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Prise de Poids et Grossesse Gémellaire : Guide et Recommandations

La grossesse est une période de transformation unique, remplie d’émotions et d’anticipation. Parmi les nombreuses questions que se posent les futures mamans, la prise de poids est un sujet central. Combien de kilos est-il recommandé de prendre ? Comment cette prise de poids évolue-t-elle au fil des mois ? Ces interrogations sont d’autant plus importantes lors d’une grossesse gémellaire. Cet article vise à fournir des informations claires et des recommandations pour une prise de poids saine et équilibrée pendant une grossesse de jumeaux.

Comprendre les bases de la prise de poids pendant la grossesse

La prise de poids pendant la grossesse est un phénomène naturel et nécessaire, lié au développement du fœtus, au poids du placenta, du cordon ombilical, des membranes et du liquide amniotique. Elle est également due à l’augmentation du volume sanguin maternel, du volume des seins et de l’utérus, et parfois à la rétention d’eau. Les calories sont aussi ingérées différemment pendant la grossesse.

Pour déterminer la prise de poids idéale au cours d’une grossesse gémellaire, il est utile de comprendre d’abord les recommandations pour une grossesse unique. L’indice de masse corporelle (IMC) avant la grossesse est un indicateur clé. Il se calcule en divisant le poids en kilos par le carré de la taille en mètres.

  • IMC inférieur à 18,5 (maigreur) : La prise de poids conseillée est de 12,5 à 18 kg.
  • IMC entre 18,5 et 25 (poids normal) : La prise de poids conseillée est de 11,5 à 16 kg.
  • IMC entre 25 et 30 (surpoids) : La prise de poids conseillée est de 7 à 11,5 kg.
  • IMC supérieur à 30 (obésité) : La prise de poids conseillée est de 6 à 7 kg.

Spécificités de la prise de poids lors d’une grossesse gémellaire

Lors d'une grossesse gémellaire, la femme enceinte prend plus de poids que dans le cadre d'une grossesse dite "classique". Les spécialistes estiment que dans le cas d’une grossesse gémellaire, la prise de poids doit être en moyenne supérieure de 30%. En moyenne, une prise de poids entre 15 et 20 kilos est considérée comme "normale", mais cette norme peut varier en fonction du poids initial de la personne. Ainsi, les spécialistes de santé recommandent aux femmes enceintes de prendre environ 400 grammes par semaine dans le courant des deuxième et troisième trimestres de grossesse.

Il est important de noter que la prise de poids pendant la grossesse est variable d’une femme à l’autre. Certaines femmes peuvent réagir fortement aux hormones de grossesse et prendre du poids rapidement, tandis que d’autres peuvent prendre moins de poids. Il est donc difficile de prédire avec exactitude la prise de poids idéale.

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Prise de poids mois par mois

La femme enceinte peut commencer à prendre du poids très tôt, "dès le premier trimestre de grossesse". Au début de la grossesse, le fœtus a très peu de gras in utero. Or le gras est une source d'énergie pour lui. Les hormones de grossesse vont favoriser une prise de poids et un stockage de graisses, qui vont amener au fœtus de l'énergie suffisante sans qu'il soit dépendant de l'alimentation de sa maman", détaille le Pr Philippe Deruelle, gynécologue-obstétricien.

Il n'y a pas un mois spécifique pendant la grossesse où la femme prend le plus de poids. Cela reste encore une fois très variable d'une personne à l'autre. En revanche, il est courant de voir des femmes prendre davantage de poids vers la fin de la grossesse, vers le 7e et 8e mois de grossesse.

Importance d'une alimentation équilibrée

Pendant une grossesse gémellaire, il est important de se nourrir plus qu'à l'accoutumée puisque deux bébés sont logés dans le ventre de maman ! Ainsi, la femme enceinte de jumeaux peut consommer 500 calories de plus par rapport à son régime alimentaire habituel. Quoi qu'il en soit, le régime alimentaire doit au préalable être discuté avec son médecin car il faut évidemment faire attention aux excès.

Il est crucial d'éviter les régimes restrictifs pendant la grossesse. Des bébés restreints pendant la grossesse ont plus de risques, adultes, de développer du diabète ou une obésité par exemple. Pour la maman, le risque est relativement limité si elle n'a pas de carence majeure. A moins d'une perte de poids pendant la grossesse (ce qui peut arriver chez les femmes qui ont subi une chirurgie bariatrique par exemple) qui peut entraîner des carences vitaminiques, on observe peu d'effets très dangereux.

Quelques conseils alimentaires

  • Mangez deux fois mieux.
  • Mangez quand vous avez (vraiment) faim.
  • Apprenez à manger lorsque vous en ressentez le besoin et arrêtez-vous si vous n'avez plus faim, et ce même si vous n'avez pas fini votre assiette.
  • Pour éviter la prise de poids dite de "surconsommation" tout en conservant un équilibre alimentaire, obligez-vous à manger lentement en reposant la fourchette toutes les trois bouchées, pour que le corps ait le temps d'exprimer au cerveau sa satiété.
  • Évitez les grignotages. En cas de fringale, vous pouvez fractionner les repas, mais sans les additionner !
  • Évitez les barres de céréales. Elles contiennent des sucres rapides qui favorisent la production d'insuline, donc la prise de poids.

Risques liés à une prise de poids excessive ou insuffisante

Une forte prise de poids se traduit généralement par un diabète gestationnel, voire des risques de maladies cardiovasculaires. Le bébé, quant à lui, a des risques de naître en surpoids (syndrome du gros bébé, de 4 kilos et plus), en cas de diabète gestationnel. Il arrive alors que les accouchements soient déclenchés avant terme, par césarienne, avec également un risque d'étranglement avec le cordon ombilical.

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En dessous de 5 kilos pris pendant la grossesse, on dénombre plus de prématurés, de bébés plus petits à la naissance et sur le long terme, des problèmes de santé chroniques. Les femmes qui ne prennent pas assez de poids ont quant à elles un risque de carence. En effet, le bébé va puiser dans les réserves de la maman.

Suivi médical spécifique à la grossesse gémellaire

Le suivi d'une grossesse gémellaire est généralement plus fréquent et plus intensif que celui d'une grossesse de bébé unique. Les grossesses gémellaires sont considérées comme à risque accru, ce qui nécessite une surveillance étroite pour garantir la santé de la mère et des bébés. Il est important de noter que le suivi peut varier en fonction de la santé de la mère et des fœtus, ainsi que des pratiques médicales de votre professionnel de la santé.

Calendrier de surveillance adapté

Contrairement à une grossesse unique, votre suivi sera intensifié dès le 1er trimestre.

  • 1er trimestre (8-12 SA) : L’échographie 8 SA permettra de confirmer la grossesse gémellaire. L’échographie 12 SA vérifiera la clarté nucale et déterminera la chorionicité définitive. Une consultation avec le gynéco-obstétricien vous aidera à choisir votre maternité. Prévoyez également une prise de sang complète et la recherche de facteurs de risque pour grossesse multiple.
  • 2ème trimestre (13-27 SA) : L’échographie morphologique à 22 SA recherchera des malformations et révèlera les sexes. Prévoyez également des consultations mensuelles avec votre obstétricien. De plus, si votre grossesse est monochoriale : des échographies supplémentaires à 16, 18, 20 SA. Vous passerez aussi le test O’Sullivan entre 24-28 SA pour dépister un éventuel diabète gestationnel, une surveillance du col utérin par échographie et un contrôle renforcé de votre poids maternel.
  • 3ème trimestre (28 SA-accouchement) : La surveillance s’intensifie donc : des consultations bimensuelles au minimum, des échographies toutes les 3-4 semaines, un monitoring fœtal à partir de 32 SA. L’équipe vérifiera la pesée des bébés à chaque échographie, la mesure du liquide amniotique, la position des bébés (présentation) et l’état de votre col utérin.

Examens spécifiques

  • DPNI (Dépistage Prénatal Non Invasif) : Il est plus complexe avec des jumeaux, le risque de « faux négatifs » est plus élevé et le coût est souvent majoré.
  • Amniocentèse : Deux prélèvements seront effectués (un par bébé), le risque est légèrement augmenté et une discussion approfondie avec l’équipe est indispensable.

Monitoring et surveillance

À partir de 28 SA, attendez-vous à : Un monitoring 2 fois par semaine si votre grossesse est monochoriale, une surveillance quotidienne des mouvements fœtaux et un comptage des mouvements par bébé.

Signes d’alerte à surveiller

Contactez immédiatement votre maternité si vous constatez : Une diminution des mouvements d’un ou des deux bébés, des contractions utérines régulières, des pertes de sang ou de liquide amniotique, des maux de tête persistants accompagnés de troubles visuels.

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Complications possibles et prévention

Même si la majorité des grossesses gémellaires se passent bien, certaines complications sont plus fréquentes.

Risques spécifiques

  • Syndrome transfuseur-transfusé (STT) : Concerne uniquement les grossesses monochoriales (15% des cas). Des échographies rapprochées sont obligatoires, la laser thérapie fonctionne bien si détection précoce et des centres spécialisés peuvent vous prendre en charge.
  • Retard de croissance intra-utérin (RCIU) : Il touche 25% des grossesses gémellaires (contre 5% pour une grossesse unique). Votre équipe effectuera une pesée échographique régulière, un doppler des artères utérines et un monitoring du bien-être fœtal. Adoptez une alimentation riche et équilibrée, respectez le repos allongé si prescrit et prenez vos compléments en fer et folates.
  • Menace d’accouchement prématuré : 50% des jumeaux naissent avant 37 SA et 15% naissent avant 32 SA (grande prématurité). Le repos si un col court est détecté, un arrêt de travail anticipé et l’administration de corticoïdes si menace entre 24-34 SA peuvent aider.

Complications maternelles spécifiques

  • Hypertension artérielle et pré-éclampsie : Le risque est multiplié par 3 avec des jumeaux. Votre tension sera surveillée à chaque consultation et une hospitalisation sera nécessaire si TA > 14/9.
  • Diabète gestationnel : La prévalence est doublée avec une grossesse multiple. Le test O’Sullivan sera donc obligatoire et plus précoce. Un régime voire de l’insuline pourront être nécessaires.
  • Anémie maternelle : Vos besoins en fer sont doublés avec des jumeaux. Une supplémentation est systématique et un contrôle de la NFS sera effectué mensuellement.

Préparation physique et émotionnelle

Adaptation du corps maternel

Voici ce qui vous attend concrètement : Une prise de poids recommandée de 16-20 kg (contre 12 kg pour une grossesse simple), un volume utérin équivalent à 40 SA dès 32-34 SA et une fatigue plus importante dès le 2ème trimestre.

Conseils pour une alimentation optimisée

Fractionnez vos repas en 5-6 prises quotidiennes, privilégiez les protéines (1,2g/kg/jour), augmentez votre apport en fer, folates et calcium et hydratez-vous avec 2 à 2,5L d’eau par jour minimum.

Gestion de la fatigue

Les siestes quotidiennes ne sont pas négociables, couchez-vous tôt (entre 21h30 et 22h) et adoptez la position sur le côté gauche avec un coussin entre les jambes.

Activité physique adaptée

Restez active modérément : marchez doucement 20-30 minutes par jour, nagez jusqu’à 32-34 SA et pratiquez le yoga prénatal spécialisé grossesse multiple. Cependant, ARRÊTEZ : les sports à impact et les abdominaux.

Accouchement

Le terme ou la durée typique d'une grossesse gémellaire est généralement un peu plus court que celui d'une grossesse de bébé unique. Une grossesse gémellaire est souvent considérée comme à terme entre 37 et 38 semaines de gestation. Certains bébés gémellaires peuvent naître prématurément, ce qui signifie avant 37 semaines de gestation, en raison de complications ou de facteurs de risque. Dans de tels cas, une naissance prématurée peut être nécessaire pour assurer la santé des bébés.

L’accouchement est souvent déclenché dans le cadre d’une grossesse gémellaire. Le but est d’éviter d’arriver au moment où le(s) placenta(s) ne fonctionne(nt) plus. Car le placenta vieillit plus vite dans le cadre d’une grossesse gémellaire, que celle-ci soit monochoriale ou bichoriale.

Selon le Pr Yves Ville, c’est surtout la configuration dans laquelle se trouveront les jumeaux le jour J qui déterminera la procédure à suivre. « Si le premier bébé qui se présente a la tête en bas et qu’il n’y a pas un grand écart de croissance entre les deux, un accouchement par voie basse est envisageable », détaille-t-il. Pour l’accouchement du second bébé, l’obstétricien effectuera des manœuvres intra-utérines afin qu’il se présente dans une bonne configuration. Le Pr Ville estime le risque d’accoucher par césarienne de 25 % par bébé. Dans le cas d’une grossesse gémellaire, il y a donc 50 % de risques de devoir accoucher par césarienne. À noter qu’au vu du risque de complications, l’accouchement de jumeaux est généralement plus médicalisé qu’un accouchement simple.

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