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Grossesse extra-utérine à 8 semaines : Risques, symptômes et traitements

Une grossesse extra-utérine (GEU), également appelée grossesse ectopique, est une complication potentiellement grave de la grossesse qui se produit lorsque l'ovule fécondé s'implante et se développe en dehors de la cavité utérine. Bien que rares, représentant environ 2 % de toutes les grossesses, les grossesses extra-utérines nécessitent une attention médicale immédiate pour protéger la santé de la mère. Il est donc important d'en connaître les symptômes.

Qu'est-ce qu'une grossesse extra-utérine ?

Lors d'une grossesse normale, l'ovule fécondé descend la trompe de Fallope jusqu'à l'utérus, où il s'implante dans l'endomètre et commence à se développer. Dans une grossesse extra-utérine, l'ovule fécondé s'implante en dehors de l'utérus. Dans plus de 90 % des cas, l'ovule s'accroche à la paroi de la trompe de Fallope, on parle alors de grossesse ectopique tubaire. Parfois, l'ovule s'implante dans l'ovaire, le col de l'utérus ou la cavité abdominale. L'utérus est le seul endroit où un embryon peut se développer correctement ; donc si l'ovule s'implante ailleurs, la grossesse ne peut pas se poursuivre.

Une grossesse ectopique tubaire peut entraîner la rupture de la trompe de Fallope, ce qui peut provoquer une hémorragie interne. Un traitement médical d'urgence est nécessaire, car cela peut mettre la vie de la future maman en danger.

Pour les femmes ayant recours à la fécondation in vitro (FIV), il existe 1 % de risque de grossesse hétérotopique. Ce terme signifie qu'une grossesse intra-utérine (implantation dans l'utérus) se développe en même temps qu'une grossesse extra-utérine (implantation hors de l'utérus). Pour les femmes qui conçoivent naturellement, le risque est bien moindre, et est estimé être entre 1 sur 4 000 et 1 sur 30 000.

Symptômes d'une grossesse extra-utérine

Les symptômes d'une grossesse extra-utérine peuvent être difficiles à identifier, car ils peuvent ressembler aux symptômes normaux du début de la grossesse. Cependant, certains signes doivent alerter :

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  • Saignements vaginaux anormaux : Il est normal d'avoir des saignements en début de grossesse, à cause de la nidation (l'implantation de l'ovule fécondé dans l'utérus), mais parlez-en à votre médecin si vous avez des doutes.
  • Douleurs abdominales ou pelviennes : Elles sont intenses et irradient dans tout le bassin. Elles prennent souvent la forme de crampes.
  • Mal de dos.
  • Légères douleurs ou crampes dans le bas-ventre ou le bassin.
  • Sensation d'étourdissement ou de fatigue.
  • Un malaise, des nausées et vomissements, une chute de tension brutale, une extrême pâleur : ce sont les symptômes d’un choc hémorragique quand la structure qui porte l’embryon cède (la trompe de Fallope le plus souvent).
  • L’évolution du taux de l’hormone hCG (gonadotrophine chorionique humaine) : dans le cas d’une GEU, le taux de hCG, mesuré tous les 2 jours, n’augmente pas rapidement comme dans le cas d’une grossesse normale. Il peut soit croître faiblement, soit même diminuer.

Si la grossesse extra-utérine évolue, elle pourrait provoquer une rupture de la trompe de Fallope. Cela peut avoir de graves conséquences et nécessite des soins médicaux immédiats. Appelez votre médecin sans attendre ou allez directement aux urgences si vous constatez :

  • Une douleur aiguë dans le pelvis, l'abdomen ou l'épaule.
  • Faiblesse, vertiges ou évanouissement. La sensation de vertige peut être provoquée par une hémorragie interne résultant d'une rupture de la trompe de Fallope.

Facteurs de risque

Bien qu'environ la moitié des femmes enceintes ayant une grossesse extra-utérine n'étaient pas considérées comme des personnes à risque, la probabilité d'une grossesse ectopique augmente si :

  • Vous avez déjà eu une grossesse extra-utérine.
  • Vous avez subi une intervention chirurgicale sur une trompe de Fallope, ou sur d'autres zones du pelvis ou de l'abdomen.
  • Vous avez eu certaines infections sexuellement transmissibles.
  • Vous avez eu une maladie inflammatoire pelvienne.
  • Vous avez de l'endométriose.
  • Vous avez plus de 35 ans.
  • Vous avez des antécédents de stérilité.
  • Vous fumez.
  • Des antécédents d’inflammations pelviennes : notamment des IST, c’est-à-dire des infections sexuellement transmissibles. La gonorrhée, la syphilis et la chlamydiose peuvent en effet altérer le fonctionnement des trompes de Fallope.
  • Le recours à la PMA (procréation médicalement assistée) : il a été démontré qu'il accroît le risque de GEU.
  • Des antécédents de chirurgie utérine.
  • Le recours à des DIU (dispositifs intra-utérins).

Diagnostic

Votre médecin peut identifier une grossesse extra-utérine grâce à une échographie pour voir où se développe la grossesse et/ou une analyse sanguine pour mesurer les niveaux de l’hormone de grossesse hCG. Les résultats peuvent conserver une part d'incertitude et vous pourriez donc avoir besoin de refaire un test quelques jours plus tard. Il est possible que votre médecin détecte la grossesse extra-utérine au cours de votre première échographie.

Lors de l’examen gynécologique, le médecin réalise une échographie et un toucher vaginal pour détecter la présence ou l’absence de l’œuf dans l’utérus. En cas de grossesse confirmée, le gynécologue vérifie l’implantation de l’embryon et complète l’examen par une prise de sang afin de contrôler le taux de l ’hormone bêta-HCG présent dans le corps.

La première échographie est particulièrement importante dans le suivi de la grossesse. Elle permet, entre autres, de vérifier la bonne implantation de l’embryon dans l’utérus.

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Traitement

Une grossesse extra-utérine ne peut pas se déplacer d'elle-même ou être déplacée vers l'utérus, et elle ne peut pas continuer à progresser ailleurs que dans l'utérus. C'est pourquoi votre professionnel de santé mettra probablement fin à la grossesse, soit par chirurgie, soit avec des médicaments. Votre médecin discutera avec vous du traitement de votre grossesse extra-utérine et vous expliquera quelle option est la plus adaptée pour vous.

Traitement médical à la méthotrexate

Pour traiter une grossesse extra-utérine, on a souvent recours au méthotrexate. Ce médicament arrête la croissance des cellules de l'embryon, ce qui met fin à la grossesse. Puis, sur une période de quatre à six semaines, votre corps résorbe naturellement les tissus de la grossesse. L'avantage de cette méthode est que la trompe de Fallope touchée peut être préservée, vous évitant ainsi une opération chirurgicale.

Cette option peut être conseillée si la trompe de Fallope n'est pas rompue, et si vous êtes en mesure de revenir régulièrement pour des prises de sang afin de suivre la baisse de votre taux d'hCG, jusqu'à ce qu'il ne soit plus détectable. Cette option peut être déconseillée si vous allaitez ou rencontrez certains problèmes de santé.

Le méthotrexate peut être administré en une ou plusieurs doses. Le risque de rupture de la trompe de Fallope pendant une grossesse extra-utérine ne disparaît qu'une fois le traitement terminé. Si vous ressentez des symptômes comme une douleur vive au ventre ou à l'épaule, si vous vous sentez faible ou que vous avez la tête qui tourne, consultez immédiatement un médecin, car cela peut être lié à une hémorragie interne. Les effets secondaires du méthotrexate peuvent notamment être des nausées, des vomissements, ainsi que des saignements ou des pertes vaginales.

Pendant le traitement et jusqu'à ce que votre médecin vous donne le feu vert, mieux vaut éviter les activités physiques intenses, les vitamines et les aliments riches en acide folique, les anti-inflammatoires comme l'ibuprofène, les rapports sexuels et une exposition prolongée au soleil.

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Traitement chirurgical

Si une trompe de Fallope s'est rompue, une opération chirurgicale d'urgence est indispensable, mais une intervention peut aussi être nécessaire même si la trompe est intacte. Il est parfois possible de retirer l'ovule fécondé uniquement et de laisser la trompe en place, mais il faut parfois la retirer avec les tissus mal implantés. On opte généralement pour une chirurgie laparoscopique. Cela implique de petites incisions dans votre abdomen sous anesthésie générale. Au cours de l'opération, les tissus liés à la grossesse sont enlevés et la trompe endommagée est soit réparée, soit retirée.

Parfois, une incision abdominale plus grande peut être nécessaire, surtout si la grossesse est plus avancée ou qu'une rupture de la trompe de Fallope est suspectée.

Votre médecin vous proposera un plan de traitement et vous expliquera tous les risques et effets secondaires, comme les saignements et les infections possibles après l'opération. Après la chirurgie, des soins de suivi sont nécessaires, et votre médecin surveillera de près votre rétablissement, y compris en vérifiant à nouveau votre niveau d'hCG pour s'assurer que les tissus extra-utérins ont été complètement enlevés.

Que faire en cas de grossesse extra-utérine ?

Suite au diagnostic du médecin confirmant la mauvaise implantation de l’œuf dans l’utérus, une intervention médicale d’urgence est nécessaire. En effet, si la grossesse ectopique n’est pas rapidement prise en charge, il existe un risque de rupture au niveau de la trompe utérine ainsi que d’hémorragie interne.

Deux types de traitements peuvent vous être prescrit, selon votre situation. Celui-ci sera soit médicamenteux, soit chirurgical :

  • Traitement médical : en cas de diagnostic de GEU précoce, une dose de méthotrexate est injectée à la femme enceinte. L’injection du méthotrexate agit directement sur le développement des cellules de l’embryon en empêchant leur croissance.
  • Traitement par intervention chirurgicale : une cœlioscopie est réalisée pour aspirer l’œuf implanté dans la trompe de Fallope sans altérer la paroi utérine. En cas de complications ou de forme sévère de grossesse ectopique, la trompe de Fallope peut être sectionnée ou retirée, on parle alors de salpingectomie.

Prévention

Même s'il est impossible de l'empêcher complètement, il existe des moyens de réduire le risque qu'une grossesse soit extra-utérine. Adopter un mode de vie sain et arrêter de fumer peuvent réduire vos risques, tout comme la protection contre les infections sexuellement transmissibles.

Malheureusement, on ne peut pas éviter une grossesse extra-utérine lorsque l’implantation de l’embryon a déjà eu lieu. En revanche, il est possible de réduire les facteurs à risque en suivant ces quelques conseils :

  • Protégez-vous avec un préservatif lors de vos relations sexuelles, surtout si vous avez plusieurs partenaires sexuels, afin d’éviter les risques d’IST. Celles-ci sont notamment responsables de nombreux cas de grossesses extra-utérines qui surviennent ultérieurement.
  • En cas d’infections, consultez immédiatement un médecin. Une infection, si elle n'est pas traitée à temps, peut endommager vos organes génitaux tels que la cavité utérine, le col de l'utérus ou les ovaires.
  • Réalisez des tests de dépistage, avant chaque nouveau partenaire sexuel ou régulièrement si vous en avez plusieurs.
  • Évitez ou limitez votre consommation de tabac. Si vous êtes en essai bébé, le mieux est d’arrêter de fumer.

Si vous envisagez de tomber enceinte et que vous avez des facteurs de risque de grossesse ectopique, demandez conseil à votre médecin.

Grossesse après une GEU

De nombreuses femmes craignent pour leur fertilité suite au traitement d’une grossesse ectopique, que ce soit par chirurgie ou par voie médicamenteuse. Il faut savoir qu’après une grossesse extra-utérine, les risques de récidive augmentent. Cependant, il est tout à fait possible de retomber enceinte. Les grossesses extra-utérines n’affectent en aucune manière la fertilité de la patiente. Cependant, il est à noter que les femmes présentant des antécédents de grossesse extra-utérine ont plus de chances de récidives.

Soutien émotionnel

C'est tout à fait normal de se sentir anxieuse, effrayée ou bouleversée dans ces moments. Le traitement peut aussi vous donner l'impression d'être encore enceinte, ce qui pourrait intensifier vos émotions et vous fatiguer davantage. Pensez à la thérapie pour trouver du soutien, ou parcourez des forums en ligne pour discuter avec d'autres personnes ayant vécu des expériences similaires. N'hésitez pas à solliciter vos proches pour obtenir un soutien supplémentaire. Prenez le temps nécessaire pour vous reposer et récupérer après le traitement ; cela vous aidera à vous remettre physiquement et à accepter ce que vous avez traversé.

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