La perspective d'une deuxième grossesse suscite un mélange d'excitation et d'appréhension. Parmi les nombreuses questions que se posent les futurs parents, celle de la durée de l'accouchement revient fréquemment. Est-il vrai qu'un deuxième accouchement est généralement plus rapide et moins douloureux que le premier ? Cet article explore les facteurs qui influencent la durée du travail et démystifie certaines idées reçues sur la deuxième grossesse.
L'Expérience du Premier Accouchement : Un Atout pour le Second
L'une des principales raisons pour lesquelles un deuxième accouchement est souvent plus rapide est l'expérience acquise lors du premier. "Mieux accoucher, c’est possible !" Les premières contractions, la perte des eaux, pousser… plusieurs choses que l’on découvre lors de son premier accouchement. Les femmes qui ont déjà vécu un accouchement ne sont plus des "débutantes". Elles savent ce qui les attend et ne sont pas désarçonnées face cet inconnu.
En effet, le corps a déjà subi les transformations nécessaires à l'accouchement. L’utérus et le bassin ont déjà été étirés, ce qui facilite le passage du bébé. Le corps a gardé en mémoire les mêmes réflexes, même des années plus tard, et est donc plus préparé à y arriver.
Durée du Travail : Ce que Disent les Études
Les études montrent que le travail est d’environ 12 heures pour le premier enfant, contre 8 heures pour un deuxième bébé. En moyenne, la durée du travail est réduite de plusieurs heures pour un deuxième enfant. Cela s'explique par plusieurs facteurs :
- Dilatation plus rapide du col de l'utérus : Le col de l'utérus s'ouvre généralement plus rapidement chez les femmes qui ont déjà accouché.
- Descente plus aisée du bébé : Les muscles du plancher pelvien et les ligaments sont plus souples, ce qui facilite la descente du bébé dans le bassin.
- Contractions plus efficaces : L'utérus réagit plus efficacement aux contractions, ce qui accélère le processus de travail.
Facteurs Influant sur la Durée de l'Accouchement
Il est important de noter que la durée de l'accouchement peut varier considérablement d'une femme à l'autre, même pour une deuxième grossesse. Plusieurs facteurs peuvent influencer la durée du travail :
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- L'âge de la mère : Les femmes plus âgées peuvent avoir des grossesses plus longues.
- Le poids du bébé : Un bébé plus gros peut rendre l'accouchement plus long.
- La position du bébé : La position du bébé dans l'utérus peut affecter la progression du travail.
- L'état de santé de la mère : Certaines conditions médicales peuvent influencer la durée de l'accouchement.
- L'intervalle entre les grossesses : Existe-t-il un délai optimal pour mettre en route un deuxième enfant ? L'intervalle idéal entre la naissance d'un enfant et la conception du suivant est une question fréquemment posée. Des chercheurs de l'Université Curtin (Australie) affirment que les femmes n'ont pas besoin d'attendre aussi longtemps que les 18 mois minimum recommandés dans les lignes directrices actuelles de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) afin de réduire le risque d'issues défavorables de la grossesse telles que la prématurité. Cependant, l'étude indique aussi que les frères et sœurs nés après un intervalle de plus de 60 mois présentaient un risque accru d'issues défavorables à la naissance. En 2018, une étude réalisée par des chercheurs de l'Université de la Colombie-Britannique et de la Harvard TH Chan School of Public Health révélait qu'il vaut mieux attendre 12 à 18 mois entre un accouchement et une autre grossesse. Sachant par ailleurs qu'une grossesse peu espacée, soit le fait de tomber enceinte moins de 12 mois après un premier accouchement, était associée à des risques pour les femmes si elles sont âgées de 35 ans et plus, et pour le nourrisson (mortalité à la naissance, naissance prématurée, poids faible à la naissance…), peu importe l'âge de la mère.
Les Peurs et les Inquiétudes Liées à la Deuxième Grossesse
Beaucoup de parents s’interrogent sur le fait d’avoir un deuxième enfant. Cependant, ces peurs sont des barrières psychologiques. Les futures mamans craignent souvent de ne pouvoir aimer le second autant que le premier. Ce sont des sentiments difficiles à évoquer. Mais l'amour maternel ne se divise pas, il se multiplie au contraire avec l'arrivée d'autres bébés ! La peur que l'aîné soit jaloux du nouveau-né est également présente. Il est préférable de l'associer à la future naissance sans lui donner trop de pouvoir (ce n'est pas à lui de choisir le prénom !), de le valoriser dans son rôle de « grand », de lui redire qu'on l'apprécie pour ce qu'il est…
Il est également important de ne pas négliger la position du papa. Malgré qu’ils ne portent pas le bébé, le processus de conception se fait à deux. Les futures mères soulignent fréquemment son manque d'implication. On ne peut pas généraliser mais les hommes sont souvent moins attentifs, ils savent que leur compagne s'est très bien débrouillée la première fois ! Or, même si elle a moins de questions, elle a autant d'attentes et besoin des mêmes attentions.
Prématurité : Étude EPIPAGE 2
Depuis 2011, près de 7 000 enfants prématurés ont été inclus dans l’étude EPIPAGE 2. Cette étude a pour objectif d’évaluer la survie des enfants prématurés nés entre la 22ème semaine et la 34ème semaine d’aménorrhée et leur devenir ultérieur. Comparée aux données de la cohorte EPIPAGE 1 en 1997, la proportion des enfants nés en 2011 à partir de la 25ème semaine d’aménorrhée, ayant survécu sans être atteint par une pathologie néonatale sévère, a nettement augmenté. Néanmoins, la survie est toujours rare pour les enfants nés avant 25 semaines. Ces résultats permettent de dresser le pronostic des enfants grands et très grands prématurés et de faire le bilan des changements survenus ces 15 dernières années. Elle est menée dans 25 régions de France. Entre le 28 mars 2011 et le 31 décembre 2011, près de 7000 enfants prématurés (mort-nés et naissances vivantes) ont été inclus dans EPIPAGE 2. Des informations en maternité et dans les services de néonatologie ont été collectées par les équipes médicales et de recherche des 25 régions participantes.
La durée moyenne normale d’une grossesse est de 40 semaines. On considère qu’un enfant naît prématurément avant 37 semaines d’aménorrhée (avant le début du 9ème mois de grossesse), la grande prématurité se situant entre 22 semaines (5 mois) et 31-32 semaines (7 mois).
Dans cette étude, trois groupes d’enfants prématurés ont été constitués :
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- les enfants extrêmement prématurés (nés avant la fin du 6ème mois de grossesse, entre 22 et 26 semaines d’aménorrhée révolues)
- les enfants grands prématurés (nés avant la fin du 7ème mois de grossesse, entre 27 et 31 semaines d’aménorrhée révolues)
- les enfants modérément prématurés (nés au début du 8ème mois de grossesse, entre 32 et 34 semaines d’aménorrhée révolues)
Les résultats d’EPIPAGE 2 ont montré que 0.44% des naissances se produisaient avant 27 semaines en France, 0.84% entre 27 et 31 semaines et 1.8% à 32-34 semaines.
Après analyse, les données de 2011 montrent que plus les enfants sont prématurés, plus le taux de survie diminue. Ainsi, la survie atteint 99% à 32-34 semaines, 94% à 27-31 semaines, 60% à 25 semaines et moins de 1% avant 24 semaines.
Les enfants prématurés étant à haut risque de complications néonatales, cérébrales, respiratoires et digestives en particulier, les taux de survie sans pathologie néonatale grave sont plus faibles. Ils atteignent 97% à 32-34 semaines, 81% à 27-31 semaines, 30% à 25 semaines et 12% à 24 semaines.
C’est à partir de la 25ème semaine que les chercheurs constatent une amélioration significative de la survie des enfants prématurés depuis ces 15 dernières années.
« Nous observons une importante augmentation du taux de survie chez les enfants de la cohorte EPIPAGE 2 nés en 2011. Comparée à 1997 (première étude EPIPAGE), la proportion des enfants ayant survécu sans morbidité sévère a augmenté de 14% pour les prématurés nés entre la 25ème et la 29ème semaine et de 6% pour les enfants nés entre 30 et 31 semaines d’aménorrhée« explique Pierre-Yves Ancel, responsable de l’équipe Inserm d’Epidémiologie Obstétricale, Périnatale et Pédiatrique à l’origine de l’étude. Ces données suggèrent donc une amélioration de la prise en charge des enfants prématurés en 15 ans.
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Les résultats chez les enfants les plus immatures ont en revanche peu évolué. Ils traduisent une grande incertitude sur le devenir de ces enfants et la prise en charge à proposer. Les résultats d’EPIPAGE 2 pourraient être l’occasion d’une réflexion sur la prise en charge des plus petits. Les familles ont complété des questionnaires à 1 et 2 ans. A l’âge de 2 ans, des informations ont également été recueillies auprès du médecin en charge du suivi médical de chaque enfant.
La prochaine étape importante est le suivi à 5 ans.
Facteurs de Risque et Complications Potentielles
Bien que la deuxième grossesse soit souvent vécue avec plus de sérénité, il est important de connaître les risques potentiels et les complications qui peuvent survenir :
Toxémie gravidique : Cette pathologie, appelée aussi pré-éclampsie, se caractérise par une hypertension artérielle, de l’albumine dans les urines et des œdèmes, ces troubles survenant au troisième trimestre. La toxémie gravidique est spécifique de la première grossesse. En effet, il s’agit d’une immaturité du système vasculaire utérin et placentaire due à des facteurs génétiques maternels (entraînant la formation d’un caillot dans un vaisseau sanguin irriguant le placenta). Cette immaturité a toutes les chances de s’estomper lors de la deuxième grossesse. Donc, pas de panique. Néanmoins, le risque que la toxémie gravidique réapparaisse est de 20 % environ.
Accouchement prématuré : Les raisons d’un accouchement prématuré sont variées. Si la cause est un retard de croissance (dû à une hypertension, au tabagisme maternel…) ou une infection (listériose par exemple), il n’y a à priori pas de raison pour que cela se reproduise. C’est un "accident" de parcours. De même si vous avez eu des jumeaux. Ce n’est pas la même chose si l’accouchement prématuré est dû à un utérus mal formé. C’est notamment le cas des "filles Distilbène". Le DES, ou Distilbène, est une hormone prescrite dans les années 70 aux femmes pour éviter les fausses couches. Elle a entraîné chez les fœtus de sexe féminin des malformations génitales (utérus trop petit, col qui s’ouvre précocement…). Le risque est de l’ordre de 75%.
Diabète gestationnel : Comme son nom l’indique, le diabète gestationnel- qui se caractérise par un taux de sucre élevé dans le sang - est une pathologie qui ne dure que le temps de la grossesse. Pour les femmes souffrant de surpoids ou d’obésité, il est d’ailleurs recommandé pour limiter les risques de perdre un peu de poids entre les deux grossesses. Si toutefois vous en souffrez à nouveau, vous devrez suivre comme la première fois un régime alimentaire. Et, éventuellement, un traitement à l’insuline pour éviter que le fœtus ne devienne trop gros.
Nausées et vomissements : Ce n’est pas systématique mais, quand on a souffert de nausées et de vomissements lors de sa première grossesse, cela risque de se reproduire. Responsable ? L’HCG, hormone chorionique gonadotrophique, l’hormone de la grossesse. Il semblerait toutefois que certaines futures mamans - et certaines ethnies comme au Maghreb - soient davantage prédisposées génétiquement. Il y a donc des familles où presque toutes les femmes sont nauséeuses et vomissent, et d’autres, aucune. Attendre une petite fille rendrait également davantage « patraque ». Pourquoi ? Mystère ! Quant aux femmes attendant des jumeaux, elles sont aussi plus sujettes aux nausées, production de HCG plus élevée oblige.
Grossesse gémellaire : Si vous avez eu des jumeaux une première fois en raison d’une fécondation in vitro (un à trois embryons sont réimplantés dans l’utérus pour être sûr qu’un au moins soit viable), le risque est le même lors d’une deuxième tentative de Fiv ! Sachez également qu’il existe des familles "à jumeaux". La double ovulation peut être héréditaire : deux ovules libérés par un ovaire au cours du même cycle et fécondés par deux spermatozoïdes donneront des jumeaux dizygotes (ou faux jumeaux). Si vous êtes jumelle, si votre mère, votre grand-mère ou votre cousine est jumelle, le risque de donner naissance à des jumeaux est plus élevé que chez une autre femme.
Prise de poids : Probablement. D’abord, parce que vos muscles abdominaux ont été étirés durant la première grossesse et que votre sangle abdominale s’est relâchée. Et d’autant plus si vous avez accouché il y a quelques mois, voire quelques semaines. Ensuite, et même si vous avez perdu tous vos "kilos bébé", les adipocytes - les cellules graisseuses - ont tendance à "regonfler" et grossir plus rapidement. En effet, la grossesse favorise leur augmentation sinon en nombre du moins en taille.
Placenta prævia : Plutôt que de s’installer, au fil des semaines de grossesse, dans le fond de l’utérus, le placenta s’insère trop bas et trop près du col. Et peut alors empêcher la sortie du bébé - d’où son nom de placenta prævia (du latin, "en travers de la route"). Avec, à la clé, une césarienne. Le risque que cela se produise une nouvelle fois est un peu plus élevé que pour l’ensemble des femmes mais rien n’est moins sûr.
Herpès génital : Lorsque, pour une première grossesse, on a souffert d’herpès génital, on risque d’en avoir lors de la seconde. Principales raisons ? Le virus reste tapi dans les ganglions tout au long de la vie, et les défenses de l’organisme maternel se modifient durant cette période. En cas de poussée d’herpès, on vous prescrira du Zovirax, ce qui permettra de diminuer le taux de concentration du virus dans votre organisme. Et si une poussée d’herpès survient une semaine avant votre accouchement, votre enfant naîtra par césarienne.
Poids du bébé à la naissance : C’est probable. Généralement, les deuxièmes enfants et les suivants sont un peu plus gros que leurs aînés, de 200 g en moyenne (lorsque la grossesse s’est déroulée sans problème). Peut-être parce que les échanges entre les artères de l’utérus et le placenta, et donc entre la mère et l’enfant, sont plus fluides.
Tranchées : Ces contractions de l’utérus qui surviennent après la naissance permettent au muscle utérin d’involuer. En clair, de retrouver progressivement sa taille et sa forme d’avant la grossesse. Les tranchées sont assez discrètes chez les femmes venant d’accoucher d’un premier enfant mais deviennent plus douloureuses, surtout chez celles qui allaitent, à partir du deuxième. On n’en connaît pas vraiment la raison.
Acné : Oh, les vilains boutons dus au bouleversement hormonal… C’est la faute aux œstrogènes circulant en grande quantité dans l’organisme des futures mères. Chez la plupart d’entre elles, ils donnent une peau de pêche alors que chez d’autres, ils provoquent parfois une poussée d’acné sur le visage et sur le haut du dos. Mais cela n’implique pas que l’acné réapparaîtra lors d’une deuxième grossesse. Si c’est le cas, pas de panique, on vous prescrira un traitement local.
Prurit gestationnel : Le prurit gestationnel est une maladie rare qui se manifeste par des démangeaisons sur l’ensemble du corps. Il provient d’un mauvais fonctionnement du foie, appelé cholestase gravidique. C’est la présence d’acides biliaires dans le sang qui, en s’accumulant sous la peau, provoque ces démangeaisons. La future maman est surveillée attentivement et placée sous traitement pour éviter que ces acides biliaires ne traversent le placenta, contaminent le fœtus et gênent son bon développement. Malheureusement pour les femmes qui en ont souffert à leur première grossesse, le prurit gestationnel se répète à chaque grossesse.
Varices : Là encore, c’est la faute aux hormones de la grossesse - les veines se dilatent - mais aussi au volume de l’utérus qui comprime la veine cave inférieure et gêne le retour du sang vers le cœur. Et voilà comment des varices peuvent apparaître sur les jambes et sur les cuisses ! Si vous en avez déjà eu à votre première grossesse et dès le premier trimestre, vous risquez fort d’en avoir à la deuxième. Sans certitude toutefois.
Difficultés à Concevoir un Deuxième Enfant
Il arrive que des couples rencontrent des difficultés à concevoir un deuxième enfant, même après avoir eu un premier enfant sans problème. Plusieurs facteurs peuvent être en cause :
- L’âge de la femme : Par fréquence, et en raison des changements sociologiques qui ont eu lieu au cours des dernières décennies, c’est la condition limitante la plus fréquente et la plus transcendante. La recherche d’une première grossesse et des grossesses suivantes est de plus en plus retardée. Le potentiel reproductif maximum des femmes se situe entre 20 et 25 ans. À partir de 35 ans, il devient plus difficile d’obtenir une grossesse et, en outre, le nombre de fausses couches est plus élevé. Le retard à envisager une première grossesse ou une nouvelle grossesse augmente inexorablement la difficulté à l’obtenir.
- Mode de vie : Les habitudes ou comportements qui affectent la santé générale ont également un impact sur la fertilité, tant chez les hommes que chez les femmes. Les problèmes de poids, en particulier l’obésité et l’extrême minceur, la consommation de tabac et/ou d’alcool, l’exposition aux toxines et aux produits chimiques de l’environnement. Le pourcentage de la population générale exposée est élevé, mais, dans de nombreux cas, ce sont des facteurs qui peuvent être corrigés.
Il est recommandé de commencer l’étude le plus tôt possible, sans délai.
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