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Les Conséquences Psychologiques des Trajets de Deux Heures

Les trajets quotidiens, particulièrement lorsqu'ils atteignent des durées importantes comme deux heures, peuvent avoir des conséquences significatives sur la santé mentale et le bien-être des individus. Ce phénomène, souvent sous-estimé, mérite une attention particulière, car il touche une part importante de la population active.

Impact du Temps de Trajet sur la Santé Mentale

Augmentation du risque de dépression

Une étude menée auprès de 23 415 salariés coréens a révélé que les trajets domicile-travail de plus de 60 minutes (au total) augmentent de 1,16 fois le risque de dépression. Ces déplacements chronophages provoqueraient notamment un stress psychologique et physique non négligeable, en empêchant de se consacrer aux activités permettant de gérer le stress - les loisirs. Au niveau mondial, la dépression affecte majoritairement les salariés, quel que soit le type d’emploi. Parmi les facteurs de risque les plus importants figurent les déplacements domicile-travail, qui sont bien connus pour être associés à certains problèmes de santé physique et mentale. De précédentes enquêtes ont suggéré que la durée ainsi que le mode de transport, sont tous deux associés à des effets néfastes sur le bien-être et la santé mentale. Cependant, la corrélation entre les déplacements et les symptômes dépressifs est peu explorée.

Stress et Irritabilité

L'allongement des temps de transport soumet les usagers à un stress psychique. Beaucoup ont dû se lever plus tôt et rentrer plus tard. Naturellement, les individus en situation de stress ont tendance à être plus irritables, voire impulsifs. La foule dans les transports, ou les embouteillages, crée une autre forme de stress. Il s’agit d’une pression au sens du stress d’Hans Selye. Certains ont dû changer de mode de transport, privilégiant voiture ou vélo par exemple. Ce changement d’habitude, couplé au fait de ne pas forcément être à l’aise avec ce mode de transport alternatif, peut créer de l’anxiété. On est face à l’imprévu: nouveau trajet pour éviter les bouchons, on ressort le vieux vélo de la cave. Du coup, on se sent facilement en danger. Pas facile de faire du vélo en ville quand on n’en a pas l’habitude!

Fatigue Décisionnelle

Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie, a ainsi théorisé la notion de fatigue décisionnelle : à force d’accumuler des micro-contraintes - horaires à respecter, retards imprévus, promiscuité, bruit, vigilance permanente -, le cerveau s’épuise, sa capacité à faire face au stress s’émousse. Or, dans le cadre de la mobilité pendulaire, cette fatigue s’installe durablement, au rythme des heures de pointe et des trajets imposés.

Sentiment d'Impuissance

Pour un grand nombre d’entre nous, ce qui est stressant lorsque nous sommes pris dans le trafic est le sentiment d’impuissance. Nous regardons la file de voitures et pensons : « Pas d’issue! Il n’y a rien à faire! » Cela pourrait nous aider à mieux gérer la situation si nous acceptions cela; dans une certaine mesure, nous avons notre part de responsabilité, que ce soit le choix de vivre en banlieues pour avoir une deuxième salle de bain ou de nous lever plus tard ce jour-là… la situation n’est pas tout à fait hors de notre contrôle, comme nous le croyons. Nous ne pouvons faire disparaître toutes ces files de voitures, mais nos sentiments et nos réactions sur la route relèvent de nous.

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Facteurs Aggravants

Sexe et situation familiale

En outre, la dépression liée au temps de déplacement pendulaire est significativement plus fréquente chez les hommes célibataires, sans enfants et travaillant plus de 40 heures par semaine. En revanche, les femmes semblent plus sujettes aux symptômes dépressifs lorsqu’elles ont au moins deux enfants et des horaires de travail irréguliers. Selon les experts, cela s’expliquerait par le fait que les femmes sont les principales occupantes des postes liés à la santé en Corée du Sud, ce qui limite le temps dont elles disposent pour se consacrer à la fois à leur foyer et à leur bien-être. Être parent modifie profondément le rapport au déplacement, en le densifiant considérablement. Et dans le cas de familles monoparentales, la mobilité devient particulièrement lourde. Quel que soit le mode de transport utilisé, leur niveau de stress est systématiquement supérieur à celui des personnes sans enfants à charge. Au cours des douze derniers mois, 43% des parents célibataires ayant ressenti une colère intense estiment que leurs difficultés de déplacement ont joué un rôle dans cet état. C’est 22 points de plus que les personnes sans enfants à charge.

Conditions Socio-économiques

Au total, 6020 participants (25,7%) ont signalé des symptômes de dépression. Ces symptômes étaient généralement plus fréquents chez les participants plus âgés, ayant un niveau d’éducation et des revenus inférieurs, ainsi que des emplois manuels et passant plus de 40 heures au travail. En revanche, les personnes passant le plus de temps sur les routes étaient celles de sexe masculin âgées de 30 à 39 ans, ayant fait des études universitaires, ayant un revenu plus élevé, vivant en métropole et étant mariées et avec des enfants.

Type de Transport

Le niveau de stress varie aussi selon le type de transport utilisé : la marche est associée au plus faible niveau de stress (14%), suivie de la voiture (17%) et de la marche couplée à un autre mode (21%). Le train (28%), le bus ou le covoiturage (30%), le vélo (32%), puis le métro ou le tramway (34%) génèrent davantage de stress. Les deux-roues motorisés ou non créent plus d'anxiété : 40% des véhicules motorisés, 41% pour l'usage de la trottinette. Enfin, l’autopartage (49%) apparaît comme le plus anxiogène.

Zone Géographique

Quatre urbains sur dix déclarent une source d’anxiété liée à leurs déplacements, contre un sur trois en zone rurale. 47% des usagers urbains évoquent aussi une fatigue générale (contre 45% des ruraux), 38% une charge mentale accrue (contre 34%) et 29% des émotions comme la colère ou l'irritabilité (contre 22%).

Conséquences Indirectes

Réduction du Temps Libre

« Avec moins de temps libre, les gens pourraient manquer de temps pour soulager le stress et combattre la fatigue physique par le sommeil, les loisirs et d’autres activités », explique l’auteur principal de l’étude, Lee Dong Wook, de l’hôpital universitaire d’Inha.

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Impact sur la vie familiale

Ensuite les enfants, ou conjoints ont pu souffrir de la situation. En effet, le temps passé dans les transports a augmenté au détriment de la vie familiale. De plus, le stress créé a pu mettre les membres de la famille dans un état émotionnel de tension, rendant plus fréquentes les altercations, les crises voire l’impulsivité physique. Dans le cas d’une famille solide, les conséquences sont négligeables.

Habitudes de vie malsaines

Avez-vous l'impression de ronger votre frein durant votre trajet maison-boulot? Cela est tout à fait logique : le temps passé sur la route c'est le temps volé à vos habitudes santé, y compris dormir suffisamment, faire de l'exercice et s'alimenter sainement.

Solutions et Adaptations

Aménagements Professionnels

Avec votre employeur. Anticipez les situations, ouvrez-vous sur vos difficultés pour voir quels aménagements sont possibles. L’idée est de préserver vos intérêts et les siens. N’oubliez pas que l’employeur n’a aucun intérêt à vous pousser à bout jusqu’à l’arrêt de travail. Il est donc généralement possible de trouver des aménagements (horaires plus souples, télétravail…).

Soutien Familial

Avec votre famille. La grève a des conséquences logistiques prévisibles. Comment être là à la sortie de l’école? Cherchez des personnes ressources: famille, voisin, amis… Les situations de crise sont des occasions de s’adapter en resserrant les liens. Il y a très certainement autour de vous n voisin, un parent d’élève, un ami confronté aux mêmes contingences que vous. Souvent, il y a moyen de trouver une solution qui vous soulagerait tous les deux.

Gestion des Émotions

L’émotion va déborder! ASi vous sentez que vous êtes émotionnellement épuisé, ne le dissimulez pas à vos proches! Au contraire, expliquez-le en avertissant que vous risquez de vous conduire de manière impulsive. Prenez la position basse: excusez-vous d’avance en demandant l’indulgence en cas d’écart.

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Optimisation du Temps de Trajet

Profiter de ces moments à « moi ». Malgré les inconvénients de ces trajets, nombre d’entre nous profitent en fait de ces moments de la journée! Pour certains, ce sont là les moments de la journée où ils sont seuls. Considérez ces heures non comme du temps perdu, mais plutôt du temps gagné - pour penser, lire (si vous prenez les transports en commun), mettre vos écouteurs et rêvasser (encore une fois si vous n’êtes pas au volant!), ou encore écouter un livre audio. Ce temps peut aussi constituer une transition entre le travail et la maison pour vous permettre de vous décharger des tensions de la journée avant de revoir vos proches. Choisir de la musique non stressante. Ce que vous écoutez pendant votre trajet a de l’importance. Il semble que vous n’écoutez pas seulement de la musique, vous l’internalisez. Les recherches ont montré que si vous écoutez des chansons que vous aimez, vos vaisseaux sanguins peuvent se dilater - un effet bénéfique pour le coeur qui aide à réduire le stress. Opter pour une musique qui provoque de l’anxiété peut produire l’effet opposé, à savoir la constriction des vaisseaux et une hausse momentanée de la pression artérielle. Et lorsque votre chanson favorite se joue, chantez-la : le chant peut stimuler votre système immunitaire et aider votre corps à abaisser le cortisol, hormone du stress. Demeurer dans la voie de l'humour. Saviez-vous que le rire procure les mêmes effets bénéfiques que le chant, à savoir des bienfaits pour le coeur et une action anti-stress? Syntonisez votre émission comique favorite ou trouvez un nouveau monologue comique sur Spotify. Trouvez les plaisirs de la route et faites appel à votre sens de l'humour en regardant les autres conducteurs : combien font de la synchronisation labiale et combien se grattent le nez? Rendre votre trajet le plus confortable possible. Équipez votre voiture pour un confort maximum. Ajustez votre siège de sorte que l'appuie-tête s'aligne avec le haut de vos oreilles. La base du siège doit soutenir vos cuisses avec un peu d'espace laissé entre le bord du siège et vos genoux. Éviter de conduire quand vous avez faim. Pour bien des gens, le trajet de retour après le travail empiète sur l’heure du repas du soir. Rangez dans la boîte à gants quelques collations santé - barres de granola, noix ou fruits séchés - en prévision de vos petits creux. Veillez aussi à bien vous hydrater. Remplissez votre bouteille d’eau avant de prendre la route le matin et en fin d’après-midi. Choisir vos heures de pointe. Si possible, planifiez vos heures de départ le matin et en fin de journée afin d'éviter le plus gros du trafic. Faites des essais, voyez à quelle heure le trafic diminue. Demandez à votre patron la possibilité d'avoir un horaire flexible, soit des heures de travail souples qui ne soient pas nécessairement du 9 à 5.

Alternatives de Transport

Mauvais trajet? Faire du covoiturage : Parmi les travailleurs canadiens qui font le trajet domicile-travail en voiture, 74 % conduisent en solo. Pourquoi ne pas joindre la minorité et faire route avec d'autres travailleurs? Renseignez-vous si certains de vos collègues demeurent près de chez vous ou recherchez en ligne des groupes ou communautés qui mettent en contact ceux qui conduisent en solo. Les partenaires de covoiturage peuvent se relayer pour conduire, mais ils doivent tout d'abord régler les questions d'assurance et de remboursement. Opter pour les transports en commun : Cette option comporte des avantages et des désavantages. D'un côté, le trajet par transports en commun prend en moyenne 41 minutes de plus que le voyage en auto, sans compter le fait de vous exposer davantage aux toux et aux éternuements des autres passagers et aux surfaces contaminées des trains et des autobus. De l'autre côté, avec les transports en commun, vous avez trois fois plus de chances d'avoir vos 30 minutes d'activité physique quotidienne par comparaison à vos collègues qui prennent l'auto. Monter en vélo : Grâce peut-être au mouvement écologique, un nombre croissant de personnes se rendent au travail en vélo. Comme le vélo exige à la fois un effort cardiovasculaire et musculaire, le choix de ce mode de transport vous permettra de mettre une séance d'exercice au programme avant même de commencer votre journée de travail! Veillez à porter un casque pour prévenir des blessures à la tête. Et n'oubliez pas que, selon les lois de la circulation, un vélo est un véhicule et les cyclistes sont tenus de respecter le Code de la route. Marcher : Si vous avez la chance de vivre à distance de marche de votre lieu de travail, pourquoi utiliser un autre moyen de transport? La distance et le mauvais temps expliqueraient pourquoi si peu de personnes se rendent au travail à pied; c'est dommage, car la marche est un exercice simple et naturel qui vous donne l'occasion d'apprécier votre milieu et d'interagir avec votre ville et votre quartier. Travailler de chez vous : Le télétravail est devenu plus fréquent depuisCOVID-19. Imaginez que votre trajet quotidien équivaut à la distance entre votre lit et votre bureau à domicile! Avec le temps gagné, un télétravailleur discipliné pourrait se permettre une rapide session d'entraînement à domicile ou une petite marche santé entre les courriels, les téléconférences et les webinaires.

Gérer la rage au volant

Éviter de prendre le volant en colère. Certains experts pensent que les conducteurs à tempérament colérique ont une habitude en commun, celle de monter en voiture avec les émotions de tous les jours. Cette habitude qui mène droit aux accès de rage au volant peut être évitée avec de la planification. Donnez-vous tout le temps qu'il faut pour arriver à destination. Faites des détours pour éviter les routes achalandées ou prenez une pause lorsque vous sentez la colère ou les émotions vous accaparer. S’abstenir de juger les autres conducteurs. À moins qu’un autre conducteur vous mette dans un danger imminent, pourquoi dépenser de l’effort mental à condamner les aptitudes au volant des autres? Cela importe peu si quelqu’un oublie de signaler avant de faire son virage ou ralentit pour mieux lire une indication sur la route. Accordez-lui le bénéfice du doute; le conducteur ne manque pas nécessairement de considération pour les autres, il est peut-être momentanément distrait. Se rappeler que, souvent, le geste n’a rien de personnel. Les personnes susceptibles de piquer une crise de rage au volant sont souvent portées à voir des menaces pour leur estime de soi. Elles peuvent considérer la mauvaise conduite automobile chez quelqu’un d’autre comme un manque de respect ou une insulte personnelle. Rechercher un traitement. En prenant des mesures proactives pour maîtriser votre colère et votre frustration, vous pourriez éviter nombre de situations fâcheuses ou regrettables, notamment l’obligation de suivre des cours de gestion de la colère sur ordre d’un tribunal, la suspension du permis de conduire, du temps en prison ou, pire, des blessures pour vous-même ou d’autres personnes. Les ateliers sur la relaxation et les habiletés d’adaptation ont aidé certains à mieux gérer leur colère et leurs impulsions. Donner un bon exemple aux enfants. Si vous avez des enfants dans la voiture, considérez votre façon d’agir comme un exemple possible du comportement à adopter au volant. Cela comprend donc toutes vos réactions négatives aux autres conducteurs ainsi que tous vos gestes et commentaires. Ne préféreriez-vous pas inspirer de futurs conducteurs alertes mais calmes, plutôt que des chauffards furieux qui s’expriment par le doigt d’honneur?

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