La grossesse est une période de changements physiologiques importants pour la femme. Parmi ces changements, l'accélération du rythme cardiaque est un phénomène courant et généralement normal. Cependant, il est essentiel de comprendre les causes potentielles de cette accélération, les symptômes associés et les précautions à prendre pour assurer la santé de la mère et de l'enfant.
Introduction : Les Changements Cardiaques Pendant la Grossesse
Lorsqu'une femme est enceinte, de nombreux bouleversements physiques et physiologiques s'opèrent. Le cœur, centre névralgique de l'organisme, n'est pas épargné par ces changements. Pour combler les besoins du bébé, mais aussi ceux de la femme enceinte, il travaille davantage et sa fréquence de battements augmente, pouvant engendrer des palpitations.
Bien que la majorité des changements cardiaques pendant la grossesse soient normaux et attendus, il est essentiel de comprendre la nature et les causes des arythmies durant cette période délicate. Par exemple, certaines maladies cardiaques, des déséquilibres électrolytiques dans le corps ou même des facteurs génétiques peuvent influencer la régularité du rythme cardiaque.
Pourquoi le Rythme Cardiaque Augmente-t-il Pendant la Grossesse ?
La raison principale de l'augmentation du rythme cardiaque pendant la grossesse est que le cœur travaille plus intensément. Le volume de sang augmente pour apporter du sang également au placenta et au fœtus. Le corps répond aux besoins de l'utérus, en lui donnant une plus grande quantité de sang. Ainsi, il peut mener à bien son rôle pendant cette période. Les veines se dilatent et ont tendance à moins propulser le sang vers le cœur.
L'accélération du rythme cardiaque est souvent l'un des premiers ajustements cardiovasculaires opérés par l'organisme pour soutenir le développement du fœtus. En début de grossesse, le rythme cardiaque de la mère augmente généralement au premier trimestre, à mesure que la tension artérielle diminue.
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Rythme Cardiaque Normal Pendant la Grossesse
La fréquence cardiaque normale des femmes non enceintes se situe généralement entre 60 et 100 battements par minute, selon qu'elles sont au repos, en activité physique ou stressées. Le rythme cardiaque peut considérablement augmenter pendant la grossesse, mais cela varie énormément en fonction des caractéristiques de la personne : le poids, le niveau d'activité physique, les facteurs métaboliques et hémodynamiques (qui se rapportent aux conditions mécaniques du sang). Pour vous donner une idée, le rythme cardiaque d'une personne n'attendant pas d'enfant se situe entre 60 et 80 battements par minute, celui d'une femme enceinte se situe entre 80 et 100 battements par minute.
Lors d'études sur la grossesse et l'augmentation du rythme cardiaque, c'est en début de grossesse que l'augmentation la plus importante a été observée, avec une fréquence cardiaque moyenne de 79 battements par minute. Chez certaines femmes, le rythme cardiaque continue d’augmenter régulièrement à mesure que la grossesse progresse, culminant à une moyenne de 87 battements par minute à la semaine 40. Les chercheurs et les professionnels de santé attribuent les différences d'augmentation de la fréquence cardiaque pendant la grossesse à la fréquence cardiaque prénatale.
Les Palpitations Cardiaques Pendant la Grossesse
Les palpitations cardiaques sont la perception que les battements du cœur sont anormalement désordonnés. Normalement, le cœur humain effectue entre 60 et 100 battements par minute. Les palpitations cardiaques sont fréquentes chez la femme enceinte et généralement inoffensives. Bien que les palpitations cardiaques puissent sembler étranges et alarmantes, elles sont généralement inoffensives pendant la grossesse et disparaissent après l'accouchement.
Les palpitations peuvent apparaître dès les premières semaines de la grossesse, et plus la grossesse avance, plus on risque de les ressentir. Ceci dit, les palpitations cardiaques ne sont pas une fatalité et les organismes de nombreuses femmes enceintes s'en accommodent, sans gêne particulière, et parfois même sans s'en rendre compte.
Outre ces facteurs physiologiques, il existe aussi des causes dites environnementales pouvant expliquer les palpitations, telles que le stress, une forte émotion soudaine. Il s'agit ici des raisons les plus classiques.
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Quand S'inquiéter des Palpitations Cardiaques Pendant la Grossesse ?
Il est crucial de consulter un professionnel de santé dès que l’on ressent des palpitations ou toute autre irrégularité, afin d’assurer la sécurité de la mère et de l’enfant. Si l’un ou plusieurs des symptômes suivants sont présents, il est impératif de consulter un professionnel de santé rapidement :
- Douleurs thoraciques
- Fatigue extrême
- Essoufflement
- Étourdissements
Il faut parler de ses palpitations à son médecin, même si elles sont généralement liées aux changements physiologiques du corps de la femme enceinte. Si les palpitations surviennent une première fois, après une activité sportive ou une grande émotion, il est quand même bien de faire le point avec son médecin. Comme le corps est plus sollicité pendant la grossesse, il ne faudrait pas qu'il y ait une pathologie cachée.
Si vous êtes enceinte et que votre rythme cardiaque élevé vous semble anormal, n'hésitez pas à consulter votre professionnel de santé. Consultez à partir du moment où vous ressentez des palpitations. Votre sage-femme ou votre médecin vous enverra probablement vers un.e cardiologue.
Tachycardies Jonctionnelles et Grossesse
Les tachycardies jonctionnelles constituent une des principales causes de palpitations à début et fin brusques survenant sur cœur sain (c’est-à-dire non malade). Elles sont liées à un court-circuit électrique siégeant à la jonction entre les oreillettes et les ventricules. La présentation clinique est caractérisée par la survenue de palpitations, liées à la perception de battements cardiaques très rapides (en général entre 180 et 240 battements par minute) et parfaitement réguliers (à l’image d’un métronome). Typiquement, les épisodes surviennent de façon totalement imprévisible et inopinée, ils débutent brutalement (d’un battement à l’autre), et s’arrêtent également brutalement. La durée des épisodes est variable, allant de quelques secondes à plusieurs heures. La fréquence des crises de tachycardie jonctionnelle est également très variable d’une personne à l’autre, celles-ci sont parfois rares (quelques fois par an) mais peuvent aussi être beaucoup plus fréquentes et invalidantes.
Typiquement, il est souvent constaté des périodes de la vie où les épisodes sont plus rapprochés (à l’occasion de perturbations hormonales, grossesses, situations de dette en sommeil par exemple) alternant avec des périodes plus ou moins prolongées d’accalmie.
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Il existe deux mécanismes principaux :
- La « réentrée intranodale » : La cause est un petit court-circuit électrique situé au niveau d’une région appelée « nœud auriculo-ventriculaire », à la jonction entre les oreillettes et les ventricules. Ces tachycardies sont nettement plus fréquentes chez les femmes.
- La « réentrée sur voie accessoire » est l’autre mécanisme des tachycardies jonctionnelles.
Le diagnostic des tachycardies jonctionnelles passe par l’enregistrement d’un électrocardiogramme au moment d’une crise de palpitations. Il est souvent constaté un retard au diagnostic, parfois de plusieurs années, car il n’est pas toujours simple de pouvoir enregistrer un électrocardiogramme au moment précis d’une crise, surtout lorsque celles-ci sont de courte durée. Ceci n’est plus le cas actuellement car il est désormais possible d’enregistrer soit même un électrocardiogramme de bonne qualité, au moyen des objets connectés (montres ou applications Smartphone).
Plusieurs manœuvres peuvent interrompre les crises de tachycardie jonctionnelles, on les appelle les « manœuvres vagales ». La plus efficace est appelée manœuvre de Valsalva, et consiste à effectuer un effort de poussée à glotte fermée (expiration bloquée). Pour améliorer son efficacité, elle peut être combinée à un changement de position brusque (passage en position allongée avec surélévation des jambes). D’autres manœuvres sont décrites comme par exemple le massage de l’artère carotide (au niveau du cou) ou le fait de boire un grand verre d’eau glacée.
Si ces mesures sont inefficaces, la crise peut être interrompue par la prise d’un médicament par voie orale (inhibiteur calcique bradycardisant ou béta-bloquant). Si les crises sont rares et peu gênantes, l’abstention thérapeutique est envisageable dans la plupart des cas. A l’inverse, lorsque les épisodes de tachycardies jonctionnelles sont fréquents et invalidants, le traitement de référence permettant de prévenir les récidives est la réalisation d’une intervention appelée « ablation par radiofréquence ».
Cardiomyopathie du Péripartum (CMP-PP)
Une grossesse et essoufflement inhabituel peut être une complication, ce qu’on appelle la cardiomyopathie du péripartum (CMP-PP). La CMPP est une cause rare de cardiomyopathie dilatée et est définie comme une insuffisance cardiaque systolique. La cardiomyopathie du péripartum survient au dernier mois de grossesse ou les 5 premiers mois du postpartum même pour une femme en très bonne santé et sans antécédents. L’évolution est imprévisible, parfois favorable avec une rémission complète, mais souvent il y a une persistance ou une aggravation de l’insuffisance cardiaque pouvant être délétère. Son origine, quant à elle, est a priori multifactorielle et peut être notamment la modification hormonale suite à l’accouchement semblant jouer un rôle déterminant. Cependant les symptômes restent difficiles à déceler car la CMP-PP se déclare en fin de grossesse et, à cette même période, le poids de la grossesse peut entrainer quelques difficultés semblables sans affaiblissement du muscle cardiaque.
L’examen clé est l’échocardiographie pour écarter les diagnostics différentiels et suivre l’évolution de l’atteinte. Une analyser sanguine pour relever la concentration d’une protéine produite par le cœur et les vaisseaux sanguins (peptide natriurétique cérébral, ou PNC). La prise en charge en USIC suite au diagnostic doit être immédiate car l’évolution de la maladie est, pour la plupart du temps, très rapide, voire soudaine et imprévisible.
Sur le plan obstétrical, il est souvent conseillé une extraction rapide du foetus pour faire bénéficier à la mère d’une meilleure prise en charge thérapeutique. Le traitement est discuté et adapté si la femme est enceinte ou non et du stade de la grossesse. La prise en charge de la maman repose principalement sur le traitement de l’insuffisance cardiaque avec toutefois certaines spécificités telles que l’indication d’un traitement par bétabloquants, diurétiques, anticoagulants ou bromocriptine qui peut être discutée à la phase aiguë. Sous traitement, on observe une récupération de la fonction systolique dans 50 % des cas, ce qui signifie cependant qu’une patiente sur 2 souffrira d’insuffisance cardiaque chronique. L’évolution après un premier épisode et si la patiente présente des séquelles ventriculaires avec une FEVG restant < 50% conditionneront ses grossesses à venir.
Comment Calmer les Palpitations et Maintenir un Rythme Cardiaque Sain ?
Il faut, malheureusement, s'habituer à vivre avec celles qui sont diagnostiquées comme « normales » par votre médecin. Bien sûr, il ne faut pas hésiter, encore une fois, à diminuer certains facteurs liés aux habitudes de vie, comme réduire le thé ou le café et éviter de se retrouver dans des situations stressantes.
Pour optimiser votre santé cardiovasculaire et maintenir votre rythme cardiaque dans une plage acceptable, les experts en santé féminine recommandent de :
- Faire de l’exercice régulièrement (le sport est recommandé pendent la grossesse tant qu’il n’y a pas de risque de chocs et de chutes).
- Avoir une alimentation équilibrée.
- Suivre les examens prénataux.
- Dormir en cas de fatigue.
- Gérer l’anxiété par la méditation ou le yoga.
- Pratiquer des exercices de relaxations et de respirations.
- Pratiquer une activité physique régulière afin de muscler le cœur.
- Se positionner assise, mi-allongée ou allongée sur le côté gauche peut aider à calmer le cœur.
- Attention également à la caféine, qui a tendance à exciter, et donc à augmenter votre rythme cardiaque. Il est recommandé de ne pas dépasser 300 mg de caféine par jour pendant la grossesse.
- Essayez de vous arrêter de fumer.
Autres Symptômes de Grossesse et Importance du Diagnostic
Le premier signe auquel on pense est le retard de règles. En effet, s’il y a bien un point commun entre toutes les grossesses, c’est bien l’arrêt du cycle menstruel. Cela s’explique par le fait qu’un ovocyte a été fécondé. Il est maintenant accroché à la paroi utérine. Cependant, il est important de noter que ce symptôme peut être trompeur.
Lorsqu’une fécondation est réussie, le corps augmente sa production d’hormones de grossesse, dont l’œstrogène et la progestérone. A noter : certaines femmes ressentent ce symptôme durant leur phase prémenstruelle, en raison des fluctuations hormonales. La nausée est l’un des signes fréquents de début de grossesse. Apparaissant quelques semaines après la fécondation, ce symptôme touche une grande partie des femmes enceintes. Généralement elles apparaissent le matin, on parle alors de nausées matinales. Lorsque l‘œuf fécondé s’implante dans l’utérus cela peut provoquer un léger saignement vaginal. Ce saignement, ou spotting, peut être confondu avec des règles légères. En début de grossesse, l’utérus s’étend pour accueillir le fœtus en développement. Ce phénomène peut engendrer des douleurs utérines ou des crampes.
Au-delà des signes physiques liés aux fluctuations hormonales, des symptômes psychologiques peuvent survenir. Certaines femmes peuvent éprouver des bouffées de chaleur au début de leur grossesse. Cela est dû aux fluctuations hormonales. Parmi les symptômes de début de grossesse les plus connus, on retrouve la modification de l’appétit. Par ailleurs, des envies inhabituelles liées à certains aliments peuvent survenir. Durant les premières phases de la grossesse, une augmentation de la progestérone survient. Cela permet, entre autres, de maintenir la grossesse jusqu’au développement du placenta. Celui-ci prendra ensuite le relais. Durant cette période, une baisse de la pression artérielle et du taux de sucre dans le sang peut survenir. Certaines femmes connaissent une prise de poids précoce due à la rétention d’eau et aux changements métaboliques.
En plus des symptômes classiques de grossesse, il existe une variété de signes moins connus. Les hormones de grossesse peuvent affecter la digestion de différentes manières. La digestion est ralentie du fait de la grossesse. Les brûlures d’estomac sont un symptôme courant de la grossesse, en particulier au cours des premiers mois. Elles surviennent en raison de la pression exercée par l’utérus en expansion sur l’estomac. Certaines femmes peuvent avoir des poussées d’acné en raison des fluctuations hormonales liées à la grossesse. Une congestion nasale peut survenir chez certaines femmes enceintes. Les changements hormonaux peuvent provoquer des vertiges occasionnels chez certaines femmes enceintes. Si vous souffrez de maux de tête, assurez-vous de bien vous hydrater.
Si vous présentez plusieurs de ces symptômes et que vous pensez être enceinte, nous vous recommandons de faire un test de grossesse urinaire pour un premier résultat. Il est possible de les effectuer dès le premier jour de retard de règles. Vous pouvez en trouver dans toutes les pharmacies. Si tel est le cas, vous pouvez consulter un médecin afin d’effectuer un test de grossesse par prise de sang. Ces derniers ont une fiabilité de 100% et sont remboursés par l’assurance maladie.
En réalité, plusieurs facteurs, notamment un stress intense, les fluctuations hormonales, ou d’autres problèmes de santé, peuvent provoquer des symptômes similaires à ceux de la grossesse. Oui, il est possible d’avoir des symptômes de grossesse sans être enceinte. On parle alors de grossesse nerveuse. Ce trouble psychique induit le fait que la femme est persuadée d’être enceinte sans l’être.
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