Ces derniers mois, de nombreux témoignages de femmes ayant subi des épisiotomies sans consentement ou des examens gynécologiques humiliants ont été rapportés. Il est donc crucial de se pencher sur les droits des femmes en matière d'accouchement, afin de garantir le respect de leur corps et de leurs choix.
Le Droit à l'Information et au Consentement Éclairé
Selon la loi, "toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé". Cela signifie que les professionnels de la santé ont l'obligation de vous expliquer clairement, loyalement et de manière appropriée ce qui se passe ou va se passer. Cette information doit porter sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent, ainsi que sur les autres solutions possibles et les conséquences prévisibles en cas de refus.
La Charte de la personne hospitalisée et le Code de la santé publique viennent renforcer ce droit à une information claire et appropriée et le droit au consentement libre et éclairé, afin de garantir la sérénité des futures mamans en salle d'accouchement.
Exemple concret : L'épisiotomie
Si la sage-femme souhaite pratiquer une épisiotomie, elle doit vous expliquer clairement et de manière compréhensible l'acte, avec toutes les informations nécessaires. N'hésitez pas à poser des questions, à vous informer et à solliciter d'autres avis médicaux si nécessaire.
Le consentement : un droit fondamental
"Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne, et ce consentement peut être retiré à tout moment." L'équipe médicale peut bien sûr vous conseiller de prendre tel traitement ou de subir tel acte médical, mais la décision finale vous appartient.
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Mes Choix, Mon Accouchement
Chaque femme a le droit de choisir les professionnels qui la suivent, l'endroit où elle va accoucher et la manière dont elle va accoucher (sauf urgence médicale). Les équipes médicales peuvent vous conseiller ou refuser certains actes, mais il est primordial de vous informer pour avoir sous le coude tous les arguments nécessaires pour maintenir votre positionnement.
Les lieux de naissance possibles en France :
- En structure hospitalière (maternité) : C'est l'option la plus courante.
- En plateau technique : Rare, ce type d'accouchement est proposé par une sage-femme libérale ayant suivi une préparation spécifique.
- En maison de naissance : Ces lieux sont gérés uniquement par des sages-femmes. La maman et le bébé sont suivis par une sage-femme référente tout au long de la grossesse et après le retour à la maison.
- À domicile (AAD) : Un accouchement à domicile est encadré par une sage-femme spécialisée.
Les éléments sur lesquels vous avez le droit de choisir :
- La présence d'internes, d'externes ou d'étudiants dans la salle d'accouchement. Vous êtes en droit de demander une bulle d'intimité.
- Un toucher vaginal. La sage-femme ou l'infirmière doit toujours vous demander votre autorisation avant de pénétrer cette partie intime de votre corps.
- La péridurale. Il est tout à fait possible de refuser la péridurale si vous souhaitez un accouchement naturel.
- Rester immobile pendant le travail. Bouger, marcher et danser permet d'accélérer le travail.
- Accoucher en position gynécologique (allongée sur le dos). Ce n'est pas une position physiologique pour accoucher.
- Rompre la poche des eaux artificiellement. Cet acte peut être douloureux et n'est que rarement obligatoire.
- Le déclenchement de l'accouchement ou le décollement des membranes. Sauf en cas d'urgence vitale, ces deux actes ne peuvent se faire sans votre accord.
- L'épisiotomie. Bien qu'elle soit en phase de décroissance, vous avez le droit de refuser cet acte si vous estimez qu'il n'est pas nécessaire.
- "Le point du mari". Cet acte, qui consiste à ajouter quelques points de suture pour "resserrer" le vagin, est illégal s'il n'est pas consenti.
Le Projet de Naissance : Votre Feuille de Route
Le projet de naissance est un document qui rassemble vos préférences en termes d'environnement hospitalier, de soins médicaux et de soins prodigués. Il peut inclure des informations sur votre historique médical, vos contacts d'urgence, la manière dont vous souhaitez être installée pendant le travail, vos options pour l'anesthésie ou le déclenchement, et si vous souhaitez allaiter ou non.
Le projet de naissance est un outil de communication, de planification et de préparation à l'accouchement. Il permet de donner des directives et de prendre des décisions que vous ne serez pas forcément en mesure de donner ou de prendre le jour J.
Que Faire Si Vos Droits Ne Sont Pas Respectés ?
Si vos souhaits n'étaient pas respectés ou qu'un acte médical était pratiqué sans votre consentement, vous êtes en droit d'écrire au directeur de l'établissement dans lequel vous avez accouché, de communiquer via le médiateur de l'hôpital et de demander votre dossier médical.
Vous pouvez également télécharger le guide juridique réalisé par la Fondation des Femmes : Accouchement : mes droits, mes choix. Vous y retrouverez toutes les informations en détail, ainsi que les textes de loi.
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L'Importance de la Préparation et de la Confiance en Soi
L'information, la préparation et la confiance en soi sont les piliers d'un accouchement positif. Reconnectez-vous avec votre instinct maternel et la puissance de votre corps pour vivre pleinement cet événement, source de joie immense et de profond sentiment d'accomplissement.
N'oubliez pas : votre corps vous appartient, vous avez le droit de faire vos propres choix. Entourez-vous d'une équipe soignante à l'écoute de vos besoins et de vos désirs, et n'hésitez pas à vous faire accompagner par une doula pour un soutien émotionnel et pratique tout au long de votre grossesse et de votre accouchement.
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