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Diabète gestationnel : Dépistage, risques et prise en charge pendant la grossesse

La grossesse est une période de changements importants pour le corps de la femme, et les contrôles réguliers sont essentiels pour la santé de la mère et du bébé. Parmi ces examens, le test de tolérance au glucose, souvent appelé test de diabète gestationnel, suscite de nombreuses questions. Est-il dangereux ? Quels sont les risques potentiels ? Cet article vise à répondre à ces préoccupations en fournissant des informations détaillées sur le diabète gestationnel, son dépistage, ses risques et sa prise en charge.

Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?

Le diabète gestationnel, ou « diabète de grossesse », est défini par l'Assurance maladie comme une augmentation de la glycémie (hyperglycémie) qui apparaît pendant la grossesse et disparaît généralement après l'accouchement. Il s'agit d'un trouble de la tolérance glucidique qui provoque une hyperglycémie plus ou moins sévère et qui peut avoir un impact sur la santé de la mère et de l'enfant. Il est important de le différencier d'une grossesse chez une femme ayant déjà un diagnostic de diabète de type 1 ou de type 2.

Pourquoi le diabète gestationnel survient-il ?

Pendant la grossesse, le corps de la femme subit de nombreux bouleversements, notamment hormonaux. Certaines hormones produites par le placenta sont hyperglycémiantes, ce qui signifie qu'elles augmentent le taux de sucre dans le sang. L'organisme doit donc utiliser plus d'insuline pour maintenir un taux de glycémie normal. Si le pancréas ne parvient pas à produire suffisamment d'insuline, la glycémie augmente et dépasse les taux de référence, entraînant ainsi le diabète gestationnel.

Dépistage du diabète gestationnel

Qui est concerné par le dépistage ?

Depuis 2010, en France, le dépistage du diabète gestationnel n'est plus systématique pour toutes les femmes enceintes. Il est ciblé sur celles qui présentent des facteurs de risque. En l'absence de facteurs de risque, un diabète gestationnel sera recherché seulement en cas d'hydramnios (quantité excessive de liquide amniotique) ou de biométries fœtales supérieures ou égales au 97e percentile.

Facteurs de risque du diabète gestationnel :

Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de développer un diabète gestationnel :

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  • Âge de la mère : Les femmes enceintes de 35 ans ou plus présentent un risque plus élevé.
  • Poids avant la grossesse : Un IMC (indice de masse corporelle) supérieur à 25, indiquant un surpoids ou une obésité, augmente le risque.
  • Antécédents familiaux de diabète : La présence de diabète de type 2 chez les parents, frères ou sœurs augmente le risque.
  • Antécédents de diabète gestationnel : Les femmes ayant déjà eu un diabète gestationnel lors d'une grossesse précédente ont un risque plus élevé de le développer à nouveau.
  • Naissance d'un bébé de 4 kg ou plus : Avoir déjà donné naissance à un enfant de 4 kg ou plus augmente le risque lors d'une grossesse ultérieure.
  • Autres conditions médicales : Certaines conditions, comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), peuvent également augmenter le risque.

Comment se déroule le dépistage ?

Le dépistage du diabète gestationnel se fait généralement entre la 24e et la 28e semaine d'aménorrhée (absence de règles), soit entre 22 et 26 semaines de grossesse, période où la détection du diabète gestationnel est la plus propice.

Le processus de dépistage comprend généralement les étapes suivantes :

  1. Recherche de glycosurie : Dès le premier trimestre, une recherche de sucre dans les urines (glycosurie) est effectuée lors de chaque consultation mensuelle. Cependant, la glycosurie seule ne suffit pas à diagnostiquer un diabète gestationnel.
  2. Glycémie à jeun : Pour les femmes présentant des facteurs de risque, une glycémie à jeun est recommandée dès le premier trimestre pour détecter un éventuel diabète de type 2 préexistant.
  3. Test HGPO (Hyperglycémie Provoquée par voie Orale) : Ce test est la méthode de référence pour diagnostiquer le diabète gestationnel. Il consiste à faire boire à la femme enceinte une boisson contenant 75 g de glucose après une période de jeûne de 8 à 10 heures. Des prises de sang sont ensuite effectuées pour mesurer la glycémie à jeun, puis 1 heure et 2 heures après l'ingestion de la boisson sucrée.

Interprétation des résultats du test HGPO :

Une seule valeur de glycémie dépassant les seuils suivants suffit à diagnostiquer un diabète gestationnel :

  • Glycémie à jeun : supérieure ou égale à 0,92 g/L (5,1 mmol/L)
  • Glycémie 1 heure après la charge orale en glucose : supérieure ou égale à 1,80 g/L (10 mmol/L)
  • Glycémie 2 heures après la charge orale en glucose : supérieure ou égale à 1,53 g/L (8,5 mmol/L)

Il est important de noter que la notion d'intolérance au sucre n'existe plus. On considère soit une glycémie normale, soit un diabète gestationnel.

Préparation au test HGPO :

  • Être à jeun pendant 8 à 10 heures avant le test.
  • Il est préférable de prendre un petit repas avant de dormir et de faire le test tôt le matin.
  • Il est important de signaler à votre médecin tout médicament que vous prenez, car certains peuvent affecter les résultats du test.
  • Il est conseillé de prévoir la présence d'un proche si vous craignez de vous sentir mal pendant le test, notamment si vous avez tendance à avoir des nausées ou des vomissements.

Contre-indications au test HGPO :

Le test HGPO est déconseillé en cas de by-pass ou de sleeve (chirurgie bariatrique) en raison du risque de dumping syndrome (malaise général dû à l'arrivée brutale de sucre dans l'intestin grêle).

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Risques et complications du diabète gestationnel

Un diabète gestationnel mal contrôlé peut entraîner des complications pour la mère et l'enfant, principalement pendant la grossesse et après l'accouchement.

Risques pour la mère :

  • Pré-éclampsie : La complication la plus grave est la survenue d'une pré-éclampsie (ou toxémie gravidique), un dysfonctionnement du placenta associant hypertension artérielle, prise de poids, œdèmes et présence de protéines dans les urines.
  • Accouchement par césarienne : Le diabète gestationnel augmente le risque de devoir recourir à une césarienne.
  • Accouchement prématuré : Il existe un risque accru d'accouchement prématuré.
  • Diabète de type 2 : Les femmes ayant eu un diabète gestationnel ont un risque plus élevé de développer un diabète de type 2 dans les années qui suivent la grossesse.
  • Maladies cardiovasculaires : Le risque de maladies cardiovasculaires est également accru.

Risques pour l'enfant :

  • Macrosomie fœtale : L'excès de glucose dans le sang de la mère est transmis au fœtus, qui stocke cette réserve calorique supplémentaire dans ses organes. Cela peut entraîner une croissance excessive du bébé, appelée macrosomie fœtale (poids à la naissance supérieur à 4 kg).
  • Accouchement difficile : La macrosomie fœtale peut rendre l'accouchement plus difficile et entraîner des complications, telles qu'une dystocie des épaules (l'épaule du fœtus se bloque contre l'os pubien de la mère).
  • Détresse respiratoire : Le bébé peut présenter une détresse respiratoire à la naissance.
  • Hypoglycémie néonatale : Le bébé peut présenter une chute du taux de sucre dans le sang (hypoglycémie) après la naissance.
  • Diabète de type 2 : Il existe un risque accru de développer un diabète de type 2 plus tard dans la vie.

Prise en charge du diabète gestationnel

La prise en charge du diabète gestationnel vise à maintenir un taux de glycémie normal pour réduire les risques pour la mère et l'enfant. Elle repose sur les éléments suivants :

  1. Autosurveillance glycémique : La femme enceinte doit mesurer régulièrement sa glycémie capillaire (taux de sucre dans le sang) à l'aide d'un lecteur de glycémie, généralement 4 à 6 fois par jour.
  2. Mesures hygiéno-diététiques : L'alimentation joue un rôle central dans le traitement du diabète gestationnel. Un régime alimentaire adapté, équilibré et fractionné est mis en place, avec un contrôle de la prise de poids. Il est recommandé de privilégier les fibres, qui ralentissent l'absorption des glucides. Un diététicien peut aider la future maman à adopter une alimentation équilibrée.
  3. Activité physique : Une activité physique régulière et adaptée à la grossesse (marche, natation, gymnastique douce, vélo d'appartement) est conseillée, sauf en cas de contre-indication médicale.
  4. Traitement par insuline : Si les glycémies restent au-dessus des seuils cibles malgré les mesures hygiéno-diététiques, un traitement par insuline est prescrit. L'insuline est injectée par la patiente elle-même, à l'aide de stylos adaptés, selon un schéma personnalisé. Ce traitement est sans danger pour le fœtus, car l'insuline ne passe pas dans sa circulation sanguine.

Si le diabète est bien équilibré, la grossesse est prise en charge comme une grossesse normale. Une césarienne peut être programmée si le poids du bébé à terme est estimé à plus de 4,200 kg.

Après la naissance, le taux de glycémie de la mère et du bébé est étroitement surveillé. Le bébé doit être rapidement et régulièrement nourri pour éviter l'hypoglycémie.

Prévention du diabète gestationnel

Bien qu'il ne soit pas toujours possible de prévenir le diabète gestationnel, certaines mesures peuvent réduire le risque :

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  • Maintenir un poids santé avant la grossesse.
  • Adopter une alimentation équilibrée et riche en fibres.
  • Pratiquer une activité physique régulière.

Suivi après la grossesse

Les femmes ayant développé un diabète gestationnel présentent un risque plus élevé de développer un diabète de type 2 dans les années qui suivent. Il est donc recommandé d'effectuer un dépistage régulier, tous les 1 à 3 ans.

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