La scène musicale classique est un univers riche et diversifié, où les orchestres symphoniques jouent un rôle central. Parmi ces formations, l'Orchestre Symphonique de Prague se distingue par son engagement envers un répertoire varié, allant des œuvres classiques aux créations contemporaines. Cet article explore certains aspects du répertoire de l'Orchestre Symphonique de Prague, en mettant l'accent sur les berceuses et les œuvres qui évoquent l'enfance, ainsi que sur les collaborations artistiques qui enrichissent son identité musicale.
Des Artistes de Renom Collaborant avec l'Orchestre Symphonique de Prague
L'Orchestre Symphonique de Prague collabore régulièrement avec des artistes de renom, contribuant à la richesse et à la diversité de ses programmes. Parmi ces collaborations, on peut citer des concerts avec des solistes tels que le pianiste finlandais Antti Siirala, reconnu pour sa riche palette de couleurs sonores et son intelligence expressive.
Antti Siirala : Un pianiste d'exception
Antti Siirala, professeur à la Hochschule für Musik und Theater de Munich, s'est imposé comme l'un des meilleurs pianistes de sa génération. Il est lauréat de nombreux concours internationaux, dont le Concours international de piano de Leeds et le Concours international de piano Beethoven de Vienne, où il est devenu le plus jeune lauréat de son histoire. Sa carrière l'a amené à se produire avec des chefs d'orchestre renommés comme Herbert Blomstedt, François-Xavier Roth, Esa-Pekka Salonen et Sakari Oramo, et avec des orchestres prestigieux tels que le Deutsches Symphonie-Orchester Berlin, le Bamberger Symphoniker, l'Orchestre de la Tonhalle de Zurich et le Philharmonia Orchestra de Londres. Parmi les temps forts récents de sa carrière, on compte ses débuts avec l'Orchestre philharmonique de Belgrade et la création allemande des Trois Berceuses de Thomas Adès avec Lawrence Power au Festival de Moritzburg. Les saisons à venir verront Antti Siirala retourner à l'Orchestre Symphonique de Prague sous la direction de Pietari Inkinen.
Ainārs Rubiķis : Un chef d'orchestre letton de talent
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Né en Lettonie, Ainārs Rubiķis a attiré l'attention internationale en remportant le concours de direction Gustav Mahler en 2010. De 2018 à 2022, il a été directeur musical du Komische Oper de Berlin, où ses performances régulières de haute qualité dans un répertoire lyrique d'une grande diversité ont été saluées. Il a également dirigé l'Opéra national finnois, l'Opéra lyrique de Chicago et le Théâtre Bolchoï. Au cours des précédentes saisons symphoniques, il a travaillé avec l'Orchestre symphonique de Bamberg, l'Orchestre national d'Île-de-France et l'Orchestre philharmonique de Strasbourg.
Alice Coote : Une mezzo-soprano de renom
Établie comme une star majeure sur les scènes lyriques et de concert, la mezzo-soprano Alice Coote est considérée comme l'une des grandes artistes de notre époque. Elle a interprété des rôles majeurs sur des scènes telles que le Metropolitan Opera, Glyndebourne, la Royal Opera House et l'Opéra de Paris. Également acclamée sur la scène de concert, elle s'est produite avec des orchestres tels que l'Orchestre symphonique de Londres, l'Orchestre symphonique de Boston et le New York Philharmonic.
Un Voyage Musical à Travers Prague et Au-Delà
L'Orchestre Symphonique de Prague propose des programmes variés qui invitent le public à un voyage musical à travers différentes époques et cultures.
La Moldau de Smetana : Un hommage à Prague
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« J’aurais voulu te dire… » chantait Marc Lavoine sur les notes du plus célèbre des thèmes de La Moldau. Un poème symphonique composé par Bedrich Smetana, qui rend hommage à la grande rivière traversant la ville de Prague. Extrait d’un vaste cycle intitulé Ma Vlast, « Ma Patrie », cette composition nous invite à imaginer la naissance de la rivière, mince filet d’eau au départ, évoqué par le jeu fluet des flûtes, grandissant petit à petit avant de border une scène de danses paysannes et de faire une entrée glorieuse dans la capitale de la Tchéquie.
Le Chant de la Mer d'Elgar : Une immersion dans l'univers marin
Le Chant de la mer d'Elgar est un cycle de cinq poèmes mis en musique, offrant autant de visages de la mer : une berceuse, une mélodie entendue dans le port de Capri, la mer calme un dimanche, une plongée à la découverte des coraux et le rythme de la nage. Ces mélodies anglaises et lyriques interprétées par la mezzo-soprano Alice Coote nous plongent dans un bain debussyste et wagnérien. Une musique romantique interprétée par un orchestre fleuve, renforcé par les notes d’une harpe et d’un orgue afin de mieux rendre compte des couleurs mouvantes de la mer protectrice de l’Angleterre d’Elgar.
La Symphonie n° 3 de Brahms : Un chef-d'œuvre romantique
Difficile de rester de marbre face à l’une des œuvres les plus charmantes de Johannes Brahms. Sa Troisième Symphonie, popularisée par son troisième mouvement repris par Jane Birkin et Gainsbourg dans la chanson Baby Alone fait partie des chefs-d’œuvre du compositeur. Parmi les grandes admiratrices de cette symphonie, Brahms pouvait compter sur son amoureuse secrète, Clara Schumann qui croyait entendre dans cette partition : « un tout, un seul battement de cœur. Du début à la fin on est enveloppé par le charme mystérieux des bois et des forêts ».
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Berceuses et Musiques pour Enfants : Un Répertoire Doux et Émouvant
L'Orchestre Symphonique de Prague explore également le répertoire des berceuses et des musiques pour enfants, offrant des moments de douceur et d'émotion au public.
Brundibár : Un opéra pour enfants chargé d'histoire
Brundibár, comme Hansel et Gretel, comme Bastien et Bastienne, et dans une moindre mesure, comme l'Enfant et les sortilèges, est un opéra d'un peu plus d'une trentaine de minutes, conçu par et pour les enfants. Contrairement à ce que l'on croit communément, Brundibár ne fût pas créé dans le camp de Terezin. Son auteur, Hans Krása, est né à Prague. Brundibár fut écrit pour un concours d'opéra pour enfants prévu en 1938, organisé par le ministère de l'Éducation et de la Culture tchèque, qui finalement n'eut jamais lieu. La première de Brundibár eut donc lieu en cachette, à l'orphelinat juif Belgicka de Prague au cours de l'hiver 1942-1943, dans une réduction pour piano, violon et percussion. Au moment de sa déportation, le directeur de l'orphelinat, Rudolf Freudenfeld, apporta avec lui la partition de chant. Hans Krása écrivit alors une nouvelle mouture de l'orchestration, en l'adaptant aux moyens du bord, c'est à dire aux instruments disponibles dans le camp, et aux musiciens professionnels qui s'y trouvaient internés. C'est pour cette raison qu'il en existe plusieurs versions, toutes légitimes. La première dans le ghetto eut lieu le 23 septembre 1943. Brundibár poursuivit malgré tout son aventure, 55 représentations à Terezín, dont une devant le Comité International de la Croix Rouge, et quelques scènes furent enregistrées, à destination d'un film de propagande nazie. L'opéra a été recréé pour la première fois aux États-Unis en avril 1975, et en France en juin 1993 par l'ensemble Disman de Prague au festival du Marais. Le livret, dû à Adolf Hoffmeister, comporte tous les éléments d'un conte de fées : deux enfants pauvres, un méchant terrifiant, des animaux magiques, et une fin heureuse en forme de morale. La maman de Pepíček et Aninka est malade. Le médecin lui recommande de boire du lait pour guérir, mais les enfants n'ont pas d'argent pour en acheter. Sur la place du marché, le marchand de glace, le boulanger, le crémier font la publicité pour leurs produits, mais ne les vendent qu'à ceux qui peuvent payer. Arrive Brundibár, joueur d'orgue de barbarie, à qui les badauds jettent des pièces. Les enfants décident de l'imiter et de chanter, pour gagner l'argent nécessaire à l'achat du lait, mais leurs voix sont trop faibles, personne ne les entend, et même, ils indisposent les passants. Brundibár les chasse brutalement. La nuit tombe. Pepíček et Aninka sont terrorisés, et se rendent compte que seuls, ils sont démunis. Mais l'oiseau, le chat et le chien les réconfortent et leur promettent de réunir trois cent filles et garçons pour le lendemain. Les enfants s'endorment. Au matin, la ville s'éveille, les trois animaux rassemblent les écoliers. Quand Brundibár arrive pour son spectacle quotidien, il se fait attaquer par le chien, le chat et l'oiseau, et tous les enfants entonnent ensemble une berceuse, morceau le plus célèbre de l'ouvrage. Pepíček et Aninka rassemblent assez d'argent pour acheter le lait, mais l'horrible Brundibár tente de le leur voler. Tous les enfants s'unissent alors pour le neutraliser et récupérer leur pécule. Les photos des représentations de Terezín sont sans appel, le jeune Honza Treichlinger en arborait une de très belle facture, et il paraît qu'il s'en servait de façon désopilante. Un groupe d'enfant qui parvient à vaincre un monstre à moustache éructant rien qu'en s'unissant ? C'est presque trop beau pour être vrai. Pourtant, les témoignages des rescapés sont formels : l'œuvre devint immédiatement un hymne à la résistance, à la solidarité, à la lutte contre l'indifférence, aux lendemains qui finiraient bien par chanter, et tout cela à la barbe des nazis, trop bêtes pour comprendre ? Pour bien enfoncer le clou, les toutes dernières lignes du livret ont été modifiées à Terezín par le poète Emil A. Adolf Hoffmeister et Hans Krása avaient-ils envisagé cette situation d'entrée de jeu ? Ils possédaient assez d'intelligence et d'ironie pour cela. Il est certain qu'en 1938, date de la conception de l'ouvrage, même si la Tchécoslovaquie était encore un pays libre, et pas encore le protectorat de Bohème-Moravie, le personnage d'Adolf Hitler et ses exactions étaient déjà bien connus, mais personne à Prague ne savait encore exactement ce qu'était un camp de concentration. Au sujet de la valeur littéraire de l'original tchèque, la sommité en la matière, Joža Karas, est sans appel : « le livret d' Hoffmeister est plutôt naïf, et laisse beaucoup à désirer sur le plan poétique Même s'il est évident que le texte s'efforce d'imiter le langage des enfants, cela n'excuse pas les entorses à l'accentuation, l'utilisation de rimes triviales obtenues par l'usage abusif des diminutifs tchèques. Ces problèmes étaient accentués par le fait que Krása était issu d'une famille germanophone et fut élevé en citoyen tchécoslovaque, qui, bien que possédant des notions de la langue tchèque, ne maîtrisait pas toutes les subtilités de son accentuation. ».
Bohuslav Martinů : Un Compositeur Tchèque à l'Honneur
L'Orchestre Symphonique de Prague met également en valeur l'œuvre de compositeurs tchèques, tels que Bohuslav Martinů.
Kytice H 260 : Un chef-d'œuvre choral et orchestral
Kytice H 260 est une œuvre de Bohuslav Martinů qui illustre son talent pour combiner les traditions folkloriques tchèques avec un langage musical moderne. La 2ème partie, Clovek a smrt (L'homme et la mort), est particulièrement émouvante.
Alain Planès et Debussy : Une Affinité Particulière
Le pianiste Alain Planès a une affinité particulière avec l'œuvre de Claude Debussy, dont il explore les multiples facettes à travers des récitals thématiques.
Un récital Tout Debussy
Alain Planès joue la musique pour piano seul d’un musicien qui, à l’instar de Chopin, écrivit des Préludes et des Études, mais aussi des Estampes, des Images, jusqu’à cette Isle joyeuse qui est peut-être le comble de l’euphorie en musique. Son récital comprend des œuvres telles que Berceuse héroïque, Pièce pour l’œuvre du vêtement blessé, Élégie, Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon, Épigraphes antiques, La Boîte à joujoux et les Études pour piano.
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