La période qui suit immédiatement la naissance d'un bébé est une période de transition importante pour la mère et l'enfant. Le corps de la mère subit une série de changements physiques et hormonaux alors qu'il se remet de la grossesse et de l'accouchement. Le nouveau-né s'adapte à la vie extra-utérine. Cet article aborde en détail les aspects physiologiques et pratiques des 11 jours suivant la naissance, en s'appuyant sur des informations médicales et des témoignages.
Le séjour à la maternité : une période cruciale
Le séjour à la maternité, d'une durée généralement comprise entre 48 heures et 4 jours, est une période cruciale pour la jeune maman. C’est un moment où le corps se remet doucement de l’accouchement, et où de nombreux symptômes peuvent apparaître.
Les changements hormonaux et émotionnels
L'un des premiers changements notables est la chute d'hormones après l'accouchement. Après l’euphorie provoquée par les endorphines (hormones du bonheur juste après l’accouchement) vient le fameux bouleversement hormonal (chute des œstrogènes dont est imbibée la future mère) et son flot d’émotions qui l’accompagne : passage du rire aux larmes, fatigue, fragilité et même parfois mal-être. Il est très fréquent (mais pas systématique) de se sentir fatiguée voire un peu déprimée après un accouchement. Le bouleversement hormonal y est pour quelque chose mais n’oublions pas que l’arrivée d’un bébé, aussi merveilleuse soit-elle, est aussi un grand changement dans une vie et parfois une prise de conscience soudaine nous submerge. Rassurez-vous, cet état ne dure normalement que quelques jours.
Les symptômes physiques courants
Plusieurs symptômes physiques sont fréquents après l'accouchement :
- La perte de cheveux : Pendant la grossesse vous aviez probablement de très beaux cheveux, c’est parce que vous n’en perdiez quasiment plus grâce aux œstrogènes qui stimulaient votre organisme et prolongeaient ainsi la vie de vos cheveux. Quelques jours après l’accouchement (voir quelques semaines ou mois si vous allaitez) vous allez sûrement en perdre un peu, voire beaucoup pour certaines ! Pas d’inquiétude, c’est très fréquent et cela est un des symptômes du bouleversement hormonal que vous êtes en train de vivre.
- La fatigue : Il est possible que pendant l’accouchement vous ayez perdu une quantité de sang plus importante que la moyenne. Cela peut avoir certaines conséquences comme une plus grande fatigue. Vous pouvez vous sentir essoufflée, avoir des vertiges quand vous vous mettez debout ou avoir plus froid que d’habitude. On pourra réaliser une prise de sang durant votre séjour pour savoir s’il faut mettre en place un traitement médical soit avec du fer à prendre par voie orale, soit en perfusion ou encore une transfusion (on vous perfuse avec une poche de sang).
- Les douleurs aux seins : Après l’accouchement, différentes douleurs plus ou moins importantes selon les femmes peuvent être ressenties au niveau des seins. Dans les jours ou semaines qui suivront l’accouchement (si vous n’allaitez pas au sein), vos seins vont peut-être vous sembler moins toniques qu’avant. Certaines femmes trouveront que leur poitrine a diminué ou que leurs seins sont tout mous. Il est aussi possible que les mamelons grossissent, brunissent ou soient plus proéminents après un allaitement maternel. C’est normal, ces phénomènes sont liés à l’imprégnation hormonale.
- Les vergetures : Les vergetures apparaissent de manière très inégale chez les femmes. Ces petites cicatrices sont d’abord violettes puis blanchissent avec le temps. Elles sont très visibles pendant la grossesse et vont diminuer de plus en plus lorsque la peau reprendra sa tension initiale (ou à peu près initiale !). Sachez que les vergetures peuvent apparaître aussi après l’accouchement.
- Le diastasis : Pendant la grossesse, le « grand droit », un muscle situé à l’avant de l’abdomen est étiré et distendu puis s’écarte pour laisser l’utérus grandir (pendant la grossesse votre utérus passe de la taille d’une figue à une grosse pastèque). On remarque alors au niveau du ventre deux saillies verticales séparées par un creux lorsque le ventre est contracté. Dans les jours qui suivent l’accouchement cet écartement peut être d’une largeur de deux doigts. Pour réduire le diastasis, il faut renforcer les muscles profonds.
- La descente d’organes : Plusieurs facteurs peuvent favoriser une descente plus ou moins importante des organes pelviens. La grossesse et l’accouchement par voie basse avec ses poussées provoquées sur les organes peuvent en faire partie.
- Les soins de la peau : Après l’accouchement, la carence hormonale a tendance à ternir le teint et la peau à s’assécher.
- Les déchirures : Près de 30 à 60% des femmes ont une déchirure de la peau (muqueuse), du vagin ou parfois du muscle lors de l’accouchement.
- Les douleurs aux épaules : Vous pouvez avoir mal aux épaules car une poche d’air peut rester dans votre abdomen et faire pression au niveau du diaphragme ou passe un nerf qui traverse l’épaule.
- Les difficultés à la selle : Malgré d’éventuelles déchirures (épisiotomie, césarienne…) vous pouvez aller à la selle même s’il n’est pas rare de ne pas y aller les 48 premières heures.
- Les hémorroïdes : Les hémorroïdes (petits vaisseaux qui se dilatent sous l’effort de la poussée soit lors de l’accouchement soit lors d’un passage aux toilettes) peuvent aussi être responsables de douleurs et de saignements. Environ 20% des femmes en souffrent mais ce n’est qu’un mauvais moment à passer.
La mobilisation précoce et la rééducation
On recommande de plus en plus une mobilisation précoce dès le premier jour après l’accouchement. Cela permet de reprendre conscience de cette zone qui a été fortement étirée lors du passage du bébé. L’exercice de contraction/décontraction est alors recommandé.
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L'alimentation du bébé
Après votre accouchement, vous devez à présent vous adapter au nouveau rythme de votre bébé. Afin d’assurer des nuits entrecoupées par les réveils et tétées de votre bébé, reposez-vous le plus possible la journée.2h d’éveil extraordinaire suivent immédiatement la naissance. : c’est le moment idéal pour la première tétée ! Ensuite, bébé s’endort souvent pour « récupérer » et reste peu actif pendant 24 à 48h: dort davantage (et vous laisse récupérer aussi ! Profitez-en !).La deuxième nuit à la maternité, souvent appelée « nuit de java », vous promet une courte nuit. En effet, votre bébé réalise que son environnement a changé et il a besoin d’être rassuré. Il est courant que votre bébé ait un grand besoin de contact et soit éveillé… toute la nuit ! Le peau-à-peau peut vous aider à l’apaiser.Pensez à demander la présence de votre accompagnant pour vous aider pendant cette nuit.Pendant 3 à 4 jours, bébé perd du poids de façon tout à fait normale. Il a maintenant fini sa récupération, et entre dans une phase où il est éveillé en fin de journée et la nuit. Il dort bien le matin et en début d’après-midi. Il se peut que le jour de la naissance, votre bébé ne réclame pas beaucoup le sein.A partir du 2e jour, la plupart des bébés s’éveilleront en général, entre 8 à 12 fois par 24h pour téter. Les cycles d’éveil sont presque similaires aux repas.Votre bébé ne tétera pas régulièrement les premiers temps. Certains moments de la journée comme le soir, peuvent être propices à des tétées plus régulières qu’en journée.Avant la montée de lait, le colostrum est produit en petite quantité mais il est suffisamment riche pour répondre aux besoins de votre bébé.A la naissance, la taille de l’estomac de votre bébé est de 5 à 7 ml soit la taille d’une noix. En 3 jours, son estomac s’agrandit jusqu’à 36-45 ml.Une bonne position de la maman et une bonne prise au sein facilitent l’allaitement et éviteront les petits désagréments. Pour se mettre en place, l’allaitement maternel peut demander un peu de temps (15 jours à 1 mois).Pendant cette période, vous pourrez vous poser des questions ou rencontrer des difficultés. Durant les premiers jours de vie de votre bébé, un suivi régulier de ses selles et de ses urines est recommandé afin de s’assurer d’une bonne alimentation, d’un bon transit et d’une bonne santé globale.Les 2/3 premiers jours, votre bébé évacue son méconium. Une matière accumulée dans son intestin durant toute votre grossesse. Ses selles s’éclairciront au fur et à mesure des jours. Votre bébé va perdre du poids les premiers jours, ceci est tout à fait normal. Il récupérera son poids de naissance à environ 15 jours de vie en moyenne.Vous réaliserez les soins et la toilette de votre bébé, guidée par les auxiliaires de puériculture. Vers le 3ème jour, une prise de sang est effectuée à la main de votre bébé pour dépister des maladies rares d’origines génétiques : c’est le test de Guthrie. Nous vous donnerons un fascicule explicatif lors de votre séjour.Le jour de votre sortie ou la veille, un examen de votre enfant sera réalisé par un pédiatre. Plus bébé est petit, plus son « langage » est constitué de petites choses. Par exemple, des petits mouvements d’ouverture de bouche, de succion des lèvres, peuvent indiquer qu’il est temps pour lui d’aller téter ! Les premiers jours, vous accueillez votre bébé dans le monde. Les échanges de regards avec lui, dès la naissance, pour vous comme pour lui, nourrissent votre relation. Soyez attentifs, bébé est très sensible et sa capacité à entrer en lien avec vous, est déjà grande. La présence du conjoint ou autre personne de confiance est possible 24h/24, uniquement si vous êtes en chambre individuelle. L’équipe vous conseille de limiter les visites. Il n’est pas possible aux enfants qui ne sont pas les frères et sœurs de venir à la maternité.
Les pleurs du bébé
Il y a des bébés qui pleurent plus que d’autres. Sachez que votre bébé est sensible aux émotions de ses parents et en particulier les vôtres. Il ressent le stress de sa maman et comme il ne peut s’exprimer il essaiera probablement de communiquer avec vous par le pleur qui est son seul moyen de communication.
L'importance du repos et des visites
Un bébé qui passe de bras en bras tout l’après-midi lors des visites sera beaucoup moins paisible le soir venu. Pensez à vous et à votre bébé. Évitez les visites au moins le premier jour de l’accouchement. Si vous êtes fatiguée, n’ayez pas peur de le dire clairement à vos visiteurs.
Le congé de paternité et d'accueil de l'enfant en cas d'hospitalisation
En cas d'hospitalisation immédiate de l'enfant après la naissance dans une unité de soins spécialisés, le père de l'enfant a droit à un congé spécifique. Le père doit être salarié. Si la mère de l'enfant vit en couple avec une personne salariée qui n'est pas le père de l'enfant, cette personne peut également bénéficier de ce congé. Le congé spécifique de paternité en cas d'hospitalisation de l'enfant peut être pris en plus du congé de paternité et d'accueil de la naissance de l'enfant. Le congé est ouvert sans condition d'ancienneté, et quel que soit le type de contrat du travail (CDI, CDD ou contrat temporaire).
Démarches auprès de l'employeur
Le salarié bénéficiant du congé informe son employeur sans délai en transmettant un document justifiant de l'hospitalisation de l'enfant. L'employeur ne peut pas s'opposer à la demande du salarié. Sauf dispositions conventionnelles plus contraignantes, le salarié peut prévenir son employeur par écrit ou par oral. Il lui précise les dates de début et de fin du congé qu'il souhaite prendre. Il est préférable, pour des raisons de preuve en cas de litige, de lui adresser une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) ou une lettre remise en main propre contre décharge.
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Démarches auprès de la CPAM
Le demandeur adresse à sa CPAM un document justifiant de l'hospitalisation immédiate de l'enfant après sa naissance dans une unité de soins spécialisés.
Durée du congé
Depuis le 1er juillet 2021, en cas d'hospitalisation immédiate de l'enfant après sa naissance, le salarié a droit à un congé d'une durée maximale de 30 jours calendaires consécutifs, pendant toute la période d'hospitalisation. Ce congé s'ajoute à la durée du congé de paternité et d'accueil. Le congé prend fin à la sortie de l'hospitalisation de l'enfant.
Exemple : Un salarié bénéficie de 25 jours de congé à l'occasion de la naissance de son enfant. Ce dernier est hospitalisé dans une unité de soins spécialisés. Le salarié a droit alors à 55 jours de congé.
Avant le 1er juillet 2021, l'exemple était le suivant : un salarié bénéficie de 11 jours de congé à l'occasion de la naissance de son enfant. Ce dernier est hospitalisé dans une unité de soins spécialisés. Le salarié pouvait bénéficier de 41 jours de congé.
Conditions d'indemnisation
Pour être indemnisé, le bénéficiaire du congé doit remplir certaines conditions :
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- Posséder un numéro de sécurité sociale depuis au moins 10 mois à la date du début du congé
- Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant le début du congé (ou avoir cotisé sur un salaire au moins équivalent à 11 824,75 € au cours des 6 derniers mois précédant le début du congé)
- Cesser toute activité salariée, même en cas de travail pour plusieurs employeurs (en cas de demande de congé chez un employeur et de poursuite de l'activité chez l'autre, la CPAM peut réclamer le remboursement de la somme versée)
Pour une activité saisonnière ou discontinue, les conditions sont les suivantes :
- Posséder un numéro de sécurité sociale depuis au moins 10 mois à la date du début du congé
- Avoir travaillé au moins 600 heures (ou avoir cotisé sur un salaire au moins équivalent à 23 649,50 €) au cours des 12 derniers mois précédant le début du congé
- Cesser toute activité salariée, même en cas de travail pour plusieurs employeurs (en cas de demande de congé chez un employeur et de poursuite de l'activité chez l'autre, la CPAM peut réclamer le remboursement de la somme versée)
Montant des indemnités journalières
La CPAM verse des indemnités journalières (IJ) dont le montant est fixé selon les étapes de calcul suivantes :
- Calcul du salaire journalier de base : somme des 3 derniers salaires bruts perçus avant la date d'interruption du travail, divisé par un coefficient de 91,25.
- Montant maximal du salaire journalier de base : Le salaire pris en compte ne peut pas dépasser le plafond mensuel de la sécurité sociale en vigueur lors du dernier jour du mois qui précède l'arrêt (soit 3 925 € par mois en 2025 ou 3 864 € en 2024).
- Taux forfaitaire appliqué par la CPAM : la CPAM retire à ce salaire journalier de base un taux forfaitaire de 21 %.
- Montant minimal et montant maximal des IJ : le montant ne peut pas être inférieur à 11,02 € ni supérieur à 101,94 € par jour.
Des dispositions conventionnelles peuvent prévoir des conditions d'indemnisation plus favorables que celles de la Sécurité sociale, pouvant aller jusqu'au maintien intégral du salaire.
Versement des indemnités et conséquences sur le contrat de travail
Les indemnités journalières sont versées tous les 14 jours. Le congé entraîne la suspension du contrat de travail. Le bénéficiaire du congé peut démissionner pendant le congé. À la fin du congé, le salarié retrouve son précédent emploi (ou un emploi similaire assorti d'une rémunération au moins équivalente). Pendant le congé, le salarié ne peut pas être licencié. Toutefois, l'employeur peut rompre le contrat s'il justifie d'une faute grave du salarié ou en cas d'impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger au congé de paternité et d'accueil de l'enfant.
L'importance du soutien et de l'information
Il est essentiel de s'entourer de professionnels de santé compétents et de sources d'information fiables pour traverser cette période post-natale en toute sérénité. N'hésitez pas à poser des questions et à exprimer vos inquiétudes.
Le retour de couches
Le retour de couches, ce sont tout simplement les premières règles après l’accouchement. Un événement qui surviendra plus ou moins tard selon que l’on allaite notre bébé ou pas.
Si on n’allaite pas, le retour de couches survient en moyenne six à huit semaines après l’accouchement. Si on nourrit bébé au sein, le retour de couches sera plus tardif. En effet, la prolactine, l’hormone stimulée par la tétée, retarde l’ovulation.
Témoignages
- Le témoignage de Nessy : « J’ai accouché le 24 mai et je n’ai jamais eu de retour de couches, pourtant je n’ai pas allaité. Après plusieurs visites chez le gynécologue, aucune explication n’a pu être donnée. Le 12 février, miracle, mes règles réapparaissent ! Elles durent quelques jours et ne sont pas abondantes, très légères même. Je prends rendez-vous avec mon médecin traitant pour la prescription de la pilule. Une prise de sang est prévue pour écarter toute grossesse. Résultat négatif. Je continue à attendre mes règles pour reprendre la pilule. Mais toujours rien ! Après neuf jours de retard de règles, je refais une prise de sang qui s’avère positive ! La grossesse est confirmée par mon gynécologue. Depuis la naissance de mon enfant, j’étais complètement déréglée. Mon premier cycle s’est produit neuf mois après l’accouchement, et à la date où j’aurais dû avoir mon deuxième cycle, j’ai ovulé.
- Le témoignage d’Audrey : « J’ai eu, à chaque fois, mon retour de couches six semaines après l’accouchement. Pour mon deuxième, j’étais sous pilule dès le retour de la maternité. Depuis que j’ai eu mon premier bébé, je n’ai plus du tout de cycles réguliers, c’est du grand n’importe quoi ! Certains cycles peuvent durer jusqu’à quatre mois, voire plus… Ce qui a provoqué des difficultés pour concevoir mes deux derniers enfants.
- Le témoignage de Lucie : « J’ai eu mon retour de couches au bout de neuf mois, lorsque l’allaitement prenait tout doucement fin. En revanche, j’ai recommencé la contraception dès la reprise des rapports. Nous avons utilisé des préservatifs le temps d’avoir mon stérilet. Je n’ai pas été marquée par l’abondance de ces premières règles, mais comme on m’avait dit que c’était « les chutes du Niagara », j’étais peut-être préparée psychologiquement. Le cycle suivant a été plus long que la normale, plus de quarante jours.
- Le témoignage d’Anna : « Personnellement, mon retour de couches a été très pénible. J’ai accouché le 25 mars, et dès la sortie de la maternité, le médecin m’a prescrit la pilule Microval car j’allaitais. Au bout de trois semaines, j’ai eu mon retour de couches. Mes règles ont été abondantes pendant deux semaines. Je me suis inquiétée et je suis allée faire des examens à l’hôpital. Manque de chance, j’avais une infection vaginale. J’ai ensuite changé de mode de contraception.
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