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PMA pour toutes : Le sperme, une ressource solidaire et disponible

L'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, y compris les couples de lesbiennes et les femmes célibataires, a suscité de nombreux débats, notamment autour de la disponibilité du sperme. L'argument de la "pénurie" de sperme est souvent avancé par les opposants à la PMA pour toutes, mais il est important de démystifier cette idée reçue et de mettre en lumière la réalité : le sperme est une ressource disponible et la communauté gay et bisexuelle est prête à s'engager pour soutenir la PMA pour toutes.

La fausse pénurie de sperme : un argument conservateur

L'idée d'une "pénurie de sperme" imminente est souvent brandie comme une conséquence inévitable de l'ouverture de la PMA à toutes les femmes. On entend dire que l'augmentation de la demande de spermatozoïdes par les couples de lesbiennes et les femmes seules mettra à rude épreuve les banques de sperme, déjà considérées comme fonctionnant à flux tendu. Certains vont même jusqu'à prédire la destruction des stocks existants.

Ces arguments catastrophistes cherchent à opposer les "bons" et les "mauvais" receveurs et à établir une priorité implicite pour les couples hétérosexuels. Ils ignorent la réalité du terrain et la volonté de nombreux hommes de participer à un projet de parentalité solidaire.

La solidarité de la communauté gay et bisexuelle

Face à ces inquiétudes infondées, il est essentiel de souligner l'engagement de la communauté gay et bisexuelle à soutenir la PMA pour toutes. De nombreux hommes gays et bisexuels sont prêts à donner leur sperme pour aider les femmes lesbiennes et célibataires à réaliser leur désir de maternité.

Comme l'affirme une tribune signée par de nombreux militants et personnalités, "du sperme, il y en aura pour tout le monde ! Moi et d'autres hommes gays et bisexuels [cisgenres et non-binaires] sommes prêts à accomplir notre part et à être solidaires de nos sœurs lesbiennes et célibataires."

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Cette solidarité s'inscrit dans une démarche de lutte contre les discriminations et de défense des droits des personnes LGBTQI+. Elle témoigne d'une volonté de construire une société plus juste et inclusive, où toutes les femmes ont la possibilité de fonder une famille.

Le don de sperme : un acte militant et accessible

Le don de sperme est un acte simple et accessible à tous les hommes de 18 à 45 ans. En France, le don est gratuit et encadré par des professionnels de santé. Il permet de répondre aux besoins des couples hétérosexuels infertiles, mais aussi des couples de lesbiennes et des femmes célibataires qui souhaitent avoir un enfant.

La tribune mentionnée précédemment met en avant la disponibilité du sperme et l'engagement des hommes à faire un don "dans toutes ses modalités possibles, dans un projet de parentalité ou non, toujours en concertation avec les femmes intéressées."

Il est important de rappeler que le don de gamètes ne devrait pas exclure les personnes trans. La bioéthique doit prendre en compte les réalités et les besoins de toutes les personnes, sans discrimination.

Lutter contre les inégalités d'accès à la PMA

L'ouverture de la PMA à toutes les femmes est une avancée majeure, mais il reste encore des obstacles à surmonter. Trop de femmes sont contraintes de partir à l'étranger pour bénéficier d'une PMA, ce qui engendre des coûts financiers et émotionnels importants. Trop d'amies doivent choisir entre un sperme moins cher qui permet plusieurs essais ou un "super sperme" coûteux, mais pourvu d'une unique "chance".

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Il est essentiel de garantir un accès égalitaire à la PMA pour toutes les femmes, quelles que soient leur orientation sexuelle, leur situation familiale ou leurs ressources financières. Le gouvernement doit tenir ses promesses et mettre en place les moyens nécessaires pour que la PMA soit une réalité pour toutes celles qui le souhaitent.

Il est inconcevable que la situation perdure ainsi et que le gouvernement ne tienne pas sa promesse, mais il serait encore plus inconcevable que le débat traîne à l'aune d'un pseudo argument quantitatif.

Au-delà de la PMA : la question des semences et de la reproduction

La question du don de sperme et de la PMA s'inscrit dans un débat plus large sur la reproduction, les semences et les liens entre les êtres humains et le vivant. Les pratiques humaines autour des semences de quelque origine qu’elles soient posent un ensemble de questions qui sont à la fois d’ordre éthique, politique et économique. Elles engagent tout à la fois notre rapport au passé, au futur et aux différentes formes de vie qui peuplent la Terre.

Depuis l’émergence au XVIIIe siècle du système de classification botanique fondé sur les travaux de Linné, les plantes sont classées sur la base de leurs parties (feuilles, fleurs, racines) et leur type de reproduction sexuelle. Londa Schiebinger (1994) a montré comment l’émergence de la botanique en tant que science coïncidait ainsi avec une sexualisation des plantes, qui identifie certaines parties en tant que « femelles » et d’autres en tant que « mâles », générant une revalorisation de ces dernières.

La manipulation et le contrôle des semences à des fins de rationalisation de la (re)production est un enjeu à la fois très actuel et extrêmement ancien. Traditionnellement, le passage de l’époque des « chasseurs-cueilleurs » aux agriculteur·ices était daté du moment de prise de conscience de l’origine reproductive des graines végétales - le fait que les humains aient compris qu’iels pouvaient planter des graines pour faire pousser eux/elles-mêmes des plantes.

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Tout comme on envisage de créer des banques de semences sous le permafrost pour préserver des espèces végétales en voie de disparition (Heatherington, 2020), les banques de gamètes permettent aux êtres humains de préserver leur fertilité. Mais les connaissances et les pratiques sur la reproduction ne permettent pas de pallier tous les effets néfastes produits par les activités humaines.

Les controverses autour des OGM et des techniques de reproduction médicalement assistée soulignent les risques liés à ces pratiques. Il est essentiel de mener une réflexion approfondie sur les enjeux éthiques, politiques et économiques liés à la manipulation des semences et à la reproduction.

Conclusion

La question de la disponibilité du sperme ne doit pas être un frein à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes. La solidarité de la communauté gay et bisexuelle, ainsi que la mobilisation de tous les acteurs concernés, permettent de garantir un accès égalitaire à la PMA pour toutes celles qui le souhaitent.

Il est temps de dépasser les arguments conservateurs et les préjugés pour construire une société plus juste et inclusive, où toutes les femmes ont la possibilité de fonder une famille.

tags: #Saez #position #PMA

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