L'infertilité masculine est un problème de fertilité qui touche de nombreux couples et peut être due à diverses anomalies affectant la production et la qualité du sperme. Longtemps, les femmes étaient considérées comme les seules responsables de l'infertilité, mais la médecine identifie désormais qu'entre un cinquième et un tiers des infertilités ont une cause masculine. Cet article explore les causes potentielles de l'altération de la qualité des spermatozoïdes, en mettant l'accent sur l'influence des facteurs environnementaux, des habitudes de vie et des traitements médicaux.
Reconnaissance de la responsabilité masculine dans l'infertilité
Ce n'est que depuis le XVIIIe siècle, et surtout le XIXe siècle, que la part de responsabilité masculine dans la procréation est pleinement reconnue. En 1875, Hertwig a observé la transformation de la tête d'un spermatozoïde en pronucleus et son association au pronucleus femelle, établissant ainsi le concept de la fécondation, la conjugaison de deux cellules. C'est à partir de ce moment que la responsabilité masculine dans l'infertilité a commencé à être étudiée.
Causes de l'infertilité masculine
Les causes de l'infertilité masculine peuvent être classées en quatre grandes catégories :
- Insuffisance testiculaire
- Cancer des testicules
- Cryptorchidie (testicule non descendu)
- Dysfonctions sexuelles
Cancer des testicules
Le cancer des testicules est une tumeur rare (de 1 à 1,5% des cancers chez l'homme). Il existe deux types de cancer des testicules, à tumeurs germinales non séminomateuses (TGNS) ou à tumeurs germinales séminomateuses (TGS), le premier type survenant autour de trente ans, le second autour de quarante ans. Il existe un certain nombre de facteurs de risque (antécédent de cryptorchidie, trouble de la fertilité, syndrome de Klinefelter…) et environ 20 % des patients atteints présentent des anomalies du spermogramme avant traitement.
Cryptorchidie
Dans 80% des cas, un seul testicule ne migre pas dans le scrotum lors de la vie fœtale, et dans 20% des cas, les deux testicules ne migrent pas (peut-être en lien avec l’exposition à des perturbateurs endocriniens durant la grossesse). La cryptorchidie touche 20-30% des garçons prématurés et 2-4% des nouveaux nés à terme, mais 1% seulement des enfants de plus de 6 mois. Il y a infertilité dans 10% des cas de cryptorchidies unilatérales et dans jusqu’à 50% des cas de cryptorchidies bilatérales (le testicule non descendu n’est pas à la température adéquate, 33-34°C, pour fabriquer des spermatozoïdes).
Lire aussi: Fertilité masculine : guide pratique
Dysfonctions sexuelles
Les dysfonctions sexuelles incluent les difficultés à avoir des rapports sexuels, les troubles de l'érection et de l'éjaculation, qui peuvent être d'origine psychique (angoisse, dépression) ou physique (lésions médullaires). Les lésions médullaires peuvent être responsables d'anéjaculation (incapacité à éjaculer) ou d'éjaculation rétrograde (éjaculation dans la vessie).
Impact des perturbateurs endocriniens
L'exposition aux perturbateurs endocriniens est une cause majeure de préoccupation. Ces substances chimiques, présentes dans de nombreux produits de consommation courante, peuvent interférer avec le système hormonal et avoir des effets néfastes sur la fertilité masculine.
Phtalates
Les phtalates sont présents dans de nombreux objets du quotidien : emballages alimentaires, produits en PVC, certains tissus, jouets, etc. Or ce sont des perturbateurs endocriniens : ils modifient le fonctionnement de notre système hormonal.
Le conseil du Dr Patrice Halimi : Évitez de réchauffer vos aliments dans des récipients en plastique. Privilégiez le verre.
Bisphénol A (BPA)
Le bisphénol A (BPA) est lui aussi un perturbateur endocrinien : une fois dans l’organisme, il mime les œstrogènes. En 2013, une équipe de l’Inserm a démontré expérimentalement qu’une exposition au BPA réduisait la production de testostérone. Selon l’auteur de l’étude, « il se peut également que le bisphénol A participe à la chute de la production spermatique (…) ».
Lire aussi: Spermatozoïde sur Fond Blanc
Le conseil du Dr Patrice Halimi : Depuis janvier 2015, le BPA est interdit dans tous les contenants alimentaires, mais il risque d’y être remplacé par le BPS et le BPF, eux aussi soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens. Par précaution, troquez vos contenants alimentaires en plastique contre des récipients en verre, a fortiori pour réchauffer au micro-ondes.
Pesticides
Dans la grande famille des pesticides, une quarantaine sont considérés comme des perturbateurs endocriniens. En témoigne cette récente étude américaine qui a conclu que les hommes qui consommaient le plus de fruits et légumes chargés en pesticides avaient un nombre de spermatozoïdes inférieur de 50 % par rapport aux hommes qui en consomment beaucoup moins.
Le conseil du Dr Patrice Halimi : Choisissez vos fruits et légumes les bio (label AB Français ou AB Européen) et locaux (pour éviter qu’ils ne soient enduits de conservateurs). Si vous n’avez pas les moyens de vous offrir du « Bio », pensez à peler vos fruits et légumes.
Parabènes
Nous sommes régulièrement exposés aux parabènes, des substances utilisées comme conservateurs dans les produits cosmétiques et les médicaments. Or ce sont des perturbateurs endocriniens : leur effet ostrogénique pourrait avoir des conséquences sur la fertilité masculine.
Le conseil du Dr Patrice Halimi : Tous les parabènes ne se valent pas, mais par précaution, mieux vaut les éviter. Aux produits « 0% parabènes » ou « sans parabène », préférez les produits écolabellisés (label cosmétique BIO ou cosmétique ECO).
Lire aussi: Comprendre la vitesse d'éjaculation des spermatozoïdes
Autres polluants environnementaux
Les éthers de glycol sont des solvants utilisés dans les peintures, les vernis, les colles, les cosmétiques, les produits d'entretien. Les dioxines regroupent une soixantaine de produits chimiques issus de l’industrie, de l’incinération. Les PCB (polychlorobiphényles, substances utilisées comme isolants électriques, dans certaines peintures, dans les micro-ondes…) sont interdits depuis les années 80, mais des dizaines d’années sont nécessaires pour les éliminer dans la nature. Parmi les composés perfluorés, les PFOA et le PFOS présents dans certains revêtements anti-adhésifs posent particulièrement problème.
Habitudes de vie et fertilité
Les habitudes de vie jouent un rôle crucial dans la santé reproductive masculine.
Tabagisme
Chez la femme, le tabagisme pourrait altérer la fertilité de 10 à 40 % par cycle (en fonction du nombre de cigarettes) et allonger le délai de conception de près du double. Le tabac diminue également la réserve ovarienne, la qualité des ovocytes, la vascularisation de l’utérus (et donc les chances de nidification), et augmente le risque de fausse-couche précoce.
Le conseil du Dr Patrice Halimi : L’idéal est d’arrêter de fumer quelques mois avant le projet de grossesse afin d’évacuer toutes les toxines.
Consommation d'alcool
On connaît les effets délétères de l’alcool sur le fœtus, moins ceux sur la fertilité, pourtant bien réels. Chez la femme, l’alcool perturberait l’ovulation et augmenterait le risque de fausse-couche.
Le conseil du Dr Patrice Halimi : Un petit verre de temps en temps, OK, mais pas régulièrement. L’alcool détériore la qualité du sperme dès 5 verres consommés par semaine. Tout est là aussi une question de modération, un verre de temps en temps sans se priver versus des soirées bien arrosées régulières !
Alimentation et acides gras
Les acides gras saturés sont naturellement présents dans la viande, les produits laitiers et dans certaines huiles végétales tropicales (huile de palme notamment) et les produits alimentaires où elles sont utilisées (viennoiseries, gâteaux, chips, plats préparés, pizzas, barres chocolatées, etc). Lorsque ces huiles végétales ont été hydrogénées (pour les rendre plus stables et plus faciles à utiliser), on parle alors d’acides gras trans.
Le conseil du Dr Patrice Halimi : Sur l’étiquette guettez les mentions huile de palme, huile de coprah, huile de palmiste, et surtout « huile végétale partiellement hydrogénée ».
Impact des ondes
Smartphone, ordinateur portable et tablette connectés au wifi : tous émettent des ondes. Le sujet des ondes est par contre polémique.
Testostérone et perte de cheveux
La chute de cheveux est un phénomène qui touche de nombreuses personnes, tant chez les hommes que chez les femmes. La testostérone peut effectivement jouer un rôle dans la chute de cheveux, notamment via sa conversion en dihydrotestostérone (DHT), un dérivé responsable du miniaturisation des follicules pileux.
Le rôle de la DHT
La testostérone peut se transformer en DHT grâce à l’enzyme 5-alpha-réductase. Cette molécule est particulièrement puissante et a un fort impact sur les follicules pileux. Lorsqu’une personne possède un niveau élevé de testostérone, une plus grande quantité de celle-ci est convertie en DHT. Cette conversion est naturelle, mais elle peut pose problème chez certains individus. Toutefois, nous ne pouvons pas ignorer un facteur essentiel : la prédisposition génétique. Certaines personnes ont des follicules pileux plus sensibles à la DHT. Ce phénomène peut donc se manifester différemment selon les individus. Avec l’âge, la production naturelle de testostérone tend à diminuer, ce qui peut modifier la manière dont le corps réagit à cette hormone.
Habitudes de vie et santé des cheveux
Au-delà des facteurs hormonaux, il est crucial de considérer l’impact des habitudes de vie sur la santé des cheveux. Le stress, une alimentation déséquilibrée, ou encore une mauvaise hygiène de vie en général peuvent également contribuer à la chute des cheveux.
Solutions et traitements
Face à la problématique de la chute de cheveux liée à la testostérone, plusieurs solutions existent. Il est toujours préférable de consulter un professionnel de santé pour discuter des options qui vous conviennent le mieux.
Finastéride
Le finastéride est le principe actif de médicaments comme Propécia® ou Proscar® destinés à lutter contre la perte de cheveux et commercialisés depuis une vingtaine d’années. La transformation de la testostérone en dihydrotestostérone nécessite la présence d’une enzyme, la 5‐α‐réductase. Utiliser un composé capable de bloquer l’activité de cette enzyme pour combattre la calvitie apparaît donc être une option thérapeutique valide. D’autant qu’un médicament de ce type existe : il s’agit du finastéride, un anti-androgène initialement développé pour lutter contre l’hyperplasie bénigne de la prostate, elle aussi sous la dépendance des hormones masculines.
Les effets secondaires concernent en premier lieu la fonction sexuelle. Certains usagers rapportent une diminution voire une perte du désir, des troubles de l’érection, de l’éjaculation, des difficultés à atteindre l’orgasme… Une atrophie des testicules survient chez certains, ainsi qu’un inconfort au niveau de la peau dans la région génitale. Ces manifestations indésirables ne s’envolent pas nécessairement à l’arrêt du médicament. Une étude menée auprès de jeunes hommes n’ayant pas de problème de fertilité s’est intéressée aux effets d’un traitement de 48 semaines à base de 1mg de finastéride. Elle n’a pas mis en évidence d’effets négatifs sur le phénomène de production des spermatozoïdes (spermatogenèse), la quantité de sperme et sa concentration, la morphologie ou la motilité des spermatozoïdes. La situation pourrait en revanche être différente en cas de trouble de fertilité. Une analyse menée auprès de 14 hommes dans cette situation, ayant utilisé le médicament pendant 57 mois en moyenne, a montré que la concentration du sperme en spermatozoïdes a été multipliée par 11,6 après l’arrêt du traitement.
Au-delà de la sexualité, l’organisme de certains hommes paie un lourd tribut à ce traitement anti-calvitie. Une analyse menée en 2017 par des chercheurs canadiens a compilé les données recueillies auprès de 93197 hommes de plus de 66 ans ayant reçu un traitement à base de finastéride ou de dutastéride. Les résultats ont montré un risque accru de 88% d’avoir un comportement d’auto-destruction au cours des 18 premiers mois de traitement. Six cas de suicide ont été documentés chez des hommes ayant pris du finastéride. L’ANSM souhaite alerter les patients et les professionnels de santé sur les risques de troubles psychiatriques et de la fonction sexuelle lors d’un traitement par finastéride. Un lien entre la survenue de cancer du sein chez l’homme et la prise de finastéride est par ailleurs suspecté.
Pour mieux comprendre l’origine du syndrome post-finastéride, des travaux ont été menés chez des animaux mâles exposés à des inhibiteurs de la 5α-réductase. Un examen des tissus du prépuce conduit chez des hommes victimes du syndrome post-finastéride a également montré des particularités.
Bloqueurs naturels de DHT
Une bonne alimentation est la clé d’une belle chevelure. L’ajout des bloqueurs naturels de DHT suivants à votre régime alimentaire peut contribuer à ralentir la chute des cheveux. Le thé vert contient de l’épigallocatéchine-3 gallate (EGCG). La banane est l’un des fruits les plus populaires et les plus facilement accessibles dans les supermarchés de France. Votre partie préférée d’un œuf est le jaune ? Nous avons une bonne nouvelle : ils sont riches en biotine (comme les bananes). Outre les vitamines C et E, vous y trouverez également du lycopène. Il s’agit d’un antioxydant qui contribue à protéger l’organisme des radicaux libres capables d’endommager l’ADN. Mais le lycopène pourrait également réduire les niveaux de DHT dans l’organisme. Les champignons blancs sont faciles à trouver dans n’importe quel supermarché et sont suffisamment polyvalents pour convenir à une pléthore de plats. Les noix de pécan contiennent de la L-Lysine, un bloqueur naturel de DHT, tandis que les cacahuètes en contiennent ainsi que de la biotine. L’huile de romarin est un bloqueur de DHT puissant et naturel. Les orties doivent être cuites, séchées ou transformées en un complément pour une consommation humaine sûre. Les carottes sont une autre excellente source de lycopène.
Autres traitements
En lotion, le minoxidil (Rogaïne) peut être appliqué sur le cuir chevelu pour stimuler la pousse du cheveu. Avec ce traitement, celui-ci s’épaissit et pousse ; ce traitement accélère le cycle des cheveux, en déclenchant ainsi un nouveau cycle du follicule (chute des cheveux en fin de cycle, effet shedding). Cette technique ne montre des résultats qu’après 6 mois de traitement. D’autres options incluent des casques équipés de laser ou de LED qui vont stimuler la repousse des cheveux.
Booster la fertilité masculine
Booster la fertilité chez l’homme est un sujet qui suscite un intérêt croissant, notamment dans le cadre de l’infertilité masculine, qui peut être causée par divers facteurs. En effet, la qualité du sperme et le nombre de spermatozoïdes sont essentiels pour la procréation et la conception d’un enfant.
Gestion du stress
Le stress peut affecter les niveaux d’hormones, surtout la testostérone, ce qui peut impacter la capacité à concevoir. Des techniques de gestion du stress, telles que la méditation, le yoga ou des exercices de respiration, peuvent être bénéfiques.
Connaissance du cycle menstruel
La fertilité masculine doit être considérée en relation avec la fertilité de la partenaire. La connaissance du cycle menstruel, y compris les périodes d’ovulation, peut aider à planifier les rapports sexuels pour maximiser les chances de conception. Les tests d’ovulation peut vous aider à définir la meilleure période pour concevoir un enfant.
Examens médicaux
Il est essentiel de consulter un gynécologue ou un urologue spécialisé en fertilité, notamment si des problèmes de fertilité sont suspectés. Un spermogramme permet d’évaluer les caractéristiques de ce sperme, notamment le nombre de spermatozoïdes, leur motilité, leur morphologie, ainsi que la qualité du sperme.
Mode de vie équilibré
Un mode de vie équilibré joue un rôle crucial dans la fertilité. L’activité physique peut aider à maintenir un poids santé, ce qui est essentiel, car l’obésité est liée à une fertilité altérée. Manger une alimentation riche en antioxydants, en zinc et en acides gras oméga-3 peut améliorer la qualité du sperme.
Compléments alimentaires
Les compléments alimentaires peuvent jouer un rôle clé dans l’amélioration de la fertilité chez les hommes, en fournissant les vitamines, minéraux et nutriments essentiels nécessaires pour soutenir la santé reproductive. Par exemple, des études ont montré qu’une carence en acide folique, en zinc, en vitamine D et en vitamines B, notamment la vitamine B12, peut réduire le nombre de spermatozoïdes et altérer leur qualité. L’acide folique est particulièrement important, car il joue un rôle majeur dans la spermatogenèse, la production de spermatozoïdes et dans la prévention des malformations congénitales dans les embryons. Gamétix M est un complément alimentaire destiné à soutenir la fertilité masculine et la santé reproductive, grâce à une formule comprenant plusieurs ingrédients bénéfiques. La carnitine joue un rôle essentiel dans le métabolisme des acides gras, facilitant leur transport vers les mitochondries dans lesquelles ils sont oxydés pour produire l’énergie nécessaire au bon fonctionnement des cellules. La taurine est un acide aminé qui joue un rôle dans la fertilité masculine. Pour les hommes désireux d’améliorer leur fertilité, la prise de taurine peut avoir de multiples bénéfices, en lien avec la santé des spermatozoïdes, la qualité du sperme, et même un soutien hormonal.
tags: #spermatozoïdes #avec #des #cheveux #causes