Le placenta, un organe à la fois sacré et indispensable, est souvent mal compris dans la culture occidentale. Cet article explore en profondeur le rôle du placenta chez les mammifères, en mettant en lumière son importance physiologique, évolutive et même spirituelle.
Introduction au Placenta
Chez les mammifères, le placenta est une structure d'origine embryonnaire qui permet le développement embryonnaire au cours de la gestation. Il se forme après l’implantation de l’embryon sur la muqueuse utérine et dérive d’interactions cellulaires et moléculaires complexes entre les tissus utérins et embryonnaires. Le placenta est l’organe clé de la régulation du métabolisme fœtal.
Fonctions Physiologiques du Placenta
Le placenta est un organe extraordinaire et unique qui connecte physiquement et psychologiquement la mère et le bébé durant toute la grossesse. Il assure plusieurs fonctions vitales :
Échanges Nutritifs et Gazeux : Le rôle essentiel du placenta est d'assurer les échanges métaboliques et gazeux entre les circulations maternelle et fœtale, séparées par la membrane placentaire. Il amène au bébé les nutriments et l’oxygène nécessaires à son bon développement et élimine les déchets métaboliques.
Barrière de Protection : Le placenta sert de barrière efficace contre les bactéries et les toxines extérieures.
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Rôle Endocrinien : Durant toute la grossesse, il va également avoir un rôle endocrinien important. Le placenta sécrète de nombreuses hormones qui participent aux modifications gravidiques de l'organisme maternel (gonadotrophine chorionique, progestérone, œstrogènes, hormone lactogène placentaire, etc.).
Régulation du Métabolisme Fœtal : Cette régulation implique divers échanges entre mère et fœtus par des mécanismes de transport à travers le trophoblaste et les cellules endothéliales fœtales, le sang maternel et le sang fœtal n’étant jamais en contact. Le bon fonctionnement placentaire assure une croissance fœtale harmonieuse.
Diversité des Structures Placentaires
Les structures placentaires présentent une extrême diversité d'une espèce à l'autre. Cette variabilité concerne la forme de l'organe, l'arrangement géométrique des surfaces maternelles et fœtales, l'interrelation des flux sanguins maternels et fœtaux, la nature et le nombre de couches cellulaires de la barrière interhémale, les propriétés invasives du trophoblaste et la décidualisation. Le placenta hémomonochorial humain se caractérise par une réaction déciduale très importante et une invasion maximale du trophoblaste extravilleux. Le rôle endocrine du placenta fait également l'objet d'une extrême variabilité temporelle et est en outre spécifique pour chaque espèce.
Le Placenta Humain
Dans l'espèce humaine, le placenta est délimité à partir du 3ème mois. A terme, il se présente comme un disque de 20 cm de diamètre et 3 cm d'épaisseur, pesant environ 500 g. Sa face maternelle, cruentée, est creusée de sillons qui délimitent les cotylédons. Sa face fœtale, lisse, est recouverte par l'amnios qui laisse voir par transparence l'épanouissement des vaisseaux ombilicaux à partir de l'insertion du cordon ombilical. Les membranes, formées par l'amnios et le chorion, s'insèrent à la périphérie du disque placentaire. L'unité constitutive du placenta humain est la chambre intervilleuse. Il existe 20 à 30 chambres intervilleuses correspondant aux cotylédons visibles sur la face fœtale.
Anomalies Placentaires
Outre des phénomènes inflammatoires et infectieux (placentite), le placenta peut être le siège d’anomalies de forme, de structure et d’implantation. Ainsi, dans le placenta accreta, les villosités choriales s’implantent directement sur le myomètre qu’elles pénètrent, en raison d’une absence de couche déciduale ou caduque placentaire.
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Le Rôle des Syncytines
Des gènes d’origine rétrovirale ont été «capturés» au cours de l’évolution et apparaissent jouer un rôle essentiel dans la formation du placenta.
Découverte et Fonction des Syncytines
En 2000, les chercheurs ont repéré une protéine virale produite dans un seul et unique organe : le placenta. Il s’agit d’une protéine d’enveloppe de rétrovirus, qu’on trouve habituellement à la surface des particules virales et qui a deux particularités. D’une part, exposées aux défenses de l’hôte lors des infections, les protéines d’enveloppes sont capables de diminuer l’efficacité de la réponse immunitaire. Cette protéine d’enveloppe virale s’exprime de façon spécifique dans un tissu du placenta appelé syncytiotrophoblaste, qui permet les échanges entre le sang de la mère et celui du fœtus. Essentiel au bon déroulement de la grossesse, ce tissu d’origine embryonnaire est formé par la fusion de plusieurs cellules et possède une activité immunosuppressive.
Les syncytines sont nécessaires à la formation des syncytiotrophoblastes in vivo, puisque des souris knock-out pour ces gènes présentent un défaut de syncytialisation, aboutissant à un retard de croissance et à la mort de l'embryon in utero. Une hypothèse légitime est que la propriété immunosuppressive des syncytines, héritée des enveloppes rétrovirales, participe à la tolérance materno-fœtale.
Diversité des Syncytines chez les Mammifères
On connaît désormais deux syncytines humaines, également présentes chez d’autres primates, et des gènes du même type ont été découverts chez de nombreux mammifères : Rongeurs, Léporidés, Carnivores, Ruminants… Et même des Marsupiaux, qui ont un développement limité in utero. Et cette liste n’est ni exhaustive, ni détaillée. Concrètement, on a trouvé des syncytines à chaque fois qu’on en a cherché chez une espèce vivipare (dont les embryons se développent à l’intérieur de l’organisme de la mère, par opposition aux ovipares, qui pondent des œufs). Ce qui souligne l’importance de ces gènes viraux dans la formation des placentas !
La diversité des syncytines actuellement observées chez les mammifères, qui descendent d’un même ancêtre commun, s’explique vraisemblablement par l’acquisition progressive de nouveaux rétrovirus endogènes dans chacune des différentes lignées. Dans une sorte de relais évolutif, la syncytine ancestrale aurait cédé sa place à toute une série de syncytines différentes.
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Syncytines et Viviparité
Ce lien étroit entre viviparité et domestication d’une protéine virale pourrait être dû à l’une des principales difficultés de la reproduction hors œuf : l’organisme de la mère doit tolérer celui du fœtus pendant toute la durée de la gestation. En l’absence d’adaptation spécifique, sa présence devrait déclencher un rejet, comme dans le cas d’une greffe.
À défaut d’être capables de remonter le temps pour le démontrer, on peut s’intéresser aux quelques animaux vivipares qui n’appartiennent pas au groupe des mammifères. Des chercheurs français étudiant les syncytines en ont ainsi identifié une… chez un lézard vivipare d’Amérique du Sud !
Rôle Immunosuppressif des Syncytines
Il a pu être montré que les syncytines sont nécessaires à la formation des syncytiotrophoblastes in vivo, puisque des souris knock-out pour ces gènes présentent un défaut de syncytialisation, aboutissant à un retard de croissance et à la mort de l'embryon in utero. Une hypothèse légitime est que la propriété immunosuppressive des syncytines, héritée des enveloppes rétrovirales, participe à la tolérance materno-fœtale.
Importance Évolutive du Placenta et des Syncytines
L’hypothèse de travail, étayée par toute une série de travaux développés en particulier dans le laboratoire, est que le passage au cours de l’évolution entre animaux ovipares et vivipares est lié à la capture de gènes d’enveloppe de rétrovirus, qui ont fourni à l’hôte leur double capacité d’immunosuppression et de fusion. Cette hypothèse sera testée par la recherche systématique de syncytines chez les animaux à placenta (mammifères euthériens, marsupiaux, certains lézards), et par l’analyse de souris génétiquement modifiées ayant perdu spécifiquement la fonction immunosuppressive de leurs syncytines.
Le Placenta : Plus Qu'un Organe Physique
Le placenta est un organe à la fois à caractéristiques sacrées et indispensable pour le bon déroulement de la grossesse. Or dans notre culture occidentale, il est trop souvent incompris et considéré comme dégoutant par les hommes et les femmes. Il nous est difficile dans notre culture d’en parler et de reconnaître ses vertus. Nous avons peur et nous craignons qu’il saigne et que la mère fasse une hémorragie.
Maintenant parlons du rôle plus spirituel du placenta. Lorsque l’on observe sa forme, il représente un magnifique arbre avec des racines solides et bien ancrées. Il est ce lien indestructible entre la mère et son enfant.
Consommation du Placenta : Pratiques et Bienfaits
Il est connu que les chiens lèchent le placenta dès la naissance du nouveau chiot. Cela réchauffe le placenta et le stimule à continuer à transmettre au chiot les nutriments, l’oxygène, les cellules souches, de la chaleur… pendant que celui-ci s’adapte à la vie aérienne. Ensuite la chienne mangera les placentas un à un en faisant attention de manger le plus petit en dernier.
C’est bien connu, tous les mammifères mangent leur placenta après la naissance de leurs petits : les chats, les chiens … Sauf nous ! Il y a malheureusement à l’heure actuelle très peu d’études scientifiques faites sur le placenta. Prenons l’exemple, des pays pauvres où les médicaments font défaut. Les sages-femmes savent que manger un petit morceau de placenta peut sauver la vie en cas d’hémorragie à la naissance. Nombreux sont aussi les témoignages de ces mères qui expliquent récupérer plus rapidement de leur accouchement et de leur grossesse après avoir mangé leur placenta.
Cette pratique existe depuis toujours. Par exemple, il était normal de donner un petit morceau de placenta séché au fils de la famille qui devait partir au combat pour le rendre plus fort ! Nombreuses sont celles qui témoignent avoir une meilleure production de lait et donc démarrer plus facilement leur allaitement avec bébé. Les remèdes de placenta semblent également efficaces contre les problèmes de peaux et d’alopécie, ou encore pour soutenir l’andropause et la ménopause. Et enfin, les préparations de placenta pourraient être données préventivement contre les maladies cardio-vasculaires. Le placenta a bien d’autres vertus encore. Et pour finir, il a même été observé que les remèdes de placenta peuvent aussi réconforter le bébé lorsque celui-ci se trouve face à des crises de coliques et de pleurs incontrôlables.
Il peut être consommé cru dans un smoothie, dans des cuissons douces, ou dans des bouillons, séché et encapsulé afin d’être pris sous forme de gélule ou encore transformé en granule homéopathique ou en teinture mère.
Programmation Fœtale et le Rôle du Placenta
Le placenta joue un rôle critique dans la programmation de la croissance fœtale et du devenir de l’adulte. Une forte corrélation existe entre un faible poids de naissance et le risque de développer une pathologie métabolique à l’âge adulte telle que l’obésité, le diabète de type II ou l’hypertension. Ces observations ont conduit au concept de "programmation foetale" ou DOHaD (Developmental Origin of Health and Disease). Il a été montré que les perturbateurs de l’environnement maternel durant la gestation (malnutrition, stress, polluants…) peuvent affecter l’organogenèse du fœtus ou sa croissance, entraînant une adaptation métabolique du fœtus à ce nouvel environnement en agissant sur l’expression de gènes placentaires, la vascularisation, l’hémodynamique ou les processus inflammatoires.
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