Le monde de la danse est en deuil suite à la disparition de Stéphanie Romberg, ancienne Première danseuse de l'Opéra de Paris. Décédée à l'âge de 50 ans, elle laisse derrière elle un héritage artistique indélébile et le souvenir d'une femme passionnée, généreuse et profondément humaine. Née en 1975, Stéphanie Romberg était également mère de deux enfants. Les causes de son décès n'ont pas été révélées au public.
Un parcours exceptionnel au sein de l'Opéra de Paris
Stéphanie Romberg était véritablement une enfant de l'Opéra de Paris. Elle y a consacré son talent, sa grâce et sa vie, gravissant tous les échelons avec une détermination et un talent exceptionnels.
De "Petit Rat" à Première Danseuse
Elle a intégré l'école de danse de l'Opéra de Paris comme "petit rat" en 1986, à l'âge de 11 ans. Son talent et son travail acharné lui ont permis d'être engagée dans le Corps de Ballet en 1991. Son ascension fut constante : elle est promue Coryphée en 1992, puis Sujet en 1998, avant d'atteindre le sommet de la hiérarchie en étant nommée Première danseuse en 2003.
Une interprète brillante des grands classiques
Tout au long de sa brillante carrière, Stéphanie Romberg s'est illustrée dans de nombreux rôles emblématiques du répertoire classique. Le public a pu l'applaudir dans des ballets tels que :
- La Bayadère : Elle incarnait avec grâce et puissance le rôle de Gamzatti.
- Giselle : Son interprétation de Myrtha, la reine des Willis, était particulièrement remarquée.
- Le Lac des Cygnes : Elle interprétait le rôle de la Reine avec une élégance royale.
- Roméo et Juliette : Elle donnait vie au personnage de Rosaline avec passion et sensibilité.
Une artiste audacieuse dans les créations contemporaines
Stéphanie Romberg ne s'est pas limitée aux rôles classiques. Elle a également participé à des créations contemporaines, démontrant sa polyvalence et son ouverture d'esprit artistique. Parmi ces créations, on peut citer :
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- L'Appartement de Mats Ek : Une œuvre marquante dans laquelle elle a laissé une forte impression.
- La Petite Danseuse de Degas de Patrice Bart : Un hommage à l'art et à la danse.
- Variations pour une porte et un soupir de Maurice Béjart : Une exploration des émotions humaines à travers le mouvement.
- Stepping Stone de Jiri Kylian.
- Symphonie de Psaumes de Jiri Kylian.
Dans l'œuvre de Bombana, "Stepping Stone", certains ont estimé que le chorégraphe ne lui avait pas donné l'occasion d'exprimer pleinement son potentiel artistique. Cependant, sa présence était toujours étincelante.
Elle a également participé à IXe Symphonie de Beethoven (Béjart, 1996), Shéhérazade (Li, 2001), AndréAuria (Lock, 2002), La Septième Lune (Bombana, 2004), Proust ou les intermittences du cœur (Petit, 2007), A Sort of (Ek, 2008), Hark ! (Gat, 2009), Salut (Rigal, 2015).
Hommages à une artiste "magnifique, éclairée et charismatique"
Marie-Claude Pietragalla, qui la considérait comme sa "petite fille de l'Opéra de Paris", a salué sa singularité sur scène, qui rendait sa danse unique. Elle a souligné son influence sur de nombreux chorégraphes.
Transmission et héritage
Après avoir pris sa retraite de danseuse en 2017, Stéphanie Romberg a continué à transmettre sa passion et son expérience en tant que répétitrice invitée à l'Opéra de Paris.
Répétitrice invitée à l'Opéra de Paris
Elle a notamment travaillé sur des productions telles que "Daphnis et Chloé" de Benjamin Millepied, "Orphée et Eurydice", "Le Sacre du printemps" de Pina Bausch et "The Seasons’ Canon" de Crystal Pite.
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Professeur de danse
Stéphanie Romberg enseignait également la danse classique en banlieue parisienne, dans sa propre école. Elle intervenait également au CFA Théâtre des corps de Marie-Claude Pietragalla à Alfortville.
Un guide précieux pour les jeunes danseurs
En dehors de la scène, Stéphanie Romberg était reconnue pour sa générosité et son dévouement envers les jeunes danseurs. Elle les accompagnait dans leurs concours de promotion, les conseillait, les rassurait et les soutenait, même sur les scènes les plus exigeantes.
Stéphanie Romberg et Pascal Aubin-Vermeeren se connaissaient depuis leur enfance. Tous deux élèves, puis danseurs de l’école de l’Opéra de Paris, ils ont partagé le même quotidien pendant presque trente ans.
Personnalité et impact
Stéphanie Romberg était bien plus qu'une danseuse talentueuse. Elle était une personnalité lumineuse, profondément humaine, qui marquait de son empreinte chaque rôle qu'elle interprétait.
Une présence rayonnante sur scène
Sur scène, Stéphanie Romberg captivait le public par sa sensibilité et sa vérité. Elle ne dansait jamais "pour", mais toujours "avec", en dialogue permanent avec la musique, ses partenaires et le public.
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Une femme engagée et généreuse
Attentive, généreuse et toujours disponible, elle était une guide précieuse pour de nombreux jeunes danseurs. Son investissement rare et son exigence bienveillante ont marqué ceux qui ont eu la chance de la côtoyer.
Hommage de la Ministre de la Culture
La ministre de la Culture, Rachida Dati, a salué une "enfant de l’Opéra de Paris" qui "lui avait dédié son talent, sa grâce et sa vie". Elle a également adressé ses condoléances à sa famille, à ses proches et à toutes les équipes de l’Opéra de Paris.
Rôles marquants
Parmi les nombreux rôles qu'elle a interprétés, certains ont particulièrement marqué les esprits : Christine dans Mademoiselle Julie (Cullberg), La Belle-mère dans Fall River Legend (De Mille), Myrtha dans Giselle (Coralli et Perrot), Myrtha dans Giselle (Ek), Stepping Stones, Symphonie de psaumes (Kylián), Suite en blanc (Lifar), La Maîtresse de Lescaut dans L’Histoire de Manon (MacMillan), Genus (McGregor), Un Jour ou deux (Cunningham), Diane dans Sylvia, Troisième Symphonie de Gustav Mahler (Neumeier), Gamzatti dans La Bayadère, La Danseuse de rue et La Reine des Dryades dans Don Quichotte, Carabosse dans La Belle au bois dormant, Une Sœur dans Cendrillon, Rosaline dans Roméo et Juliette, La Reine dans Le Lac des cygnes (Noureev), Le Jeune Homme et la Mort (Petit), Casanova (Preljocaj), La Reine dans The Cage, Glass Pieces, In the Night (Robbins), In the Middle, Somewhat Elevated, Pas./Parts, The Vertiginous Thrill of Exactitude (Forysthe), L’Élue dans Le Sacre du printemps (Béjart), Les Quatre tempéraments, Apollon Musagète, Joyaux (Balanchine).
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