La leucospermie, ou présence excessive de leucocytes dans le sperme, est un sujet important dans le domaine de la fertilité masculine. Cet article, rédigé avec l'expertise de professionnels tels que le Dr. María Arqué (directrice médicale de fertty international), Sara Salgado (embryologiste) et Isabelle Gutton (invitra staff), se penche sur les causes, le diagnostic et les traitements de cette condition.
Spermogramme: Analyse de la quantité de leucocytes
Le spermogramme est un examen essentiel pour évaluer la qualité du sperme, y compris la présence et la quantité de leucocytes. Ces cellules, également appelées globules blancs, sont normalement présentes en faible quantité dans le liquide séminal. Cependant, un nombre élevé peut indiquer une infection ou une inflammation.
Les leucocytes se distinguent des spermatozoïdes par leur forme arrondie. La quantité de leucocytes est calculée par millilitre de sperme. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la valeur de référence est d'1 million de leucocytes par ml. Une valeur supérieure à ce seuil est considérée comme une leucospermie.
La présence de leucocytes dans le sperme peut être responsable d’une stérilité temporaire. Un traitement peut alors être nécessaire pour éviter que la stérilité ne devienne permanente.
Il existe un lien entre l’augmentation de DRO et la présence de leucocytes dans le sperme, bien que cette association ne soit pas absolue.
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Causes de la leucospermie
Les causes principales de la leucospermie sont les infections ou inflammations des voies urinaires et surtout la prostatite.
Ces infections ne provoquent aucun symptôme et sont détectées uniquement par un spermogramme quand commencent les traitements de fertilité ou en se soumettant aux examens pour être donneur de sperme.
D'autres facteurs peuvent également influencer le nombre de leucocytes dans le sperme. L'abstinence sexuelle prolongée peut entraîner une augmentation, car plus les spermatozoïdes restent longtemps dans l'épididyme, plus ils attirent de macrophages et de granulocytes. En ce qui concerne la vasectomie, les hommes qui ont subi cette opération manifestent une présence de leucocytes moindre en comparaison des hommes qui n'ont pas subi de vasectomie.
Origines de l'infection des voies spermatiques
L’inflammation du tractus génital suppose de 4 à 10% des cas de stérilité masculine.
L’inflammation provoque l’infiltration de leucocytes dans le liquide séminal, diminue la motilité des spermatozoïdes, entraîne une réaction acrosomique et, en définitive, diminue la capacité fécondante du sperme.
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Environ 50% des leucocytes qui s’infiltrent dans le liquide séminal proviennent de la prostate et des vésicules séminales en cas de prostatite (infection de la prostate) ou d’inflammation des vésicules séminales. C’est pour cela que les infections de ces glandes donnent lieu à l’augmentation de leucocytes inflammatoires dans l’éjaculat.
Les micro-organismes responsables des inflammations les plus fréquentes dans ces cas sont :
- Escherichia coli
- Klebsiella pneumoniae
- Proteus mirabilis
- Pseudomonas aeruginosa
- Staphylococcus aureus
- Mycoplasma hominis
- Enterococcus faecalis
- Morganella morganii
Les inflammations peuvent aussi être dues à des maladies sexuellement transmissibles (MST) comme la chlamydiose.
Les bactéries et autres germes peuvent se développer dans n’importe quel organe des voies séminales, pouvant alors être responsables de l’inflammation des gonades, des spermiductes et des glandes accessoires.
Lorsque les testicules sont touchés, il s’agit d’une orchite. Lorsque l’infection atteint l’épididyme, il s’agit d’épididymite et d’orchiépididymite lorsque testicules et épididymes sont touchés en même temps.
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Spermoculture
En présence de valeurs supérieures à 1 million de leucocytes/ml, il est recommandé de réaliser une étude bactériologique grâce à une spermoculture ou culture de sperme.
Cet examen est également indiqué au cas où apparaîtraient des symptômes tels que douleur ou inflammation des testicules, présence de sang dans le sperme (hémospermie ou hématospermie) ou tout changement de couleur et d’odeur du sperme.
Les valeurs attendues suite à une spermoculture sont idéalement nulles, car le sperme ne devrait jamais contenir de bactéries, mycoses ou autre micro-organismes infectieux.
Pour rechercher une infection dans le sperme, différents milieux de culture peuvent être employés :
- Agar Sang
- Agar Chocolat
- Agar EMB (éosine bleu de méthylène)
Les échantillons sont incubés à la température adéquate à chaque milieu et, par la suite, on observe si la spermoculture est positive, c’est-à-dire, si elle présente un micro-organisme.
En cas de résultat positif, on effectue une observation et un dénombrement des colonies bactériennes. La couleur de la colonie est un indicatif du micro-organisme qui la forme.
Il est également possible de réaliser des colorations et des observations au microscope afin d’identifier le micro-organisme responsable de l’infection.
Traitement de la leucospermie
S’il détecte la présence d’un micro-organisme, le spécialiste prescrira un traitement pour éradiquer l’infection, généralement à base d’antibiotiques.
Les antibiotiques utilisés vont dépendre de la sensibilité du pathogène identifié par la culture.
Après la fin du traitement, il sera indiqué de répéter le spermogramme y de recommencer le dénombrement des leucocytes.
Si le traitement antibiotique a été efficace, le nombre de leucocytes dans le sperme aura diminué. Pour cette raison, le reste des paramètres et, par conséquent, la qualité du sperme, s’améliorent.
Au cas où les antibiotiques prescrits ne permettent pas de remédier à l’infection, une intervention chirurgicale pourra être nécessaire pour tenter de réparer les dommages et éviter une infertilité permanente. Il s’agit seulement de cas ponctuels d’infections graves.
Questions fréquentes
La FIV est-elle possible en cas de leucocytospermie ?
Les leucocytes ou les pyrocytes sont généralement rares dans le liquide séminal, voire absents. Cependant, si ces cellules sont nombreuses, cela peut indiquer qu'il y a une infection. Cette forte présence de leucocytes est connue sous le nom de leucospermie, leucocytospermie ou pyospermie.
Il est courant d'en observer certains dans les échantillons de sperme lors des séminogrammes. Cependant, lorsqu'ils sont en concentration anormalement élevée (plus d'un million de leucocytes par ml selon la définition de l'OMS), cela peut compromettre la fertilité masculine car cela augmente le stress oxydatif et entraîne une détérioration de la qualité du sperme, car cela peut affecter la concentration des spermatozoïdes. La présence de leucocytes dans les spermatozoïdes peut entraîner une stérilité temporaire.
C'est pourquoi, dans les cas où une leucospermie est détectée, un traitement spécifique est nécessaire pour résoudre cette stérilité et éviter qu'elle n'ait un impact négatif sur le résultat de la fécondation in vitro ou qu'elle ne devienne permanente.
Si j’ai une leucocytospermie, quel traitement dois-je suivre ?
Il faut commencer par identifier l'origine de la leucospermie. S’il s’agit d’une infection, observée par une simple culture de sperme, d'urine et d'antibiogramme, un traitement antibiotique sera prescrit au patient et si l’origine est inflammatoire, la pathologie sera traitée avec des anti-inflammatoires.
L'abstinence sexuelle peut-elle être la raison du nombre élevé de leucocytes dans le sperme ?
Des études ont montré que l’abstinence sexuelle peut jouer un rôle dans l'augmentation du nombre de leucocytes, car plus les spermatozoïdes restent longtemps dans l’épididyme, plus de macrophages et de granulocytes seront attirés par les spermatozoïdes vieillis, ce qui peut augmenter la présence de leucocytes dans l’éjaculat.
S'il y a du sang dans le sperme, est-ce un signe d'infection ?
La présence de sang dans le liquide séminal est souvent la conséquence de la rupture d’un petit vaisseau sanguin au passage du sperme, en général à cause d’une infection urinaire ou d’un traumatisme.
Quel est le prix d'une spermoculture ?
Le prix d’une spermoculture dépend du centre qui la pratique. Il faut compter en moyenne de 25 à 40 euros. Comme elle se fait sur ordonnance, elle est le plus souvent prise en charge par la Sécurité sociale.
La spermoculture peut-elle révéler la présence d'un streptocoque ?
Effectivement. Une culture de sperme inclut en principe la recherche systématique de streptocoques et staphylocoques, Neisseria gonorrhoeae, corynébactéries, Haemophilus, entérobactéries, Pseudomonas et espèces apparentées, Gardnerella vaginalis, bactéries anaérobies et mycoplasmes. Dans la majorité des cas, il est possible d'inverser la situation en prenant des antibiotiques. Le type de traitement antibiotique administré va dépendre de l'agent pathogène qui cause l'infection.
Dans les cas où il n'y a aucune infection, et simplement une inflammation, soigner les leucocytes dans le sperme avec des anti-inflammatoires est suffisant.
Oligospermie
L’oligospermie correspond à une situation avec une concentration anormalement faible en spermatozoïdes dans le sperme de l’homme. Pour le patient, l’oligospermie peut entraîner des difficultés, voire même une impossibilité, à procréer de manière naturelle. On parle d’oligospermie lorsque que la concentration en spermatozoïdes dans l’éjaculat est inférieure à 15 millions par millilitre (valeur définie par l’OMS). L’oligospermie peut être légère, modérée ou sévère, selon le nombre de spermatozoïdes détectés. Les causes de la maladie sont variables et nombreuses.
Spécialistes de l’oligospermie
L’andrologue est le spécialiste de l’appareil génital masculin. C’est donc lui qui prend en charge toutes les maladies liées à l’infertilité masculine et en particulier l’oligospermie. En cas de décision d’une assistance médicale à la procréation, un(e) gynécologue spécialisé(e) en fertilité et un(e) biologiste seront des acteurs complémentaires de la prise en charge.
Symptômes de l’oligospermie
L'oligospermie ne se manifeste par aucun symptôme, si ce n’est la difficulté que peut avoir un homme de procréer. Le diagnostic de l’oligospermie est posé après la réalisation d’un spermogramme. Le spermogramme permet d’évaluer également la mobilité, la vitalité et la morphologie des spermatozoïdes. Devant une oligospermie, le médecin préconisera de corriger les facteurs potentiellement en cause (hygiène de vie, arrêt du tabac, exposition à la chaleur, etc.) et de contrôler le spermogramme 3 mois plus tard. En effet, une oligospermie peut être ponctuelle et non retrouvée lors d' un examen ultérieur. En cas de persistance, des explorations complémentaires seront nécessaires (examens génétiques, échographie testiculaire et des voies uro-génitales et bilan hormonal). En cas de varicocèle (ou varice des testicules), un traitement chirurgical ou par radiologie interventionnelle pourra se discuter. En cas de dérèglement hormonal, un équilibre médical sera réalisé. Le contrôle après tout traitement (médical ou chirurgical) se fera toujours au plus tôt 3 mois après du fait de la durée de la spermatogenèse (environ 75 jours).
Pour les formes d’oligospermie sévère et/ou non réversible après un traitement complémentaire médical ou chirurgical, le médecin conseillera probablement de se tourner vers la procréation médicalement assistée. Plusieurs procédés existent. Le choix se fait en fonction du degré de sévérité de la pathologie.
La fécondation in vitro (FIV) permet de recréer en laboratoire, la fécondation qui se fait normalement dans les voies génitales de la femme (trompes). On prélève des ovocytes sur les ovaires de la femme préalablement stimulés, pour les mettre en contact avec des spermatozoïdes prélevés chez l’homme. La fécondation se fait au laboratoire et l’embryon obtenu est replacé dans l’utérus de la femme.
La fécondation in vitro avec ICSI (injection spermatique) fonctionne sur le même principe, mais cette fois le biologiste sélectionne soigneusement un spermatozoïde, choisi sur ses caractéristiques morphologiques et de mobilité, et l’introduit directement dans l’ovocyte de la femme. Cela suppose une préparation préalable des ovocytes.
Autres facteurs affectant la fertilité masculine
Oligo-asthéno-tératospermies (OATS)
L’oligo-asthéno-tératospermies (OATS) correspond à près de 90 % des cas. Il faut notamment rechercher une varicocèle, des antécédents d’infection, de cryptorchidie, consommation de tabac/cannabis/alcool, exposition à des toxiques mais également une possible cause génétique.
Azoospermie sécrétoire périphérique
Volumes testiculaires abaissés (parfois normaux) et FSH élevée (parfois normale), origine testiculaire, nécessité d’un caryotype (syndrome de Klinefelter) et d’une recherche des microdélétions du chromosome Y : 1520 % des azoospermies sécrétoires sont d’origine génétique.
Influence du tabagisme et des médicaments
Consommation tabagique : nombre de cigarettes par jour ou équivalent, nombre de paquets-année (PA), consommation régulière ou occasionnelle.
Doit être pris en considération tout traitement pouvant avoir potentiellement un impact direct ou indirect sur la spermatogenèse ou perturber l’axe gonadotrope ou interférer avec les réactions sexuelles. De nombreux médicaments du système nerveux central (les IMAO, les imipraniques, les ISRS, le lithium, les neuroleptiques et apparentés, les anticonvulsifs) peuvent être responsables de troubles sexuels (baisse de la libido, perte de l’éjaculation) et certains de perturbations de la spermatogenèse (oligo-asthéno-térato-zoospermie), ou des deux à la fois. Radiothérapie : il existe un effet-dose.
Examen physique
La présence et la consistance des déférents et épididymes (recherche des signes obstructifs de la voie génitale). la recherche d’une varicocèle clinique réalisée en position debout, et en manoeuvre de Valsalva. le toucher rectal n’est pas systématique.
Spermogramme : Analyse approfondie
La réalisation d’un spermogramme est systématique chez tout homme ayant un questionnement vis-à-vis de sa fertilité. Le recueil par masturbation a lieu au laboratoire (et non au domicile), après 2 à 5 jours d’abstinence sexuelle. Le délai d’abstinence doit être fourni sur le rendu d’examen, et à défaut, précisé par le praticien. des paramètres cellulaires : la concentration et la numération totale des spermatozoïdes dans l’éjaculat, la mobilité, la vitalité et la morphologie des spermatozoïdes. Les méthodes d’analyse du sperme ont été réactualisées dans la 5e édition du manuel de laboratoire pour l’examen du sperme humain de l’organisation mondiale pour la santé (OMS 2010). diminution du volume éjaculé ? diminution du nombre de spermatozoïdes ? diminution de la mobilité ? diminution du pourcentage de spermatozoïdes vivants ? altération de la morphologie ? La morphologie des spermatozoïdes est étudiée sur le spermatocytogramme. Concernant l’étude de la morphologie des spermatozoïdes, deux classifications sont utilisées. La classification de David modifiée demeure la plus utilisée en France. La classification de David modifiée permet d’évaluer la présence ou non d’anomalies au niveau de la tête, de la pièce intermédiaire et du flagelle du spermatozoïde, les anomalies retrouvées pouvant refléter un possible défaut ultrastructural susceptible d’avoir un retentissement fonctionnel.
Autres examens complémentaires
Elle ne doit en aucun cas se substituer à l’examen clinique. La pratique de l’échographie scrotale est fortement recommandée (voire systématique) chez l’homme infertile en raison du lien étroit entre infertilité masculine et cancer du testicule. Elle doit être systématique en cas de facteurs de risque de cancer testiculaire (cryptorchidie, antécédents de cancer du testicule, testicule atrophique). L’échographie scrotale permet également de préciser le volume de chaque testicule (hypotrophie < 15 ml). L’échographie scrotale permet l’exploration épididymo-déférentielle à la recherche d’une pathologie obstructive. Le Doppler veineux scrotal permet de compléter le bilan d’une varicocèle clinique (taille, durée du reflux en manoeuvre de Valsalva).
L’évaluation minimale de l’homme infertile comporte un dosage sérique de la FSH (exploration du testicule exocrine) et de la testostérone totale (exploration du testicule endocrine). Une élévation de la FSH témoigne d’une altération de la spermatogenèse, mais inversement le fait que la FSH soit dans les limites de la normale n’exclut pas une altération de la spermatogenèse. L’inhibine peut être prescrit en complément de la FSH. En cas d’anomalie du dosage de la testostérone totale, il est conseillé de redoser la testostérone totale et la SHBG (ou la testostérone biodisponible).
Le test post-coïtal est un examen microscopique du mucus cervical réalisé juste avant la date prévue d’ovulation, quelques heures après un rapport sexuel pour identifier la présence de spermatozoïdes mobiles dans la glaire. Ce test calcule le nombre de spermatozoïdes ayant une aptitude migratoire et une survie normales dans la glaire. Il s’agit d’un examen d’orientation fondamental dans l’algorithme décisionnel en AMP (JO du 23 mai 2008). Ce test permet d’évaluer la quantité de spermatozoïdes mobiles fécondants d’un éjaculat en les sélectionnant par gradient de densité (ou par migration ascendante).
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