L'accouchement prématuré, surtout lorsqu'il survient autour de 20 semaines de grossesse, est une situation délicate qui suscite beaucoup d'inquiétudes. Cet article vise à explorer les causes potentielles de ce phénomène, les risques associés et les mesures de prise en charge disponibles. Il est crucial de comprendre que la menace d'accouchement prématuré exige une surveillance médicale accrue en raison de la fragilité du nouveau-né et des potentielles conséquences à long terme.
Menace d'accouchement prématuré : Signes d'alerte
Il est impératif de contacter rapidement un médecin ou une sage-femme si vous ressentez les symptômes suivants :
- Maux de ventre ou dans les reins : Une sensation de poids ou de pression dans le bas du ventre et/ou dans les reins. La douleur peut être sourde et continue, ou se manifester par vagues ascendantes.
- Contractions utérines régulières : Des contractions fréquentes et douloureuses peuvent indiquer un travail prématuré.
- Saignements vaginaux : Tout saignement pendant la grossesse doit être évalué par un professionnel de la santé.
- Rupture de la poche des eaux : Une perte soudaine de liquide amniotique nécessite une attention médicale immédiate.
Il est important de noter que lorsque vous consultez pour des contractions utérines et que l'examen clinique ainsi que l'échographie ne montrent aucune modification du col, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. On peut néanmoins vous conseiller de vous ménager, et en particulier de vous arrêter de travailler si celui-ci est pénible ou si vous devez faire beaucoup de voiture (ou tout au moins passer en mi-temps thérapeutique).
Examen du col de l'utérus et longueur
L'échographie, réalisée par voie vaginale, permet d'observer et de mesurer la longueur du col de l'utérus et de s'assurer de l'absence de protrusion de la poche des eaux à l'orifice interne. La valeur seuil n'est pas clairement définie, en général celle qui est retenue est 25 mm. La longueur du col de l'utérus au fil de la grossesse : le col de l'utérus est long de 4 à 5 cm environ en début de grossesse. Cette longueur moyenne diminue naturellement au fil de la grossesse.
Causes possibles d'un accouchement prématuré
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à un accouchement prématuré autour de 20 semaines. Il est important de noter que dans environ 30 % des cas, les médecins provoquent l’accouchement pour le bien du bébé et de la maman. Dans les autres cas, le travail commence trop tôt, ce que l’on appelle un accouchement prématuré spontané.
Lire aussi: Guide Complet Accouchement Naturel
Infections
Les infections maternelles sont une cause fréquente d'accouchement prématuré. Qu'elles se situent au niveau du vagin, des voies urinaires ou des dents, ces infections peuvent entraîner une inflammation favorisant les contractions. La vaginose bactérienne est un exemple courant. Les infections du fœtus, comme la chorioamniotite, peuvent également provoquer un accouchement prématuré.
Grossesses multiples
Les femmes enceintes de jumeaux ou de multiples ont un risque plus élevé d'accouchement prématuré. C’est d’ailleurs pour prévenir ces accouchements prématurés que les gynécologues-obstétriciens limitent désormais le nombre d’embryons transférés in utero après une fécondation in vitro (FIV).
Hypertension artérielle et diabète
L'hypertension artérielle, souvent associée à un mauvais fonctionnement du placenta, peut empêcher le fœtus d'être correctement nourri. Un diabète mal équilibré peut entraîner une croissance excessive du fœtus et un excès de liquide amniotique.
Incompétence cervicale et malformations utérines
Lorsque le col s'ouvre trop facilement, on parle d'incompétence cervicale. Les malformations utérines, comme l'utérus bicorne, peuvent également contribuer à un accouchement prématuré.
Problèmes placentaires
Un placenta bas inséré près du col de l'utérus peut être à l'origine d'un accouchement prématuré, surtout lorsqu'il est accompagné de saignements. Normalement, le placeta se fixe au fond de la cavité utérine. Un placeta bas-inséré est un placenta implanté sur la partie inférieure de l'utérus. On parle de placenta prævia lorsqu'il recouvre en partie ou en intégralité le col de l'utérus. On retrouve plus souvent un placenta bas inséré après une césarienne, ou un curetage, ou en cas de grossesse gemellaire ; les fibromes peuvent également avoir une influence sur le positionnement du placenta. Un placenta bas inséré en début de grossesse est assez commun. Ainsi, si à votre première échographie, votre placenta semble partiellement ou totalement recouvrir le col de l'utérus, ne vous alarmez pas. Il y a de grandes chances pour qu'il remonte dans l'utérus au fil des semaines. Lorsque le placenta est inséré près du col, les contractions utérines risquent de déclencher un décollement du placenta plus ou moins important et donc un saignement plus ou moins abondant selon l'âge de la grossesse. Il faudra donc limiter au maximum les situations capables de déclencher des contractions utérines. ◊ En début de grossesse : la grande majorité des saignements qui surviennent en début de grossesse sont la conséquence d'un placenta bas inséré. A l'inverse, très peu de placenta bas inséré occasionnent des saignements. • en cas de saignement, se rendre d'urgence à la maternité, car celui-ci peut parfois être abondant. • Si le placenta est recouvrant : c'est une indication de césarienne. • Si le placenta est positionné latéralement : l'équipe médicale attendra le début naturel du travail. Il est possible qu'il y ait un début de saignement, mais le fait de percer la poche des eaux permettra de stopper cette perte de sang. Ou rupture de la poche des eaux.
Lire aussi: Quand reprendre le sport après bébé ?
Facteurs socio-économiques
Il est important de noter que le risque d'accouchement prématuré est plus élevé chez les femmes ayant un niveau socio-économique moins élevé. Les conditions de travail jouent également un rôle non négligeable.
Rupture Prématurée des Membranes
La rupture prématurée des membranes (rupture avant le début du travail) concerne 5 à 10% des grossesses. Ses facteurs de risque sont les mêmes que ceux de la prématurité spontanée à membranes intactes. La gravité de la rupture prématurée des membranes est fonction de l'âge gestationnel.
Anamnios
L'anamnios : la rupture des membranes provoque la perte de liquide amniotique et donc un oligoamnios (manque de liquide). L'absence totale de liquide amniotique est appelée anamnios. Le liquide amniotique participe au développement du fœtus.
Prise en Charge
Avant terme (≤ 36 semaines d'aménorrhée) : en l'absence d'infection, un traitement associant antibiotiques, corticoïdes pour accélérer la maturation des poumons du bébé et médicament destiné à stopper les contractions utérines est administré.
Diagnostic et examens
Pour détecter une grossesse non évolutive, un examen par imagerie est nécessaire. Cet examen peut être effectué dès la 4ème semaine de grossesse, soit 6 semaines d’aménorrhée. Les critères posés pour un diagnostic ont été fondés dans le but d’éviter les erreurs de diagnostic.
Lire aussi: Grossesse : bébé tête en haut
Complications liées à la prématurité
Né plus tôt que prévu, le corps du bébé prématuré n’a pas eu le temps de se développer pour être prêt à la vie en-dehors de l’utérus. La plupart de ses organes sont immatures, pas suffisamment formés pour fonctionner de façon autonome. Plus la prématurité est grande, plus l’immaturité des organes l’est également.
Immaturité pulmonaire
Normalement, les poumons sécrètent une substance appelée « surfactant », chargée de tapisser la surface des alvéoles pulmonaires et de contribuer ainsi à une bonne fonction respiratoire.
Immaturité du rythme cardiaque
Fréquemment sujets aux pauses respiratoires ou apnées, les nourrissons nés bien avant le terme subissent la réduction de la quantité d’oxygène transportée par les globules rouges.
Immaturité du cerveau
A la tête du développement des fonctions neurologiques de l’enfant, le cerveau (ou système nerveux central) dispose de régions plus ou moins sensibles à la prématurité.
Immaturité digestive
Les besoins nutritionnels du bébé prématuré différent fortement de ceux d’un nouveau-né arrivé à terme, puisque ses différentes fonctions digestives ne sont pas complètement formée. Le sphincter inférieur de l’œsophage n’est pas encore capable d’empêcher le contenu de l’estomac de remonter, la capacité de l’estomac est restreinte, le diaphragme est susceptible de descendre en cas de difficultés respiratoires….
Autres immaturités
L’immaturité hépatique, rénale, de la peau et de la régulation thermique sont autant de défis auxquels sont confrontés les bébés prématurés. Plus un nouveau-né vient au monde prématurément, plus il risque de subir des pertes de chaleur, jusqu’à l’hypothermie qui peut s’avérer dangereuse.
Prise en charge du bébé prématuré
Dès leur naissance, les bébés prématurés sont pris en charge dans un service de néonatologie. Différents soins techniques, d’hygiène et de confort personnalisés leur sont prodigués. Ils nécessitent une médecine particulièrement précise, en raison de la surveillance de tous les instants qui doit être mise en place.
Équipements et soins
L’incubateur fermé ou couveuse, le ventilateur (ou respirateur), les moniteurs (ou scopes), l’oxymètre de pouls ou de saturation, la sonde naso-gastrique et les cathéters sont autant d’éléments essentiels pour assurer la survie et le développement du bébé prématuré.
Rôle des parents
Dès le début de son hospitalisation, vous êtes en tant que parents accompagnés par l’équipe soignante qui vous apprend à participer aux soins prodigués à votre enfant, lorsque c’est possible. Si son état de santé le permet, le peau-à-peau est un moyen incontournable de tisser des liens avec votre bébé, d’apprendre mutuellement à vous connaître, de le rassurer mais aussi de l’aider à mieux dormir et gérer la douleur lors d’un soin particulièrement désagréable pour lui. N’hésitez pas à poser toutes vos questions à l’équipe chargée de soigner votre bébé.
Suivi à long terme
En cas de naissance prématurée, et en particulier en cas de grande prématurité, les enfants concernés restent fragilisés, avec une sensibilité particulière face aux risques d’infections et d’agressions extérieures. C’est pourquoi le suivi spécifique se poursuit tout au long de leur petite enfance.
Prévention de la prématurité
Pour prévenir au maximum le risque de naissance prématurée, misez aussi sur une alimentation saine, zéro tabac (même passif) et substances psychoactives.
Soutien psychologique
Vivre une situation de menace d'accouchement prématuré est angoissant. Ce n'est pas une situation qui trouve sa situation immédiatement. Les jours qui s'enchaînent sans savoir si les "choses" vont s'arranger, suspendue aux contrôles médicaux, contrainte à un repos forcé qui entraine des soucis d'organisation dans la vie quotidienne, tout cela rend la situation éprouvante. Même si "c'est pour le bien du bébé" comme on l'entend si souvent, et même si on le sait jusqu'au plus profond de soi, ces jours et, pour certaines, ces mois qui s'enchaînent restent difficiles à vivre. La solution … ne pas rester seule, se faire aider, consulter si besoin une psychologue et/ou partager ses état d'âme sur un blog.
Pas facile de passer sa grossesse allongée lorsqu'on y est contrainte pour éviter un accouchement prématuré. Rester 24 heures sur 24 dans son lit, il y a de quoi réveiller des douleurs ! Pour préserver votre dos, maintenez le bassin basculé vers l'avant, et la colonne aussi droite que possible. A plat dos : mettez un coussin sous les fesses. Sur le côté : glissez-en un entre les genoux et un sous le ventre. Bonne nouvelle : vos gambettes vont beaucoup moins gonfler que si vous piétiniez tout le temps. Reste à optimiser cet atout en les surélevant et en faisant quelques exercices.
Dormir, c'est tentant quand on passe le plus clair de son temps allongée et que les hormones de la grossesse vous y incitent. Un petit somme par-ci par-là et, à 11h du soir, impossible de fermer l'œil. Sans activité physique du tout, on brûle très peu de calories. Redoublez de vigilance pour garder le cap minceur. Evitez le grignotage. Pour en profiter sans vous ennuyer : commandez tout ce qu'il vous faut sur Internet, établissez un programme de lecture, échangez des DVD avec des copines (c'est le moment de vous faire l'intégrale de Desperate housewives !), organisez des dîners à la maison … On y prend goût très vite !
Grossesse non évolutive
La grossesse non évolutive est un phénomène souvent mis sous silence. Pourtant 25% des femmes seraient concernées. Si vous êtes enceinte, comment reconnaitre une grossesse non évolutive ? Quelles en sont les causes ? Quels traitements sont possibles ? La grossesse non évolutive est un phénomène qui touche une femme sur quatre au moins une fois dans sa vie. On parle couramment de fausse couche spontanée ou fausse couche, de mort foetale in utéro ou de mort périnatale, selon le terme auquel survient le décès du foetus ou du nouveau né.
Aussi appelé « œuf blanc » ou grossesse non embryonnée, l’œuf clair désigne l’arrêt du développement avant même l’apparition de l’embryon. La femme possède donc un sac ovulaire dépourvu d’embryon. Une autre cause de grossesse non évolutive est la mort embryonnaire. Le cœur de l’embryon cesse de battre. La grossesse molaire est une anomalie du développement du placenta, appelée maladie trophoblastique gestationnelle. Aussi appelée grossesse ectopique, cette grossesse se développe en dehors de la cavité utérine. L’œuf s’implante dans les trompes de Fallope dans 96 à 98% des cas, ou sur un ovaire ou le col de l’utérus. L’œuf finit alors par se rompre. La grossesse extra-utérine peut provoquer une hémorragie massive il y a alors un risque pour la femme enceinte.
Dans le cas d’un œuf clair, vous ressentez les symptômes de grossesse liés à l’hormone Béta- HCG, comme le dérèglement de votre humeur lors du 1er mois, ou les nausées. Chez certaines femmes la grossesse non évolutive ne provoque pas de symptôme.
Traitement
Lorsque l’expulsion du sac gestationnel n’est pas complète, une intervention médicale est nécessaire pour éviter des complications. Il va vous prescrire un traitement médicamenteux au misoprostol. Cette molécule est la version synthétique de la prostaglandine E1. A partir de 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d’aménorrhée, une intervention chirurgicale est nécessaire. Cette intervention peut être réalisée jusqu’à environ 22 semaines. Après vous avoir administré du misoprostol, une anesthésie générale est effectuée. Les protocoles sont très variables d’une équipe à l’autre. La perte de la grossesse peut provoquer une certaine angoisse. D’autant plus si la perte survient à un stade avancé de grossesse. Certaines femmes peuvent développer un syndrome dépressif. Un professionnel de santé peut vous aider à mieux traverser cette épreuve. La fausse couche se produit dans la majorité des cas durant le 1er trimestre de grossesse.
Grossesse prolongée
Selon les résultats des enquêtes nationales périnatales*, 15 à 20% des femmes enceintes en France ont une grossesse prolongée. Que faire lorsque votre bébé n’est pas là le jour prévu ? En France, on considère que la grossesse dure 41 semaines. Au-delà de cette durée, on parle de grossesse prolongée. Il n’y a aucune raison de s’inquiéter si votre grossesse se prolonge. Côté maman, le médecin (ou la sage-femme) regarde s’il y a des contractions, si le col est modifié… Pourquoi ? Or cette durée est très variable. Et il arrive qu’à 40 semaines, une patiente ait déjà les symptômes d’un terme dépassé. Voilà pourquoi nous devons être prudents dès la 41ème semaine ». Et lorsque le placenta ne fonctionne plus, cela se traduit par une diminution du liquide amniotique. Car si le placenta ne remplit plus son rôle, ce sont les échanges entre la maman et le bébé qui se raréfient, ce qui peut être dangereux.
Une fois à la maternité, si tout va bien, on vous invitera à retourner chez vous et à revenir 2 jours plus tard. « En général, on attend entre 4 et 6 jours. Là deux cas de figure se présentent : soit la maman entre spontanément en travail, soit on la déclenche », explique le docteur, même si la politique n’est pas au déclenchement. On laisse faire Dame Nature et on vient lui donner un petit coup de pouce si besoin. Voilà pourquoi l’accouchement est déclenché à 41 Semaine d’Aménorrhée+ 6 jours dans la plupart des cas. Existe t-il des astuces pour déclencher le travail spontanément ? Pas vraiment ! Alors pourquoi certaines femmes vont au-delà du terme ? Il semblerait que certaines familles soient plus promptes à avoir une grossesse prolongée. Le surpoids et l’obésité prolongeraient également la grossesse par des phénomènes hormonaux. Autre cause : la datation reste aléatoire et le médecin peut s’être trompé de quelques jours. Mais la majeure partie du temps, on ne sait pas l’expliquer. Certains diront que votre bébé prend son temps, qu’il choisit son moment…
tags: #accouchement #20 #sa #causes