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YouTube et l'Histoire des Berceuses : Un Voyage Musical et Culturel

Les berceuses, ces mélodies douces et apaisantes, font partie intégrante de l'enfance et du patrimoine culturel mondial. Elles transcendent les frontières linguistiques et culturelles, offrant réconfort, sécurité et un lien intime entre le parent et l'enfant. L'ère numérique, avec des plateformes comme YouTube, a permis de redécouvrir et de partager ces trésors musicaux, tout en explorant leur histoire et leur signification profonde.

Les Berceuses : Un Patrimoine Universel

Il est presque inné chez les adultes de fredonner des chansons et comptines aux tout-petits : pour un moment câlin, un moment fou rire, avant de dormir, dans le bain… Les comptines et chansons pour enfants font parties intégrantes de notre patrimoine.

Dès leur plus jeune âge, les enfants sont sensibles aux rythmes et à la mélodie des langues parlées autour d’eux. Entendre plusieurs fois une comptine qui possède très souvent un refrain « ritournelle » et des mots qui riment favorise la mémorisation. C’est un exercice qui stimule l’attention et la concentration, auquel s’associe très fréquemment des apprentissages au niveau de la motricité globale ou fine. Les plus petits aiment les chansons et les comptines à gestes : meunier, tu dors reste dans le hit-parade depuis des années !

En France, la comptine pour enfant la plus populaire reste sans doute « Une souris verte », transmise de génération en génération. Facile à mémoriser, rythmée et amusante, elle séduit les tout-petits tout en stimulant leur langage et leur mémoire. D’autres comptines comme « Au clair de la lune », « Frère Jacques » ou « Dansons la capucine » figurent également parmi les incontournables du répertoire français.

L'Impact des Berceuses sur le Développement de l'Enfant

Les premières comptines que le bébé entend sont les berceuses. Pendant la grossesse, il y a le bercement vécu dans le ventre maternel, les battements du cœur, qui fait vivre une expérience sensorielle enveloppante et « porteuse ». Le fœtus a une capacité d’entendre les sons, et d’apprécier la voix humaine surtout celle de ses parents. À sa naissance, le bébé est capable de reconnaître certaines mélodies qu’il entendait dans le ventre de maman. La musicalité à travers ces formules enfantines chantées, parfois parlées offre de la détente, du plaisir, et surtout un moment privilégié avec une voix familière et rassurante. Les chansons et comptines permettent de développer la sensorialité et d’accéder à une « culture » la sienne et d’autres, aisément.

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Comme les activités de jeu, les chansons et comptines, sont régulièrement proposées en structures d’accueil petite enfance. Avant de démarrer les activités du matin, avant le temps du repas ou encore le soir à la maison avant de dormir, la comptine revient souvent à des moments précis de la journée.

Le tout petit reconnait les phonèmes et les « emmagasinent ». L’araignée Gypsie, Petit escargot, La famille tortue, Bateau sur l’eau, Jean petit qui danse… N’hésitons pas, voix de crécelle ou voix d’opéra : Chantons !

YouTube : Une Vitrine Moderne pour les Berceuses

Les Titounis sont une série de vidéos et chansons pour enfants très populaires sur YouTube, créées par la chaîne Comptines et chansons. Destinés aux tout-petits, ces contenus mettent en scène de joyeux personnages colorés qui interprètent des comptines traditionnelles, des chansons éducatives et des histoires animées. Les Titounis permettent aux enfants de développer leur langage, leur mémoire et leur éveil musical, tout en découvrant des notions simples comme les couleurs, les chiffres ou les animaux.

Berceuses et Mémoire Traumatique : Un Lien Inattendu

S’il y a, en apparence, comme une incongruité à mêler berceuses et mémoire traumatique, voire un oxymore, nombre de berceuses constituèrent, tout au long des siècles, des moyens de transmission d’une mémoire traumatique liée à des persécutions de nature politique, raciale ou religieuse. Au-delà de l’aspect mémoriel et testimonial d’un tel répertoire, s’adressant à la fois aux enfants et aux adultes d’une communauté politique, religieuse ou culturelle, c’est aussi ce qu’il dit des difficultés existentielles des individus qui interpelle et intéresse. L’étude de ces répertoires interroge en outre sur l’aspect initiatique de chansons dont la violence du texte contraste parfois de manière frappante avec l’esthétique musicale. Le composant musical de la berceuse est à explorer dans cette perspective.

Précisons avant toutes choses que, comme le signale Antoine Paris dans son article Chanson aigre-douce de Gotlib. Dynamiques reterritorialisantes de la berceuse et transmission d’un traumatisme, la berceuse n’est pas définie lexicalement comme un type de musique ou de texte, mais, entre autres, par une fonction (celle d’endormir) et par un public (les enfants). Fonction puissante et complexe qui va bien au-delà de l’endormissement. Cette fonction a sans doute à voir avec un traumatisme originel : celui de la séparation du corps maternel. Sans doute le traumatisme que constitue la naissance puis les séparations successives auquel le bébé puis l’enfant sera confronté, est à la fois « guéri » et réactivé par le chant et le mouvement si particulier de la berceuse.

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En effet, aux origines de la berceuse, il y a une toute première mémoire dans le cerveau du bébé et de l’enfant, celui du bercement prénatal, intra-utérin, des sons et des mouvements qu’il perçoit bien avant sa naissance comme le précise la philosophe et psychanalyste Anne Dufourmantelle (2016 : 255) : « Encore à l’état fœtal, il est déjà bercé, lové dans les mots et l’imaginaire des parents de ceux qui l’entourent. Avant même de naître, l’enveloppe de son désir se constitue dans ce « berceau » de mots, d’attentes, de promesses, d’images dont il est enveloppé et qui l’accompagnent comme une mémoire générative depuis les générations antérieures. » On sait grâce aux travaux menés à l’Université d’Helsinki (Cognitive Brain Research Unit) par Eino Partanen (2013) que les bébés peuvent apprendre leurs premières berceuses dans le ventre de leur mère. Anne Dufourmantelle est sans doute celle qui a exploré avec le plus de justesse la façon dont la berceuse relève d’un espace maternel archaïque , qu’elle baptise « la sauvagerie maternelle », un espace « littéralement pré-historique (non temporel comme disait Freud) qui rend possible la pensée, l’imaginaire, les représentations, un réservoir psychique en quelque sorte, ayant emmagasiné les “dits” des générations antérieures. » Elle précise plus loin qu’il ne faudrait pas confondre cet « espace-temps pré-œdipien, matrice de tout lien humain » avec « l’inconscient collectif ni une quelconque autre mémoire ». Mais c’est pourtant bien le terme « mémoire » qu’elle sollicite lorsqu’elle explique : « au commencement de toute existence il y a une peau, une voix, un visage. Sa peau, sa voix, son visage. À jamais unique pour nous. […] De cette première mémoire, il ne nous reste aucune image, juste une sensation de chaleur, […] un chuchotement, une sensation qui nous fait comme une peau sur notre peau, une voix contre notre voix » (Dufourmantelle 2001 : 27) ; et de préciser que « quand le nouveau-né a été - comme un petit animal - enveloppé, caressé, bercé par sa mère7, cet amour lui constitue une sorte d’enveloppe psychique et physique […] qui va lui donner accès tout au long de sa vie à une véritable puissance ».

Berceuses : Expression de Difficultés et d'Émotions Cachées

Si l’objectif premier de la berceuse reste l’endormissement de l’enfant, certaines berceuses collectées évoquent cet enfant comme un fardeau et nombre d’entre elles s’en prennent, parfois avec virulence, au père absent. La berceuse acquiert alors un rôle d’exutoire et permet de formuler un mal-être qui contredit ici encore l’esthétique du genre musical : les enjeux d’apaisement s’appliquent parfois en premier lieu à la mère elle-même (ou à celle qui berce l’enfant à sa place). La berceuse de tradition orale offre un espace inédit de liberté pour l’interprète/créatrice, qui chante pour un enfant dont elle suppose qu’il ne comprend pas le sens de ses récriminations. La question des genres qui se croisent dans la berceuse interpelle également : les berceuses « savantes », destinées à l’exécution dans le cadre du concert ou en dehors de tout cadre fonctionnel, ont souvent été le fait de compositeurs et non de compositrices, alors que l’interprète est le plus souvent féminine et s’adresse souvent à un garçon.

Berceuses à Travers le Monde : Diversité et Similarités

Dans « Berceuses et chants d’enfant arctiques : perspective circumpolaire », Stéphane Aubinet propose une approche ethnographique de la berceuse dans l’espace circumpolaire et révèle un répertoire particulier et des pratiques communes autour d’un genre intime, correspondant à une pratique homogène parmi les populations autochtones, consistant à attribuer aux nouveau-nés et jeunes enfants des mélodies composées expressément pour eux (yoik d’enfant, ou dovdna chez les Sámi, nyukubts chez les Nenets de Sibérie, etc.). Il montre comment dans certaines communautés, ces mélodies servent à calmer et à endormir l’enfant, à la manière de berceuses, et sont chantées par des femmes, mais aussi parfois par des hommes.

L’article de Clara Wartelle-Sakamoto « L’ambivalence des komori uta, berceuses japonaises : évolution d’un répertoire » révèle l’évolution particulière des komori uta, chansons des gardes d’enfant, au début du xxe siècle, une évolution qui reflète plusieurs des changements majeurs que connut la société japonaise à l’époque. Les berceuses pouvaient avoir la fonction d’endormir ou amuser l’enfant confiées à de toutes jeunes filles, mais se révélaient surtout être un exutoire à la pénibilité de leur métier et à leurs chagrins quotidiens. Parfois chants d’endormissement, parfois chants de labeur, elles furent tour à tour récupérées par la chanson populaire et la musique classique, selon des processus compositionnels qui estompèrent peu à peu l’origine de leur création : les gardes d’enfants.

À travers des enquêtes auprès de locuteurs et locutrices de différentes langues kanak les autrices et auteurs8 de « “Ea Ea Pepe” Berceuses en langues kanak : des instruments de mises en voix de mémoires intimes en contexte plurilingue et pluriculturel (Nouvelle-Calédonie) » mettent au jour, grâce à des analyses linguistiques, ethno-musilinguistiques et socio-didactiques, le rôle des berceuses dans l’apprentissage des langues minorées, dans la transmission de l’héritage familial qu’elles véhiculent et dans la préservation de sa connaissance.

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L’article de Valentina Avanzini « “Ninna nanna che tu crepi”. Female Fears and Struggle in Italian Lullabies Between the 19th and 20th Century » vise à analyser les berceuses collectées dans toute la péninsule italienne entre la fin du xixe et la fin du xxe siècle, qui se révèlent être une forme de contre-narration, un espace de liberté et de libre expression de la parole féminine et de son point de vue, exutoire de ses peurs et de ses difficultés quotidiennes face au rôle de mère et d’épouse.

Matthew Roy s’intéresse pour sa part aux berceuses instrumentales au xixe siècle dans son article intitulé « Instrumental Lullabies and Nineteenth-Century Representations of Childhood, Girlhood, and Motherhood ». Composées en majorité par des hommes, ces berceuses constituent un instrument de socialisation patriarcale à destination des jeunes pianistes de la classe moyenne - en particulier des filles - cherchant à définir et à contrôler l’enfance, la jeunesse et la maternité. Cependant Matthew Roy montre comment certaines compositrices comme Florence Newell Barbour et Juliet Adams rejettent dans leurs compositions et à travers l’iconographie des illustrations l’idéalisation de la mère parfaite et de l’enfance, qui perdure pourtant jusqu’à nos jours dans les répertoires de berceuses à destination de la jeunesse.

Berceuses dans la Musique Instrumentale du XXe Siècle

Plusieurs articles de ce volume s’intéressent aux compositions de berceuses dans la musique instrumentale au xxe siècle. Dans « Danger or Shelter? Lullabies in the Music of Benjamin Britten », Marinu Leccia montre comment les berceuses qu’il recense dans l’œuvre du compositeur britannique renvoient à l’esthétique ludique de Britten, qui place l’enfant au centre d’un grand nombre de ses œuvres. À travers quelques études de cas (A Charm of Lullabies, The Rape of Lucretia, The Turn of the Screw, A Midsummer Night’s Dream), cet article examine la manière dont Britten joue à tester les frontières sémiotiques de la berceuse, brouille la relation mère-enfant par de nombreuses inversions, et fait notamment de l’enfant une figure ambivalente entre le monde de l’enfance et le monde des adultes.

Damien Bonnec analyse dans « Assises de la berceuse. Motifs et poétique du bercement chez Gérard Pesson » la place des berceuses l’univers poétique du compositeur, où l’intime et le rapport à l’enfance ont toujours été prisés et recherchés, ainsi que dans son esthétique.

Le Pouvoir Subversif des Berceuses dans la Littérature Latino-Américaine

Parmi les articles de ce volume se trouvent également des contributions qui portent leur attention sur le contenu textuel et poétique des berceuses, depuis la poésie latine de Pontano, en passant par la poésie latino-américaine de l’autrice chilienne Gabriela Mistral ou du poète cubain Nicolás Guillén, jusqu’au roman Ru (« bercer » en vietnamien) de Kim Thúy.

Aline Smeesters analyse les douze berceuses latines (intitulées Naeniae) du poète néo-latin Giovanni Pontano (1426-1503), adressées à son propre fils au berceau et composées dans les années 1469-1471.

Deux articles mettent en évidence la potentialité « subversive » de la berceuse dans la littérature latino-américaine contemporaine. Dans l’article « Antojo de palabras para la infancia: la canción de cuna latinoamericana como caudal poético de denuncia y ternura », Carola Vesely Avaria renvoie aux berceuses traditionnelles de la culture mapuche et afro-antillaise et dégage les principales caractéristiques des berceuses d’auteurs et autrices hispano-américaines, au rang desquelles se trouve la dénonciation des conditions d’existence précaires.

L’article de Zoé Saunier approfondit la réflexion sur « La potentialité subversive de la berceuse » à partir de l’analyse de trois textes latino-américains se présentant comme des berceuses : « Duerme negrito » (chant traditionnel caribéen), « Canción de cuna para dormir a un negrito » (poème d’lldefonso Pereda Valdès, 1936), et « Canción de cuna para despertar a un negrito » (poème de Nicolás Guillén, 1958). Après une rapide contextualisation et une présentation du cadre théorique à partir duquel évolue la réflexion, l’article s’intéresse à la manière dont ces textes, tout en s’inscrivant dans le genre de la berceuse, en subvertissent parfois les modalités (formelles et thématiques). La berceuse a pour vocation non pas d’endormir l’enfant mais plutôt de réveiller les consciences pour subvertir l’ordre établi, pour dénoncer, remettre en question, voire appeler à la révolte.

Berceuses et Deuil : Une Expression de l'Amour Parental

La vidéo d’un père en train de chanter une chanson à son nouveau-né mourant après la mort soudaine de sa femme est devenue virale. Chris et Ashley Picco avaient baptisé leur fils Lennon, comme John, avant sa naissance par césarienne en urgence. Dans la courte vidéo, le veuf joue doucement Blackbird à la guitare. «You were only waiting for this moment to be free», chante-t-il. Tu n’attendais que ce moment pour te libérer.

Le besoin de garder une trace et de commémorer la mort est aussi ancien que l’humanité elle-même. Au XIXe siècle, à la grande époque des daguerréotypes, certains parents commandaient des portraits de leurs enfants morts pour les aider à faire leur deuil.

Je l’ai regardée, et j’ai été triste. Je vais peut-être faire un don. Et même si je ne le fais pas, je suis honorée de faire partie d’une communauté humaine où les pères aiment leurs enfants et veulent les réconforter, même quand ce n’est pas possible, et où nous sommes capables d’apprécier cet amour et de le montrer à nos amis.

"Une Chanson Douce" : Un Exemple Iconique

Découvrez "Une chanson douce", une célèbre comptine française pour enfants qui a bercé de nombreuses générations. Interprétée par Henri Salvador sous le titre "Le Loup, la Biche et le Chevalier", cette mélodie a traversé les années, marquant le paysage musical. Plongez dans l'univers apaisant de cette chanson douce et son histoire riche et variée.

Une chanson douceQue me chantait ma mamanEn suçant mon pouceJ'écoutais en m'endormant

Cette chanson douceJe veux la chanter pour toiCar ta peau est douceComme la mousse des bois

La petite biche est aux aboisDans le bois se cache le loup hou hou hou houMais le brave chevalier passaEt prit la biche dans ses bras la la la la

La petite bicheCe sera toi si tu veuxLe loup on s'en ficheContre lui nous serons deux

Une chanson doucePour tous les petits enfantsUne chanson douceQue me chantait ma maman

Oh le joli conte que voilàLa biche en femme se changea la la la laEt dans les bras du beau chevalierBelle princesse elle est restée.

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