Être conseillère en lactation, c’est se dévouer au service de la mère et de son bébé pour tout ce qui touche à l’allaitement maternel. Ce métier englobe une multitude de rôles et de fonctions, allant du soutien émotionnel à l'expertise technique, afin d'aider les familles à atteindre leurs objectifs d'allaitement.
Quelle est la mission d'une conseillère en allaitement ?
La mission principale d'une conseillère en allaitement est d'être présente à tout moment pour écouter, soutenir, rassurer et aider les jeunes mamans à réussir leur projet d’allaitement. Elle joue un rôle clé dans la prévention du sevrage précoce non désiré et la gestion des complications transitoires. En améliorant le confort pendant les tétées, en facilitant le transfert de lait et en vérifiant la qualité de la succion, elle contribue à une relation d'allaitement harmonieuse.
Pourquoi et quand consulter une conseillère en lactation ?
Il n'y a pas de moment précis pour consulter une conseillère en lactation. Une consultation est recommandée, idéalement dans les 10 jours suivant la naissance, surtout en cas de naissance difficile, de démarrage lent de l'allaitement ou de perte de poids supérieure à 7% chez le bébé. Il est préférable de consulter son médecin traitant ou sa sage-femme si le bébé est somnolent, réclame peu, s’endort vite ou urine peu. Ensuite, il est souhaitable de rencontrer une conseillère en lactation pour optimiser le transfert de lait et/ou remédier aux difficultés transitoires d’allaitement. Une conseillère peut être consultée au démarrage de l'allaitement, plus tard pour un bébé plus âgé, au moment de la diversification alimentaire, de la reprise du travail, ou même pour poursuivre l’allaitement après la naissance d’un autre enfant. Elle peut également vous aider pour utiliser un tire-lait.
Il est judicieux de consulter une consultante en lactation certifiée dès le début de la grossesse. En effet, plus tôt une future mère commence à se renseigner sur le déroulement de l’allaitement, mieux c’est.
En quoi consiste une consultation ?
Avant la naissance, la consultation permet de soutenir la mère dans son choix, de répondre à ses interrogations, de lui donner des informations et des conseils. Elle permet également d’observer et d’envisager les conditions favorables, de détecter d’éventuelles difficultés et d’aider à faire face aux questionnements.
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Après la naissance, la conseillère offre une écoute empathique et fait le point sur l’histoire de la mère et du bébé durant la grossesse et l’accouchement. Elle s’informe sur le démarrage de l’allaitement ainsi que les antécédents éventuels pouvant avoir des répercussions. Elle prend connaissance du projet d’allaitement de la famille. Ensuite, elle élabore un plan d’action si nécessaire avec les parents, en lien avec le projet et approprié à la situation. Elle observe également une tétée pour en apprendre davantage et répond aux diverses questions que la famille peut se poser. Si besoin, elle oriente vers un spécialiste plus approprié en fonction du contexte.
Les compétences cliniques de l'IBCLC
Les Compétences Cliniques pour la pratique des IBCLC s’appliquent dans tous les pays, quel que soit le cadre dans lequel exerce l’IBCLC. Il est bien entendu que l’IBCLC agira dans les limites de sa formation, de son expertise, de sa culture et du cadre de son exercice.
L’IBCLC a le devoir de respecter les standards de la profession et devra :
- Se comporter de manière professionnelle, en se conformant au Code de Déontologie des IBCLC, au Cadre de la Pratique des IBCLC et aux Compétences Cliniques, dans sa pratique.
- Evaluer de façon critique et intégrer dans sa pratique les données scientifiques, dans le respect des lois en vigueur là où il/elle travaille.
- Tenir ses connaissances à jour afin d’améliorer ses compétences et de conserver la validité de sa certification.
L’IBCLC a le devoir de protéger, promouvoir et soutenir l’allaitement maternel et devra :
Fournir des informations validées.
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Participer à l’élaboration de politiques au niveau mondial, national et local, qui protègent, encouragent et soutiennent l’allaitement ou la consommation de lait maternel par l’enfant dans toutes les situations, y compris d’urgence.
Se faire partout l’avocat des mères allaitantes, de leurs enfants et de leurs familles, et promouvoir l’allaitement comme la norme universelle pour l’alimentation des enfants.
Soutenir les pratiques qui encouragent l’allaitement et décourager les pratiques qui interfèrent avec lui. Pour cela, l’IBCLC devra :
- Promouvoir les principes de l’Initiative Hôpital Ami des Bébés.
- Choisir avec soin la méthode d’alimentation, quand il est nécessaire de supplémenter l’enfant, et utiliser des stratégies qui maintiendront l’allaitement pour répondre au projet maternel.
- Promouvoir les principes de la Stratégie Globale de l’OMS pour l’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant.
L’IBCLC a le devoir de fournir aux mères et aux familles des services compétents et il/elle effectuera un examen complet de la mère, de l’enfant et de l’alimentation par rapport à la lactation. Il/elle veillera par exemple à :
Compétences en anamnèse et évaluation
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- Recueillir l’autorisation de la mère pour s’occuper d’elle et de son bébé.
- Vérifier les objectifs de la mère pour son allaitement.
- Utiliser des compétences et des techniques de conseil adéquates.
- Respecter l’origine ethnique, les croyances, la religion, l’orientation sexuelle, l’âge et la nationalité de la mère.
- Recueillir les antécédents pour ce qui concerne la lactation.
- Identifier les événements, avant la conception, durant la grossesse, pendant le travail et à l’accouchement, qui peuvent avoir un effet négatif sur l’allaitement.
- Pratiquer un examen des seins pour déterminer si leur modification correspond à une fonction et une lactation adéquates.
- Evaluer l’état physique, mental et psychologique de la mère.
- Evaluer les soutiens dont la mère peut bénéficier dans son environnement et les défis éventuels à surmonter.
Compétences pour assister la dyade mère-enfant dans l’allaitement
- Encourager le contact peau à peau ininterrompu du nouveau-né et de sa mère.
- Aider la mère et la famille à identifier les signes montrant que le nouveau-né est prêt à téter ainsi que ses états comportementaux.
- Faire un examen de l’anatomie de la bouche du bébé et évaluer ses réponses et réflexes neurologiques.
- Aider la mère et le bébé à s’installer confortablement pour l’allaitement.
- Identifier une prise du sein correcte.
- Evaluer un transfert de lait efficace.
- Evaluer une prise de lait adéquate par l’enfant.
- Evaluer la normalité du comportement et des étapes de développement chez l’enfant.
- Suggérer quand et comment stimuler un enfant somnolent pour qu’il soit alimenté.
- Fournir à la mère des informations scientifiques pour l’aider à faire des choix éclairés concernant l’allaitement.
- Informer la mère et sa famille sur l’utilisation de la sucette y compris sur le risque éventuel pour la lactation.
- Informer la mère et sa famille sur l’importance de l’allaitement exclusif pour la santé de la mère et de l’enfant et sur les risques de l’utilisation des substituts du lait maternel (lait industriel).
- Informer la mère sur l’expression manuelle de son lait et lui montrer comment la pratiquer.
- Fournir à la mère des informations et des conseils pour éviter et résoudre les douleurs et dommages aux mamelons.
- Fournir à la mère des informations et des conseils pour éviter et résoudre l’engorgement, les canaux obstrués et la mastite.
- Fournir à la mère des informations et des conseils pour minimiser le risque de Mort Subit du Nourrisson (MSN).
- Donner des informations sur les méthodes de planification des naissances, y compris la Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée (MAMA), et leur impact sur l’allaitement.
- Aider la mère et la famille à identifier des stratégies pour faire face aux problèmes psychologiques du péripartum (dépression prénatale, tristesse passagère ou« baby blues », dépression du post-partum, angoisse et psychose) et à recourir aux ressources de la collectivité.
- Fournir de l’information sur le passage de l’enfant à une alimentation familiale adéquate.
- Fournir de l’information sur le sevrage, quand c’est approprié, y compris sur les soins pour les seins et la préparation ainsi que l’utilisation des substituts du lait maternel selon les Recommandations de l’OMS pour la sécurité de la préparation, de la conservation et de la manipulation des préparations en poudre pour nourrissons.
- Calculer les besoins de l’enfant, en volume et en calories.
- Evaluer la production lactée de la mère et lui donner les informations pour augmenter ou réduire sa lactation si nécessaire.
- Evaluer la croissance de l’enfant allaité selon les courbes de l’OMS.
- Informer la mère sur les comportements normaux de l’enfant, les signes qui montrent qu’il est prêt à manger et les comportements alimentaires courants.
Compétences générales en résolution de problèmes
- Identifier les problèmes réels ou potentiels et les facteurs qui peuvent influencer la réussite par la mère de son projet d’allaitement.
- Aider et soutenir la mère à développer, mettre en application et évaluer un plan de conduite de l’allaitement approprié, acceptable et réalisable, utilisant toutes les ressources disponibles.
- Faciliter l’allaitement pour les enfants médicalement fragiles ou en mauvaise condition physique.
- Evaluer en quoi chaque dyade et situation d’allaitement est unique et en quoi ceci influence l’allaitement.
- Savoir offrir une aide préventive pour réduire les risques potentiels encourus par la mère allaitante et son enfant.
- Evaluer et proposer des stratégies pour initier et continuer l’allaitement en cas de difficultés.
Compétences dans l’utilisation des techniques et du matériel
- Evaluer de façon critique les indications, contre-indications et l’utilisation des techniques, appareils et dispositifs qui peuvent aider ou nuire à la poursuite de l’allaitement, y compris les méthodes alternatives d’alimentation.
- Evaluer, critiquer et faire la démonstration de l’utilisation des techniques et dispositifs d’aide à l’allaitement : ce qui implique de repérer les dispositifs commercialisés sans preuve de leur utilité et qui peuvent nuire à la poursuite de l’allaitement.
- Evaluer de façon critique comment les techniques et dispositifs peuvent être utilisés pour initier ou poursuivre l’allaitement dans certaines circonstances.
- Fournir à la mère de l’information validée par la recherche sur l’utilisation des techniques et dispositifs.
- Développer, mettre en place et évaluer un plan individualisé d’alimentation en concertation avec la mère
- Utiliser les principes de la pédagogie pour adultes.
- Choisir de façon appropriée les aides pédagogiques.
- Fournir les informations sur les ressources de soutien à l’allaitement dans la collectivité.
- Donner des informations validées par la recherche sur l’usage par la mère allaitante de médicaments (en vente libre ou sur ordonnance), d’alcool, de tabac et de drogues illicites, y compris leur impact possible sur la lactation et sur la sécurité de l’enfant.
- Donner des informations validées par la recherche sur le recours à des thérapies alternatives pendant la lactation, leur impact sur la production lactée maternelle et leur effet sur l’enfant.
- Prendre en compte les aspects culturels, psychosociaux et nutritionnels en relation avec l’allaitement.
- Apporter le soutien et les encouragements qui donnent aux mères les moyens de réussir leur projet d’allaitement.
- Utiliser des compétences efficaces en conseil et communication dans les relations avec les usagers et les autres membres de l’équipe soignante.
- Appliquer les principes des soins centrés sur la famille tout au long de la relation de collaboration et de soutien avec les usagers.
- Aider la mère à prendre des décisions éclairées pour elle-même et son enfant.
- Adapter les informations dispensées aux capacités de compréhension de la mère.
- Faire le point avec la mère pour évaluer les informations qu’elle a comprises.
L’IBCLC a le devoir de fournir un compte-rendu véridique et complet à la mère, et/ou au professionnel de santé qui est responsable de l’enfant et aux interlocuteurs du système de santé ; aussi, l’IBCLC devra :
- Obtenir le consentement de la mère pour accéder à ou révéler une information, en cas de nécessité, en accord avec la réglementation en vigueur.
- Fournir, lorsque c’est requis, des évaluations écrites.
- Tenir des dossiers de tous les usagers, avec leurs coordonnées, les évaluations, les plans d’alimentation, les recommandations faites et l’évaluation de la conduite de soin.
- Assurer l’archivage des dossiers sur les durées en accord avec la réglementation en vigueur.
L’IBCLC a le devoir de préserver la confidentialité et devra :
- Respecter la vie privée, la dignité et le droit à la confidentialité des mères et des familles, sauf dans les cas où la loi impose le signalement d’un danger pour la mère et/ou l’enfant.
L’IBCLC a le devoir d’agir de façon professionnelle et devra :
- Aider les familles à prendre des décisions sur l’alimentation de leurs enfants en fournissant des informations validées par la recherche et libres de tout conflit d’intérêt.
- Assurer le suivi demandé et/ou nécessaire.
- Savoir référer de façon appropriée aux professionnels de santé et aux services de la collectivité, selon l’urgence de la situation.
- Travailler en collaboration avec l’équipe de soins pour offrir des services coordonnés aux familles.
- Signaler immédiatement à l’IBLCE toute condamnation pour un délit ou un crime commis tombant sous le coup de la loi en vigueur là où il/elle exerce, et toute sanction professionnelle.
- Avertir immédiatement l’IBLCE s’il/elle a connaissance d’un(e) IBCLC dont la pratique sort du Cadre de la Pratique des IBCLC, et/ou qui ne respecte pas le Code de Déontologie des IBCLC ou les Compétences Cliniques pour la pratique des IBCLC.
La certification IBCLC : un gage de qualité
La certification IBCLC (Consultant en Lactation Certifié par l’International Board) est la plus haute qualification reconnue en matière de lactation humaine, tant au niveau national qu’international. Elle garantit que le professionnel possède les connaissances et les compétences nécessaires pour fournir un accompagnement de qualité aux mères et aux bébés.
Historique de la certification IBCLC
Le diplôme a été initié en 1981 par un groupe d’animatrices de La Leche League aux USA, dirigé par Jo Anne Scott et Linda Smith avec l’aide du Dr Leon Gross, psychométricien, et de plus de 60 spécialistes internationaux. C’est ainsi qu’a été créé le Conseil International des Examinateurs Consultants en Lactation IBCLC, financé par LLL. Cette initiative a été officialisée en 1984 et le premier examen a été organisé en 1985.
Depuis 2012, l’admission à l’examen est ouverte aux personnes qui ont complété au moins 1000 heures en accompagnement à l’allaitement et qui ont réussi 90 heures de formation spécifiquement en lactation humaine.
Importance de la certification IBCLC
La création du diplôme IBCLC a permis d’asseoir une approche professionnelle de l’allaitement maternel, répondant ainsi au besoin croissant de professionnels compétents et possédant des connaissances suffisantes sur l’allaitement. Elle protège l’allaitement maternel en s’appuyant sur le code international signé par la majorité des pays au monde, qui les engage à contrôler le marketing réalisé par l’industrie du lait artificiel et des biberons.
Renouvellement de la certification IBCLC
Une ou un consultant IBCLC a une obligation de formation continue. Cette condition leur permet de re-valider leur certification par périodicité de 5 ans (75 heures de formation minimum entre ces périodes), et permet de garantir un niveau de connaissances professionnelles actualisé. Ces consultants adhèrent à un code déontologique strict, et sont soumis à une réglementation par le « board of lactation consultant examiners ».
Le renouvellement est obligatoire : les consultants IBCLC ont l'obligation de travailler sur une médecine fondée sur les preuves, d’être à jour sur les dernières informations de santé et la pharmacologie. Au bout de 5 ans, ils doivent donc de nouveau constituer un dossier, comportant notamment un engagement sur l’honneur, ainsi que les éléments attestant de leur formation tout au long de ces 5 années - les formations et colloques suivis devant répondre à des critères éthiques définis par le bureau. Au bout de 10 ans, il faut tout repasser.
Vérification de la certification
Il est possible de vérifier la certification d'un consultant IBCLC.
Formation des professionnels de santé à l'allaitement maternel
Tout professionnel de santé en contact avec la mère et son enfant, et plus largement, avec la famille, devrait bénéficier d’un minimum de 20h de formation à l’allaitement afin de remédier aux 4 causes principales d’arrêt prématuré de l’allaitement : engorgement, douleur des mamelons, faible prise de poids du bébé, ressenti de production de lait insuffisante. Actuellement, l’accompagnement des femmes qui désirent allaiter (70 %) n’est pas de qualité, par manque de formation et par défaut de compétence de la part de la majorité des professionnels de santé.
Compétences visées par la formation
À l’issue de la formation, le stagiaire est capable de :
- Accompagner les allaitements maternels physiologiques, de l’initiation au sevrage
- Prendre en charge les principales pathologies dans le parcours de la femme allaitante
- Prendre en charge l’enfant allaité (à l’échelon individuel ou en ateliers)
- Organiser des formations d’équipes et de développer des outils d’accompagnement à l’AM
- Mener un audit et de relever les indicateurs de l’AM dans les unités de soins hospitaliers (maternité, services de néonatalogie et de pédiatrie) et le réseau ville-hôpital (HAD, PMI).
Honoraires et remboursement
La profession de consultant IBCLC n’est pas réglementée en France, par conséquent les honoraires des consultations IBCLC ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale (même si la consultante IBCLC est diplômée d’une profession réglementée).
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