L'allergie est une réaction anormale du corps à un élément de l'environnement. En France, une personne sur quatre est allergique, et ce chiffre ne cesse d'augmenter, avec une projection de 50% de la population touchée en 2025, entraînant des coûts socio-économiques importants. Chez l'enfant, l'allergie est souvent diagnostiquée tardivement, parfois après des années d'"errance diagnostique" marquées par des souffrances telles que toux persistante nocturne, eczéma sévère, et bronchiolites répétitives. Il est donc crucial de comprendre les tests d'allergie disponibles pour les enfants, afin de diagnostiquer et de combattre efficacement les allergies dès le plus jeune âge.
Pourquoi tester les allergies chez l'enfant ?
Contrairement à une idée reçue, il n'est pas nécessaire d'attendre un certain âge pour réaliser des tests d'allergie chez l'enfant. Ces tests peuvent être effectués dès les premières heures ou semaines de vie si des symptômes apparaissent. Connaître avec certitude les allergènes en cause permet de mieux combattre l’allergie et d’éviter ces allergènes. Les outils et techniques à disposition des allergologues permettent d’identifier de manière beaucoup plus efficace qu’auparavant les allergènes responsables des réactions allergiques.
Identifier les symptômes évocateurs d'allergie
Un médecin prescrira un bilan allergologique lorsqu’il met en évidence une forte association entre l'exposition à un allergène et la survenue de certains symptômes. Il faut aussi se rappeler que les causes et les symptômes se conjuguent parfois de manière inattendue. Ces symptômes peuvent être variés et toucher plusieurs organes (yeux, peau…).
Les différents types de tests d'allergie
Plusieurs types de tests sont utilisés pour diagnostiquer les allergies chez l'enfant :
Tests cutanés
Les tests cutanés sont des méthodes courantes et efficaces pour identifier les allergènes responsables d'une réaction allergique. Ils consistent à exposer la peau à de petites quantités d'allergènes potentiels et à observer la réaction.
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Le prick-test : C'est le test le plus couramment utilisé. Il consiste à déposer une goutte contenant un allergène sur la peau, puis à piquer légèrement la peau à travers la goutte avec une sorte d'aiguille ou stylet de plastique pour introduire la substance au niveau de l'épiderme. Ce n'est pas douloureux, mais peut être désagréable, surtout pour les enfants. La réaction se lit après 10 à 20 minutes. Une rougeur, un gonflement ou des démangeaisons à l'endroit de la piqûre indiquent une possible allergie à la substance testée. Les symptômes disparaissent rapidement dans les heures qui suivent selon l’importance de la réaction. Il y a peu de contre-indications au prick test, par exemple, si vous prenez des médicaments antihistaminiques pour traiter une allergie.
Le patch-test (test épicutané) : Il est utilisé pour diagnostiquer l'eczéma de contact. On utilise plusieurs bandes d’adhésifs sur lesquelles ont été appliquées des pastilles contenant divers allergènes. Ces adhésifs sont fixés sur la peau du dos. Après 48 heures, on observe s’il y a eu une réaction. Une lecture est faite après 2 jours, parfois à 3 et 4 jours, voire à 7 jours pour certains allergènes. L'objectif est de provoquer l'eczéma en appliquant sur la peau une batterie de 30 substances chimiques sélectionnées (il s'agit des allergènes les plus fréquents). Les critères objectifs consistent à déterminer l’étendue des lésions puis à évaluer l’intensité de l’érythème, œdème/papulation, suintement/croûtes, excoriation (grattage), lichénification (lésions chroniques) et sécheresse de la peau non atteinte.
Tests sanguins
Les tests sanguins consistent à faire une prise de sang et à déterminer si le sérum contient des anticorps IgE (Immunoglobulines E), qui sont les anticorps impliqués dans les réactions allergiques. Le dosage des IgE spécifiques permet de dépister plus précisément une allergie respiratoire ou alimentaire. Il est important de noter que le dosage des IgE totales n'est pas un test de dépistage de l'allergie.
Test d’ingestion d’un aliment (TPO)
Le test d’ingestion d’un aliment, le TPO, permet aux allergologues de connaître la quantité d’aliment qui déclenche les symptômes ainsi que leur nature et chronologie. Les informations fournies par les TPO permettent notamment d’évaluer le risque encouru lors d’une consommation accidentelle de l’aliment. Le principe général de ce test est de proposer l’aliment à tester sous une forme de consommation courante et sous la forme ayant déclenché la réaction.
Explorations fonctionnelles respiratoires (EFR)
Les explorations fonctionnelles respiratoires (EFR) nécessitent que le patient inspire et expire sur commande. Durant ces EFR, on évalue aussi la réponse aux bronchodilatateurs. On peut aussi soumettre la personne à un exercice physique pour le diagnostic d’asthme d’effort.
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Déroulement d'un test d'allergie cutané (prick-test)
Voici comment se déroule généralement un test d'allergie cutané :
- Préparation : L'allergologue interroge les parents pour évaluer le risque familial d'allergie et identifier les allergènes potentiels.
- Application des allergènes : Avec un stylo, on écrit sur la peau le nom de chaque allergène à tester. Puis on dépose à côté de chaque nom une goutte qui contient l’allergène.
- Prick-test : On griffe légèrement au centre de chaque goutte avec le petit bout d'un bâtonnet pour faire entrer un peu de la goutte dans la peau.
- Observation : Si la peau a rougi sous une goutte (comme un petit bouton de moustique), l'enfant est probablement allergique à l'élément contenu dans cette goutte.
- Nettoyage : Enfin, on efface les gouttes et les noms écrits au stylo avec un coton.
Le moment où on utilise le bout du bâtonnet n’est pas très agréable, un peu comme une griffure. On peut aider l’enfant à penser à autre chose en chantant une chanson, en lisant une histoire ou en utilisant un jouet rigolo.
Interprétation des résultats
L'allergologue interprète les résultats des tests en tenant compte de l'histoire clinique de l'enfant et des symptômes observés. Les tests aux aliments par dépistage, sans histoire médicale, peuvent mener à un grand nombre de faux positifs ou rendre complexe l’interprétation des résultats.
Où consulter et quand consulter ?
En cas de symptômes, la meilleure chose à faire est de consulter en premier votre médecin traitant au plus tôt. La plupart des allergies peuvent être traitées par votre médecin généraliste/médecin traitant. C’est notamment le cas des allergies saisonnières comme le rhume des foins. Néanmoins, pour ce qui est des allergies invalidantes, votre médecin généraliste/médecin traitant devrait vous orienter vers un allergologue proche de votre domicile. L’allergologue est un médecin spécialisé en allergologie. Si le dialogue avec le médecin n’est pas possible (ex : refus d'envoyer chez un allergologue, refus de prescrire des tests, par exemple sous prétexte que l’enfant serait trop jeune), vous pouvez consulter directement un allergologue sans être orienté par votre médecin traitant.
Il peut être compliqué d'obtenir une consultation chez ce spécialiste. La visite chez le médecin allergologue est en revanche indispensable en cas de réaction anaphylactique de grade modéré à sévère (grade 2 à 4). L’anaphylaxie est définie comme une réaction allergique sévère d’installation rapide et pouvant mettre en jeu le pronostic vital. Elle se caractérise par une atteinte des voies aériennes, de la respiration accompagnée en général (mais pas toujours) de signes cutanés ou muqueux.
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Précautions et suivi
Les tests d’allergie devront être refaits à intervalles plus ou moins réguliers en fonction de l’évolution des symptômes. L’allergie évolue avec le temps. De nouveaux allergènes peuvent apparaître et, à l’inverse, on peut développer naturellement une tolérance à des allergènes, notamment alimentaires, qu’on ne supportait pas. Chez les petits enfants, ces tests doivent être répétés tous les 2 ans (jusqu’à 6 ans en général). Néanmoins, l’âge et l’état général peuvent altérer la réactivité cutanée. Celle-ci est diminuée en dessous de l’âge de 5 ans.
Les prick tests sont le plus souvent très bien tolérés. Il n'y a pas véritablement de risque de réactions allergiques immédiates.