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Besoin d'aller aux toilettes après l'accouchement avec péridurale : Comprendre et Gérer les Difficultés Urinaires

L'accouchement est une expérience transformatrice, mais il peut aussi entraîner des changements physiologiques importants. Parmi ceux-ci, les difficultés urinaires post-partum, en particulier après une péridurale, sont un sujet souvent tabou mais pourtant fréquent. Cet article vise à briser ce silence et à fournir des informations claires et complètes pour aider les nouvelles mamans à comprendre et à gérer ces problèmes.

Témoignage d'une Maman : Flore Brise le Tabou

Après son accouchement, Flore s’est rendu compte qu’elle avait de gros problèmes pour faire pipi. Elle était obligée de « pousser », ce qui n’est pas du tout normal. Mais comme personne n’en parle, elle n’a pas osé aborder le sujet, peut-être que ça passerai ? Heureusement elle s’est rendue compte à temps qu’il y avait un soucis et elle décide de briser le tabou pour que cela n’arrive pas à d’autres femmes. Voici son témoignage.

Après une grossesse idyllique, me voilà partie pour l’accouchement. Celui-ci a été un peu compliqué, mais comme ce n’est pas l’objet du témoignage je ne vous raconterai pas les détails…. Vers 19h30 me voilà donc maman, avec ma saucisse dans les bras (une merveilleuse fille de 2,9kg). Je passe les 2 heures du surveillance réglementaires dans la salle de travail avant d’être transférée dans ma chambre. Comme tout est nouveau pour moi, et comme toute jeune maman je me focalise sur ma saucisse et je ne fais pas attention à moi. Bébé pleure beaucoup la première nuit et j’étais épuisée. Vers les 5h du matin je finis par demander aux sages-femmes de prendre un peu le relais afin de pouvoir dormir un peu. Une fois bébé refilé je m’écroule comme une masse pour me réveiller 2h plus tard. C’est à ce moment-là que j’essaie d’aller aux wc mais que je n’arrive pas à faire pipi. La sage femme va me réaliser un bladder scan (comme un petit appareil d’échographie qu’on nous pose sur le ventre pour savoir combien notre vessie contient) et me dire que je suis en globe urinaire (ma vessie est beaucoup trop pleine et je n’arrive pas à la vider) et par conséquent il faut la vider (elle va me réaliser un sondage minute, c’est à dire insérer une sonde urinaire juste le temps de vider ma vessie). Après plus de 4 heures et plus de 2 litres avalés je n’ai toujours pas envie de faire pipi. Au bout de 48H dans le service de la sage-femme décide de me poser une sonde vésicale à demeure (c’est à dire qu’on laisse en place avec un collecteur au bout pour les urines) afin que ma vessie se repose et retrouve un fonctionnement normal. Je garde cette sonde 2 jours et lors de son retrait on me demande de boire beaucoup et d’essayer de faire pipi, on me retire également mes points d’épisiotomie. Je bois +++ (je veux absolument faire pipi car sinon je ne peux pas rentrer chez moi..) et par miracle j’y arrive. On m’autorise enfin à rentrer chez moi ! Le temps passe et je ne fais toujours pas attention à moi, bébé pleure beaucoup et par conséquent je suis souvent coupée quand je vais aux toilettes. Puis je me reprends mon activité salariée et là je me rends compte que quelque chose ne va pas : quand j’essaie de faire pipi et bien je dois faire pipi une fois puis attendre quelques minutes et faire pipi une deuxième fois. Comme à mon travail je suis toujours « sous tension » à me dépêcher et bien j’oblige ma vessie à se « vider d’un seul coup » en poussant pour aller plus rapidement. Je n’arrive à uriner qu’en faisant comme ça, c’est devenu une habitude et je n’arrive même pas à me souvenir comment je faisais avant mon accouchement. Au bout de 2 ans, je reprends des études d’infirmière et j’ai un cours sur l’anatomie de la vessie et ses dysfonctionnements. Le médecin évoque qu’il ne faut surtout pas pousser pour uriner, que notre sphincter s’ouvre naturellement pour vidanger la vessie…. A partir de là j’ai du consulter un urologue (et oui ce n’est pas réservé aux hommes et à leur prostate !), faire différents examens, essayer différents médicaments et même apprendre à m’auto sonder (vider moi-même ma vessie à l’aide d’une sonde urinaire en sondage minute)… pour essayer que ma vessie reprenne un fonctionnement normal. Mais en vain. Il me reste une dernière option, selon mon médecin, qui consiste à me placer un neuro-stimulateur dans la moelle épinière (on stimule les nerfs avec décharges électriques et cela ouvre « naturellement » le sphincter vésical). A ce stade-là de la lecture, vous devez vous dire que cela ne doit pas être si grave que ça de devoir faire pipi en 2 temps à quelques minutes d’écart… c’est sûr, il y a bien plus grave ! Alors si j’ai un conseil pour les futures jeunes mamans (ou même pour n’importe quelle femme, voir même les hommes qui peuvent lire mon témoignage) c’est qu’il ne faut pas avoir de sujet tabou !! Et puis à sa famille et surtout aux professionnels de santé (bon ok, entre temps je suis devenue infirmière donc je fais un peu de la pub pour le milieu médical) car si on s’occupe de notre problème suffisamment tôt et bien on évite tout ce qui peut arriver par la suite ! Bref, merci de m’avoir lu même si c’était un peu long….

Pourquoi la Péridurale Peut Affecter la Miction

La péridurale est une forme d’anesthésie locorégionale qui engourdit les nerfs et l’espace péridural avoisinant, offrant ainsi une insensibilité temporaire à la zone où elle est injectée. Bien qu'elle soit largement utilisée pour soulager la douleur pendant le travail, elle peut avoir des effets secondaires, notamment sur la fonction vésicale. Voici comment :

  • Engourdissement des nerfs: La péridurale peut engourdir non seulement les nerfs utérins, mais aussi ceux qui contrôlent la vessie et les muscles du plancher pelvien. Cela peut rendre difficile la sensation du besoin d'uriner ou la capacité de vider complètement la vessie.
  • Blocage moteur: Même si elle est de mieux en mieux dosée, il est important de noter que la péridurale a souvent pour effet de non seulement engourdir les nerfs, mais aussi les membres inférieurs et la vessie. Cela entraîne l’incapacité à uriner normalement. De même, la péridurale empêche souvent de pouvoir se tenir sur ses jambes et donc de se rendre aux toilettes.
  • Sondage urinaire: L'incapacité à uriner peut nécessiter l'utilisation d'une sonde urinaire pour vider la vessie. Le sondage peut entraîner une faiblesse temporaire des muscles de la vessie, rendant plus difficile la reprise d'une miction normale après le retrait de la sonde.
  • Globe urinaire: Comme l'a vécu Flore, une vessie trop pleine et incapable de se vider est appelée globe urinaire. Cette condition nécessite une intervention médicale pour éviter des complications.

Les Suites de Couches et les Problèmes Urinaires : Un Lien Étroit

Après l’accouchement, votre corps et votre mental doivent passer par une phase d’adaptation et de récupération : ce sont les suites de naissance (ou suites de couche), qui font partie du post-partum. Longtemps appelées « suites de couches », les suites de naissance correspondent à la période qui suit l’accouchement. Cette période correspond au délai nécessaire à l’utérus pour retrouver sa taille et sa position normales. Cette période est ponctuée de divers petits désagréments physiologiques et psychologiques qui peuvent avoir un impact plus ou moins grand sur votre qualité de vie.

Lire aussi: Guide Complet Accouchement Naturel

Les suites de naissance sont physiologiques par nature. Votre grossesse et votre accouchement ont été de vrais bouleversements pour tout votre organisme, il est donc normal que celui-ci ait besoin de temps pour s’en remettre.

Outre les effets de la péridurale, plusieurs facteurs liés à l'accouchement peuvent influencer la fonction urinaire :

  • Traumatisme du plancher pelvien: Le passage du bébé peut étirer et affaiblir les muscles du plancher pelvien, qui soutiennent la vessie et l'urètre.
  • Œdème: L'accouchement peut provoquer un œdème (gonflement) des tissus autour de l'urètre, rendant la miction plus difficile.
  • Hormones: Les changements hormonaux après l'accouchement peuvent également affecter la fonction vésicale.

Symptômes Courants des Difficultés Urinaires Post-Péridurale

Les difficultés urinaires après une péridurale peuvent se manifester de différentes manières :

  • Difficulté à initier la miction: Avoir du mal à commencer à uriner, même avec une vessie pleine.
  • Sensation de vidange incomplète: Avoir l'impression que la vessie n'est pas complètement vide après avoir uriné.
  • Miction fréquente: Uriner plus souvent que d'habitude, même en petites quantités.
  • Incontinence urinaire: Fuites urinaires involontaires, surtout lors d'un effort (toux, éternuement, rire). À noter ! Il arrive aussi parfois que l’émission d’urines soit difficile dans les 24 heures qui suivent l’accouchement, notamment après une anesthésie par péridurale.
  • Besoin urgent d'uriner: Avoir une envie soudaine et intense d'uriner, difficile à retenir.

Que Faire Face aux Difficultés Urinaires Post-Partum ?

Il est important de ne pas ignorer ces symptômes et de prendre des mesures pour faciliter la récupération de la fonction vésicale. Voici quelques conseils :

  1. Communication ouverte avec les professionnels de santé: Il ne faut pas avoir de sujet tabou !! Et puis à sa famille et surtout aux professionnels de santé (bon ok, entre temps je suis devenue infirmière donc je fais un peu de la pub pour le milieu médical) car si on s’occupe de notre problème suffisamment tôt et bien on évite tout ce qui peut arriver par la suite ! Parlez ouvertement de vos difficultés urinaires avec votre médecin ou votre sage-femme. Ils pourront évaluer votre situation et vous proposer des solutions adaptées. La sage-femme réalise un examen médical et vous prescrit la contraception que vous avez choisie. C’est un moment privilégié pour répondre à vos différents questionnements vous concernant ainsi que votre enfant.
  2. Hydratation adéquate: Buvez beaucoup d'eau pour maintenir une bonne hydratation et faciliter la miction. Après plus de 4 heures et plus de 2 litres avalés je n’ai toujours pas envie de faire pipi. On me demande de boire beaucoup et d’essayer de faire pipi.
  3. Miction régulière: Essayez d'uriner régulièrement, même si vous ne ressentez pas une envie pressante. D’aller aux toilettes à heure fixe et sans efforts de « pousser ». L’idéal est d’y aller entre 30 minutes à 1 heure après le repas. Allez aussi aux toilettes dès que vous en ressentez l’envie et sans attendre.
  4. Techniques de relaxation: Détendez-vous lorsque vous essayez d'uriner. Évitez de pousser ou de forcer.
  5. Exercices du plancher pelvien (Kegel): Ces exercices aident à renforcer les muscles du plancher pelvien, améliorant ainsi le contrôle de la vessie. Les exercices de Kegel peuvent également contribuer à redonner de la tonicité aux muscles du pelvis, ce qui aidera à résorber les problèmes d’incontinence ou de fonctionnement du rectum.
  6. Éviter la constipation: La constipation peut aggraver les problèmes urinaires. Adoptez une alimentation riche en fibres et buvez beaucoup d'eau pour faciliter le transit intestinal. Contre la constipation, l’essentiel est de vous hydrater. Prenez l’habitude d’aller aux toilettes à heure fixe et d’y rester quelques instants, en prenant votre temps, mais sans effort de poussée. D’augmenter sa consommation de fibres alimentaires en privilégiant les légumes verts et les fruits frais. Si la constipation persiste, il ne faut pas hésiter à en parler au médecin ou à la sage-femme qui pourra prescrire un laxatif si besoin.
  7. Positionnement: Utilisez si vous le pouvez un marchepied quand vous êtes aux toilettes, les pieds surélevés peuvent aider les selles à progresser dans le côlon et dans le canal anal.

Interventions Médicales Possibles

Dans certains cas, des interventions médicales peuvent être nécessaires :

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  • Sondage intermittent: Si vous avez du mal à vider complètement votre vessie, votre médecin peut vous recommander un sondage intermittent, où vous vous insérez vous-même une sonde urinaire à intervalles réguliers pour vider votre vessie.
  • Médicaments: Dans certains cas, des médicaments peuvent être prescrits pour aider à améliorer la fonction vésicale.
  • Rééducation périnéale: Un physiothérapeute spécialisé en rééducation périnéale peut vous aider à renforcer les muscles du plancher pelvien et à améliorer le contrôle de la vessie.

La Péridurale : Bénéfices et Risques

La péridurale est une méthode courante pour soulager la douleur liée à un accouchement par voie basse (ou accouchement vaginal). Avec cette méthode, des antidouleurs sont administrés au travers d’un petit tube placé dans le bas de votre dos, ce qui permet ainsi d’engourdir les sensations dans le bas de votre corps et donc d’atténuer la douleur. Vous restez consciente durant le travail et pourrez pousser lorsque le moment sera venu de faire naître votre bébé.

La péridurale permet de supprimer ou du moins d’atténuer fortement la douleur liée à l’accouchement. Généralement, on commence par administrer une petite dose qui est ajustée en fonction de l’intensité des contractions et du souhait de la maman. Dans certains cas, il arrive que la péridurale ne fonctionne pas. Chez certaines femmes, le soulagement est partiel voire inexistant. La péridurale peut être administrée sans qu’il y ait une dilatation minimale du col de l’utérus. Cependant, il est recommandé de ne pas la pratiquer trop tôt, car cela pourrait entraîner l’arrêt des contractions. De manière générale, la pose de la péridurale est faite dès lors que la maman en ressent le besoin et la demande. Bien que l’aiguille puisse sembler impressionnante, la piqûre et la mise en place du cathéter sont très peu douloureux, dans la mesure où une petite anesthésie locale de la peau a été préalablement effectuée.

Cependant, comme toute intervention médicale, elle comporte des risques et des effets secondaires potentiels. Il est essentiel de discuter des avantages et des inconvénients de la péridurale avec votre médecin avant de prendre une décision.

  • Avantages:
    • Soulagement efficace de la douleur pendant le travail.
    • Permet à la mère de se reposer et de se concentrer sur l'accouchement.
  • Risques et effets secondaires potentiels:
    • Maux de tête. Ils résultent d’une ponction accidentelle de la dure-mère, la membrane qui sépare l’espace épidural de l’espace rachidien. Si l’aiguille pénètre trop profondément, elle peut percer cette membrane, entraînant une fuite du liquide céphalo-rachidien. On considère qu’1 à 2% des accouchements sont concernés. Cette fuite peut entraîner des céphalées, c’est-à-dire des maux de tête.
    • Douleurs dorsales. Elles peuvent être associées à l’aiguille de la péridurale, mais elles sont plus fréquemment le résultat des positions que la péridurale impose.
    • Difficultés urinaires.
    • Baisse de la tension artérielle.
    • Ralentissement du travail.
    • Complications rares mais graves (lésions nerveuses, infections).

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