La grossesse est une période de changements physiologiques importants pour la femme. Durant cette période, divers examens médicaux peuvent être nécessaires pour surveiller la santé de la mère et du fœtus. L'utilisation du spéculum, un instrument médical permettant de visualiser le vagin et le col de l'utérus, est une pratique courante dans le cadre des soins de santé féminine, y compris pendant la grossesse. Cependant, son utilisation nécessite certaines précautions. Cet article explore les risques potentiels et les mesures de précaution à prendre lors de l'utilisation du spéculum pendant la grossesse.
Qu'est-ce qu'un spéculum ?
Un spéculum est un instrument médical conçu pour élargir une cavité ou un conduit corporel, tel que le vagin, le rectum, les narines ou le conduit auditif, afin de permettre une visualisation claire de son intérieur. Il existe différents types de spéculums adaptés à chaque zone du corps.
Le spéculum vaginal est utilisé lors des examens gynécologiques pour élargir le vagin et permettre l’examen du col de l’utérus.
Utilisation du spéculum pendant la grossesse
L’examen du col de l’utérus et de la cavité vaginale s’effectue lors d’une consultation auprès d’un gynécologue. Il comprend la mise en place d’un spéculum, auquel on associe un microscope, qui grossit jusqu’à 30 fois la cavité.
L'utilisation d'un spéculum médical doit être réalisée avec soin pour assurer le confort du patient et la précision de l'examen. Le patient est d’abord installé dans une position adaptée, et l’instrument est choisi en fonction de l’examen à effectuer. Le spéculum est introduit doucement dans la cavité concernée, avec ou sans lubrifiant selon les besoins. Une fois en place, il est ouvert délicatement pour permettre au médecin de visualiser ou d’examiner la zone.
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Risques potentiels liés à l'utilisation du spéculum pendant la grossesse
Bien que généralement sûr, l'utilisation du spéculum pendant la grossesse peut entraîner certains risques :
- Saignements: Le col utérin d’une femme enceinte est plus fragile et gorgé de sang, ce qui augmente le risque de saignements lors de l’examen au spéculum. C’est simplement une information à savoir pour ne pas être désagréablement surprise si ces saignements surviennent.
- Inconfort: L'examen peut être inconfortable pour certaines femmes, en particulier celles qui ont des antécédents de douleurs pelviennes ou de sensibilité accrue. Chez certaines femmes (exemple : certaines femmes ménopausées).
- Menace d'accouchement prématuré (MAP): Bien que rare, il existe une légère possibilité que l'examen provoque des contractions utérines, ce qui pourrait entraîner une menace d'accouchement prématuré. La colposcopie telle qu’elle est réalisée chez la femme enceinte ne met pas la grossesse en péril. Cet examen n’est pas associé à un risque accru d’accouchement prématuré ou même de menace d’accouchement prématuré (MAP), de fausse couche ou d’autre complication.
- Infection: Si le spéculum n'est pas correctement stérilisé, il peut introduire des bactéries dans le vagin et provoquer une infection.
Précautions à prendre
Pour minimiser les risques potentiels, il est essentiel de prendre certaines précautions lors de l'utilisation du spéculum pendant la grossesse :
- Choisir un professionnel qualifié: Assurez-vous que l'examen est effectué par un professionnel de la santé expérimenté et qualifié. La Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (SFCPCV) met à disposition, sur son site internet, une carte recensant les colposcopistes adhérant à la charte de qualité en colposcopie, et répondant aux exigences de la loi. À savoir, avoir le diplôme adapté, réaliser un nombre minimal d’examens du col (une centaine de colposcopies/an) etc. Cela dit, adhérer à la charte de qualité est une démarche individuelle garant d’une formation et d’une activité régulière et spécialisée en pathologie cervicale, mais cela ne veut pas dire qu’un gynécologue-obstétricien n’ayant pas adhéré à cette charte est incompétent et ne sait pas faire de colposcopie.
- Communiquer avec votre médecin: Informez votre médecin de toute condition médicale préexistante, de toute allergie ou de toute sensibilité particulière.
- Relaxation: Essayez de vous détendre pendant l'examen. La tension peut rendre l'examen plus inconfortable.
- Hygiène: Assurez-vous que le spéculum utilisé est correctement stérilisé pour éviter toute infection.
- Surveillance post-examen: Surveillez tout signe d'infection, de saignement excessif ou de contractions utérines après l'examen et contactez immédiatement votre médecin si vous remarquez quelque chose d'inhabituel.
- Choix du spéculum: Le choix du spéculum est essentiel pour garantir la précision des examens et la sécurité des patients. Optez pour des modèles de qualité supérieure, fabriqués avec des matériaux durables et faciles à nettoyer.
Hystérographie et grossesse
L’hystérographie est l’examen de référence pour évaluer la perméabilité des trompes. L’hystérographie ou hystérosalpingographie consiste en une instillation de produit de contraste iodé dans l’utérus et les trompes via une canule accolée au col de l’utérus. Cette obstruction tubaire rend compte d’une infertilité féminine dans 35% des cas. Le radiologue visualise le col de l’utérus afin de pouvoir placer le matériel d’instillation du produit de contraste dans l’utérus. L’examen dure une dizaine de minutes. Après une hystérographie, il faut porter une protection féminine : en effet l’élimination du produit et un écoulement sanguin peuvent persister durant un jour ou deux. Avez-vous subi des interventions chirurgicales ? Etes-vous enceinte ou susceptible de l’être ? - Des douleurs pelviennes, à type de crampes, transitoires, peuvent survenir. - L’apparition ou le réveil d’une infection génitale peut suivre l’examen.
Pendant l’hystérographie, vous serez placée en position gynécologique sur la table de radiographie. Après une préparation minutieuse de la vulve et du périnée, le médecin utilise un spéculum, puis insère une sonde dans le col de l’utérus. À travers cette sonde, un produit de contraste est injecté dans l’utérus et les trompes, et des radiographies sont prises pendant cette injection. Cet examen, d’une durée d’environ 20 minutes, permet de réaliser une analyse détaillée de l’utérus et des trompes. En cas d’allergies connues, d’antécédents d’urticaire, d’asthme ou de réactions spécifiques à des examens radiologiques précédents avec injection de produit de contraste, signalez-les lors de la planification et au moment de l’examen. Un test de grossesse sera réalisé de manière systématique avant l’examen afin d’éliminer une éventuelle grossesse débutante. Pensez à prévenir l’équipe médicale si vous allaitez. Ces précautions sont essentielles pour garantir votre sécurité. L’examen d’hystérographie peut être inconfortable. Sans nécessiter d’anesthésie, cet examen de l’utérus consiste en l’introduction d’un produit de contraste, provoquant parfois des crampes pelviennes temporaires, bien que rarement associées à une douleur importante. Cependant, ces sensations peuvent être atténuées par des médicaments antispasmodiques pris avant et après l’examen. Il n’y a ni piqûre ni perfusion. Des saignements légers peuvent survenir les jours après l’examen, il s’agit d’une réaction normale. Un examen d'hystérographie est programmé entre le 5ème et le 10ème jour de votre cycle menstruel, post-règles et pré-ovulation. Apportez l'ordonnance de votre médecin, votre dossier radiologique (radiographies, échographies, scanners, IRM), votre carte d'assuré social et de mutuelle, les produits prescrits lors de la prise de rendez-vous, ainsi qu'une protection hygiénique.
Colposcopie et grossesse
Relativement courant dans la vie d’une femme, mais souvent redouté, l’examen détaillé du col de l’utérus, ou colposcopie, peut parfois avoir lieu durant la grossesse. Ce qu’il faut avant tout savoir, c’est qu’une colposcopie n’est pas un examen systématique, loin de là.
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L’examen du col de l’utérus et de la cavité vaginale s’effectue lors d’une consultation auprès d’un gynécologue formé à la colposcopie. Il comprend la mise en place d’un spéculum, auquel on associe un microscope, qui grossit jusqu’à 30 fois la cavité. « On regarde ce col d’abord sans coloration sur son aspect : « est-ce qu’il est rouge, est-ce qu’il est déformé », etc. Dans un second temps, on va y appliquer une solution d’acide acétique, c’est-à-dire du vinaigre blanc à 3 %, et les anomalies cervicales sur le col ou sur le vagin (si anomalies il y a N.D.L.R.) vont blanchir lorsque l’on va appliquer ce produit », détaille le Pr Gondry. L’acide acétique ne pique pas, ou très peu, en théorie. « Et une fois que l’on a bien regardé ce qu’il s’est passé après application de l’acide acétique, on applique un deuxième colorant, appelé Lugol. C’est une solution marron, iodo-ioduré, qui ressemble à de la Bétadine mais qui n’est pas du tout de la Bétadine. Ce Lugol colore en marron du tissu sain », indique le gynécologue. L’intervenant fait alors l’association des images obtenues, avec le blanc lié à l’acide acétique, et le marron lié au Lugol. En fonction des anomalies détectées, la colposcopie se poursuit généralement par une biopsie. « La colposcopie nous oriente à la biopsie, mais elle ne nous donne pas un diagnostic », précise le Pr Gondry, précisant que des phénomènes de cicatrisation peuvent évoquer des lésions précancéreuses, sans pour autant en être, d’où l’importance d’analyses biologiques. C’est donc une fois les prélèvements réalisés et analysés en laboratoire que le diagnostic pourra être posé. Ce dépistage est lui-même indiqué chez une femme enceinte qui ne serait pas à jour de ses dépistages. Rappelons qu’entre 25 et 29 ans, les deux premiers tests sont à réaliser à 1 an d’intervalle, puis, si les résultats sont normaux, tous les 3 ans. Autrement dit, la colposcopie n’a pas lieu d’être chez une femme à jour de ses dépistages, et dont le dernier frottis est revenu négatif. Enfin, il faut savoir que « si le dépistage évoque des anomalies dites de bas grade, c’est-à-dire l’équivalent des verrues, on ne va pas réaliser de colposcopie pendant la grossesse, on va différer l’examen 2 à 4 mois après la grossesse », ajoute le spécialiste. Deux mois à quatre mois après l’accouchement, un nouvel examen sera requis pour voir comment la situation a évolué.
Il faut savoir que la colposcopie est plus difficile à réaliser durant la grossesse que chez une patiente qui n’est pas enceinte. « Il y a deux raisons à cela », nous détaille le Pr Gondry. « Cela découle d’abord des modifications anatomiques, du fait de la turgescence (gonflement par rétention de sang d’origine veineuse, N.D.L.R.) du col, lié à l’imprégnation hormonale de la grossesse. En outre, il y a des images qui apparaissent chez la femme enceinte et qui n’existent pas en dehors de la grossesse : on parle de déciduose gravidique. Plus fragile, mais également plus gorgé de sang, le col utérin d’une femme enceinte est ainsi plus à risque de saignements lors d’une colposcopie. C’est simplement une information à savoir pour ne pas être désagréablement surprise si ces saignements surviennent.
La colposcopie telle qu’elle est réalisée chez la femme enceinte ne met pas la grossesse en péril. Cet examen n’est pas associé à un risque accru d’accouchement prématuré ou même de menace d’accouchement prématuré (MAP), de fausse couche ou d’autre complication. En revanche, l’examen n’est pas le même que celui pratiqué chez une femme qui n’est pas enceinte. Durant la grossesse, l’exploration du col peut s’arrêter à la colposcopie. « S’il y a toujours une lésion de haut grade, on la traite. Mais c’est tout, on ne fait pas de conisation chez la femme enceinte, en dehors de la suspicion de cancer invasif », rassure le Pr Gondry. La conisation n’est alors pas effectuée en vue de traiter la lésion, mais d’affiner le diagnostic.
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