La grossesse est une période de changements physiologiques importants pour la femme. Parmi ces changements, la régulation du glucose (sucre) dans le sang peut être affectée, conduisant parfois à un diabète gestationnel. Pour dépister ce trouble, le test d'hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) est couramment utilisé. Cet article vous fournira des informations détaillées sur le déroulement de ce test, son importance et les mesures à prendre en cas de résultat positif.
Qu'est-ce que le test HGPO ?
HGPO signifie "hyperglycémie provoquée par voie orale". Ce test de dépistage sert à contrôler le taux de sucre dans le sang, ou glycémie, de la femme enceinte afin de vérifier sa normalité. Il permet de dépister le diabète gestationnel, une condition qui touche environ 5% des femmes enceintes en France. Heureusement, ce diabète est transitoire et disparaît normalement après l’accouchement.
Le diabète gestationnel est défini par l’OMS comme un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie (excès de sucre) de sévérité variable, apparaissant ou étant diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse. En effet, chez la femme enceinte non diabétique, le pancréas s’adapte et la sécrétion d’insuline augmente au fur et à mesure de la grossesse. En France, la prévalence du diabète gestationnel était de 16,4% en 2021.
Pourquoi faire le test HGPO ?
Le test HGPO est essentiel car le diabète gestationnel est asymptomatique dans la très grande majorité des cas. Le risque le plus fréquent est la macrosomie fœtale (15 %) : il s’agit d’un bébé avec un poids de naissance supérieur à 4 kg (ou d’un bébé dont le poids de naissance est supérieur au 90e percentile pour l’âge gestationnel). Le nouveau-né peut aussi, mais beaucoup plus rarement, avoir des hypoglycémies dans les quelques heures qui suivent la naissance. Cette complication survient surtout lorsque le diabète était déséquilibré en fin de grossesse et en cas de macrosomie fœtale.
Les tests de dépistage du diabète gestationnel et de tolérance au glucose font partie des tests qui pourront vous être proposés pendant votre grossesse. Ces tests permettent d’évaluer la réaction de votre organisme en présence de glucose et fournissent des informations importantes permettant de déterminer si vous souffrez de diabète gestationnel ou si vous pouvez être un sujet à risque.
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Quand réaliser le test HGPO ?
Le dépistage du diabète gestationnel est nécessaire chez les femmes présentant un ou plusieurs facteurs de risque de présenter cette affection. Il est réalisé au premier trimestre de grossesse par une prise de sang avec le dosage de la glycémie à jeun, puis entre la 24e et la 28e semaine d’aménorrhée, c’est-à-dire au cours du 5e mois de grossesse.
Si vous présentez un ou plusieurs facteurs de risque de développer un diabète gestationnel, votre professionnel de santé vous proposera sans doute de vous soumettre à un test de dépistage du diabète gestationnel ou de tolérance au glucose lors de l'une des toutes premières consultations de grossesse, au lieu d'attendre le dépistage habituellement prévu au deuxième trimestre.
Les principaux facteurs de risque de diabète gestationnel sont :
- Une grossesse tardive : en effet, le risque d'un trouble de la régulation du glucose peut augmenter avec l’âge.
- Le surpoids, c’est-à-dire avoir un indice de masse corporelle supérieur ou égal à 25 kg/m2.
- Des antécédents de diabète chez les membres de la famille proche (père, mère, frères ou sœurs).
- Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un dérèglement hormonal impactant les hormones de la reproduction mais également la régulation du métabolisme.
- Le développement d’un diabète gestationnel lors de précédentes grossesses.
- L’accouchement d’un enfant macrosome, c’est-à-dire pesant plus de 4 kg à terme, lors de précédentes grossesses.
Si vous ne présentez aucun facteur de risque de diabète de grossesse, la recherche de sucre dans les urines par bandelette urinaire est de toute façon prévue lors de la première consultation gynécologique pendant votre grossesse, puis lors de son suivi mensuel.
Comment se déroule le test HGPO ?
Le test s'effectue dans un laboratoire d’analyses médicales. Il faut venir à jeun au laboratoire. Le dépistage se déroule de la manière suivante :
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- Une première prise de sang à jeun pour le dosage du glucose sanguin (glycémie) à jeun.
- L’ingestion d'une solution de 75 grammes de glucose fournie par le laboratoire. Le laboratoire Bioethernalys fournit la solution de glucose, il n’est pas nécessaire de l’acheter en pharmacie.
- Une 2e prise de sang, 1 heure après la prise de sucre.
- Une 3e prise de sang, 2 heures après la prise de sucre.
Chaque prise de sang est effectuée pour mesurer le taux de glycémie. La future maman doit rester au laboratoire durant les deux heures du test (surveillance en cas de malaise). Le samedi, il est nécessaire de venir au laboratoire avant 8h30 compte tenu de la durée du test.
Lors de votre passage au laboratoire, vous devrez tout d’abord vous présenter au secrétariat pour que la secrétaire médicale enregistre vos analyses à partir de votre ordonnance et saisisse vos renseignements administratifs afin d’assurer la prise en charge des examens quand cela est possible. Afin de gagner du temps : penser à vous munir de carte vitale ou attestation de Sécurité Sociale attestant de vos droits, de votre carte de complémentaire santé et enfin de votre ordonnance.
Préparation au test
Votre professionnel de santé vous demandera d’arriver à jeun à votre test de tolérance au glucose, ce qui signifie que vous ne devez rien manger ni boire 8 à 14 heures avant le test de glycémie (à part un peu d’eau). Vous trouverez peut-être que le plus pratique est de prendre rendez-vous le matin de sorte à pouvoir être à jeun depuis la veille au soir. Vous devrez sûrement rester au cabinet ou au laboratoire pendant ces quelques heures. Amenez un livre ou rechargez entièrement votre téléphone pour patienter.
Le prélèvement sanguin
Les prélèvements sanguins sont assurés par un personnel habilité, conformément aux exigences de la norme NF EN ISO 15189 : infirmer(e), technicien(ne) de laboratoire ou biologiste médical(e). Tous nos préleveurs disposent d’un diplôme de capacité de prélèvement.
Une prise de sang n’est pas douloureuse en soi mais peut-être effrayante pour certains. Nos préleveurs expérimentés feront en sorte de créer le climat le plus rassurant possible, n’hésitez pas à leur demander de vous allonger si vous craignez d’avoir un malaise. Pour les plus anxieux, il est possible d’obtenir en pharmacie une crème ou patch anesthésiant à appliquer au niveau de la zone de ponction, sur prescription médicale. Ce dernier doit être apposé au minimum 1 heure avant pour garantir son efficacité.
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Afin de minimiser l’apparition de ces hématomes, il est recommandé d’exercer une pression pendant plusieurs minutes sur le coton après la prise de sang, et de ne pas plier le bras.
Durée de présence au laboratoire
En temps normal, votre passage en laboratoire est estimé entre 20 et 30 minutes selon l’affluence, parfois moins. Dans le contexte épidémiologique lié à la Covid-19, les temps d’attente peuvent être nettement plus longs.
Effets secondaires possibles
Le dépistage du diabète gestationnel est totalement indolore, puisqu’il consiste simplement en l’ingestion d’une solution sucrée et de plusieurs prises de sang. Cela peut cependant être désagréable pour vous de rester à jeun, de vous soumettre aux différents prélèvements sanguins, ou de boire cette solution qui est très fortement dosée en sucre. Au cours du dépistage, si vous vous sentez faible ou nauséeuse, vous pouvez en faire part au personnel médical sur place : ils sauront faire en sorte que le dépistage se déroule au mieux.
Aucun effet secondaire n’est à signaler pour la plupart des femmes enceintes, que ce soit pendant ou après chacun de ces deux tests. Il est possible que vous ayez un peu la nausée ou une bouffée de chaleur juste après avoir bu la solution sucrée mais c’est normal. Certaines femmes trouvent ce liquide trop sucré et difficile à avaler. Enfin, ces tests consistent en des prises de sang, ce qui veut dire que vous aurez peut-être la tête qui tourne et un hématome à proximité du site de prélèvement mais à part ça, les risques associés à ces tests sont minimes.
Interprétation des résultats
Les résultats sont disponibles entre 12h à 48h en fonction du laboratoire. Si vous en avez besoin rapidement, n’hésitez pas à le préciser lors de votre prise de rendez-vous. Vous pourrez ensuite les apporter à votre médecin ou gynécologue afin qu’il confirme ou non la présence d’un diabète.
La plage normale des résultats du test de dépistage du diabète gestationnel (celui d’une heure) et de tolérance au glucose (celui de deux heures) pouvant varier selon le laboratoire ou l’hôpital, votre médecin est l’interlocuteur idéal si vous avez besoin d’informations ou de conseils concernant les résultats obtenus, ainsi que les prochaines mesures recommandées à prendre.
Toutefois, les directives générales suivantes peuvent s’appliquer :
Résultats du test de dépistage du diabète gestationnel
En général, une glycémie inférieure à 1,26 g/L (7 mmol/L) est considérée comme normale. Si votre glycémie est considérée comme normale, vous ne souffrez pas de diabète gestationnel. Si au contraire, votre glycémie est supérieure à cette valeur, votre professionnel de santé vous fera passer un test de tolérance au glucose plus tard pendant votre grossesse, test qui permettra de préciser si vous avez effectivement un diabète gestationnel.
Résultats du test de tolérance au glucose
Au cours de ce test, vous ferez trois prises de sang : une à jeun en arrivant, une 1 h après avoir bu une solution sucrée et une dernière 2 h après avoir bu la solution. Les valeurs considérées comme normales à la suite de ces analyses sont les suivantes:
- À jeun : 0,92 g/L (5,1 mmol/L)
- Après 1 h : 1,80 g/L (10 mmol/L)
- Après 2 h : 1,53 g/L (8,5 mmol/L)
Si le résultat de l’une des analyses est supérieur aux valeurs normales, la pratique d’un autre test quatre semaines après pourra être recommandée. Si les résultats d’au moins deux des analyses sont supérieurs aux valeurs normales, votre professionnel de santé pourra établir un diagnostic de diabète gestationnel.
Exemple de résultats
- Glycémie à jeun : 5.1 mmol/L (0.92 g/L).
- Glycémie à 1h : 10 mmol/L (1.80 g/L).
- Glycémie à 2h : 8.5 mmol/L (1.53g/L).
Test HGPO positif : que faire ?
Si vos résultats sont positifs et détectent la présence d’un diabète de grossesse, essayez de ne pas vous alarmer : des mesures hygiéno-diététiques simples peuvent vous aider à le contrôler, et il existe également des traitements à base d’insuline si votre médecin l’estime nécessaire. Sauf en cas de contre-indication, avoir une activité physique modérée mais régulière au cours de la grossesse permet également de réguler votre glycémie. Rassurez-vous : ce type de traitement est administré dans seulement un cas de diabète gestationnel sur 4.
Si votre diabète de grossesse est stable et que vous ne présentez pas d’autres facteurs de risque, votre suivi de grossesse est considéré comme normal et vous faites partie des femmes enceintes en bonne santé. En revanche, si vous présentez un ou plusieurs facteurs de risque, votre suivi médical sera plus rapproché et votre médecin pourra vous prescrire des examens complémentaires afin de s'assurer que votre diabète de grossesse n’a pas de retentissement pour vous ou votre enfant (échographies, analyse du rythme cardiaque du bébé, prises de sang ou analyses d’urine régulières).
Les médecins généralistes, gynécologues ou endocrinologues sur Livi peuvent vous aider à mettre en place un régime alimentaire spécifique pour vous permettre de contrôler votre glycémie, ainsi qu’une routine sportive afin que vous puissiez rester active tout en vous sentant bien tout au long de votre grossesse.
Gestion du diabète gestationnel
Votre médecin va vous demander de contrôler votre alimentation (sucre et gras) et de pratiquer une surveillance de vos glycémies. En premier lieu, il vous orientera vers une diététicienne qui vous aidera à manger plus équilibré. Le taux de sucre dans le sang (glycémie) se mesure à l’aide d’un lecteur de glycémie qui est un appareil individuel de petite taille, facilement transportable. Vous pouvez mesurer vous-même votre taux de sucre au moyen de cet appareil. Vous devez vous piquer le bout du doigt avec un stylo autopiqueur pour recueillir une goutte de sang que vous allez déposer sur une petite bandelette qui est introduite dans l’appareil. Il existe également des dispositifs de mesure du glucose en continu (CGM), de plus en plus utilisés. Ces capteurs placés sous la peau permettent un suivi en continu du taux de glucose.
La première règle est le respect des recommandations hygiéno-diététiques (qui sont d’ailleurs valables pour toute la famille) afin d’obtenir de bons résultats glycémiques : glycémie inférieure ou égale à 0,95 g/L à jeun et inférieure ou égale à 1,20 g/L deux heures après le repas. Si malgré un bon suivi de ces règles hygiéno-diététiques, les glycémies restent au-dessus des objectifs, l’indication de l’insuline peut être posée par votre médecin. L’insuline s’administre par injections sous-cutanées, réalisées par vous-même après que l’on vous a montré comment faire.
Diabète préexistant
Dans la majorité des cas, le diabète disparaîtra après l’accouchement sauf si vous étiez diabétique avant la grossesse sans le savoir. Dans ce cas, le diabète persistera après l’accouchement. Certaines patientes avec un diabète gestationnel sont en fait diabétiques et ne le savaient pas. Lorsque les glycémies sont élevées sur le test de dépistage (>1,26 g/L à jeun), ou lors de la surveillance malgré un régime bien conduit, votre médecin peut suspecter un diabète préexistant. Il pourra demander dans ce cas un dosage de l’hémoglobine glyquée (Hba1c, qui correspond à la moyenne de vos glycémies sur les 3 derniers mois).
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