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Violences et résilience : Histoires de jeunes femmes et d'enfants

Cet article explore les différentes formes de violence subies par les jeunes femmes et les enfants, ainsi que leur capacité à se reconstruire et à trouver des ressources pour surmonter ces épreuves. Il met en lumière l'importance de la sensibilisation, de l'accompagnement et du soutien pour briser le cycle de la violence et favoriser la santé mentale des victimes.

Violences au sein du couple chez les jeunes femmes

L'isolement et le contrôle : les premiers signes

Pour certaines jeunes femmes, leur jeunesse les empêche de se considérer comme des victimes légitimes. Sara, Yanissa, Aïcha et Rose ont toutes vécu des violences physiques et psychologiques au sein de leur couple. Dans le cas de Sara, il s'agissait de sa première relation. Progressivement, son petit ami a réussi à l'isoler de ses proches afin de mieux la contrôler. Lorsqu'il a levé la main sur elle, elle a décidé de mettre fin à la relation.

Entre Yanissa et son petit ami, le contrôle, l'isolement et la violence se sont progressivement installés, aggravés par une dépendance au cannabis. Aïcha a subi les menaces de viol et de mort de son copain. Rose, violentée par son copain, a également été malmenée par le système judiciaire. Elle a compté les mois avant d'être entendue par la police, tout comme elle comptait les bleus sur ses bras.

Le cycle de la violence : séduction, domination et reconstruction

Natacha Henry, autrice, journaliste et historienne, explique que ces jeunes femmes décrivent très bien comment, au début, il y a la croyance en une grande histoire d'amour. Les hommes se montrent séducteurs, mais deviennent rapidement possessifs. Elles décrivent avec facilité leur reconstruction, montrant qu'il y a un avenir possible pour elles. Elles reprennent leurs études, passent leur permis de conduire.

Ces garçons, comme Youssef, comprennent qu'en se faisant passer pour le prince charmant, ils auront tout le loisir de dominer leur copine. C'est le cycle de la violence, qui se déroule en plusieurs étapes :

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  1. La vie est agréable : Chez les jeunes, cette phase est souvent intense, car il s'agit de leurs premières relations.
  2. La tension monte : Des réflexions de domination et de contrôle apparaissent. La jeune femme commence à faire attention à ses tenues, ses fréquentations, etc. Elle entend les conditions et commence à avoir peur. Dans une relation non violente, cette situation ne se produit pas. Il peut y avoir des disputes, mais pas de relation de pouvoir. Elle sent qu'on lui demande de ne plus être la personne qu'elle était avant. Cela n'est pas de l'amour !
  3. L'explosion de violence : La jeune femme a peur pour sa vie. Des coups, des blessures, des strangulations, des hématomes. Rose les compte bien.
  4. La lune de miel : Le garçon revient s'excuser, avec des fleurs, des cadeaux, en expliquant que personne n'a jamais vécu un amour aussi profond, qu'elle n'en trouvera jamais un qui l'aime autant. Il évoque ses fragilités. Sa notion de culpabilité est assez limitée. C'est un système malin. Il lui explique que si elle ne l'accepte pas comme ça, si elle ne l'aide pas, il continuera comme ça. Son changement dépend de sa compréhension à elle. En même temps, elle se sent valorisée parce qu'un garçon est à ses pieds. Elle se sent importante parce qu'elle va l'aider.

Addictions et ressources : des facteurs aggravants et des déclics

En France, on ne s'occupe pas beaucoup des addictions dans ces situations, alors que ce sont des dépendances qui aggravent la situation. Les chiffres de violences au sein de couples jeunes sont très élevés, comme le montre le rapport du 3919. Cependant, il est important de noter que toutes les victimes ne signalent pas les faits.

Les récits accompagnés par la ZEP montrent que ces jeunes femmes ont des ressources. Elles ont toutes un déclic. Comme elles n'habitent pas avec le garçon, qu'il n'y a pas d'enfant, de logement, d'emprunt, ni de vie commune, la séparation est techniquement plus facile.

Conseils et accompagnement : briser le silence et agir

Dans ces histoires, il est rare que les jeunes hommes changent. Ils sont probablement en train de faire subir les mêmes choses à d'autres jeunes filles. Il est conseillé de ne jamais aller à la police seule et d'appeler une association spécialisée, ce qu'aucune de ces jeunes femmes n'a fait, probablement parce que ces associations ne sont pas connues des jeunes. Il y a donc un vrai travail de sensibilisation à faire.

Violences infantiles : des traumatismes aux conséquences durables

Les chiffres sont alarmants : tous les cinq jours, un enfant meurt au sein de la sphère familiale. Alma, Beverly, Océane et Mya ont vécu des violences physiques, psychologiques et/ou sexuelles lorsqu'elles étaient enfants. Près d'un quart (24 %) des Français de plus de 18 ans estiment avoir été victimes de maltraitances graves dans leur enfance, selon les données du plan de lutte contre les violences faites aux enfants.

Le stress induit par ces violences perturbe le développement du cerveau des jeunes victimes. Une fois adultes, ces enfants ont une plus grande propension à subir ou commettre des violences et une plus forte exposition à la dépression, la toxicomanie ou l'alcoolisme, notamment.

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Océane a souvent pleuré sous les coups de son père, alcoolique, en attendant que ça passe. Pendant de nombreuses années, Beverly a minimisé la violence de ses parents à son égard et en a même eu honte. À 24 ans, elle veut que la honte change de camp. Elle partage aujourd'hui les violences subies et s'occupe de sa santé mentale.

Alma avait 7 ans lorsqu'elle a été victime de la première agression sexuelle de son beau-père. Aujourd'hui, grâce à un signalement fait par une assistante sociale de son collège, l'adolescente de 16 ans ne vit plus avec son agresseur. Après plusieurs fugues pour alerter sur sa situation, Mya a pu échapper aux coups, insultes et manquements de ses parents. Après l'intervention de la police et une décision de justice, elle a découvert et partagé le quotidien d'une famille d'accueil aimante.

Santé mentale : une priorité nationale

La santé mentale est une grande cause nationale. Un tiers des postes de praticien·nes hospitaliers en psychiatrie sont vacants et il y a moins de lits disponibles. En Europe, une personne sur quatre est touchée par des troubles psychiques à un moment de sa vie. Pourtant, le sujet est encore tabou. Une étude pointe que la moitié des personnes concernées disent n'en avoir parlé à personne ou ne pas avoir été écoutées ou crues lorsqu'elles ont osé le faire.

Les quatre témoins de cette série mettent toutes et tous en avant l'importance du diagnostic, pour mettre des mots - et des traitements - sur des maux, pour réduire - un peu - le coût de la santé mentale, et pour pouvoir expliquer son quotidien, sa souffrance et dépasser - peu à peu - ses difficultés.

Initiatives positives : sport, amitié et reconstruction

Le sport peut être un outil de reconstruction et de dépassement de soi. Les pratiques sportives permettent de rencontrer des gens que l'on ne croiserait pas forcément ailleurs, et les relations amicales fortes qui se nouent à cette occasion ont un impact sur les performances sportives d'un collectif et sur la motivation de chacun·e. Dans les sports collectifs, l'intelligence de jeu se construit en apprenant à se connaître, s'observer, fonctionner ensemble. Ce qui se joue hors du terrain la nourrit et peut changer la donne.

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Avec son équipe de gymnastique rythmique, Madeleine a éprouvé la force du lien amical et ses retombées sur les résultats de son équipe. Nos précieuses amitiés peuvent aussi nous motiver quand la flemme nous gagne. C'est ce qu'a éprouvé Sohan, qui a trouvé de « vrais potes » sur qui il peut compter en dehors du terrain.

Des initiatives comme celle d'Ali Matelo, qui réconcilie des jeunes de quartiers voisins en leur faisant parcourir des centaines de kilomètres à vélo, montrent qu'il est possible de transformer les conflits en expériences positives et enrichissantes.

Avortement : un droit fragile et essentiel

La France est le premier pays à inscrire la « liberté garantie » à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution du pays. Une décision importante prise près d'un demi-siècle après la promulgation de la loi dite « Veil » autorisant l'IVG.

L'avortement reste un sujet à la fois très intime et hautement politique. En 2022, la révocation de l'arrêt Roe vs Wade aux États-Unis a rappelé combien ce droit reste fragile. En Europe aussi, le droit à l'IVG a été remis en question. Dans le monde, 22 pays interdisent encore tout bonnement aux femmes d'avorter.

Actuellement, en France, l'avortement est légal jusqu'à 14 semaines de grossesse, mais il existe encore de nombreux freins à son accès. La crainte que cela puisse se savoir n'est pas des moindres, chez les plus jeunes notamment. Et le jugement négatif de certain·es adultes peut malheureusement s'ajouter à la difficulté à aller chercher de l'aide, voire aux violences déjà subies.

Trois jeunes femmes, mineures au moment où elles ont choisi d'interrompre une grossesse, partagent cette épreuve, témoignant des difficultés et des obstacles rencontrés.

tags: #street #vs #mya #difference

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