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La Prise de Sang Avant la Péridurale : Utilité et Importance

La péridurale est une méthode d’analgésie locorégionale largement utilisée et reconnue comme la plus efficace pour soulager la douleur pendant le travail. Elle permet de contrôler la douleur dans une zone précise du corps, sans altérer la conscience de la mère et avec un minimum d’effets sur le bébé. Bien que souvent attendue, elle suscite également de nombreuses questions. Cet article vise à éclaircir l'utilité de la prise de sang avant la péridurale, en expliquant les raisons médicales qui la justifient et les implications pour la sécurité de la mère et de l'enfant.

Qu'est-ce que la Péridurale ?

La péridurale est une technique qui bloque la transmission des sensations douloureuses provenant de l'utérus et des organes voisins. Elle est réalisée par une ponction dans le bas du dos, permettant d'accéder à l'espace péridural où un fin cathéter est inséré. Ce cathéter permet d'administrer des anesthésiques locaux de manière continue et ajustable, offrant un soulagement efficace de la douleur pendant le travail.

Dans certaines situations, la péridurale n'est pas seulement une question de confort, mais aussi de sécurité, notamment en cas d'antécédent de césarienne, de bébé en siège ou de grossesse gémellaire.

Le Rôle Crucial de la Consultation d'Anesthésie

En cours de grossesse, les futures mamans reçoivent des informations médicales sur la péridurale lors de la consultation d’anesthésie. Cette consultation, qui se déroule généralement entre la 36e et la 37e semaine d’aménorrhée, est une étape importante et obligatoire du suivi médical de grossesse. Elle dure environ une quinzaine de minutes et permet à l’anesthésiste de s’intéresser aux antécédents médicaux, chirurgicaux et obstétricaux de la patiente. L’anesthésiste examine également le dos de la patiente, prend sa tension, la pèse et procède à une auscultation. Si la patiente suit un traitement médicamenteux, l’anesthésiste précise si elle doit l’arrêter ou non en vue de l’anesthésie.

L'anesthésiste est disponible pour répondre à toutes les questions et évaluer les risques potentiels. Cette consultation se termine par la prescription d’un bilan sanguin complet, à effectuer dans un délai de 30 jours avant l’accouchement.

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Pourquoi une Prise de Sang Avant la Péridurale ?

La réalisation d’une anesthésie péridurale est un acte médical qui comporte des risques, bien que l'évolution du savoir-faire médical ait permis une réduction importante des complications. Avant de commencer, un certain nombre d’éléments cliniques et biologiques doivent être vérifiés. C'est là qu'intervient la prise de sang, un examen essentiel pour garantir la sécurité de la mère.

Dépistage des Troubles de la Coagulation

L'une des principales raisons de la prise de sang est de dépister d’éventuels problèmes de coagulation du sang. La prise de médicaments tel que l’aspirine, les anti-vitamine K ou tout autre médicament fluidifiant le sang doit être signalée à votre médecin. Si les mécanismes qui permettent au sang de coaguler sont perturbés, cela risque d’entraîner un saignement. Le danger, c’est qu’un hématome se crée et comprime les petites racines nerveuses situées dans l’espace péridural, provoquant une paralysie. Cela peut survenir si la future maman souffre d’une maladie congénitale affectant la coagulation, suit un traitement anticoagulant pour éviter une phlébite, ou dont le taux de plaquettes (éléments du sang intervenant dans la coagulation) a chuté.

Les résultats de la prise de sang permettent de s'assurer que la coagulation sanguine est normale, réduisant ainsi le risque de complications graves telles que la formation d'un hématome dans l'espace péridural, qui pourrait comprimer les nerfs et entraîner une paralysie.

Prévention des Risques Infectieux

La prise de sang permet également de détecter d’éventuelles infections ou inflammations qui pourraient contre-indiquer la péridurale. Bien que rares, les infections bactériennes sévères sont des situations à risque d’hypotension artérielle, et la péridurale pourrait majorer cette hypotension.

Identification des Contre-Indications

Les contre-indications à la péridurale sont des situations où le risque de la péridurale est supérieur au bénéfice qu’elle pourrait apporter. Certaines affections de la peau empêchent de trouver l’espace suffisant pour poser la péridurale, surtout en cas de surinfection des lésions. Le risque est de contaminer le système nerveux lorsque l’on traverse la peau jusqu’à l’espace péridural. Les allergies aux anesthésiques locaux sont rares, mais le risque est la survenue d’une manifestation allergique grave allant de la chute de tension aux difficultés respiratoires.

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Bien que les allergies aux produits (anesthésiques locaux, morphiniques) utilisés lors d’une péridurale soient extrêmement rares, elles peuvent être graves pour la maman. La prise de sang, combinée à l'examen clinique et à l'interrogation de la patiente, permet d'identifier ces contre-indications potentielles et de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de la mère et de l'enfant.

Quand Faire la Prise de Sang ?

La prise de sang est généralement prescrite lors de la consultation avec l'anesthésiste, qui a lieu entre la 36e et la 37e semaine d'aménorrhée. Il est recommandé de réaliser cette analyse dans un délai de 30 jours avant la date prévue de l'accouchement. Certaines maternités peuvent avoir des protocoles spécifiques, il est donc important de suivre les recommandations de votre équipe médicale.

Si l'accouchement survient avant la date prévue et que la prise de sang n'a pas été réalisée, une analyse d'urgence sera effectuée à la maternité. Il est préférable d'anticiper et de faire la prise de sang dans les délais prescrits pour éviter tout retard ou complication.

Les Alternatives à la Péridurale

Si la péridurale est contre-indiquée ou si la patiente souhaite explorer d'autres options, il existe plusieurs alternatives pour soulager la douleur pendant le travail.

  • Accouchement physiologique : Il est possible dans la plupart des cas. Gardez simplement à l’esprit qu’un accouchement est toujours susceptible de ne pas se passer comme vous l’aviez imaginé. De votre côté, vous pouvez aussi changer d’avis et opter pour une péridurale.
  • Hypnose : L’hypnose est reconnue pour aider les futures mamans à mieux appréhender les tensions, mieux gérer leurs contractions et leur respiration le moment venu. L’hypnose pendant la grossesse et l’accouchement se nomme l’hypnonaissance. Si accoucher sous hypnose fait partie de votre projet de naissance, il est recommandé de démarrer les séances à partir du deuxième trimestre de grossesse. Notez qu’assister aux séances ne suffit pas : vous devez vous entraîner chez vous.
  • Acupuncture : Dans le cas de l’acupuncture, les séances débutent elles aussi pendant la grossesse. Dans tous les cas, ces méthodes alternatives doivent être encadrées par un professionnel de santé reconnu, idéalement, par votre sage-femme, ou votre médecin traitant dans certains cas.
  • Rachianesthésie : La rachianesthésie consiste à injecter un anesthésique local dans le canal rachidien en bas du dos entre deux vertèbres lombaires (pas de moelle épinière à ce niveau). Elle anesthésie les nerfs du bas du corps.
  • Anesthésie générale : L’anesthésie générale est uniquement réalisée en cas d’urgence médicale, telle qu’une césarienne.

Effets Indésirables et Complications Possibles de la Péridurale

Il est important de rappeler qu’en raison des risques que comporte tout geste d’anesthésie, un certain nombre d’éléments cliniques et biologiques doivent être vérifiés avant de commencer. Néanmoins, il serait aussi faux de dire que la péridurale est sans danger. Tout acte médical même conduit avec compétence et dans le respect des recommandations scientifique, comporte un risque.

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Effets Indésirables

Les effets indésirables sont des conséquences sans gravité de la péridurale. Ils sont transitoires et disparaissent en général complètement en quelques jours.

  • Céphalées : Ils sont une complication assez fréquente des péridurales. Ils peuvent survenir si, lors de la pose, une brèche est réalisée dans plan postérieur de l’espace péridural. L’importance de la céphalée est fonction de la taille de la brèche et du matériel en cause. Ces maux de tête sont modérés à intenses, pouvant vous gêner dans les heures suivant l’accouchement. Le traitement peut être médicamenteux dans un premier temps. En cas d’échec, un colmatage de cette brèche peut être réalisé par l’équipe d’anesthésie. Cette technique particulière est appelée blood-patch. Elle associe une prise de sang et une nouvelle ponction dans l’espace péridural afin d’y injecter de quoi obstruer la brèche responsable de vos douleurs. Ce « blood patch » se réalise au bloc opératoire et a un taux de succès proche de 2 sur 3.
  • Neuropathies : Ce sont des atteintes des nerfs responsables de différentes manifestations allant des paresthésies (« fourmis ») à la perte de force dans un territoire des jambes ou des cuisses. La lésion peut être secondaire à des techniques au cours du geste ou être complètement indépendante de la péridurale. En effet, ces complications nerveuses peuvent être dues à des phénomènes de compression lors du passage du bébé ou lors de la position prolongée des jambes dans les étriers lors d’un accouchement difficile. Ces complications sont dites effets indésirables car elles disparaissent généralement dans les 6 mois.
  • Douleurs lombaires : Les douleurs lombaires sont courantes après la grossesse. Une très faible proportion est secondaire à la pose de péridurale.Certaines complications rarissimes mais graves de la péridurale (hématomes, abcès) se manifestent entre autre par une douleur lombaire, mais cette douleur n’est alors pas le seul symptôme.
  • Nausées : Ceux-ci sont fréquents lors de césariennes sous péridurale. La plupart sont dues à une chute de tension secondaire à l’anesthésie et aux manœuvres nécessaires à l’extraction du bébé. La majeure partie du temps ils sont transitoires et cèdent rapidement après l’accouchement. Parfois, les nausées sont dues à la morphine, mais son utilisation reste exceptionnelle de manière prolongée après une césarienne.

Complications Graves

Les complications graves de la péridurale sont les plus rares.

  • Crises convulsives : Les crises convulsives au cours de la grossesse sont un motif de prise en charge en urgence car elles peuvent être le symptôme d’une pathologie sous-jacente grave, et peuvent nuire à votre bébé. Lorsqu’elles surviennent après une pose d’une péridurale, les crises convulsives peuvent être la manifestation d’une toxicité des anesthésiques locaux.
  • Arrêt cardiaque : Oui, il existe un risque minime mais non nul d’arrêt cardiaque dans les suites d’une péridurale. Ceci reste exceptionnel mais possible. Les seuls cas décrit ne sont pas des femmes enceintes mais des sujets opéré sous péridurale pour des interventions lourdes.
  • Paralysie : Bien souvent, la question d’une paralysie secondaire à une péridurale est évoquée… La paralysie complète secondaire à une lésion de la moelle épinière lors d’une péridurale est rarissime. Les cas historiques étaient dus à la réalisation de péridurales chez des sujets ayant des troubles de la coagulation non connus. Depuis, un dépistage systématique est de rigueur avant toute anesthésie centrale. Ce dépistage justifie la réalisation d’une prise de sang et d’une consultation permettant, entre autre, la recherche d’éléments évocateurs.
  • Phénomènes compressifs (hématomes et abcès) : De nos jours la fréquence de survenue de phénomènes compressifs (hématomes et abcès) est extrêmement faible.
  • Bloc étendu : Malheureusement, l’effet escompté est parfois trop important. On parle alors de bloc étendu. Leur survenue peut nécessiter une anesthésie générale le temps que l’effet de l’anesthésique s’estompe. Ces blocs étendus sont la conséquence d’une diffusion des produits de l’anesthésie dans un espace « virtuel » proche du site d’injection classique. La diffusion dans cet espace est rare : seulement 2 cas sur 10 000 péridurales.

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