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Accouche : Analyse de courts métrages explorant la maternité et ses complexités

La maternité, un sujet universel et pourtant si personnel, est explorée dans divers courts métrages qui dépeignent les joies, les angoisses, les tabous et les transformations qu'elle engendre. Ces œuvres cinématographiques, souvent poignantes et nécessaires, offrent un regard nuancé sur cette expérience complexe, loin des clichés véhiculés par le cinéma mainstream.

Regards croisés sur la maternité : entre témoignages et fiction

Le film documentaire « A la Vie » réalisé par Aude Pépin, suit la sage-femme Chantal Birman dans son quotidien. Il met en lumière la force et les limites d'un métier de passion et lève le tabou autour du post-partum en le montrant simplement tel qu'il est. Ce film résonne particulièrement auprès des jeunes mamans et des femmes qui ont dû taire ces moments bouleversants. Aude Pépin, la réalisatrice, partage ses propres souvenirs de maman et ses réflexions engagées, offrant ainsi une perspective personnelle et intime sur la maternité.

Parcours d'une maman : entre inquiétude et découverte

Aude Pépin se souvient de sa première grossesse comme une période d'inquiétude et de découverte. Elle réalise alors que la grossesse est un événement fragile où la mort n'est jamais très loin de la vie en train de se créer. Alitée à trois mois et hospitalisée à plusieurs reprises, elle se sent culpabilisée et en dehors de sa vie, prisonnière de son corps et "fliquée" par le corps médical. L'accompagnement humain est quasiment inexistant, tout est factuel et glacé. Elle se rappelle aussi ne pas avoir été prévenue de ce que c'était d'être enceinte, des bouleversements hormonaux et de la fatigue extrême des trois premiers mois. Son histoire personnelle avec sa mère revient comme un boomerang, et elle ressent le besoin de "régler ses comptes", ce qui n'était évidemment pas le moment pour le faire. L'accouchement, bien que magnifique, tourne mal dans les minutes et les jours qui suivent, Lou n'arrivant pas à respirer et frôlant la mort.

Pour sa deuxième grossesse, Aude Pépin est plus mature, mieux installée et plus stable. Elle connaît les sensations et sait à quoi s'attendre. Elle sait aussi que ce sera très certainement son dernier enfant, ce qui mêle nostalgie et joie de savourer chaque instant. Elle ne se trompe pas, car peu de temps après, elle fait une ménopause précoce, un sujet dont on ne parle pas du tout non plus.

Allaitement : entre évidence et difficultés

Aude Pépin a allaité ses deux filles. Pour Lou, elle a dû arrêter juste avant ses trois mois à cause d'un problème de santé. Avec Marnie, ça a été beaucoup plus évident, mais les débuts n'ont pas toujours été simples. Il lui a fallu deux à trois semaines pour que ça commence à être vraiment agréable et que les crevasses se soignent, car au départ c'est douloureux et harassant. Elle n'a allaité Marnie que deux mois, car elle voulait retrouver sa vie et n'aimait pas tirer son lait. Elle est alors passée au biberon, contente de retrouver sa liberté et surtout contente que son amoureux puisse lui aussi lui donner à manger. Il était important pour elle de lui laisser une vraie place dès le départ, car un enfant se conçoit à deux et il est normal qu'on s'en occupe à deux.

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Maternité : loin de l'image de bonheur présentée

La maternité est très loin de l'image de bonheur qu'on lui avait présentée. C'est pour cela qu'Aude Pépin a réalisé un film dans lequel elle montre que ce moment est complexe. Bien sûr que c'est un "shoot" d'amour et de plénitude immense, mais c'est aussi tellement difficile. On nage en pleine "confusion des sentiments". Ce qu'on oublie souvent, c'est que c'est une double naissance. La femme aussi renaît. On oublie les mères, on les met de côté. Et les femmes ont tellement l'habitude de se taire et de ne pas se plaindre. Aude Pépin a réalisé « A La Vie » pour deux choses principalement : graver quelque part la pensée de Chantal Birman, qui a mené de grands combats en catimini toute sa vie, et lever le tabou qui entourait le post-partum jusqu'ici. Son souhait serait qu'une nouvelle génération se décomplexe sur cette ambivalence des sentiments et que les femmes soient enfin accompagnées à la hauteur de ce qu'elles apportent à la société.

Accouchement sans appréhension : une méthode psychologique d'atténuation des douleurs obstétricales

Le film « L’accouchement sans appréhension » du Dr. Armand Notter, réalisé en collaboration avec Éric Duvivier, promeut une méthode psychologique d'atténuation des douleurs obstétricales, éclose en Grande-Bretagne après la Seconde Guerre mondiale. Cette méthode, due à Grantly Dick-Read, est fondée sur la conviction que l'esprit peut commander au corps et qu'il faut briser le cycle Peur-Tension-Douleur. Pour cela, il faut préparer la femme qui va accoucher en l'instruisant des différentes phases du travail et en lui apprenant à faire preuve de patience et de contrôle de soi grâce à la pratique de la relaxation. Au moment de l'expulsion du fœtus, elle doit être capable de fournir un gros effort physique auquel elle aura été préparée.

Le film combine plusieurs registres complémentaires pour sensibiliser et éduquer son public. Il assume une enveloppe fictionnelle à son exposé pour pouvoir rendre celui-ci plus attractif et accessible. Il introduit également un cours donné par un médecin-accoucheur, lequel est illustré par un schéma animé. Ce changement de régimes vise à impliquer directement le public après l'avoir invité à se projeter dans le personnage de la jeune maman. Le film étant transitif quand il fictionne, transitif quand il explique, il mobilise tour à tour l'émotion et l'intelligence auprès de son public.

Cinéma d'horreur féministe : transgresser les tabous de la grossesse et de la maternité

Le cinéma d'horreur féministe transgresse les codes usés du cinéma mainstream et offre des œuvres fortes et politisées qui explorent les aspects psychosociaux de la maternité. Il aborde plus frontalement les aspects psychosociaux de la maternité et semble moins juger les femmes qui ne veulent pas d'enfants ou font un rejet de maternité, en écrivant des personnages forts et attachants, placés dans des contextes qui créent de l'empathie.

Grossesse : un sujet idéal de film d'horreur

La grossesse est un sujet de prédilection pour le body horror, un sous-genre du film d'horreur qui met l'accent sur les souffrances du corps. Dans des scènes très explicites insistant sur le déchirement de la chair, les fluides corporels, la douleur, les cris, l'accouchement est montré dans toute sa brutalité. Le postpartum, quant à lui, semble encore être un sujet tabou qui mériterait plus de normalisation pour aider certaines mères, épuisées physiquement et émotionnellement.

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Les luttes féministes tendent à normaliser le fait de ne pas avoir d'intérêt pour la maternité. Pour que ce choix soit compris comme un choix personnel et pas une admission d'incapacité. Le discours sur la santé mentale a aussi progressé vers une meilleure reconnaissance des violences et des traumas intra familiaux, et le choix de ne pas souhaiter reproduire ces cycles, reconnu comme un acte de préservation. Plus que jamais, c'est aussi un choix politique que de refuser d'incarner des rôles de genre, voir la domestication.

Exemples de films d'horreur explorant la grossesse et la maternité

  • Le village des damnés (1960) : Ce film de science-fiction horrifique explore le thème de la grossesse immaculée et du viol. Des extra-terrestres se servent des femmes d'un village comme hôtes non consentants pour élever leur progéniture.
  • Rosemary's baby (1968) : Ce classique du cinéma d'horreur dénonce le backlash féministe des années 60 en illustrant le ressentiment des hommes envers les femmes qui s'émancipent. Le récit est centré sur la privation d'autonomie du corps de Rosemary, violée par Satan pour porter son engeance démoniaque.
  • Alien (1979) : L'essence d'Alien réside dans la notion d'enferment et de viol. L'héroïne Ripley tente d'échapper à une insémination monstrueuse par un alien. La symbolique sexuelle du film est évidente, avec le facehugger qui s'harnache au visage de l'hôte et y enfonce un phallus dans sa gorge pour se reproduire à l'intérieur de son abdomen.
  • Antibirth (2016) : Ce film punk et psychédélique nous montre une grossesse mystérieuse non désirée. Le film souligne la pauvreté du milieu social de la protagoniste et normalise l'absence de désir maternel.
  • The first omen (2024) et Immaculate (2024) : Ces films, inspirés de la Nonnesploitation et du Giallo, mettent en scène de jeunes nonnes américaines tombées enceintes miraculeusement, mais en réalité offertes à Satan pour porter son engeance démoniaque. Les thèmes des films sont angoissants et mêlent horreur psychologique et body horror.
  • Appartement 7A (2024) : Se voulant un préquel à Rosemary's baby, ce film se concentre sur le personnage de Terry Gionoffrio, droguée et offerte au Démon pour porter l'antechrist.
  • Prevenge (2016) : Cette comédie d'horreur britannique met en scène une femme enceinte qui entend les pensées de son bébé, qui l'encourage à tuer des gens. Le film illustre la crise existentielle que peut amener la grossesse, surtout pour une mère célibataire.
  • Mother! (2017) : Ce film anxiogène propose plusieurs lectures hautement symboliques. Mother est sur le point d'accoucher et est symbolisée comme une allégorie de mère nature. Le film explore les thèmes de la destruction de la nature et de la perturbation du foyer provoquée par l'arrivée d'un bébé.
  • Titane (2021) : Ce film renverse les codes de genres et nous offre du body horror à foison. La grossesse difficile d'Alexia, issue d'un viol, se déroule à l'opposé des clichés féminins habituels.

Courts métrages et documentaires : une source d'information et d'inspiration

De nombreux courts métrages et documentaires offrent un regard varié sur la petite enfance et la parentalité. Ils peuvent être utiles pour démarrer une préparation à la VAE d'EJE, pour se nourrir ou tout simplement pour passer un bon moment.

Exemples de films et documentaires sur la petite enfance et la parentalité

  • Accompagner la parentalité : Ce film-documentaire interroge l'importance de l'accompagnement des professionnels autour de la question de la famille et de l'engagement citoyen.
  • Apprendre à t'aimer : Ce téléfilm raconte l'histoire d'un père dont les rêves vont être bousculés par la naissance de sa fille porteuse de trisomie 21.
  • Babies : Cette docu-série explore les recherches scientifiques révolutionnaires qui permettent de comprendre la toute première année de la vie des bébés.
  • Bébés : Ce documentaire suit une année dans la vie de quatre bébés dans quatre pays différents.
  • Berceuse pour Hamza : Ce documentaire présente quatre lieux d'accueil de la petite enfance en Europe qui sont des espaces de rencontres interculturels pour les enfants et leurs parents.
  • Bien dans son corps Bien dans sa tête : Ce documentaire explore les capacités étonnantes du petit d'homme et les enjeux de la motricité libre.
  • Ce n'est qu'un début : Ce documentaire suit une classe de maternelle qui expérimente un atelier à visée philosophique.
  • Ces pleurs qui nous lient : Ce documentaire explique pourquoi un tout petit pleure et comment réagir et interpréter ses larmes.
  • Champ de batailles : Ce documentaire suit un centre parental qui accueille des mères et des pères pour lesquels être parent ne va pas de soi.
  • Christina Noble : Ce drame raconte l'histoire d'une Irlandaise qui, guidée par son intuition, se rend au Vietnam et décide de venir en aide à des milliers d'enfants orphelins.
  • Dis-moi : Cette série pédagogique répond à des questions spécifiques sur le développement de l'enfant à la lumière des récentes découvertes en neurosciences et pour promouvoir la bienveillance éducative.
  • Enfants en pouponnières demandent assistance : Ce film montre l'introduction progressive de propositions en vue de l'amélioration des conditions de vie du nourrisson dans une collectivité.
  • Et les mistrals gagnants : Ce documentaire suit cinq enfants malades qui vivent dans l'instant avec humour et optimisme.
  • Être et avoir : Ce documentaire porte sur la classe unique d'une école communale en Auvergne.
  • Être et devenir : Ce documentaire explore le choix de ne pas scolariser ses enfants et de les laisser apprendre librement ce qui les passionne.
  • Françoise Dolto, le désir de vivre : Ce drame historique raconte l'histoire de deux enfants qui affrontent les démons qui les hantent avec l'aide de Françoise Dolto.
  • Hors Normes : Cette comédie suit deux hommes qui vivent depuis 20 ans dans le monde des enfants et adolescents autistes et forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés "d'hyper complexes".
  • J'ai mal à ma maternité : Ce court-métrage raconte les expériences de femmes qui ont vécu des difficultés maternelles à la naissance de leur enfant.
  • Jardins d'enfance : Ce documentaire explore les besoins de l'enfant de 0 à 3 ans et comment y répondre collectivement.
  • La maladroite : Inspiré d'une histoire vraie, ce téléfilm retrace l'histoire tragique d'une fillette morte de maltraitance.
  • La tête haute : Ce drame suit le parcours éducatif de Malony, qu'une juge des enfants et un éducateur tentent inlassablement de sauver.
  • L'arbre de l'enfance : Ce documentaire interroge les conséquences de l'éducation reçue dans l'enfance sur la qualité des relations que nous aurons adulte.
  • Le bébé est une personne : Ce documentaire bouleversa les rapports entre les mères et leurs enfants et nous invite à un voyage vers la période anténatale.
  • Le bébé est un combat : Ce documentaire révolutionne la façon de percevoir le bébé et explore les difficultés rencontrées par les parents.

La Performance : une satire de la surmédicalisation de l'accouchement

Le court-métrage italien « La Performance » de l'association Freedom for Birth Rome Action Group, est une satire de la surmédicalisation de l'accouchement. Il imagine ce qui se passerait si on imposait aux couples qui font l'amour le même interventionnisme médical qu'aux femmes qui accouchent. Le film dénonce les mauvais traitements et le manque de respect autour de la naissance et rappelle que les femmes devraient être libres de choisir la position qu'elles préfèrent et que, dans le cadre d'une naissance normale, il faut une raison valable pour intervenir dans le processus naturel.

Des preuves d'amour : un film sur la co-maternité et l'amour

Le film « Des preuves d'amour » d'Alice Douard, est le prolongement de son court métrage « L'Attente ». Il raconte l'histoire de deux femmes qui font un enfant et explore les thèmes de la co-maternité, de l'amour et de la parentalité. Alice Douard, elle-même maman d'une petite fille qu'elle n'a pas portée, souhaitait créer des images auxquelles se raccrocher et remettre au centre le romantisme, la joie et la famille, loin des clichés où tout est tragique ou compliqué. Le film explore ce sentiment très particulier d'être une femme qui attend un enfant, mais pas dans son corps, et montre que, au-delà de la loi, il s'agit avant tout de devenir parent pour la première fois et de se demander comment on va aimer son enfant, s'occuper de lui et transmettre son amour.

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tags: #accouche #court #metrage #analyse

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