L'accouchement inopiné extra-hospitalier (AIEH) représente une situation à la fois rare et imprévisible, susceptible de se produire à tout moment et en tout lieu. Il s'agit d'un accouchement qui se déroule en dehors d'une structure hospitalière, souvent de manière non planifiée, que ce soit au domicile, sur le lieu de travail, ou même dans un véhicule. Face à cette éventualité, une intervention rapide et coordonnée des services de secours, notamment les pompiers et le SAMU, est essentielle pour assurer la sécurité de la mère et de l'enfant.
Définition et contexte de l'AIEH
Un accouchement imminent (AI) est défini comme une naissance non programmée en dehors d’une maternité, d’une structure hospitalière ou d’un établissement de santé. Il survient par conséquent n’importe où et n’importe quand. Près de 0,5% des accouchements ont lieu en dehors d'une structure hospitalière. L'accouchement inopiné extra-hospitalier (AIEH) est une situation exceptionnelle qui requiert calme, réflexes adaptés et une prise en charge immédiate. Que l'accouchement soit eutocique ou dystocique, l'importance d'une intervention rapide des secours et de l'utilisation d'un kit accouchement pompier ou de secours est capitale.
Les difficultés sur le terrain conduisent les services de secours préhospitaliers (pompiers, SAMU) à être très préparés pour diminuer les risques avant, pendant et après l’accouchement. D’une part, les difficultés sont dues à une prise en charge simultanée du couple mère-enfant. L’accouchement est un évènement naturel pour la femme enceinte. Les complications sont rares.
Protocole d'intervention : Les étapes clés
Face à un accouchement inopiné, il est crucial de suivre un protocole précis pour assurer la sécurité de la mère et de l'enfant. Ce protocole implique plusieurs étapes clés :
- Alerte des secours : La première étape consiste à contacter immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112 pour obtenir de l'aide et des conseils en direct. Il est important de fournir des informations précises sur la situation, notamment le lieu de l'accouchement, l'état de la mère et les signes d'imminence de l'accouchement. Lorsqu’un requérant appelle le 18, 15, 112 - pour lui ou pour un tiers - en cas de perte des eaux, de contractions utérines persisantes, de sensation de « descente » du bébé, les premiers secours sont envoyés sur les lieux.
- Préparation de la zone d'accouchement : Les protocoles de soins du référentiel de formation (dénommé BSP 200.2) sont directement issus des recommandations internationales. Le règlement opérationnel permet aux premiers secours d’identifier l’imminence de l’accouchement. Des gestes techniques sont également anticipés. Ainsi, trois zones de travail sont préparées pour l’AI : une zone de prise en charge pour l’accouchement de la mère, une zone pour l’accueil du nouveau-né et une zone de réanimation éventuelle du nouveau-né.
- Assistance à l'accouchement : Accompagner sans forcer : Ne tirez pas sur le bébé.
- Soins au nouveau-né : Après la naissance, il est important de sécher et de réchauffer le nouveau-né, de surveiller sa respiration et de clamper le cordon ombilical.
- Surveillance de la mère : La mère doit être surveillée de près après l'accouchement pour détecter tout signe de complication, comme une hémorragie. La mère peut avoir des pertes sanguines importantes.
La formation des pompiers : une préparation essentielle
Aujourd’hui, tout pompier prétendant à devenir chef d’agrès doit réaliser une formation approfondie théorique et pratique, lors d’un stage de 5 semaines dénommé PECCH (Peloton des élèves caporaux-chefs). L’encadrement est réalisé par des médecins urgentistes, des infirmiers diplômés d’État et des formateurs spécialisés en secourisme. Lors de cette formation, ils apprennent à réaliser un accouchement, à anticiper les complications, et à faire face aux éventuelles complications.
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« Lors de leur formation, les futurs chefs d’agrès bénéficient d’une formation théorique et pratique sur les accouchements, explique par le Dr LEBRUN, (médecin urgentiste de la BSPP depuis cinq ans, formatrice au PECCH). Répartis en petits groupes avec un binôme médecin - sous-officier formateur, tous les futurs chefs d’agrès passent en simulation. Ils manœuvrent en temps réel, le but étant de se rapprocher le plus possible de la réalité. Nous en profitons également pour travailler les situations particulières type circulaire du cordon et les manœuvres d’accouchement par le siège. « On se pose toujours beaucoup de questions lors d’un accouchement, parce que ce sont des interventions particulières. Notre formation permet de dédramatiser l’intervention, nous ne sommes pas médecin ni sage-femme, mais les gestes qui nous sont enseignés sont simples, clairs, efficaces et permettent de réaliser des accouchements hors milieu hospitalier.
Complications potentielles et prise en charge
Plusieurs complications peuvent survenir lors d'un AIEH, nécessitant une prise en charge spécifique :
- Le circulaire du cordon ombilical.
- La procidence du cordon ombilical. Le cordon ombilical descend avant le bébé. Celui-ci le comprime, ce qui entraîne une diminution voire une interruption du flux sanguin vers le bébé.
- La présentation du siège.
- La prématurité : Une naissance avant la fin du 8e mois de grossesse définit un nouveau-né prématuré.
Un peu d’histoire
- 2018 : monitoring de la fréquence cardiaque dans les situations de détresse vitale et mise en place du harnais pédiatrique de transport (arrêté du 12 décembre 2017 fixant les caractéristiques et les installations matérielles exigées pour les véhicules affectés aux transports) [6].
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