La mise-bas, ou accouchement, chez les animaux domestiques est un événement naturel mais qui peut susciter des inquiétudes chez les propriétaires. Que ce soit chez la chienne, la chatte, la furette, ou même les rongeurs et les oiseaux, il est important de connaître le déroulement normal de la gestation et de la mise-bas, ainsi que les signes d'alerte nécessitant une intervention vétérinaire. Cet article vous fournira un guide complet pour vous aider à accompagner au mieux votre animal de compagnie lors de cette étape cruciale de sa vie.
Chez la chienne
Déroulement normal de la mise-bas
La durée de la gestation chez la chienne est en moyenne de 63 à 65 jours, mais peut varier de 58 à 70 jours selon le moment de la saillie par rapport à l’ovulation. Il est conseillé de réaliser un suivi de chaleurs chez un vétérinaire pour connaître la date précise de l’ovulation.
Quelques jours avant la mise-bas, la chienne adopte un comportement de nidification, cherchant à s'isoler du bruit et de l'agitation. Elle peut également avoir moins d'appétit. Un signe facilement contrôlable est la chute de la température rectale, qui descend à 37-38°C (alors qu'elle est normalement de 38.5°C environ) dans les 48 heures précédant la mise-bas. La température remonte juste avant le début du travail. Les contractions de l’utérus peuvent commencer 24 h après la chute de température. Le col de l’utérus se dilate 1 à 6 heures après la chute de température. Un des premiers signes reconnaissables du début de la mise bas est l’écoulement des glaires cervicales qui démontre l’ouverture du col, cet écoulement précède de 30 min à 2 heures le premier chiot.
Le travail se divise en trois étapes essentielles :
- Phase de préparation : L'utérus se prépare et le col s'ouvre. La chienne est inquiète, agitée, se regarde le ventre, tourne en rond, se lève et s'assoit, et halète.
- Phase d'expulsion : Les contractions utérines augmentent, accompagnées de contractions abdominales visibles. Les poches fœtales se percent et les premières eaux sont libérées. L'expulsion d'un chiot peut durer entre 10 à 60 minutes (pour chaque naissance). Qu’il s’agisse d’un chiot ou d’un chaton, c’est la tête qui doit sortir en premier. Pour les chiots, ils doivent sortir entouré par une membrane que la mère se chargera de déchirer. Le délai moyen entre l’expulsion de chaque chiot varie entre 20 et 30 min, mais ce temps est très variable et s’étend de quelques minutes à 2 heures, voire plus dans certains cas.
- Phase de délivrance : Le placenta est expulsé après la naissance de chaque chiot. Cette étape, également appelée « la délivrance », se traduit par la sortie du placenta lors de la sortie de chaque chiot ou chaton. Si vous voyez que le placenta reste bloquer à l’intérieur de la mère, il faudra immédiatement contacter le vétérinaire. La mise bas s’étend en moyenne de 4 à 8 heures, mais peut durer jusqu’à 24 ou 36 heures. Dans les 15 minutes qui suivent chaque chiot, le placenta est expulsé.
La mise bas s’étend sur une période de 6 à 36 heures selon la race et le nombre de chiots attendus. L'expulsion de chaque chiot prend entre 15 minutes et 2 heures. La majorité des chiennes s'accordent une pause de 30 minutes après la naissance de quelques petits. Il arrive parfois que la mise bas se déroule en deux temps, où la mère expulse les derniers chiots après 12/24h de repos.
Lire aussi: Guide Complet Accouchement Naturel
Comment aider votre chienne pendant la mise-bas
Si c’est la première fois que votre chienne met bas, elle peut avoir besoin d’un peu d’aide, alors soyez prêt à la réconforter par la parole. Pendant les contractions, l’idéal est de laisser le chien ou le chat se rendre à la caisse de mise bas ou sur sa couchette tout en surveillant. Veillez à ce qu’elle soit à son aise dans un espace calme et protégé, gardez une distance respectueuse et n’intervenez que si quelque chose se passe mal, ce qui ne devrait pas arriver. Quelques conseils utiles vous permettront d’assister au mieux votre chienne dans la mise bas de ses chiots :
- Si la mère donne naissance à un chiot alors que le précédent a besoin d’aide :
- Retirez la membrane qui enveloppe ce dernier.
- Lavez-vous les mains, prenez un morceau de ficelle épais très propre et faites un nœud à environ 2,5 cm de l’endroit où le cordon est attaché au corps du chiot. Enlevez cette ficelle quelques heures plus tard : le sang dans le cordon aura de toute façon coagulé et il faut éviter une infection du cordon ombilical, ou même que la ficelle soit mangée par la mère.
- Faîtes ensuite un autre nœud un peu plus loin du premier et coupez le cordon ombilical avec des ciseaux propres entre les nœuds.
- Séchez rapidement le chiot à rebrousse-poil à l’aide d’un chiffon propre.
- Enfin, frictionnez énergiquement le chiot avec un chiffon sec et tiède pour le sécher et le réchauffer, et stimuler sa première respiration. Les jappements permettent d’évacuer tout le liquide des voies respiratoires. Si vous avez un mouche-bébé, vous pouvez vous en servir pour nettoyer doucement chaque narine.
Après la mise-bas
Une fois le travail terminé, faites manger et boire la mère et aidez-la à sortir (cela peut être difficile). Remplacez les couvertures souillées de son « nid » et laissez un peu d’intimité à la nouvelle famille.
Si la mère ne semble pas très encline à s’occuper de ses chiots, et si ce désintérêt dure plus d’une heure, prenez la relève et consultez immédiatement votre vétérinaire. Dans certains cas, il peut être nécessaire de mettre la main à la pâte si la mère néglige ses petits ou si elle ne produit pas de lait.
Alimentation de la chienne après l'accouchement
Pendant la gestation (la grossesse), la chienne a souvent besoin d’une alimentation spéciale. Après la mise bas, elle va normalement produire du lait, et cela aussi va lui demander de l’énergie. Certains recommandent de proposer à votre chienne des croquettes pour bébé chien, plus riches en minéraux et en protéines, mais il est préférable de demander conseil à votre vétérinaire, qui pourra vous orienter vers l’alimentation adaptée.
Les chiots, quant à eux, vont être nourris par leur mère dans les premiers temps.
Lire aussi: Quand reprendre le sport après bébé ?
Dystocie chez la chienne
La dystocie désigne les difficultés lors de la mise bas, mécaniques pour une majeure partie, nécessitant l’intervention d’un professionnel. La chienne doit être sous surveillance (en lui laissant une espace de tranquillité), notamment après l’observation de la chute de température : une absence totale de signes de mise bas 24h après cette chute peut signifier une dystocie. Le délai entre chaque chiot doit être observé. Il est ainsi intéressant de connaître précisément le nombre de chiots attendus avec une examen radiographique pour avoir un meilleur suivi de la mise bas. Un délai de plus de deux heures entre deux chiots doit amener à consulter, particulièrement si la chienne persiste à avoir des contractions fortes, douloureuses et infructueuses, ce qui peut signifier une torsion utérine, ou un chiot qui ne parvient pas à passer la filière pelvienne. Ou à l’inverse, si les contractions sont faibles, non productives, cela peut signifier une fatigue extrême de la mère, une carence en calcium (très important lors de la mise bas, d’où la nécessité de complémenter en calcium les chiennes en gestation). De même, la nature des pertes vulvaires peut être un signe d’alerte. Elles sont en général constituées par le/les liquides amniotiques des chiots, un peu de sang, du méconium (premières selles des chiots qui peuvent être expulsées in utero et colorent les chiots en vert!), du placenta et des annexes fœtales etc… Tout écoulement de sang en quantité importante, de pertes nauséabondes ou de pus doivent amener à consulter.
Attention : le stress ou toute agitation stoppe le travail, la chienne peut cesser ses contractions. Ainsi, un heureux événement comme une mise bas a souvent tendance à déclencher une certaine animation dans une maison. La chienne distraite peut cesser le travail avant l’expulsion de tous les chiots, auquel cas, les délais peuvent s’allonger sans que cela soit nécessairement une dystocie. En cas de doute, il faudra le conseil d’un professionnel avisé.
Si la mise-bas ne se déroule pas correctement, appelez un vétérinaire en urgence.
- Saignements excessifs : Un saignement excessif avant, pendant ou après la mise bas peut être un signe de problème.
- Chiot bloqué : Si un chiot est visible depuis plus de 10-15 minutes sans progrès, cela peut nécessiter une intervention.
Gestes pour s’occuper des nouveaux-nés
Il est impératif de leur permettre de respirer, ainsi, dégager les voies respiratoire est primordial et doit être immédiat. En les tenant tête vers le bas, veiller à nettoyer les mucosités et membranes qui pourraient obstruer les narines et la bouche. Il est temps de s’occuper de couper le cordon ombilical. Il doit être coupé à environ 1 cm / 1,5 cm de longueur en partant de l’abdomen du chiot. Un nœud avec un fil de couture peut faire l’affaire. Une fois leur respiration assurée, et le cordon ligaturé, les nouveaux-nés doivent être rapidement séchés, frictionnés. Petits et humides ils perdent rapidement leur chaleur, ce qui peur leur être fatal. Une fois secs, il faut les placer dans un endroit propre, à plus de 31-32°C, bien isolés du sol, un grand panier posé sur des couvertures avec des bouillottes fera très bien l’affaire ou au mieux un tapis chauffant, une lampe chauffante. Attention à ne pas bruler les petits! Le test : si vous pouvez laisser votre main longtemps au contact de la bouillotte en sentant la chaleur sans vous bruler alors c’est bon, sinon entourez les bouillottes de serviettes. Rassurez-vous, la mère sera en général capable de réaliser seule la plupart de ces étapes.
L’environnement de la mère et des petits doit néanmoins être contrôlé, propre, sec et chaud, bien isolé du sol par lequel la chaleur se perd le plus.
Lire aussi: Grossesse : bébé tête en haut
Chez la chatte
Déroulement normal de la mise-bas
Dans l’espèce féline, la mise-bas, équivalent de l’accouchement chez la femme, est un processus assez rapide (moins de 6h généralement) qui se déroule en plusieurs phases bien distinctes. Ces phases sont très similaires à celles rencontrées dans l’espèce canine, mais certaines spécificités sont importantes à connaître afin de s’assurer du bon déroulement de la mise-bas.
La durée moyenne de gestation est de 59 à 63 jours. La température rectale de la chatte chute d’un degré Celsius dans les 24 h qui précèdent la mise bas. Ceci est déclenché par l’effondrement du taux de progestérone et cela s’appelle le signe de Lieberger. La température remonte juste avant le début du travail. Comme chez la chienne, les contractions de l’utérus et le relâchement du col peuvent commencer 12 h après la chute de température.
La mise-bas débute toujours par l’observation de signes particuliers appelés prodromes. Elle peut être notée dans les 24h avant la mise-bas. Elle est due au remaniement hormonal préparant la mise-bas (chute de progestérone). C’est un moyen assez fiable (et gratuit !) de suivre l’évolution de la fin de la gestation. La diminution doit être supérieure à 1°C sur plusieurs mesures. Il s’agit du bouchon muqueux qui, comme chez la femme, permettait au col de l’utérus d’être imperméable aux agressions du milieu extérieur, et se retrouve expulsé lorsque la dilatation du col s’amorce. Cela correspond à la rupture de la poche des eaux, présente également chez les animaux. Il est consécutif au détachement d’un premier placenta. Les contractions utérines, nécessaires à l’expulsion des fœtus, débutent généralement plusieurs jours avant le jour J. Cependant, elles augmentent en intensité et en fréquence à l’approche de la mise-bas. La chatte présente des phases de nervosité, d’agitation. Cela génère en elle une situation d’anxiété. Votre chat se met à respirer gueule ouverte avec des mouvements de langue saccadés, la tête étirée vers le haut.
Lorsque la phase dite d’expulsion aura commencé, vous n’aurez aucun mal à le déterminer. À compter de ce moment, votre chatte va chercher un endroit calme pour mettre au monde sa portée de chatons. Votre animal devra donc être installé dans une zone spécifiquement dédiée à la mise-bas. Cet endroit doit absolument être accepté par votre chatte. En effet, si vous constatez qu’elle n’y est pas à l’aise, trouvez un autre endroit pour qu’elle puisse faire son nid. Si la zone n’est pas adaptée, elle pourrait donner naissance à ses chatons à un endroit trop froid ou trop inconfortable pour eux, mettant en péril leur survie. Dans certains cas, on observe même des actes de cannibalisme (la maman tue ses petits), en cas de stress territorial trop important.
Le délai moyen entre l’expulsion de chaque chaton varie entre 1 et 30 min, mais ce temps est aussi très variable et s’étend de quelques minutes à presque 2 heures. La mise bas dure pour environ 85% des chattes moins de 6 heures, mais peut durer jusqu’à 24 ou 36 voire 48 heures. Les chattes sont capables de commencer une mise bas, de la stopper, et de reprendre spontanément le travail après un délai variant de 12 à 48 heures, sans intervention.
En temps normal, les placentas sont expulsés une quinzaine de minutes après les chatons. On observe donc une alternance chaton-placenta. Parfois, on peut tout de même avoir deux chatons expulsés d’affilée puis deux placentas. Il est important de vérifier que la chatte expulse autant de placentas qu’elle n’a mis bas de chatons. Il est également important de s’assurer que la chatte s’occupe bien de ses chatons c’est-à-dire qu’elle les lèche et qu’elle sectionne avec ses dents le cordon ombilical si celui-ci ne s’est pas rompu naturellement au moment de la naissance.
Lorsque la mise-bas est terminée, des écoulements vulvaires verdâtres à noirs vont persister et ce potentiellement jusqu’à 3 semaines. On les appelle les « lochies ». Le meilleur moyen de savoir si la mise-bas est terminée est de connaître au préalable le nombre de fœtus que la femelle portait. Pour cela, un suivi médical de la gestation auprès de votre vétérinaire est recommandé. Lorsque la mise-bas est terminée, la chatte va prodiguer les premiers soins à ses chatons (léchage, mordillement et rupture des cordons ombilicaux…) et également ingérer une partie ou tous les placentas. Cela lui procure un apport énergétique très important favorisant la lactation ainsi que le phénomène d’involution utérine (retour à la taille et la consistance normale de son utérus).
Tout d’abord, il faut savoir reconnaître les signes de vitalité des chatons. Dès qu’ils sont expulsés, il faut immédiatement que vous les observiez ramper vers leur mère et commencer à téter les mamelles pour boire le colostrum de leur mère. Si ce n’est pas le cas pour l’un d’entre eux, alors le chaton aura besoin de vos soins. Pour les autres chatons, s’ils tètent sans problème mais que la mère ne leur lèche pas le ventre après le repas, munissez-vous d’une compresse humide pour masser légèrement l’abdomen des chatons. Enfin, la pièce de vie de tout ce petit monde pendant les premières semaines doit être maintenue au calme, au chaud et porte fermée.
Préparer une caisse de mise-bas pour votre chatte
Pour le confort de votre chatte lors de l’accouchement, vous pouvez fabriquer vous-même une caisse spéciale. Élaborez cette caisse de mise bas avec une boîte en carton d’au moins 60 cm x 90 cm de base et d’environ 45 cm de hauteur. Prévoyez un couvercle pour la boîte afin de maintenir les chatons hors des courants d’air, au chaud et en sécurité. Placez des lambeaux de journaux au fond de la boîte sur quelques centimètres d’épaisseur et recouvrez-les d’un tissu. Les chattes recherchent naturellement un endroit où faire naître leurs petits ou bien fabriquent elles-mêmes un « nid ». Toutefois, si elle n’est pas satisfaite de sa caisse, elle choisira un autre endroit plus à son goût. Ne la forcez pas à rentrer dans sa caisse de mise bas si elle ne veut pas y aller.
Comment aider votre chatte pendant la mise-bas
Si la mère pousse des miaulements plaintifs lors de la naissance du premier chaton, ne vous affolez pas, c’est normal, en particulier pour une chatte qui met bas pour la première fois. Certains chatons vont naître la tête la première et d’autres par les pattes, c’est plutôt normal aussi. L’accouchement dure généralement entre 2 et 5 heures, mais cela peut aller jusqu’à 12 heures. Si vous remarquez que la mère éprouve des difficultés à mettre bas à un moment ou à un autre, appliquez de la vaseline pour faciliter le passage des chatons. Une fois que le chaton est né, la mère va libérer le liquide amniotique.
Les portées de chatons comptent en général 4 à 6 chatons, mais des portées de 1 ou 2 chatons sont fréquentes. Une fois que tous les chatons sont nés, laissez votre chatte en prendre soin.
Alimentation de la chatte après l'accouchement
Une chatte en gestation ou en période d’allaitement voit son appétit multiplié par 3 ou 4. Pendant cette période, donnez à votre chatte de la nourriture spécialement étudiée pour les chats juniors, et ceci à volonté.
Dystocie chez la chatte
Chez une chatte, lorsque le moment de la mise-bas approche, les signes sont plus ou moins flagrants. Il n’y a pas à s’inquiéter outre-mesure car dans la plupart des cas, les chattes donnent naissance à leurs petits sans que cela pose de problème particulier. En revanche, lorsqu’il y a des complications, elles peuvent être graves. Elles nécessitent des soins en urgence. Mieux vaut donc savoir repérer les signaux qui doivent alerter. Même si tous les signes annonciateurs ne sont pas aussi flagrants les uns que les autres, il est toujours intéressant de les connaître. Savoir les repérer est important car ils signifient que le moment de la mise-bas n’est plus très éloigné. La plupart des propriétaires de chattes prennent leurs précautions au cours de la gestation afin d’anticiper parfaitement la venue au monde des chatons. Cela passe par un suivi régulier de la petite femelle par un vétérinaire. Il faut par exemple prévoir une bonne huitaine de jours avant le jour J d’installer la chatte dans une pièce propre, dont la température est de l’ordre de 26°C car les chatons ne doivent absolument pas prendre froid. Un local en plein courant d’air n’est pas souhaitable. Mais si la future mère y a installé son nid, il faut alors tout mettre en œuvre pour que celui-ci soit protégé. Il est tout aussi fondamental que le lieu choisi pour la mise-bas soit au calme, loin des allées et venues des membres de la famille. Cette phase se déroule en temps normal sur une période de 4 à 16 heures. La venue au monde de chaque petit est précédée et s’accompagne de contractions de forte intensité. Les sécrétions placentaires marron-rougeâtre précèdent l’expulsion imminente du premier de la portée. Les petits naissent encore enveloppés dans l’amnios, la membrane amniotique que leur mère rompt en les léchant vigoureusement. A noter qu’en cas de problème ou de stress intense, la durée de la phase d’expulsion peut vraiment s’allonger jusqu’à 2 ou 3 jours. Cette 3ème phase de la mise-bas chez la chatte exige de la part du maître une très grande attention car il doit s’assurer que tous les placentas sont expulsés. Durant cette phase que l’on appelle également la délivrance, un placenta est expulsé dans le quart d’heure qui suit la naissance. Mais parfois, plusieurs chatons naissent les uns à la suite des autres et les placentas ne sont expulsés qu’ensuite. Enfin, la femelle continue à avoir des pertes sanguinolentes après la mise-bas. Elles sont normales. La mise-bas n’a pas lieu : elle a peut-être été stoppée car la chatte a été dérangée par trop de passage ou est dans un état de stress excessif. Le délai entre l’expulsion de deux chatons est de 2 heures ou plus : c’est là encore le fait d’une trop faible intensité des contractions.
Les signes de dystocie chez la chatte sont pour la plupart similaires à ceux observés chez la chienne :
- Plus de deux heures de contractions infructueuses après l’expulsion d’un chaton
- Contractions faibles et peu productives, chatte épuisée
- Contractions fortes et douloureuses, inefficaces chaton coincé dans le vagin plus d’une demi-heure sans expulsion totale/
- Pertes vulvaires anormales : sang en grande quantité, pus etc… etc…
Dans tous les cas, le maître de la chatte ne doit pas intervenir. Il est aussi possible que tout ne se passe pas très bien après la mise-bas, des complications pouvant intervenir également à ce moment-là. Comme nous l’avons évoqué précédemment, la chatte peut ne pas avoir expulsé tous les placentas. Une délivrance incomplète peut être à l’origine d’une infection de l’utérus (endométrite, métrite), mais ce type d’infection peut avoir pour autre cause le manque d’hygiène évident dans le local où a eu lieu la mise-bas. Cet état est une urgence absolue car la petite femelle peut mourir en très peu de temps. Il existe en plus un risque de voir les chatons contaminés par le lait maternel.
Enfin, lorsque les fonctions vitales d’un chaton naissant ne sont pas suffisantes, l’intervention doit être imminente. On peut le débarrasser de son enveloppe fœtale si sa mère ne s’occupe pas de lui, couper le cordon ombilical à 5 cm et s’il ne respire pas il faut procéder à un massage cardiaque et au désencombrement de ses voies respiratoires.
La mise à la reproduction d’un chat n’est jamais un acte anodin. Il est vrai que, dans la nature, les chats errants se reproduisent rapidement, pouvant naturellement donner le sentiment qu’ils n’ont besoin ni de l’intervention de l’Homme ni de la médecine. Mettre bas dans la nature permet à l’animal de sélectionner un endroit calme, à l’abri des regards et qui lui convient. Pour toutes ces raisons, il est toujours recommandé d’être accompagné par un vétérinaire, aussi bien pour le suivi de la gestation que pour vous assurer du bon déroulement des évènements pendant la mise-bas.
Chez la furette
La gestation de la furette s’étende de 41 à 43 jours, avec environ 6 à 9 petits par portée. Ce nombre peut monter jusqu’à 18 ! Les signes précédant la mise bas sont frustes. La mère va s’ateller à la préparation d’un « nid » dans les jours précédents. On peut observer un léchage vulvaire dans les minutes qui précèdent la mise bas, qui doit se dérouler en environ 3 à 4 heures, avec un délai maximum d’une heure entre chaque fureton. Les furetons peuvent être manipulés dès la naissance. Le sevrage s’effectue entre 6 et 8 semaines. Les signes d’appel de dystocie sont les même que chez la chienne et la chatte.
Chez les rongeurs et lapins
Les dystocies sont extrêmement rares chez les rates, lapines et souris, qui se débrouillent parfaitement bien seules. Il existe néanmoins un risque chez les lapines et cobayes, au cours du dernier tiers de gestation. Lors d’un poids ou d’un déplacement trop important des organes abdominaux par les petits, une ischémie sur les organes viscéraux peut se produire, déclenchant ce qu’on appelle la Toxémie de Gestation, qui peut entrainer la mort. Les signes d’appels sont peu spécifiques : de l’abattement, refus de s’alimenter, des troubles neurologiques etc. Le pronostic en est très réservé malgré les soins. Enfin, les lapines peuvent déclencher des hypocalcémies, n’entrainant pas de tremblements ou de crises de tétanie. Elles vont présenter juste avant la mise bas un abattement, une chute de la température, évoluant vers une parésie et le décès. A noter, si vous souhaitez des petits, les chinchillas et cochons d’indes femelles doivent être mises à la reproduction avant l’age de 6 mois. Passé ce délai, la symphyse pubienne s’ossifie et le bassin ne pourra plus s’ouvrir pour le passage des petits.
Chez les reptiles
Dans environ un cas sur trois chez les femelles en captivité il se présente une rétention d’œuf. Pour l’éviter au maximum, nous pouvons vous recommander de faire un nid pour votre reptile si celui-ci ne l’a pas fait, en particulier pour les tortues et lézards. Monter la température du terrarium peut aussi aider. Il faut cependant garder à l’esprit que ces animaux viennent de milieux particuliers et extrêmement différends. Il conviendra de se renseigner auprès de professionnels quant aux conditions précises de maintien de son reptile pour son quotidien et pour une ponte.
Et pour les oiseaux
Il arrive que certaines perruches, notamment les callopsites, présentent des difficultés à pondre leurs œufs. De manière générale, il conviendra de garder son oiseau au calme, dans une pièce sombre, éventuellement en augmentant le taux d’humidité de la pièce (faire chauffer de l’eau et laisser s’évaporer dans la pièce concernée, écuelles d’eau sur les radiateurs etc…). De la même manière que pour les reptiles, il conviendra de se renseigner auprès de professionnels quant aux conditions de maintien de son oiseau.
Que faire en cas d'urgence vétérinaire ?
De multiples petites affections du quotidien peuvent être prises en charge directement à la maison. Chacun des produits cités sont disponibles sous différentes formes. Bien sur, en cas de doute, il conviendra de toujours prendre l’avis de votre vétérinaire.
La gestation de votre animal arrive à terme, et la mise bas est proche. Ne vous inquiétez pas, les animaux sont bien mieux armés que nous pour ce genre d’événements. Veillez à ce qu’il soit à son aise dans un espace calme et protégé, gardez une distance respectueuse et n’intervenez que si quelque chose se passe mal, ce qui ne devrait pas arriver.
tags: #accouchement #animaux #domestiques #déroulement