L'échographie est un outil essentiel et largement utilisé en obstétrique pour surveiller le développement du fœtus pendant la grossesse. Cet article vise à informer les futurs parents sur les raisons des examens échographiques proposés pendant la grossesse, les informations que les professionnels de santé en attendent, ainsi que les avantages et les inconvénients potentiels de ces examens.
Qu'est-ce que l'échographie ?
L’échographie est une technique d’imagerie médicale qui utilise des ondes sonores à haute fréquence (ultrasons) pour créer des images de l’intérieur du corps. Elle permet de visualiser des structures internes du corps, comme les organes, les vaisseaux sanguins et les tissus mous, avec une grande précision et sans risque d'exposition aux radiations. L'échographie repose sur l'utilisation des ultrasons pour créer des images médicales. Cette technique a été développée dans les années 1950, marquant une avancée significative dans l'imagerie médicale sans rayonnement ionisant.
Lorsqu'une sonde d'échographie émet des ondes à haute fréquence (ultrasons), ces ondes pénètrent dans le corps et sont réfléchies par les différents tissus et organes. La nature de cette réflexion varie en fonction de la densité et de la composition des tissus traversés. Les échos ainsi produits sont captés par la même sonde, qui agit alors comme un récepteur. Ces échos sont ensuite convertis en signaux électriques. Un ordinateur traite ces signaux pour produire des images en temps réel, appelées images échographiques.
La simplicité, la sécurité et l'accessibilité de l'échographie en font une méthode d'imagerie essentielle dans la pratique médicale. Son utilisation est favorisée par l'absence de risques liés aux radiations, ce qui permet des examens fréquents et répétitifs sans danger pour le patient.
Les échographies recommandées pendant la grossesse
En France, le suivi classique de la grossesse implique trois échographies principales, réalisées à des moments spécifiques :
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Première échographie : de préférence à 12-13 semaines d’aménorrhée (calculées à partir du premier jour des dernières règles). Elle permet de :
- Déterminer l’âge du bébé et la date théorique de l’accouchement, ce qui est plus précis que l’usage combiné de la date des dernières règles et d’un calendrier. Pour cela, le corps de l’embryon est mesuré.
- Dépister l’existence de jumeaux ou de triplés, ce qui conduit à prendre les mesures de précaution qui s’imposent au cours de telles grossesses.
Deuxième échographie : de préférence à 22-24 semaines d’aménorrhée. Elle est dite morphologique et permet d'analyser l’aspect du fœtus et la structure de ses organes internes. De très nombreuses malformations sont détectables et l’amélioration du matériel en accroît régulièrement le dépistage.
Troisième échographie : de préférence à 32-34 semaines d’aménorrhée. La croissance du fœtus est vérifiée en déterminant ses paramètres biométriques. C’est donc à ce stade que peuvent éventuellement être détectés des retards de croissance intra-utérins ou des macrosomies fœtales. Le cœur du fœtus est écouté avec une attention toute particulière et la localisation du placenta est notée.
Ces trois échographies recommandées dans le suivi classique de la grossesse jouent un rôle primordial. Pratiquées entre 11 et 13 semaines d’aménorrhée, puis entre 20 et 22 et entre 32 et 34 semaines, elles permettent de bien suivre la croissance du fœtus et de détecter d’éventuelles anomalies.
Bénéfices des échographies pendant la grossesse
Les bénéfices de l'échographie sont considérables, tant pour la maman que pour le bébé. Les échographies permettent de :
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- Confirmer et dater la grossesse : La première échographie permet de confirmer la grossesse, de s’assurer que l’embryon est bien positionné dans la cavité utérine et qu’il ne s’agit pas d’une grossesse extra-utérine, et de compter le nombre d’embryons présents.
- Surveiller la croissance et le développement du fœtus : Les mesures effectuées lors des échographies permettent de surveiller la croissance ultérieure du fœtus.
- Détecter d’éventuelles anomalies ou malformations : L'échographie morphologique permet de dépister d’éventuelles malformations ou anomalies dans le développement du fœtus.
- Aider à la prise de décision médicale : Les informations obtenues grâce aux échographies peuvent aider les médecins à mieux estimer l’âge du fœtus si vous faites une menace d’accouchement prématuré, alerter le médecin si vous n’accouchez pas à la date prévue car la prolongation de la grossesse peut être très dangereuse pour l’enfant.
En France, on estime qu’environ 2,2 millions d’échographies obstétricales sont réalisées chaque année. À l’échelle mondiale, ce nombre s’élève à plusieurs centaines de millions. Avec des millions d’échographies réalisées chaque année, tant en France qu’à l’international, le recul sur cette pratique est immense. Depuis les années 1970, l’échographie obstétricale a été utilisée et étudiée, renforçant continuellement la confiance des professionnels de santé et des patientes dans cette technique.
Risques potentiels et limites de l'échographie
Bien que l'échographie soit généralement considérée comme sûre, il est important d'être conscient des risques potentiels et des limites de cette technique.
Risques liés à l'exposition aux ultrasons
Les techniques ultrasonographiques diagnostiques sont, par contre, réputées non invasives et non vulnérantes dans les conditions normales d’utilisation, c’est-à-dire lorsque les normes d’intensité acoustique relatives à chaque application clinique sont respectées. D’une façon générale, les constructeurs d’équipements ultrasonographiques sont tenus de respecter des normes d’intensité acoustique et de les adapter à chaque application.
Les risques liés à l’utilisation diagnostique des ultrasons sont certainement minimes ou nuls si les règles d’exposition sont respectées, mais, à l’époque du « principe de précaution », cette question ne peut être négligée. Outre les applications thérapeutiques des ultrasons de basse fréquence et haute énergie, les fréquences ultrasonores utilisées pour le diagnostic ont fait l’objet de nombreux travaux expérimentaux qui ont confirmé, par exemple sur la drosophile, la possibilité d’effets délétères, notamment mutagènes, pour des expositions de haute intensité et/ou de longue durée.
Les mécanismes par lesquels les ultrasons peuvent occasionner des lésions tissulaires sont multiples :
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- Échauffement : L’absorption des ultrasons dans leur traversée des tissus aboutit finalement à la production de chaleur.
- Effets mécaniques : Des effets mécaniques ont été observés, par exemple avec une altération de l’endothélium (ce qui peut, par exemple, compromettre l’étanchéité de la barrière hémato-encéphalique).
- Altérations biochimiques ou cellulaires : Des altérations biochimiques ou cellulaires ont pu être observées sur des modèles expérimentaux, avec des hémorragies pulmonaires…
- Effets mutagènes : De même que des effets mutagènes.
L’absence de données confirmant ou infirmant un risque lié à l’exposition aux ultrasons lors d’une échographie fœtale a conduit l’ANSM à rappeler la nécessité de limiter les durées d’expositions lors des échographies.
Limites de l'échographie
Tout bilan, même réalisé avec compétence, comporte des limites, notamment dans certaines conditions telles qu’une paroi abdominale trop épaisse, la position du fœtus ou la date inappropriée de l’examen provoquant une mauvaise appréciation des mesures effectuées. Parfois, l’anomalie ne sera pas confirmée ou sera mineure et pourra disparaître au fil des semaines.
L’échographie n’est pas infaillible. De très nombreuses malformations sont détectables et l’amélioration du matériel en accroît régulièrement le dépistage.
Échographies "de plaisir" et risques associés
Il a été souligné, depuis quelques années, par le développement d’usages non diagnostiques de l’échographie pour l’imagerie du fœtus in utero par des officines non médicales équipées d’échographes 3D destinés uniquement à garnir la première page des albums de famille. Les sociétés savantes et le Conseil de l’Ordre des Médecins se sont élevés contre ces usages non justifiés par un enjeu diagnostique et thérapeutique.
Depuis quelques années, des sociétés privées proposent aux futurs parents des clichés-souvenir en relief de leur bébé in-utero. Seulement voilà, ces échographies 3D n’apportent rien sur le plan médical. Pire, quand elles ne sont pas pratiquées par une personne habilitée, elles peuvent exposer le fœtus à une surdose d’ultrasons.
La surexposition des fœtus aux ultrasons durant des périodes pouvant aller jusqu’à 25 minutes, avait déjà été dénoncée dès fin 2011, par la Commission nationale d’échographie obstétricale et fœtale du Collège national des gynécologues et obstétriciens Français (CNGOF). Présidée par le Pr Jacques Lansac, ces spécialistes dénonçaient notamment la dimension «commerciale» des offres faites aux futurs parents d’admirer sur écran leur bébé à naître; ce pour des sommes allant généralement de 60 à 140 euros. Or, il faut savoir que dans une échographie médicale, le faisceau ultrasonore est constamment déplacé et l’exposition aux ultrasons de chaque zone du fœtus est brève. Et ce n’est pas le cas dans une échographie commerciale où des parties localisées du fœtus, comme le crâne et les organes génitaux, sont exposées en continu.
Les échographies commerciales sont généralement effectuées sur des durées allant de dix à trente minutes et ciblent particulièrement longuement des régions anatomiques localisées du fœtus au premier rang desquelles la face et les organes génitaux. Les auditions menées par la HAS ont fait apparaître d’autres types de risques; et tout particulièrement les effets psychoaffectifs délétères sur la mère et l’entourage liés à une découverte ou à la suspicion d’un problème sur le fœtus. Une situation particulière qui nécessite alors au plus vite l’accompagnement d’un professionnel de santé qualifié.
Le recours à des échographies dites « de plaisir », réalisées par des personnes non soignantes à des fins mercantiles, est fortement déconseillé. Ces pratiques ne garantissent pas la sécurité du fœtus et peuvent entraîner des risques inutiles.
Précautions à prendre
Pour minimiser les risques potentiels, il est crucial de :
- Réaliser les échographies chez des professionnels qualifiés : Les échographies doivent être effectuées par des médecins ou des sages-femmes titulaires du Diplôme d’Échographie fœtale et gynécologique, conformément aux recommandations des sociétés savantes telles que le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) et l’American Institute of Ultrasound in Medicine (AIUM).
- Limiter les échographies aux indications médicales nécessaires : Ces organisations recommandent également de limiter les échographies aux indications médicales nécessaires.
- Éviter les échographies "de plaisir" : Le praticien prescripteur ou utilisateur des techniques ultrasonographiques a donc le devoir d’évaluer le rapport bénéfice / risque des examens en regard des informations qu’il en attend, et de limiter l’exposition ultrasonore à ce qui est nécessaire. Il engage pleinement, dans cette démarche, sa responsabilité professionnelle.
Alternatives à l'échographie
Bien que l'échographie soit l'examen de référence pendant la grossesse, d'autres techniques d'imagerie médicale peuvent être utilisées dans certaines situations spécifiques :
- L’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) : est une option sûre pour les femmes enceintes, notamment lorsque des informations détaillées sur les tissus mous sont nécessaires.
- Radiographies et scanners : Ces examens ne sont pas recommandés pendant la grossesse, sauf en cas d’urgence absolue. Ils utilisent des rayons X, qui peuvent potentiellement nuire au fœtus, surtout au cours du premier trimestre.
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