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Sabine Azéma : Une Exploration de sa Vie et de sa Carrière

Sabine Azéma, figure emblématique du cinéma français, captive le public depuis les années 70 par son talent éclectique et sa présence discrète mais marquante. Cet article explore sa vie personnelle et professionnelle, en mettant en lumière son parcours, ses collaborations marquantes, et ses réflexions sur des sujets tels que la maternité et le vieillissement.

Un Début de Carrière Prometteur

Née le 20 septembre 1949 à Paris, Sabine Azéma est la fille d'un avocat et d'une mère au foyer. Dès son plus jeune âge, elle se découvre une passion pour le théâtre. Après son baccalauréat, elle suit des cours de comédie, avant d'intégrer le Conservatoire, puis le célèbre cours Florent.

C'est au théâtre qu'elle fait ses premiers pas, notamment dans La Valse des toréadors de Jean Anouilh en 1974, où elle joue la fille de Louis de Funès. Ce rôle lui ouvre les portes du cinéma. Georges Lautner lui offre son premier rôle au cinéma dans On aura tout vu (1976), suivi par La Dentellière de Claude Goretta.

Muse d'Alain Resnais : Une Collaboration Déterminante

La rencontre avec Alain Resnais en 1982 sur le tournage de La Vie est un roman marque un tournant dans sa carrière. Elle devient sa muse et participe à presque tous ses films, notamment L'Amour à mort, Smoking/No Smoking, On connaît la chanson, Pas sur la bouche, Cœurs, Les Herbes folles et Vous n'avez encore rien vu.

Ces collaborations permettent à Sabine Azéma de révéler un talent aux multiples facettes. Resnais explore la confrontation de l'amour et de la mort dans L'Amour à mort, où Azéma incarne Elisabeth, une femme non-croyante confrontée à la mort soudaine de son amant. Dans Smoking/No Smoking, adapté d'une pièce d'Alan Ayckbourn, Azéma et Pierre Arditi interprètent plusieurs personnages dans différentes variations de l'histoire, explorant l'impact des choix sur le destin. On connaît la chanson, écrit par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, est une comédie musicale où les personnages expriment leurs émotions à travers des chansons populaires.

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Leur union personnelle se concrétise en 1998, et leur relation dure jusqu'au décès du cinéaste en 2014. Alain Resnais meurt le 1er mars 2014 à Neuilly-sur-scène à l'âge de 91 ans. Quelques semaines plus tôt, le réalisateur de Vous n'avez encore rien vu n'avait déjà pas pu se rendre au Festival du film de Berlin pour faire la promotion de son dernier film Aimer, boire et chanter, en raison de problèmes à la hanche. Son producteur Jean-Louis Livi affirmait au Parisien que le compagnon de Sabine Azéma "nous a quittés de façon tout à fait sereine".

Reconnaissance et Diversité des Rôles

Sabine Azéma reçoit le César de la meilleure actrice en 1987 pour son rôle dans Mélo, un vaudeville du trio avec Pierre Arditi et André Dussollier. Elle tourne également avec d'autres réalisateurs, notamment Bertrand Tavernier, qui lui permet de se faire connaître du grand public avec Un dimanche à la campagne. Sa prestation lui vaut le César de la meilleure actrice en 1985.

Grâce à Etienne Chatilliez, elle tourne dans deux énormes succès populaires : Le Bonheur est dans le pré et Tanguy. Elle incarne Nicole dans Le Bonheur est dans le pré, une femme vénale aux côtés de Michel Serrault et Eddy Mitchell.

Actrice éclectique et talentueuse, elle joue aussi bien dans des comédies (La bûche, Peindre ou faire l’amour, Olé, Le Voyage aux Pyrénées), que dans des policiers (Le mystère de la chambre jaune, Le Parfum de la dame en noir) ou des drames (Cœurs, La fille du puisatier). Elle a autant brillé dans des comédies populaires que dans les films d'auteurs.

En 2014, après deux ans d'absence, elle est à l'affiche du dernier film d'Alain Resnais : Aimer, boire et chanter.

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Réflexions sur la Maternité et la Vie Privée

Sabine Azéma se confie sans pudeur sur sa vie privée et dénonce les codes imposés par la société. Elle n'a pas d'enfant et elle en parle très librement. "On ne peut pas tout faire ni tout vivre", explique l'actrice.

"Je vis très bien le fait de ne pas en avoir", expliquait Sabine Azéma en 2023 à nos confrères de Version Femina : "La famille est quand même un endroit difficile et lourd. Il n'y a pas un idéal de vie à indiquer aux gens, car la vie, c'est beaucoup de choses qui dépendent des rencontres et des choix qui se présentent (…). On ne peut pas tout faire ni tout vivre. Et quand ça ne va pas, il faut donner le coup de talon pour remonter. Il n'y a pas d’autre option, la vie passe trop vite". Selon Azéma, la question des enfants dépend des rencontres que l'on fait, à quel moment, et que c'est une décision qui se prend à deux. Elle n'a pas «choisi» de ne pas en avoir, c'est la vie qui l'a menée sur un autre chemin. Elle dit se donner souvent à fond, et se considère peut-être plus amante que mère.

Depuis la mort de son compagnon Alain Renais, Sabine Azéma ne s'est plus affichée en public avec une autre personne. Il y a pourtant un autre homme avec qui l'actrice semble être inséparable : André Dussollier. Les deux acteurs se sont retrouvés dans pas moins de 12 productions, le dernier en date étant N'avoue jamais. Vingt ans plus tôt, le couple passionnait les cinéphiles avec le film Tanguy, qui racontait l'histoire de leur fils, un trentenaire qui avait du mal à prendre son indépendance. Malgré les rêves des fans de voir une relation amoureuse naître entre ces deux comédiens, le duo l'a confirmé à plusieurs reprises : "Entre nous, il ne s'est jamais rien passé aux vestiaires". ArditiDussolier sont pour elle des frères, les frères qu'elle n'a pas eus. Il y a quelque chose de très profond entre eux qui a grandi avec le temps. Ils ont grandi ensemble, et sont devenus plus intéressants.

Autres Facettes de sa Personnalité et de sa Carrière

Sabine Azéma est également réalisatrice. Elle a réalisé le documentaire Bonjour Monsieur Doisneau, ou le photographe arrosé, dans lequel elle interroge le photographe sur sa vie, son œuvre, la lumière de Paris et la beauté des femmes. Elle a aussi réalisé le téléfilm Quand le chat sourit, autour de l'univers de l'écrivain Lewis Carroll, avec Jane Birkin et ses vieux complices Pierre Arditi et André Dussollier.

Elle se décrit comme une personne terrorisée, ayant peur de l'accident, de la mort des autres. Elle a peur en voiture et une imagination déréglée pour envisager tout ce qui pourrait se produire. Elle en arrive à ne presque plus conduire. Mais elle a remarqué que beaucoup d'actrices avaient ces terreurs. Elle se rappelle une nuit avec Isabelle Huppert et Ariane Ascaride à se tordre de rire en racontant leurs peurs. Comme comédienne, elle s'en sert : l'émotion et l'imagination surgissent très vite.

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Azéma exprime son aversion pour l'obsession des médias pour le lifting et l'apparence physique, considérant cela comme humiliant et dégradant pour les femmes. Elle critique cette focalisation sur la jeunesse et la minceur, qui, selon elle, fait du mal aux jeunes filles et témoigne d'une méconnaissance de la vie.

Elle apprécie la légèreté, qu'elle considère comme un but à atteindre. Pour beaucoup de gens, c'est synonyme de superficialité, mais c'est le contraire. Réussir à être léger, c'est ne pas peser sur les autres, rendre la vie moins lourde. C'est un envol, un rire, ce doit être un but. Cela ne signifie pas ne pas être profond, mais ne pas peser. Ne pas exercer de pouvoir. C'est s'envoler vers ce qu'il y a de plus poétique.

Vie après Resnais

Après la disparition d’Alain Resnais, Sabine Azéma a choisi de vivre sans rien, adoptant le sort de ces vagabonds qui vivent sans domicile fixe. « Je n’ai pas de maison, pas de voiture, pas de bicyclette, pas de VéloSolex, pas de chat ni de chien », confie-t-elle à Gala. En 2014, quand son époux décède à l’âge de 91 ans, elle ne peut s’empêcher de faire le bilan. Sans attache, elle veut déménager pour prendre un nouveau départ, mais s’aperçoit très vite que changer d’adresse n’est pas une mince affaire. Au fil des années, elle a entassé tant de choses que faire le tri s’avère un travail de titan. En accomplissant ce geste fou, elle concrétise enfin un vieux rêve, celui de vivre, selon ses propres mots, « avec trois robes, des livres, un cahier, un stylo… ». Une vie de bohème où elle se recentre enfin sur l’essentiel. « Je suis libre comme l’air. C’est bouger qui m’intéresse.

Elle n’aurait donc rien conservé de cette demeure qui abrita trente ans d’amour ? Sabine Azéma n’a évidemment pas jeté ni même donné tous ces trésors. Consciente de leur valeur inestimable, elle les a déposés à l’Imec, un institut situé dans une ancienne abbaye, près de Caen, qui se charge de les conserver intacts.

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