’équipe le projet pédagogique de l’établissement. Ils font part à l’équipe de leurs observations quotidiennes pour une prévention et une prise en charge individuelle de l’enfant.
- Dirigent une ou plusieurs unité d’accueil du jeune enfant, en lien avec les professionnels pluridisciplinaires avec lesquels ils exercent leurs activités.
- Contrôlent et accompagnent les conditions d’accueil du jeune enfant proposées par les professionnels des modes d’accueil (établissement d'accueil du jeune enfant et assistants maternels).
Où peut-on exercer en tant qu'infirmière puéricultrice ?
Au sein d’équipes pluridisciplinaires, ces professionnels peuvent exercer :
- Dans les crèches et établissement d'accueil du jeune enfant (EAJE).
- Dans les établissements de santé, sociaux et médico-sociaux.
- Dans les services de protection de la santé de l’enfant et de sa famille.
- Dans les services d’accueil des enfants, de la naissance à l’adolescence.
- À l’hôpital, dans les services de maternité et de pédiatrie.
- Dans les services départementaux de PMI (protection maternelle et infantile).
Évolutions professionnelles
En exerçant dans une crèche, les infirmiers puériculteurs et infirmières puéricultrices sont appelés rapidement à prendre des responsabilités de direction ou direction-adjointe. En tant que manager, ils veillent à la cohésion de l’équipe, en organisant des temps réguliers d’échanges. Ils sont soucieux des conditions de travail des professionnels au sein de la crèche et participe à leur formation continue.