La question de la compatibilité entre tatouage et allaitement suscite de nombreuses interrogations chez les jeunes mamans. Si le tatouage est aujourd'hui un phénomène de mode répandu, particulièrement chez les jeunes femmes, son impact potentiel sur l'allaitement reste un sujet de débat et de prudence. Cet article vise à explorer les différents aspects de cette question, en s'appuyant sur les connaissances scientifiques disponibles et les recommandations des professionnels de santé.
Enjeux et préoccupations
Le débat autour du tatouage pendant l'allaitement est alimenté par plusieurs préoccupations :
- Migration potentielle des nanoparticules d'encre : Bien que les études soient limitées, il existe une inquiétude quant à la possibilité que les nanoparticules contenues dans les encres de tatouage migrent du derme vers le lait maternel.
- Risque d'infection : Un tatouage, comme toute procédure invasive, comporte un risque d'infection. Chez une mère allaitante, une infection pourrait potentiellement affecter le bébé.
- Réactions allergiques : Les réactions allergiques aux pigments utilisés dans les encres de tatouage peuvent également constituer un risque, tant pour la mère que potentiellement pour le bébé.
Avis des professionnels et organismes de santé
Les avis sur la question du tatouage pendant l'allaitement divergent :
- Avis divergents : Le fait de se faire tatouer lorsqu’on nourrit encore son enfant au sein fait débat parmi les différents corps de métiers concernés.
- Prudence des médecins : Les docteurs déconseillent le tatouage durant l’allaitement car on ne sait pas si ces nanoparticules potentiellement contenues dans les encres peuvent passer dans le lait de maman.
- Manque d'études : Géraldine Brunet-Manquat explique : « On ne peut pas dire oui ou non à cette question, car si en théorie, les dangers d'un tatouage sont minimes pour une femme qui allaite et son enfant, les études sur le sujet sont quasiment inexistantes, ce qui fait que nous ne pouvons pas confirmer de façon certaine que le tatouage est sans danger ».
- Recommandations de la Leche League France : La Leche League France affirme qu'avoir "un tatouage, y compris sur le sein, n’a aucun impact sur l’allaitement". Toutefois, la LLF préconise d'éviter de se faire tatouer pendant l’allaitement "étant donné le risque possible de réaction aux produits ou de surinfection".
- Syndicat National des Artistes Tatoueurs (SNAT) : Le SNAT évoque lui aussi la probabilité de transmission de celles-ci dans le lait maternel, tout en précisant que le « risque reste théoriquement très faible ».
Risques potentiels et précautions à prendre
Bien que les études soient limitées, il est important de prendre en compte les risques potentiels associés au tatouage pendant l'allaitement :
- Infection : Une simple infection c’est toujours possible, des conditions d’hygiène non respectées, des soins post tatouage mal ou non réalisés.
- Réaction allergique : Une réaction allergique aux pigments utilisés cela est un « danger constant » mais lors de l’allaitement on est encore en relation avec bébé et cela peut l’atteindre aussi.
- Nanoparticules : Les docteurs déconseille le tatouage durant l’allaitement car on ne sait pas si ces nanoparticules potentiellement contenues dans les encres peuvent passer dans le lait de maman.
Face à ces risques potentiels, il est crucial de prendre certaines précautions :
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- Choisir un professionnel qualifié : Il est important de respecter des normes d'hygiène basiques : « Une femme allaitante qui veut se faire tatouer, comme n'importe qui d'ailleurs, doit s'adresser à des professionnels aux normes d'hygiène impeccables, afin d'éviter toute infection ou toute contamination à l'hépatite ou au VIH via les aiguilles de tatouage.
- Éviter certaines zones du corps : Les tatouages au niveau du mamelon sont vraiment à éviter chez la jeune maman. En effet, il y a un risque d'ingestion de l'encre pour l'enfant qui se nourrit du lait maternel.
- Se renseigner sur les encres utilisées : Certains colorants contiennent des nanoparticules pouvant avoir un effet cancérigène.
- Respecter les soins post-tatouage : Des soins post tatouage mal ou non réalisés peuvent entrainer une infection.
Alternatives et solutions
Pour les femmes souhaitant exprimer leur créativité corporelle pendant l'allaitement, des alternatives existent :
- Henné naturel : Nos artistes créent méticuleusement des motifs personnalisés parfaitement compatibles avec l’allaitement.
- Tatouages semi-permanents : Ces créations peuvent assurément durer plusieurs semaines sans les risques d’un tatouage permanent à Toulon.
- Body painting professionnel : Idéal incontestablement pour sublimer temporairement votre corps pendant l’allaitement.
Tatouage et allaitement : Le point sur d'autres pratiques esthétiques
Il est possible de subir une opération de chirurgie esthétique quand on allaite, comme n’importe quelle opération chirurgicale. La base de données e-lactancia les classe ainsi : "Modérément sûr. Probablement compatible. Risque léger possible. Suivi recommandé."
Colorations capillaires
Les colorations capillaires sont des produits largement utilisés par de nombreuses cultures et civilisations. Les composants naturels, à faible risque, sont : le henné, le safran, la camomille et les noix, entre autres. Les composants synthétiques sont : l'aniline et autres dérivés du benzène, les métaux lourds comme le plomb.
Certains de leurs composants peuvent être absorbés et atteindre le plasma de la mère et le lait maternel. Au cours de la dernière décennie, une grande quantité des produits utilisés ont été retirés du marché car considérés comme toxiques pour l'organisme. Il existe toujours une controverse sur la sécurité des produits existants, même si certaines autorités les considèrent comme sûrs.
Certaines études ont trouvé une association entre leur utilisation pendant la grossesse et l'allaitement et certains types de leucémie, ou des tumeurs des cellules germinales chez l'enfant. Il a également été trouvé une relation entre leur utilisation régulière et certains types de cancer chez les femmes qui les utilisent personnellement ou comme coiffeuses. Il existe un risque accru de cancer de la vessie chez les coiffeurs, mais pas chez les utilisateurs.
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Pendant l'allaitement, on recommande un usage limité, de suivre les conseils figurant sur le produit, de prendre une douche après la teinture pour garder propre la zone de la poitrine et de porter les cheveux courts afin de minimiser l'absorption de produits potentiellement toxiques. Les mères travaillant dans des salons de coiffure devraient respecter toutes les mesures préventives, porter des gants, limiter le temps de travail, etc.
Lissage des cheveux
Voici ce qu'en dit e-lactancia : "Dangereux. Effets indésirables modérés/sévères. Compatible dans certaines circonstances. Suivi recommandé. Utilisez une alternative plus sûre ou arrêtez l'allaitement de 5 à 7 demi-vies.
Certains produits de lissage, notamment le lissage à la kératine ou lissage brésilien, contiennent du formaldéhyde ou du glutaraldéhyde, ou des libérateurs de formaldéhyde tels que le méthylène glycol ou l'acide glyoxylique. La concentration de formaldéhyde dans ces produits ne doit pas dépasser 2 %.
Son utilisation augmente la concentration de formaldéhyde dans l'air des salons de coiffure bien au-dessus du niveau maximum de sécurité de 0,1 ppm. Le formaldéhyde et le glutaraldéhyde ont un pouvoir mutagène, sont cancérigènes, peuvent endommager les reins ou provoquer de l'asthme. Leur utilisation est limitée dans de nombreux pays.
D'autres produits de lissage, tels que l'hydroxyde de sodium, l'hydroxyde de lithium, l'hydroxyde de calcium ou le thioglycolate d'ammonium, utilisés dans le lissage dit japonais, ou l'acide acétique, le décylène glycol et le caprylyl glycol ne sont pas mutagènes et sont considérés comme sûrs. Ces produits peuvent également contenir des produits chimiques provoquant une dermatite de contact.
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Un risque accru (OR 2,43) a été observé entre l'exposition maternelle aux produits de défrisage pendant l'allaitement et la leucémie myéloïde aiguë chez le nourrisson. Un risque accru (OR 1,78) a été observé entre l'exposition maternelle aux produits de défrisage au cours du premier trimestre de la grossesse et la leucémie lymphoïde aiguë de l'enfant.
Il est recommandé d'en limiter l'utilisation, d'éviter les produits contenant du formaldéhyde ou qui libèrent du formaldéhyde, fréquemment étiquetés comme "sans formaldéhyde", de respecter les normes de sécurité d'utilisation contenues dans les contenants, de garder la zone de la poitrine propre, et de porter les cheveux courts ou attachés afin d'éviter l'absorption de composés potentiellement toxiques par le nourrisson. Les travailleurs de la coiffure sont plus exposés et doivent respecter strictement les normes de sécurité (utilisation de gants, aération des locaux et limitation de durée, entre autres) et utiliser des produits légalement autorisés.
Crèmes et produits de soin
Les crèmes qu'on passe sur la peau ne sont pas censées traverser la peau. Et même si certains produits peuvent avoir une toxicité cumulative après des années d'utilisation, ils n'ont pas de toxicité "immédiate" pour un bébé allaité.
Néanmoins, il convient de ne pas appliquer sur les seins, et surtout sur les mamelons, ni sur aucun endroit du corps pouvant être en contact avec la bouche du bébé, des crèmes, gels ou autres produits toxiques en cas d’absorption orale (par exemple ceux contenant de la paraffine, les crèmes "raffermissantes", etc.).
Vernis à ongles
L'utilisation de vernis à ongles (y compris les vernis dits "permanents") est compatible avec l'allaitement, tant qu'on reste dans un usage cosmétique, donc ponctuel, en milieu bien aéré, en veillant à ne pas être avec le bébé pendant l'application et en attendant suffisamment longtemps pour que le vernis ait séché et que les solvants qu'il contient se soient dissipés.
Cabines de bronzage
L’utilisation d’une cabine de bronzage par UVA (en respectant les consignes de sécurité) ne pose pas de problèmes pendant l’allaitement.
Conditions médicales et tatouage
Si, pour une grande partie de la population, se faire tatouer ne pose aucun problème d’ordre médical, pour d’autres, quelques précautions s’imposent, et même parfois un avis médical assez pointu.
- Antécédents personnels de mélanome ou de cancer de la peau : Il est « interdit » de tatouer sur une cicatrice opératoire afin de permettre un suivi médical ultérieur correct. Idem en cas de grains de beauté, typiques ou atypiques (comme le « syndrome du nævus atypique » qui expose à un risque accru de mélanome).
- Maladie chronique de peau (psoriasis, dermatite atopique, vitiligo…) : Le tatouage n’est pas interdit, à condition d’attendre que la crise, c’est-à-dire la période pendant laquelle la maladie est active, soit passée. En effet, ces dermatoses sont particulièrement sensibles aux traumatismes liés aux tatouages. En revanche, si la maladie est stable, avec des lésions inchangées depuis longtemps, il est possible de se faire tatouer sur des zones saines.
- Chimiothérapie ou radiothérapie : On conseille généralement aux patients d’attendre la fin de leurs traitements contre le cancer avant de se faire tatouer.
- Maladie systémique : Notamment affectant l’immunité, qu’elle soit présente depuis la naissance (congénitale) ou acquise (cirrhose du foie, leucémie, cancer, VIH…) ou en cas de traitement immunosuppresseur: le risque d’infection est plus important, un avis médical est donc nécessaire avant tout tatouage.
- Greffe d'organe : Peu importe l’organe transplanté (cœur, foie, rein, poumons…), vous pouvez vous faire tatouer. Mais comme la transplantation impose d’être sous immunosuppresseurs, un avis médical est indispensable.
- Fièvre ou infection bactérienne : Etre sous antibiotiques n’empêche pas de vous faire tatouer.
- Maladie de cœur : En présence d’une cardiopathie existante, un rendez-vous avec votre médecin généraliste ou votre cardiologue est nécessaire pour voir si des antibiotiques doivent être prescrits en prévention. Ceci afin d’éviter tout risque d’infection bactérienne du cœur comme l’endocardite, mais qui reste rarissime. Un mot d’ordre : prévenez votre cardiologue.
- Troubles de la coagulation et traitements fluidifiant le sang : Il existe un risque théorique de saignement important pendant la séance, lorsque les aiguilles perforent le derme. Il faut donc en discuter avec son médecin avant le tatouage. Il n’y a cependant jamais eu de cas d’hémorragie après tatouage nécessitant une hospitalisation ou un geste en urgence. De plus, il ne faut jamais arrêter un médicament de sa propre initiative, même temporairement pour une séance de tatouage, sans consulter un professionnel de santé.
- Diabète : Si le stade d’évolution du diabète est très avancé, les patients peuvent présenter un risque accru d’infection et de retard de cicatrisation. Toutefois, il n’existe pas de directives spécifiques concernant la procédure de tatouage chez les personnes diabétiques.
- Angiome : Les tatouages sur angiomes sont généralement acceptés, mais il est déconseillé aux patients ayant des malformations vasculaires complexes de se faire tatouer sur les zones concernées.
Attendre la fin de l'allaitement : Une option raisonnable
Nos artistes tatoueurs de Kanea Tattoo à Toulon recommandent vivement d’attendre au moins 3 à 6 mois après la fin complète de l’allaitement.
- Stabilisation de la peau : Les fluctuations post-allaitement se stabilisent progressivement, garantissant ainsi un meilleur résultat de tatouage à Toulon.
- Récupération complète : Un tatouage sollicite indubitablement les ressources du corps, particulièrement après l’allaitement.
- Design réfléchi : Cette période intermédiaire permet certainement de concevoir sereinement votre futur tatouage à Toulon.
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