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Comprendre la thyroïdite post-partum et ses effets sur la diarrhée et l'allaitement

La thyroïdite post-partum est une condition qui peut survenir après l'accouchement, affectant la glande thyroïde et pouvant entraîner des perturbations hormonales. Ces changements hormonaux peuvent avoir un impact sur diverses fonctions corporelles, y compris le système digestif et la lactation. Cet article vise à fournir des informations complètes sur la thyroïdite post-partum, ses liens possibles avec la diarrhée, et ses implications pour l'allaitement.

La thyroïde : Un régulateur clé du corps

La thyroïde est une glande en forme de papillon située à la base du cou, entre les deux clavicules. Elle joue un rôle essentiel dans la régulation de nombreuses fonctions de l'organisme, notamment les fonctions cardiaques, la pression artérielle, la température corporelle et le métabolisme. La thyroïde assure la communication entre les organes concernés et le cerveau grâce aux hormones qu'elle produit, la T3 (triiodothyronine) et la T4 (thyroxine). Ces hormones contrôlent la vitesse des fonctions chimiques du corps, également appelée métabolisme de base.

L'iode est un élément indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes. Il s'agit d'un oligo-élément qui doit être fourni par l'alimentation quotidienne, comme le sel iodé, les poissons et les fruits de mer.

Pendant la grossesse, l'accouchement et le post-partum, la thyroïde est soumise à d'intenses changements et sollicitations. Les hormones thyroïdiennes participent à la régulation de l'ocytocine (éjection du lait) et de la prolactine (production du lait).

Thyroïdite Post-Partum : Définition et Caractéristiques

La thyroïdite post-partum est une inflammation de la thyroïde qui survient après l'accouchement. Elle est d'origine auto-immune et se caractérise par l'apparition d'une hyperthyroïdie modérée avec goitre et une absence de fixation de l'iode par la glande thyroïde.

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Les différentes formes de thyroïdite

Les différentes formes de thyroïdite se distinguent par leur origine, leurs symptômes, leurs caractéristiques anatomopathologiques et leur évolution.

  • Thyroïdite lymphocytaire chronique (thyroïdite de Hashimoto) : La plus fréquente, touchant principalement les femmes. Elle est d'origine auto-immune, caractérisée par un goitre ferme, la présence d'anticorps antithyroïdiens et une évolution possible vers l'hypothyroïdie.
  • Thyroïdite subaiguë de De Quervain : Probablement d'origine virale, elle apparaît brutalement avec de vives douleurs à l'avant du cou, souvent associées à un syndrome grippal et une hyperthyroïdie transitoire.
  • Thyroïdite aiguë d'origine infectieuse : Très rare, consécutive à une infection bactérienne (staphylocoque, streptocoque) ou au bacille de Koch (tuberculose).

Hyperthyroïdie et Hypothyroïdie : Les deux faces d'un déséquilibre thyroïdien

La thyroïdite post-partum peut entraîner deux types de déséquilibres thyroïdiens : l'hyperthyroïdie et l'hypothyroïdie.

Hyperthyroïdie : Accélération des fonctions de l'organisme

L'hyperthyroïdie se caractérise par un excès de production d'hormones thyroïdiennes. Cette altération entraîne une accélération de la majorité des fonctions de l'organisme, notamment :

  • Rythme cardiaque accéléré (tachycardie, palpitations)
  • Métabolisme accéléré (amaigrissement, appétit augmenté)
  • Système digestif accéléré (diarrhée)
  • Nervosité, irritabilité, anxiété
  • Tremblements, difficultés à dormir
  • Intolérance à la chaleur, transpiration excessive

Dans le contexte de l'allaitement, l'hyperthyroïdie peut entraîner une montée de lait plus rapide.

Hypothyroïdie : Ralentissement des fonctions de l'organisme

L'hypothyroïdie se caractérise par une incapacité de la glande thyroïde à produire suffisamment d'hormones. Cela engendre un ralentissement général des fonctions de l'organisme, notamment :

Lire aussi: Pré-éclampsie et thyroïdite d'Hashimoto

  • Fatigue importante, léthargie
  • Perte d'appétit
  • État dépressif
  • Intolérance au froid
  • Dessèchement de la peau
  • Chute de cheveux
  • Prise de poids
  • Constipation
  • Difficulté de concentration

L'hypothyroïdie peut également avoir un impact sur la lactation.

Diarrhée et Thyroïdite Post-Partum : Un lien possible

La diarrhée est un symptôme qui peut être associé à l'hyperthyroïdie. L'hyperactivité de la thyroïde peut accélérer le transit intestinal, entraînant des selles fréquentes et liquides.

Dans le contexte de la thyroïdite post-partum, la diarrhée peut survenir pendant la phase d'hyperthyroïdie transitoire. Cependant, il est important de noter que la diarrhée peut également être causée par d'autres facteurs, tels que des infections, des médicaments ou des changements alimentaires.

Thyroïdite Post-Partum et Allaitement : Implications et Gestion

L'hyperthyroïdie et l'hypothyroïdie, si elles ne sont pas équilibrées, peuvent perturber l'allaitement. Il est donc important de surveiller régulièrement leur évolution et de consulter un professionnel en cas de doute.

Diagnostic et surveillance

En premier lieu, une prise de sang permet de contrôler les taux d'hormones thyroïdiennes (TSH, T3, T4). Les dosages sont à faire régulièrement pour suivre l'évolution.

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La surveillance de la TSH est recommandée toutes les 4 à 6 semaines jusqu'à 22 semaines d'aménorrhée (SA), une fois entre 30 et 34 SA, puis en post-partum. En cas de TSH comprise entre 4 et 10 mUI/L, renouveler le dosage à 4 semaines d'intervalle.

Traitement

La priorité est d'équilibrer le tableau hormonal grâce aux médicaments. Le levotyrox est compatible avec l'allaitement. Si votre médecin a des doutes, il peut consulter le site du CRAT ou e-lactancia pour se rassurer.

Le traitement de l'hyperthyroïdie peut inclure des antithyroïdiens de synthèse, qui réduisent la production d'hormones thyroïdiennes. Dans certains cas, un traitement à l'iode radioactif ou une intervention chirurgicale (thyroïdectomie) peuvent être nécessaires.

Le traitement de l'hypothyroïdie consiste à compenser le déficit hormonal par un traitement médicamenteux substitutif (lévothyroxine).

Solutions pour booster la lactation

Ensuite, des solutions existent pour booster la lactation. Pour stimuler le réflexe d'éjection, vous pouvez utiliser un spray nasal d'ocytocine ou faire une compression manuelle pendant la tétée.

Les causes de l'hyperthyroïdie

Les trois causes les plus fréquentes d'hyperthyroïdie sont :

  1. La maladie de Basedow (ou maladie de Graves) : une maladie auto-immune caractérisée par la présence d'une thyrotoxicose, d'un goitre homogène et souple, d'une saillie anormale des yeux (exophtalmie) et éventuellement d'un œdème à l'avant de la jambe.
  2. Le goitre multi-nodulaire toxique : un goitre avec plusieurs nodules dits « toxiques » car sécrétant des hormones thyroïdiennes.
  3. L’adénome toxique : la thyroïde présente un seul nodule dit « toxique » car il sécrète des hormones thyroïdiennes.

Ces deux dernières causes sont les plus fréquentes chez les personnes âgées de plus de 60 ans et touchent les femmes dans 80 à 90 % des cas.

Les causes de l’hypothyroïdie

La carence en iode est la première cause d'hypothyroïdie dans le monde. Dans les pays à niveau socio-économique élevé, où l'iode est suffisamment présent dans l'alimentation, les causes principales sont les maladies auto-immunes et les causes iatrogènes (dues à des médicaments ou à un acte médical).

Les hypothyroïdies auto-immunes : Elles sont dues à une hyperactivité du système immunitaire.

  • La thyroïdite de Hashimoto : C’est l’hypothyroïdie auto-immune la plus fréquente.
  • La thyroïdite atrophique : Elle est observée essentiellement chez la femme après la ménopause.
  • Après l’accouchement : la thyroïdite du post-partum.

Les hypothyroïdies iatrogènes (induites par un traitement).

Symptômes de l'hyperthyroïdie

Les symptômes d'une hyperthyroïdie sont nombreux et peuvent varier en fonction des patients, mais ils sont de plus en plus marqués si l'hyperthyroïdie tarde à être prise en charge.

  • L’accélération du rythme cardiaque : Le pouls est fréquemment supérieur à cent battements par minute au repos, la personne se plaint de palpitations, d’essoufflement ou de « battements » dans la poitrine.
  • Des troubles de la régulation de la température du corps : La personne transpire facilement, elle a les mains moites et parfois des bouffées de chaleur ; elle craint la chaleur et se plaint de soif excessive.
  • Les troubles du système nerveux : La personne souffre de tremblements, notamment au niveau des mains, de difficultés à trouver le sommeil, de nervosité, d’irritabilité et de sautes d’humeur, d’anxiété voire de dépression.

Plus rarement : une crise aiguë thyrotoxique peut survenir, entraînant fièvre, palpitations importantes, agitation, déshydratation et confusion en sont les principaux symptômes.

Symptômes de l'hypothyroïdie

  • La fatigue : Lorsque les hormones thyroïdiennes baissent, le fonctionnement du corps ralentit. Métabolisme, rythme cardiaque, circulation sanguine sont freinés et les niveaux d’énergie s’effondrent, ce qui peut donner un sentiment d’épuisement.
  • La prise de poids : Quand la thyroïde ne produit pas suffisamment d’hormones, le métabolisme est ralenti : on ne brûle alors plus autant de calories et on a tendance à prendre du poids. La prise de poids peut également être due à une rétention d’eau car un faible taux d’hormones thyroïdiennes a un impact sur la fonction rénale en diminuant l’excrétion de sel et d’eau dans les urines.
  • La dépression : Les hormones thyroïdiennes jouent un rôle important au niveau des fonctions psychiques. Quand ces hormones ne sont pas suffisamment présentes, une dépression peut survenir. Les hormones thyroïdiennes aident à réguler l’axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien, impliqué dans la régulation des émotions, des humeurs et des comportements.
  • La constipation : Une thyroïde hypoactive engendre un ralentissement du transit intestinal avec comme conséquence une constipation.

Parmi les autres symptômes d’hypothyroïdie fréquents, on peut citer : la sensibilité au froid ; un état léthargique ; un manque d’énergie ; des douleurs musculaires et articulaires ; une rétention d’eau ; la peau sèche ; des troubles capillaires (cheveux qui s’affinent ou cheveux cassants, perte de cheveux) ; des irrégularités menstruelles chez la femme, comme des règles plus abondantes et plus fréquentes ; une difficulté de concentration ; un gonflement du visage ; un rythme cardiaque ralenti et une faible tension artérielle.

Diagnostic de l'hyperthyroïdie

Pour commencer, un examen clinique est effectué par votre médecin. Même si un goitre est visible à l’œil nu, il palpera votre cou à la recherche d’une grosseur unique ou de plusieurs nodules thyroïdiens. Il vous prescrit ensuite un bilan sanguin permettant d’analyser les dosages d’hormones thyroïdiennes. En cas d’hyperthyroïdie, le taux de TSH est anormalement bas. Si votre médecin suspecte une maladie de Basedow associée, un autre dosage est effectué : les anticorps anti-récepteurs de la TSH, à un taux anormalement élevé si la maladie est confirmée.

Des examens complémentaires peuvent être nécessaires pour rechercher la cause à l’origine de l’hyperthyroïdie et prescrire le traitement le plus adapté en conséquence.

Diagnostic de l'hypothyroïdie

Votre médecin peut demander un test sanguin avec dosage de la TSH (hormone thyréostimulante). En cas d’hypothyroïdie, son taux sanguin sera augmenté. Le dosage de la TSH pourra être complété par celui des hormones thyroïdiennes T3 et T4 et par des dosages d’anticorps spécifiques. D’autres examens peuvent être pratiqués, comme une échographie ou une ponction à l’aiguille fine.

Traitement de l'hyperthyroïdie

L’hyperthyroïdie est habituellement prise en charge par un spécialiste en endocrinologie.

Appelés antithyroïdiens de synthèse, ces médicaments réduisent la production d’hormones thyroïdiennes, les aidant à revenir à la normale en 3 à 8 semaines. Des analyses de sang doivent être réalisées régulièrement pendant ce traitement, afin de surveiller l’évolution du taux d’hormones thyroïdiennes, mais aussi de contrôler le nombre de globules blancs et la fonction hépatique. En effet, un dérèglement de ces derniers fait partie des possibles effets secondaires du traitement.

L’iode est nécessaire à la thyroïde pour fonctionner normalement. Une petite quantité suffit : le traitement à base d’iode radioactif consiste à détruire de façon permanente une partie des cellules de la thyroïde, afin que cette glande produise moins d’hormones. L’irathérapie est efficace à partir d’un ou 2 mois après son administration. Souvent, elle provoque d’ailleurs un effet plus fort que celui recherché en causant une hypothyroïdie permanente, traitée avec des hormones thyroïdiennes de substitution.

L’intervention, appelée thyroïdectomie, consiste en l’ablation partielle ou totale de la thyroïde. Parfois, des ganglions du cou sont également retirés.

Traitement et surveillance de l'hypothyroïdie

Si l’on ne peut pas guérir l’hypothyroïdie, il est possible de compenser le déficit hormonal par un traitement médicamenteux substitutif.

Une surveillance clinique et biologique périodique est nécessaire (pour adapter la dose d’hormones prescrites) et déterminante dans le suivi du traitement.

Surveillance du traitement de la thyroïde

Le taux d’hormones thyroïdiennes doit être mesuré très fréquemment en début de traitement, puis de manière plus espacée, à partir des analyses de sang réalisées en laboratoire et transmises à votre médecin. Il est essentiel de suivre méticuleusement les délais de vos analyses de sang et de vos rendez-vous médicaux. Signalez immédiatement à votre médecin tout symptôme anormal ou complication (fièvre, palpitations, état de confusion, notamment).

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