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La Berceuse : Un Héritage Culturel et Affectif

Chanter des berceuses à son bébé dès la naissance, et même avant, est grandement bénéfique à son développement. Mais pourquoi ? Une berceuse est bien plus qu’une simple chansonnette qui endort les enfants ; il s’agit d’un héritage culturel universel. Ces chansons douces, destinées à l’endormissement, qu'il s'agisse de comptines, de musique classique, de variété ou de musique populaire, détiennent de nombreux pouvoirs.

Les Bienfaits Insoupçonnés des Berceuses

En effet, chanter dès le plus jeune âge d’un enfant, et même lorsqu’il est encore dans le ventre de sa mère, permet de créer un lien affectif fort entre l’enfant et ses parents, tout en l’habituant aux sons de sa langue maternelle. Les berceuses, racontant de belles histoires, permettent également d’enrichir le vocabulaire de l’enfant dès ses premières années.

Berceuses Traditionnelles : Un Voyage à Travers le Temps

Les berceuses pour dormir sont nombreuses, chacune porteuse d'une histoire et d'une mélodie uniques.

« Au Clair de la Lune » : Un Classique Intemporel

Cette chansonnette très célèbre est l’une des comptines les plus chantées par les enfants. Son origine reste inconnue aujourd’hui, mais elle remonterait au 18e siècle. Enregistrée en 1860 par Édouard-Léon Scott de Martinville, elle est le plus ancien enregistrement sonore connu ! Elle met en scène de grands personnages de la commedia dell’arte, notamment Pierrot et Arlequin, présent dans les couplets les moins connus de la berceuse. « Au clair de la lune / Mon ami Pierrot / Prête-moi ta plume / Pour écrire un mot. »

« Dodo, l’Enfant Do » : La Plus Courte et l'Une des Plus Célèbres

Souvent considérée comme la plus courte des berceuses, avec seulement quatre phrases, cette berceuse est aussi certainement l’une des plus célèbres. Datant de 1758, on la doit à un violoniste du roi Leclerc, qui créa la mélodie afin de créer une contredanse. Immédiatement, celle-ci fut reprise par les nourrices et mamans.

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« Une Poule sur un Mur » : Un Air Ancien Toujours Apprécié

Cette berceuse est l’une des plus célèbres en France et au Québec. Son origine n’est pas certaine, mais remonterait au 15e siècle, en s’inspirant d’un poème de cette même époque. La comptine est d’ailleurs écrite comme un poème, avec des verres, des rimes et une structure en hexasyllabes.

La Berceuse de Brahms : Un Succès International

La berceuse la plus célèbre à l’internationale est bien celle-ci. On la doit à Johannes Brahms, compositeur allemand qui l’a publiée en 1868. Cette berceuse est tant connue qu’elle est régulièrement utilisée par des entreprises de jouets, ou encore dans la culture populaire ; Céline Dion a également chanté sur cette mélodie !

« Ah ! Vous dirai-je, Maman » : Une Mélodie Universelle

Cette berceuse est l’une des plus célèbres dans le monde. Comme beaucoup de berceuses, son origine est incertaine, mais sa mélodie date certainement du 18e siècle ; quant aux paroles enfantines, elles remontent possiblement au 19e, lorsque l’école primaire devint obligatoire. Mozart a tant popularisé la mélodie, qu’elle lui est souvent attribuée, à tort. Avec sa mélodie simple et répétitive, les enfants apprécient cette berceuse. « Ah ! vous dirai-je, maman, / Ce qui cause mon tourment. / Papa veut que je raisonne, / Comme une grande personne. »

« Fais Dodo, Colas Mon P’tit Frère » : Une Berceuse Populaire et Mystérieuse

Cette berceuse très populaire en France et dans les pays francophones a des origines anciennes mais difficiles à identifier. Pourtant, la chanson a endormi de nombreux enfants de toutes générations ! « Fais dodo Colas mon p’tit frère, / Fais dodo t’auras du lolo ; / Maman est en haut qui fait du gâteau, / Papa est en bas qui fait du chocolat. »

« Meunier, Tu Dors » : Une Chansonnette aux Origines Disputées

Meunier tu dors serait issue d’une chanson de Léon Raiter, un compositeur et éditeur de musique français d’origine roumaine mort en 1978, et de Fernand Pothier. Mais encore aujourd’hui, il y a peu d’informations à ce sujet.

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« Frère Jacques » : Une Comptine pour Endormir et Apprendre

Cette comptine française du 18e siècle est si célèbre qu’elle fut traduite dans de nombreuses langues. Longtemps d’un compositeur inconnu, il semblerait qu’on la doive à Jean-Philippe Rameau. Elle peut aussi bien endormir vos jeunes enfants que leur apprendre à parler. En participant aux « Ding, Ding, Dong », cette chansonnette permet de renforcer le lien affectif des parents et de l’enfant. « Frère Jacques, / Dormez-vous ? / Sonnez les matines ! »

« Une Souris Verte » : Une Berceuse Ludique et Éducative

Une souris verte est certainement la plus connue des comptines ! Apprise dès le plus jeune âge, elle peut aussi être utilisée comme berceuses avant l’entrée à l’école. En maternelle, les enfants apprennent cette chanson qui leur permet de travailler leur motricité et coordination. Cette comptine remonterait au 17e ou 18e siècle, et son origine est toujours incertaine, ce qui rend son interprétation très complexe et pleine d’hypothèses.

« Twinkle, Twinkle, Little Star » : Un Air Familier à Travers les Frontières

Pour finir, cette berceuse, plus connue sous son nom anglais Twinkle, Twinkle, Little Star est la plus populaire des berceuses et comptines anglophones. Les paroles sont tirées du poème The Star de Jane Taylor, publié en 1806 ; et vous avez certainement reconnu la mélodie ! C’est en effet celle de la berceuse « Ah ! Vous dirai-je, maman ». « Twinkle, twinkle, little star, / How I wonder what you are! / Up above the world so high, / Like a diamond in the sky. / Twinkle, twinkle, little star, / How I wonder what you are! »« Brille, brille, petite étoile / Comme j’aimerais savoir ce que tu es !

La Berceuse : Entre Oralité et Écriture

La berceuse appartient à ce qu’on appelle, de façon un peu condescendante, les petits genres de la littérature orale. Musique chantée, chansonnette, elle est associée à une action précise : le bercement. Chant de l’attente, elle est en attente d’un sommeil qui tarde à venir parfois et que l’adulte qui chante s’efforce d’apprivoiser. Son rythme régulier est souvent construit sur deux notes alternatives qui reproduisent les oscillations du berceau et sont supposées favoriser l’endormissement.

Ce genre nous est transmis aujourd’hui en partie de bouche à oreille (souvent dans des versions très fragmentaires) et en partie sous forme écrite. La question est : que fait ou plus exactement que défait l’écrit dans la berceuse ? Qu’est-ce qui se perd de ce genre qui appartient au folklore oral enfantin quand il passe à la forme écrite?

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Dans un premier temps il s’agit de prendre la mesure de ce qui tombe, comme dit R. Barthes, dans la trappe de la scription lorsque la berceuse orale est transcrite pour figurer dans des recueils, dans des livres. Ce mouvement de transcription est relativement ancien. Ainsi dans la Friquassée crotestyllonnée paru à Rouen en 1601, on peut lire mêlées à d’autres comptines, proverbes, dictons et facéties, quelques berceuses. Mais le mouvement de collectes est particulièrement important au XIXe siècle.

Ces retranscriptions, soumises à l’ordre graphique, s’alignent sur la page blanche, les unes au-dessous des autres. Regroupées, elles occupent une place précise dans chaque recueil : au chapitre II, dans la liste des « Kyrielles enfantines » après « Le hoquet » et « L’éternuement » et avant « Les marionnettes » et « Les sauteuses ».

En observant, par exemple, les pages consacrées à la berceuse dans Rimes et jeux de l’enfance, on remarque que les variantes données peuvent être introduites par a) et b) et que, parfois, une variante supplémentaire est ajoutée entre parenthèses avec une note de bas de page explicative. Des virgules, des points-virgules, segmentent l’écrit qui s’organise en strophes. Une lettre majuscule débute le texte, un point le termine et ainsi s’offre au regard un ensemble parfaitement délimité. Au-dessous de chaque bloc textuel, systématiquement des italiques indiquent la région de France où l’exemple a été collecté. L’imprimé calibre et standardise un ensemble ordonné, numéroté de 1 à 16 : les berceuses recueillies, muettes maintenant, sont parfois accompagnées de leur partition (de la musique écrite avec des signes sur un ensemble de lignes).

L’assignation graphique non seulement fait entrer dans les normes typographiques mais a aussi pour effet de tout uniformiser sur son passage : visuellement les berceuses ressemblent aux rondes, qui ressemblent aux formulettes et ainsi de suite. quand un énoncé est mis par écrit, il peut être examiné bien plus en détail, pris comme un tout ou décomposé en éléments, manipulé en tous sens, extrait ou non de son contexte. Autrement dit, il peut être soumis à un tout autre type d’analyse et de critique qu’un énoncé purement verbal. Le discours ne dépend plus d’une « circonstance » : il devient intemporel. Il n’est plus solidaire d’une personne ; mis sur papier, il devient plus abstrait, plus dépersonnalisé.

Tout d’abord la malléabilité propre à la parole chantée. On sait à quel moment la berceuse commence mais on ne sait pas quand elle finit car le signe de son efficacité est marquée par son interruption même. L’adulte qui berce suit l’avancée du sommeil, la voix diminue en intensité, la parole se défait, devient sons répétés, murmures fredonnés pour laisser, en toute fin, place au silence. En effet, la berceuse suppose un échange ouvert, « in process » : les interactions sont liées ici à une situation de communication paradoxale parce qu’aucune réponse articulée n’est attendue. L’in-fans auquel s’adresse le chant ne sait pas encore parler. C’est bien l’effet performatif qui compte. Et pour ce faire il y a toujours une part d’improvisation laissée à celui qui berce dans le choix des paroles qui peuvent être répétées, oubliées, plus ou moins inventées, empruntées à d’autres chansons : on ne sait pas à quel moment va avoir lieu l’endormissement. Mais quand la berceuse devient texte, la mémoire incorporée et sélective laisse place à une mémoire artificielle au pouvoir de stockage infini.

J.-J. Rousseau dans son Essai sur l’origine des langues dit à propos de l’écriture qu’« elle substitue l’exactitude à l’expression ». Il ajoute quelques lignes plus bas : « […] il n’est pas possible qu’une langue qu’on écrit garde longtemps la vivacité de celle qui n’est que parlée ». Et c’est bien de ce passage de l’esthésique à l’esthétique que l’on retrouve dans nos berceuses quand de paroles chantées, elles deviennent texte écrit. Ce qui se perd c’est tout un monde de sensations au profit de l’esthétisation plus ou moins grande d’un répertoire patrimonial à conserver et à transmettre. L’évènement de parole, chaque fois unique, qu’est le chant de la berceuse, repose sur la co-présence, la proximité, le corps à corps. Qu’il se trouve dans son berceau, qu’il soit enveloppé dans des bras protecteurs, l’enfant reconnaît l’inflexion d’une voix, ressent la chaleur, le souffle de la personne qui le berce. Le rythme du balancement, le rythme des pulsations cardiaques lui rappellent (peut-être) le rythme bienfaisant du temps où il vivait dans le ventre maternel. La répétition de sons ou mots berceurs plus ou moins monosyllabiques (do, do) qui imite le va-et-vient du bercement scande la chanson. Ce balancement phonique tend peut-être à se rapprocher (imaginairement ?) du langage des enfants, les premiers sons appris très tôt. Une fois que les fées ont créé l’ambiance, il ne manque plus que deux rythmes : celui, physique, du berceau ou de la chaise et celui, mental, de la musique. La mère conjugue ces deux rythmes - l’un qui s’adresse au corps, l’autre à l’oreille - et, avec des mesures et des silences divers, les mêle jusqu’au moment où elle obtient le ton juste qui charme l’enfant.

Et ce contact hic et nunc, plutôt complexe, la berceuse écrite ne peut en rendre compte.

On l’aura compris, ici, c’est la perte du corps que le passage au répertoire, au corpus révèle. Les corps (celui du bercé, celui du berceur) en co-présence, la gestualité et le toucher, la voix et ses inflexions mélodiques et changeantes jouent un rôle essentiel dans la berceuse. En effet pour remplir sa fonction, la berceuse peut se passer de mots - elle peut être une sorte de murmure fredonné sur un rythme particulier - elle ne peut pas se passer du corps et du geste. Dans ses réflexions sur « l’anthropologie du geste », M. Jousse précise que si « l’écriture empêche le libre jeu des gestes », par contre « nos mots sont incarnés profondément dans nos gestes. Si bien que pour avoir le mot, il nous faut faire le geste ».

En effet le mot « berceuse » - qui marque l’identification générique - entre dans la langue française un peu avant le début des grandes collectes : le complément du Dictionnaire de l’Académie Française de 1842 le mentionne. Par contre l’appellation ancienne que l’on trouve par exemple dans La Friquassée crotestyllonnée (XVIe siècle) est « chanson de nourrice ». Quant au Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle de Godefroy, il donne le terme de « berceresse » à traduire par berceuse dans le sens de « femme qui berce ». Il cite aussi le mot « bercere » qui signifie « nourrice qui berce ». Ce changement lexicographique n’est pas un simple jeu de substitution - un mot en remplaçant un autre - c’est un changement de paradigme culturel dans lequel la dimension pragmatique s’efface au profit de la catégorisation littéraire savante.

Il n’en demeure pas moins que la chanson/diction du bercement est bien un micro rituel domestique : celui qui berce (la mère souvent, le père ou tout autre personne qui s’occupe de l’enfant) tient le rôle de passeur. Il s’agit d’aider au passage de la présence à la séparation des corps. Et le sommeil, c’est l’expérience de la séparation originelle toujours renouvelée d’avec la mère. Pour glisser dans l’endormissement, il faut s’abandonner : apprivoiser le noir, le silencieux, le solitaire, l’immobile, le hors temps. La berceuse parce qu’elle est paroles chantées et fredonnements, rapprochement de deux corps, balancement régulier, rassure et assure la transition. Quand dans les bras, l’enfant ferme les yeux, le chant devient murmure et l’adulte dépose délicatement dans le berceau le petit dormeur. Ce geste de détachement ne doit pas être fait trop tôt. Le passage doit être accompli (ou presque) sinon tout est à recommencer.

Ce petit rituel domestique de la berceuse orale qui marque les débuts de la vie est, de fait, parfois présent aussi au moment de la quitter… En effet, il est possible d’esquisser une homologie entre le sommeil pacifié engendré par la berceuse et le sommeil éternel. C’est cette homologie - la langue nous y invite, les rites aussi - entre le berceau et la tombe que certains imaginaires culturels ou artistiques prennent en charge.

Voici d’abord un tableau de Vincent Van Gogh intitulé La Berceuse qui peut nous introduire précisément à ce double endormissement. L’artiste se demande en effet « s’il a réellement chanté une berceuse avec de la couleur »… Le tableau semble bien aller de l’enfance perdue à la mort prochaine. La série des berceuses (cinq toiles peintes de 1888 à 1889) encadre le fameux épisode de l’oreille coupée et précède le suicide de 1890. La Berceuse ici est moins une chanson dite/écrite qu’un geste. En effet une femme tient une corde accrochée à un berceau, un berceau que l’on ne voit pas. Cette femme cherche peut-être à renouer avec les gestes d’autrefois de la mère qui berçait. Est-ce aussi une quête d’apaisement pour l’adulte vacillant au bord de la raison ? Au bout de la corde y a-t-il un berceau, un cercueil ? De fait, la berceuse, son chant, ses gestes, ses « officiants », son « monde » vont d’un temps et d’un lieu à l’autre. Une corps/oralité retrouvée ? Un temps suspendu ?

À travers la danse sarde de l’argia (c’est une araignée à la piqure très venimeuse), l’anthropologie culturelle nous donne un second exemple de ce continuum symbolique entre bercement des vivants et bercements des morts. La personne piquée par l’argia doit être exorcisée dans les formes requises par le rite thérapeutique. L’argia, âme coupable et condamnée, vient en effet du monde des (mauvais) morts et elle injecte en quelque façon son tourment indicible à l’individu qu’elle pique. Celui qui est piqué peut être identifié à un enfant ou à un défunt, aussi existe-t-il une grande diversité de chants et d’actions cérémonielles pour prier « la grande argia » de s’en aller. Et le choix du rite approprié se fait en fonction de l’identification. Ainsi l’argia « petite fille » nécessite de placer la victime (un mort que l’on veut faire revenir à la vie) dans un grand berceau protecteur. Puis, on lui chante des ninne nanne. Il faut les chanter en pleurant. Cette oralité rituelle du chanter-pleurer est interrompue par des gémissements et des soupirs.

Enfin, plus proche de nous sans doute, la littérature offre elle aussi de nombreuses associations berceuse-mort qui travaillent l’imaginaire des textes (bercer les morts, chanter une berceuse pour les morts). Cette littérature - certes écrite - témoigne de mode de bercement funèbre mais elle en souligne les traits d’oralité. C’est bien la mélopée de la voix et la présence directe qui font la force et le pouvoir de ces berceuses rituelles dont la littérature moderne serait comme l’arche culturel. Ainsi, Chateaubriand décrit dans les dernières pages d’Atala, le rite funéraire d’une jeune indienne - « la fille de la fille de René l’Européen» - qui tient son enfant mort sur les genoux : « (Elle) chantait d’une voix tremblante, balançait l’enfant sur ses genoux, humectait ses lèvres du lait maternel, et prodiguait à la mort tous les soins qu’on donne à la vie ». Dans La Jasante de la Vieille, J. Rictus, lui, fait entendre le parler des faubourgs d’une mère venue au cimetière se recueillir devant le carré des condamnés où son fils, guillotiné, est enterré. « Oh !

É. Zola, lui-même, on s’en souvient, scénographie magistralement dans L’Assommoir le passage vers le grand sommeil. « Et, lorsqu’il (le croque-mort) empoigna Gervaise dans ses grosses mains noires, il fut pris de tendresse, il souleva doucement cette femme qui avait eu un si long béguin pour lui. Puis l’allongeant au fond de la bière avec un soin paternel, il bégaya, entre deux hoquets : - Tu sais… écoute bien… c’est moi, Bibi-la-Gaieté, dit le consolateur des dames… Va, t’es heureuse.

On perçoit combien le « fais dodo » de la berceuse vient re-ritualiser ce que la mort dans le placard sous l’escalier, comme un chien en quelque sorte, avait défait. Il ré-affilie Gervaise au monde des humains, une ultime fois.

Aujourd’hui les berceuses font partie à part entière de la littérature de jeunesse.

Un premier exemple nous est donné par le site Ricochet (Institut suisse Jeunesse et Médias), plate-forme numérique dédiée à littérature pour l’enfance et la jeunesse. À l’entrée thématique « berceuses », une vingtaine d’occurrences sont répertoriées. Il y a quelques albums mais plus particulièrement des livres-CD. Ce sont ces derniers que nous allons analyser. Mes plus belles berceuses jazz et autres musiques douces pour les petits sont présentées par l’éditeur comme « les plus belles berceuses jazz à mettre entre toutes les oreilles pour s’éveiller à la beauté du monde… ; la présence d’« interprètes exceptionnels » est également signalé. Le berceur de la tradition orale n’a pas besoin d’une technique vocale sophistiquée pour exécuter ce chant plutôt monotone. Mais, ici, la berceuse est en quelque sorte « élevée » au rang de spectacle musical à forte plus-value esthétique.

Cette esthétisation se retrouvent également dans les autres titres : Les plus belles berceuses classiques, Les berceuses de grands musiciens, Henri Dès. Les plus belles berceuses. On vante l’intérêt pédagogique qui permet « d’aborder le répertoire classique ». 27 chansons et berceuses propose des chansons « sélectionnées parmi les plus connues, à lire, à chanter et à regarder à deux ».

Cette propension à faire de la berceuse un bel objet à voir et à lire est particulièrement mise en valeur dans l’album d’A. Brouillard qui imagine cette Berceuse du Merle, édité en 2011 chez … Comment l’obtenir => Dès que vous vous réveillez sur la Plage au début du jeu, retournez-vous puis avancez pour rejoindre le bout de la Berge (image1). Servez-vous de l’environnement pour accéder à la Zone Supérieure, puis avancez vers la gauche pour ressortir à l’air libre (image3). Une fois que vous serez arrivé au sommet de la zone, continuez votre exploration en vous dirigeant à gauche (image5). Comment l’obtenir => Pour accéder à cette dernière, vous allez devoir explorer la Ruine que vous ouvrez en alignant les Montants Dorés pour dissiper la Porte (image7). Progressez le long de celui-ci en direction de la gauche, puis hissez-vous pour avancer sur la Corniche (image9). Passez ensuite par l’ouverture que vous avez créée, afin de prendre le Bloc Blanc et l’apporter dans la Petite Salle (image11). Regardez sur votre droite pour apercevoir du Lierre, auquel vous pouvez vous accrocher pour grimper (image13). Comment l’obtenir => Depuis le pied du Moulin à vent qui se situe à l’Est de la Grande Tour, dirigez-vous à gauche afin de rejoindre la Ruine la plus éloignée (image15). Servez-vous des rebords pour monter le long de la Paroi, afin d’atteindre la Fenêtre visible en hauteur (image19). Entrez alors par la 2ème Ouverture de la Structure Centrale que vous verrez, afin d’atteindre une Salle Immergée avec un Trou visible dans le Plafond (image23). Comment l’obtenir => Une fois que vous aurez réactivé tous les Robots de la Remise de l’Usine, placez le Bloc sur la Marque au Sol pour déplacer le Pilier vers la gauche (image25). Continuez votre progression sur les rebords suivants, afin de rejoindre la Zone Supérieure du Fond de la Remise (image27).

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