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Grossesse à 45 ans : Risques, Réalités et Perspectives

La grossesse après 45 ans est un sujet complexe, souvent entouré d'idées reçues et d'une médiatisation qui peut occulter les réalités médicales. Alors que les grossesses tardives de célébrités peuvent sembler idylliques, il est crucial de comprendre les risques et les implications pour la mère et l'enfant. Cet article vise à explorer en profondeur les aspects médicaux, sociaux et éthiques de la grossesse à 45 ans, en s'appuyant sur des données scientifiques et des témoignages d'experts. En France, une nouvelle loi interdit aux femmes de plus de 45 ans d’avoir recours à la PMA. Une loi que des grossesses comme celle de Virginie Efira font parfois un peu vite oublier.

Évolution de l'âge de la maternité

Aujourd'hui, les femmes donnent naissance à leur premier enfant en moyenne cinq ans plus tard qu'il y a quarante ans. Elles avaient en moyenne 24 ans en 1974 contre presque 29 ans en 2019. Selon les hypothèses de l'Ined, il n'est pas exclu que l'âge moyen à la maternité atteigne prochainement, voire dépasse 32 ans. Les femmes les plus diplômées sont plus concernées que les autres par ce recul de l'âge de la parentalité. D’après les chiffres de l’Insee, 42 800 bébés sont nés de mères âgées de 40 ans ou plus pendant l’année 2019 en France hors Mayotte. 5,7 % des naissances de 2019 sont des naissances dites « tardives ». Ces dernières années, il y a eu un rebond de la fécondité tardive.

Définition et perception des grossesses tardives

Si on revient 30 ans en arrière, une femme enceinte après 35 ans commençait déjà à être considérée comme un peu âgée. Depuis, l'âge du premier enfant n'a cessé de reculer, tout comme l'âge des femmes qui viennent consulter les centres de procréation médicalement assistée (PMA). On a communément admis que le passage des 40 ans correspondait à celui des grossesses tardives. Aujourd'hui, le seuil se situe plutôt à 45 ans.

Certains médecins utilisent le terme de grossesses « gériatriques » pour parler des femmes enceintes après 40 ans. Ce n'est pas un terme médical. C'est une expression volontairement péjorative. On peut ne pas être favorable pour tout un tas de raisons à ce type de grossesse tardive, mais parler de « gériatrie » - une médecine dédiée aux personnes âgées - lorsqu'on évoque le cas d'une femme âgée d'une quarantaine d'années, c'est inexact et c'est surtout de la provocation.

Pourquoi 45 ans est-il un seuil critique ?

Les risques médicaux deviennent alors vraiment significatifs. Ils sont de même nature qu'à 38 ou 40 ans, mais d'une manière générale, avec l'avancée en âge, ils augmentent tant pour l'enfant que pour la mère. Le plus fréquent, en particulier après l'âge de 45 ans, c'est tout simplement de ne pas aller jusqu'au bout de la grossesse. Après 43 ans, une femme enceinte a environ 3 % de chances d'accoucher.

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Il faut cependant distinguer deux situations. D'un côté, il y a des grossesses naturelles. Elles présentent un très fort risque de fausses couches, une fois sur deux pratiquement. De l'autre côté, la majorité des naissances après 45 ans sont issues d'une fécondation in vitro avec un don d'ovocytes prélevés chez une femme jeune, même si cela n'est quasiment jamais dit officiellement. Le risque de fausse couche chez une femme d'environ 45 ans avec un embryon issu d'un ovocyte d'une femme de 25 ans se situe alors entre 10 et 15 %.

Risques pour la mère et l'enfant

Les cas de trisomie 21 sont considérablement augmentés pour les grossesses naturelles dans cette tranche d'âge. Ensuite, tout le déroulement de la grossesse est plus à risque, car l'utérus, lui aussi, a vieilli avec le temps. Il y a donc plus de complications comme l'hypertension grave, la pré-éclampsie. Parfois, cette situation d'urgence aboutit au déclenchement d'une césarienne pour sauver la mère, mais elle induit une prématurité chez l'enfant. Globalement, il faut retenir que l'on est moins en forme à 45 ans qu'à 30 ans, même si, individuellement, la situation peut être discutée.

Une nouvelle étude, basée sur les données de plus de 300 000 naissances en Suède, montre que les enfants de mères plus âgées naissent plus souvent prématurément ou avec des complications, en particulier lorsque la mère a 45 ans ou plus. De précédentes études ont montré que les mères plus âgées avaient un IMC plus élevé, davantage recours à la procréation médicalement assistée, un risque accru de certaines maladies pendant la grossesse et une proportion plus élevée d’accouchements par césarienne. Pour comparer les données, les chercheurs ont réparti les bébés en trois groupes selon l’âge de leur mère : 35-39 ans, 40-44 ans et 45 ans et plus.

Les chercheurs ont constaté que les enfants de mères plus âgées présentent un risque plus élevé de mortinatalité, de naissance prématurée, d’insuffisance pondérale à la naissance par rapport à la durée de la grossesse et d’hypoglycémie que les bébés nés de mères âgées de 35 à 39 ans. Concernant les naissances prématurées, les chercheurs ont constaté que 4,8 % des cas sont survenus chez les mères âgées de 35 à 39 ans. Un chiffre qui grimpe à 6,1 % chez les femmes de 40 à 44 ans. Chez les femmes de 45 ans et plus, 8,4 % des bébés sont nés prématurément.

Les femmes enceintes âgées de plus de 40 ans sont plus à risque de développer des maladies telles que le diabète gestationnel et l’hypertension artérielle gravidique. En l’absence de traitement, ces maladies mettent en péril la vie de la future mère et du fœtus. Elles demandent une prise en charge médicale particulièrement rigoureuse, et nécessitent plus souvent un alitement prolongé, voire une hospitalisation. Plus la mère est âgée, plus les anomalies chromosomiques sont fréquentes. Par exemple, le risque de trisomie 21, estimé à une naissance sur 1 000 lorsque la mère a 30 ans, s’élève à une naissance sur 50 chez les mères âgées de 42 ans. La future mère pourra recourir à une amniocentèse afin de déterminer si le fœtus est porteur d’une anomalie chromosomique. Toutefois, l’amniocentèse expose à une fausse couche dans un cas sur 100. Un bilan médical complet doit être entrepris en début de grossesse afin d’identifier les possibles facteurs de risque, notamment les troubles cardiaques, les troubles circulatoires et le diabète, en vue de les prendre en charge de façon optimale le cas échéant.

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Après 40 ans, l’accouchement par césarienne est plus fréquent. À cet âge, outre les éventuels antécédents médicaux de la mère (comme l’hypertension artérielle, le diabète, l’asthme, l’obésité, les fibromes utérins), les bébés se présentent plus souvent par le siège (les fesses en avant) et sont souvent trop volumineux pour un accouchement par les voies naturelles (en cas de diabète gestationnel notamment).

PMA et limites d'âge en France

Les nouvelles lois de bioéthiques interdisent aux femmes de plus de 45 ans d'avoir recours à la PMA en France. Les patients pensent encore trop souvent qu'il existe simplement une limite d'âge à 43 ans pour le remboursement des FIV. Or, cela a changé : aujourd'hui, elles sont remboursées jusqu'à 45 ans, mais au-delà nous sommes dans l'impossibilité de leur proposer une PMA. Même face à un couple qui a des embryons ou des ovocytes congelés, nous ne pouvons plus rien faire.

Pour certaines femmes, cette nouvelle loi est tombée comme un couperet. Certaines ont eu un cancer à 40 ans, au moment où elles voulaient avoir un enfant. Elles ont congelé leurs ovocytes avant de recevoir leur traitement. Le temps a passé, elles sont guéries mais ne peuvent plus avoir recours à une FIV. Pour elles, le changement de la loi française a été vécu comme une injustice. Mais il s'agit de cas rares. La seule solution pour ces femmes, c'est d'aller à l'étranger. Certains pays européens ont fixé une limite à 50 ans. De mon point de vue, le seuil des 45 ans imposé par la loi est le bon. Il correspond à la réalité médicale et aux risques associés à la grossesse.

Impact de la médiatisation des grossesses tardives

La médiatisation des grossesses tardives d'actrices ou de femmes célèbres fait émerger de fausses idées. Cela contribue à faire croire qu'une grossesse après 45 ans est une histoire simple. Or, la grande majorité des naissances obtenues à cet âge sont le fruit d'un don d'ovocyte et ce n'est quasiment jamais dit. Si une de ces célébrités qui annoncent joyeusement leurs grossesses disait tout simplement qu'elle a eu recours à une FIV avec un don d'ovocyte, cela serait sûrement utile pour les autres femmes.

Fertilité et âge : ce qu'il faut savoir

Chez la femme la tendance générale reste une fertilité spontanée qui diminue dès 30 ans et nettement après 37 ans, en raison d’une diminution du nombre et de la qualité des ovocytes.

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Le risque de ne pas tomber enceinte spontanément augmente donc avec l'âge de la façon suivante :

  • 4 % à 20 ans
  • 14 % à 35 ans
  • 35 % à 40 ans
  • 80 % après 45 ans

Causes d'infertilité

20% des cas avérés d’infertilité féminine sont dus à des anomalies de l’ovulation, qu’elles se traduisent par une absence totale d’ovulation, ou par une mauvaise qualité de l’ovocyte. L’infertilité peut également résulter de troubles mécaniques : l’obstruction des trompes de Fallope liée à une infection, anomalie d’implantation de l’embryon comme dans l’endométriose, absence d’utérus, malformation du col de l’utérus, ou encore anomalie de la qualité de la glaire cervicale.

Les problèmes de fécondité peuvent aussi être liés à l’infertilité masculine, en cause à l’heure actuelle dans 30 à 50% des cas. De nombreux facteurs, tels que l'âge et le mode de vie, influent sur la diminution de la fertilité masculine. Le surpoids, l’obésité, l'exposition des testicules à une forte chaleur régulière ou encore la consommation de tabac ou de cannabis sont susceptibles de jouer un rôle négatif à chacune des étapes de la reproduction chez l’homme. En cause : l’altération de la qualité du sperme. Des dysfonctionnements sexuels, comme des troubles de l’érection ou de l’éjaculation, peuvent également être directement responsables d’infécondité ou s’ajouter aux autres causes.

Dans des cas plus rares (1% de la population générale), il y a une absence totale de spermatozoïdes dans le sperme, appelée azoospermie. Elle est due à un dysfonctionnement de la production de spermatozoïdes par les testicules.

Si vous essayez de concevoir depuis un à deux ans sans succès, une consultation médicale devient nécessaire. Cette consultation peut avoir lieu plus tôt, souvent après 6 mois d'essais infructueux, si la femme a plus de 35 ans ou s'il existe une maladie de l'appareil génital connue ou suspectée chez l’un des partenaires. Cette consultation médicale doit se faire en présence des deux membres du couple : vous êtes tous les deux concernés par l'exploration de l'infertilité.

Risques d’une grossesse tardive pour la mère

Au cours de la grossesse il y a un risque accru d’hypertension artérielle et de diabète. Cette hypertension et ce diabète, dits gestationnels lorsqu’ils surviennent pendant la grossesse, sont systématiquement recherchés par les soignants (médecins ou sage-femmes) chez la femme enceinte. Ce risque est encore augmentée avec l’âge de la femme enceinte. Il faut donc tenir compte de ces risques si l’on envisage une grossesse après 40 ans. Dans le cas d’une fécondation in vitro (FIV), si le recours à un don d’ovocyte est nécessaire, ce qui est plus souvent le cas après 40 ans, le risque d’hypertension et de pré-éclampsie sera augmentée par rapport à une FIV classique.

Il est tout à fait normal de ressentir de l’anxiété à l’idée d’accoucher. Les raisons les plus courantes de ce stress sont la crainte de la douleur ou l’idée qu’il puisse arriver quelque chose au bébé. Cette anxiété a un nom : la tokophobie. Les symptômes peuvent aller de l’angoisse modérée à une détresse sévère. La tokophobie touche 14 % des femmes dans le monde.

Risques d’une grossesse tardive pour l’enfant

Les principaux risques pour l’enfant dans le cas d’une grossesse tardive sont l’augmentation des fausses couches et celui des anomalies chromosomiques. Si le risque de fausse-couche augmente à partir de 30 ans (environ 20%), il reste très peu élevé chez les femmes de 25 à 29 ans (environ 10 %).

Le risque accru de fausse-couche ainsi que les anomalies chromosomiques résultent de la qualité des ovules, qui est moins bonne à mesure que l’âge augmente. Des tests de dépistage vous seront systématiquement proposés pour déterminer ce risque.

Dépistage de la trisomie 21

La trisomie 21 est l’une des anomalies chromosomiques les plus fréquentes. Elle concerne environ 1 grossesse sur 400. En France, toutes les femmes ont la possibilité de réaliser un dépistage de la trisomie 21 au cours de leur grossesse. Ce dépistage, pris en charge par l’Assurance Maladie, n’est pas obligatoire. Vous êtes libre de choisir si vous souhaitez ou non le réaliser, et votre consentement écrit sera demandé à chaque étape du dépistage.

Grâce à une échographie et des prises de sang, le dépistage évalue la probabilité que le fœtus ait ou non une trisomie 21. Un diagnostic par analyse des chromosomes du fœtus suite à un prélèvement à travers le ventre, ou amniocentèse, pourra ainsi être proposé uniquement aux femmes chez qui cette probabilité est très élevée.

Habituellement, l'amniocentèse est programmée entre 3 et 3,5 mois de grossesse (soit 15 à 17 semaines d'aménorrhée). Toutefois, on peut la réaliser jusqu'à la fin de la grossesse si nécessaire. Si un dépistage de la trisomie 21 ne vous a pas été proposé avant la fin du premier trimestre de grossesse, il pourra vous être conseillé au cours du quatrième mois.

Âge idéal pour tomber enceinte

Le pic de fertilité survient vers l’âge de 25 ans, mais il n’y a pas d’âge optimal pour avoir un bébé. En revanche, si vous avez rencontré quelqu’un avec qui vous voulez avoir des enfants, il est judicieux de parler régulièrement de ce souhait avec votre partenaire afin de vous assurer qu’il est partagé, et de ne pas trop repousser la prise de décision.

Augmenter ses chances de tomber enceinte après 35 ans

Plusieurs facteurs peuvent faciliter la survenue d’une grossesse après 35 ans, à commencer par l’adoption d’un mode de vie le plus sain possible :

  • Arrêter de fumer
  • Réduire sa consommation d’alcool
  • Faire du sport et manger équilibré
  • Réduire la caféine

Si vous êtes en situation de surpoids ou d'obésité, perdre un peu de poids peut augmenter vos chances de conception et minimiser les risques une fois que vous serez enceinte.

Consulter un médecin pour vérifier votre état de santé général peut aussi valoir la peine. Il pourra vérifier votre fonction thyroïdienne car un déséquilibre à ce niveau peut affecter vos chances de conception, or c’est une affection qui se traite facilement.

Que faire si j’ai du mal à tomber enceinte ?

Les affections telles que l’endométriose et le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) sont d’autres facteurs qui peuvent jouer un rôle, à l’instar des troubles de l’alimentation. Dans certains cas, faciliter l’accès des spermatozoïdes à l’utérus suffit, et dans d’autres il faut se tourner vers la fécondation in vitro (FIV). Il est possible d’identifier la cause responsable de l’infertilité dans environ 70 % des cas.

Préserver sa santé et celle de son bébé pendant la grossesse

Dès lors que vous espérez tomber enceinte, vous pouvez prendre 400 microgrammes d’acide folique par jour. Ce traitement sera poursuivi jusqu’à 12 semaines de grossesse. Il permet de réduire le risque de certains problèmes de développement du fœtus lors des premières semaines.

L’activité physique pendant la grossesse regorge de bienfaits dont la liste ne cesse de s’allonger à mesure des études réalisées sur le sujet :

  • Diminution de la prise de poids
  • Diminution des douleurs musculo-ligamentaires du dos et du pelvis
  • Amélioration de l'humeur et de l'estime de soi
  • Diminution du stress et de l'anxiété
  • Diminution des dits « petits maux » de la grossesse
  • Amélioration des troubles du sommeil
  • Diminution du risque de diabète gestationnel

Accouchement lors d’une grossesse tardive

Après 40 ans, l’accouchement peut être plus difficile. Lors du travail, il est possible que vous ayez besoin d’une surveillance rapprochée, car des études montrent que le risque de complications augmente légèrement avec l’âge. Ces complications incluent un risque de déchirure des tissus du périnée, un accouchement déclenché ou par césarienne.

Grossesse tardive : un projet à mûrir

Envisager une grossesse après 40 ans est un projet que les femmes doivent encore défendre et assumer. Il est nécessaire de défendre les droits des femmes pour qu’elles puissent justement assumer, quand elles le souhaitent, d’avoir un enfant AVANT 40 ans. Notre société aujourd’hui continue de pénaliser les femmes qui conçoivent, c’est surtout là qu’il faut agir. Cela donnera aussi plus de chances aux femmes d’atteindre la taille de la famille désirée, ce qui est moins souvent le cas quand le projet débute après 40 ans.

Il n’y a aucune raison de culpabiliser de vivre une grossesse après 40 ans, qu’elle soit le fruit d’une rencontre tardive, d’un long parcours de PMA ou d’un désir de le faire en solo. Ce n’est pas parce que la norme est encore de faire des enfants entre 25 et 35 ans, qu’on n’a pas le droit de concevoir plus tard.

Il est important de creuser et d’interroger son désir d’enfant pour réussir à concrétiser ou non un projet de grossesse. Interroger son désir d’enfant, ce n’est pas juste répondre par oui ou non. C’est plonger dans ses ambivalences, ses peurs, ses élans profonds, pour faire le tri entre ce qui vient de soi et ce qui vient de l’extérieur. L’idée, c’est de redonner du pouvoir et une capacité à faire des choix. Qu’on décide de faire un enfant, d’y renoncer, ou d’attendre encore un peu, l’essentiel c’est que ce soit un choix libre, aligné et assumé.

Il n’existe pas de bonnes ou de mauvaises raisons de vouloir un enfant. Il existe des raisons qu’on n’a pas toujours pris le temps d’interroger. Ce qui compte, c’est de mettre de la lumière sur ce qui nous pousse (ou nous repousse). Parce qu’un désir qu’on comprend mieux, c’est un désir qu’on peut choisir de suivre - ou pas - en conscience.

Quand ça ne fonctionne pas : faire le deuil de la maternité

Faire le deuil d’un enfant qu’on n’aura pas, ce n’est pas juste renoncer à une grossesse et une maternité, c’est aussi renoncer à une version de soi, à un rôle social, à une projection de vie, à un lien fantasmé.

Quand j’accompagne une femme ou un couple dans ce moment-là, je ne cherche pas à leur faire tourner la page rapidement. Je leur propose d’honorer ce désir, même s’il n’aboutit pas, de mettre des mots sur ce qui est perdu, mais aussi sur ce qui est vivant et bien là dans leur vie. On travaille sur la transmission autrement, sur les formes que peut encore prendre une fécondité symbolique : créer, transmettre, nourrir le lien autrement. Et surtout, on restaure une image de soi confiante et entière, même sans maternité.

Pour beaucoup de femmes, la fin de la fertilité marque un tournant existentiel. Ce n’est pas seulement biologique, c’est aussi symbolique : c’est parfois vécu comme la fin d’une possibilité, une confrontation au vieillissement, à l’idée de ne plus être dans le « game ». Et ça peut faire peur, ou provoquer un grand vide. C’est important de dire que c’est normal de ressentir tout ça.

Se préparer à cette étape, c’est déjà s’informer sur ce qu’est la péri-ménopause et la ménopause, pour éviter de se laisser désagréablement surprendre par les symptômes divers et variés. C’est aussi s’autoriser à en parler sans honte (à son gynéco, médecin ou thérapeute ou au sein de groupes de paroles) et prendre soin de son corps pour en accepter plus facilement les changements.

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