Loading...

Rhinite Allergique et Grossesse : Traitements et Conseils

La rhinite allergique, une affection courante caractérisée par l'inflammation de la muqueuse nasale, peut être particulièrement inconfortable pendant la grossesse. En France, une personne sur trois souffre de rhinite allergique, et selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ce chiffre pourrait atteindre 50% de la population d'ici 2050. Les allergies aux pollens sont de plus en plus répandues, causant éternuements, nez qui coule, démangeaisons et conjonctivite, autant de symptômes qui peuvent perturber le sommeil et altérer la qualité de vie des futures mamans. Cet article explore les traitements disponibles et les mesures à prendre pour gérer la rhinite allergique pendant la grossesse, en tenant compte des impératifs de sécurité pour la mère et l'enfant à naître.

Comprendre la Rhinite Allergique

La rhinite allergique se manifeste par des symptômes tels que le nez bouché ou qui coule, des maux de gorge et, dans certains cas, une conjonctivite allergique avec larmoiement, rougeur et prurit oculaire. Plus gravement, l’allergie au pollen peut entraîner un asthme. La rhinite peut être saisonnière, souvent due aux pollens d'arbres (bouleau, de mars à mai) ou de graminées (mi-avril à juillet), ou perannuelle, principalement causée par les acariens. Les animaux domestiques et les moisissures peuvent également être des déclencheurs.

Pendant la grossesse, les hormones stimulent la production de mucus, ce qui peut aggraver la congestion nasale. Bien que l'allergie elle-même ne soit pas transmise au bébé, la prédisposition génétique à développer des allergies peut l'être.

Traitements Médicamenteux de la Rhinite Allergique Pendant la Grossesse

Différents types de médicaments permettent de soulager les symptômes de la rhinite allergique, mais leur utilisation pendant la grossesse nécessite une attention particulière.

Antihistaminiques

Les antihistaminiques sont couramment utilisés pour traiter les symptômes allergiques. Ils bloquent la production d'histamine, une substance qui joue un rôle majeur dans le déclenchement des réactions allergiques.

Lire aussi: Symptômes de la rhinite de grossesse

  • Antihistaminiques de première génération : Généralement déconseillés en raison de leur effet sédatif important (somnolence, risque d'accident en cas de conduite ou d'utilisation de machines dangereuses) et de leurs effets indésirables atropiniques (bouche sèche, constipation, troubles de l'accommodation, blocage des urines).

  • Antihistaminiques de deuxième génération : Ils sont généralement privilégiés car peu sédatifs aux doses recommandées et ont une longue durée d'action, permettant souvent une seule prise par jour. La cétirizine est une molécule autorisée pendant la grossesse quel que soit le terme et pendant l’allaitement. Elle ne présente aucun risque, ni pour la mère, ni pour l’enfant à naître. La desloratadine est également préférentiellement utilisée car c’est celle pour laquelle on a le plus de recul.

Il est possible de prendre des antihistaminiques tous les jours, avec l’accord de son médecin traitant.

Corticoïdes en Suspension Nasale

Les corticoïdes en suspension nasale sont particulièrement efficaces en cas de rhinite allergique grâce à leur activité anti-inflammatoire sur les muqueuses du nez. Ils sont souvent prescrits en première intention, chez la femme enceinte, sous forme de spray nasal à base de corticoïdes ou d’une association corticoïde et antihistaminique.

Bien qu'efficaces, ils exposent à davantage d'effets indésirables : saignement de nez, irritation, fragilisation de la muqueuse nasale en cas de traitement prolongé. L’utilisation des corticoïdes par voie nasale sur de longues périodes peut également provoquer des effets généraux tels que cataracte, diminution de la densité osseuse ou ralentissement de la croissance chez l’enfant.

Lire aussi: Grossesse et Rhinite

Autres Traitements

  • Solutions nasales contenant du cromoglycate de sodium : Souvent d'efficacité moindre que les corticoïdes, mais mieux tolérées.

  • Antihistaminiques H1 en collyre : Indiqués dans le traitement de la conjonctivite allergique lorsqu'elle est associée à la rhinite.

  • Bromure d'ipratropium (ATROVENT NASAL) : A un effet asséchant et n’est actif que sur l’écoulement du nez.

Mesures Non Médicamenteuses

Outre les traitements médicamenteux, plusieurs mesures peuvent aider à soulager les symptômes de la rhinite allergique pendant la grossesse :

  • Lavage nasal : C’est le traitement de première intention de la rhinite allergique. Il est conseillé de bien aérer son habitation, au moins 15 à 20 minutes, pour renouveler l'air intérieur.

    Lire aussi: Soulager la rhinite pendant la grossesse

  • Éviction des allergènes : Limiter le contact avec le pollen allergisant, ne pas dormir la fenêtre ouverte, aérer plutôt le soir, se brosser les cheveux en rentrant de promenade et ne pas faire sécher son linge dehors. Porter un masque et/ou des lunettes spéciales lorsque vous vous promenez en plein air pendant la période de floraison pour filtrer au maximum les pollens. On pense bien évidemment à éviter de circuler sur les grands axes embouteillés au moment des pics de pollution et à ne pas faire faire sécher son linge au-dehors afin de le protéger des pollens.

  • Autres conseils : Porter des lunettes de soleil enveloppantes, rester à l'intérieur lorsque cela est possible, garder les fenêtres et les portes fermées.

Désensibilisation (Immunothérapie)

La désensibilisation est envisagée après échec des traitements précédents ou quand la rhinite chronique devient très gênante. Elle nécessite que le patient soit motivé, la gêne subie suffisamment importante et que l'allergène soit identifié par des tests cutanés ou un dosage des IgE spécifiques.

La désensibilisation peut être réalisée à l'aide d'allergènes préparés spécialement pour des individus (APSI) ou de médicaments ayant une AMM. Les APSI sont des médicaments préparés spécialement pour un seul individu, sur la base d’une prescription médicale. Ils ont donc une composition, une concentration et une posologie fixées en fonction de chaque patient.

Si l’on ne commence pas une désensibilisation lorsque l’on est enceinte, en revanche, cette dernière peut tout à fait être poursuivie si elle a été démarrée avant la grossesse. Actuellement, on ne recommande pas de débuter, pour des raisons de sécurité, une immunothérapie pendant la grossesse. En revanche, si vous avez débuté votre immunothérapie avant de tomber enceinte, il n'y a aucun risque à la poursuivre, explique le médecin allergologue Séverine Fernandez. Ce traitement sublingual, qui agit en créant une tolérance aux allergènes, est déjà efficace au bout de 3 à 4 mois !

Précautions et Recommandations

  • Consultation médicale : Avant de prendre tout médicament pendant la grossesse, il est essentiel de consulter un médecin ou un pharmacien. De nombreux médicaments, même en vente libre, sont contre-indiqués chez la femme enceinte.

  • Vasoconstricteurs : Les médicaments dits vasoconstricteurs qui décongestionnent le nez en diminuant le gonflement de la muqueuse nasale sont contre-indiqués pendant la grossesse. En effet, il peuvent provoquer une constriction, c'est-à-dire un rétrécissement, des vaisseaux qui irriguent le placenta.

  • Asthme : Il est important que l’asthme soit stabilisé durant la grossesse car, dans le cas contraire, il peut avoir des répercussions. En cas d'asthme ou de crises d'asthme liées aux pollens, il est important de poursuivre son traitement antihistaminique de fond et de ne pas arrêter sa Ventoline sous prétexte de la grossesse. La Ventoline est autorisée sans limite au cours de la grossesse.

  • Allergies croisées : La rhinite pollinique peut induire des exacerbations sévères d'asthme. De même, une allergie aux blattes (allergène domestique) peut être responsable de RA persistante sévère et d'asthme.

  • Rhinite professionnelle : La rhinite allergique d'origine professionnelle (exposition aux farines, latex, animaux de laboratoire) est réversible si le diagnostic est précoce, permettant une réorientation qui empêchera l'évolution vers un asthme professionnel.

Diagnostic et Identification des Allergènes

L'identification de l'allergène est importante car elle conditionne l'éviction, le suivi et l'éventualité d'une désensibilisation. Les données cliniques permettent de guider la pratique des tests cutanés ou la prescription d'un dosage des IgE spécifiques.

  • Tests cutanés : Les tests cutanés à lecture immédiate, pratiqués par prick tests, consistent à piquer la peau au travers d'une goutte d'extrait allergénique. Ils confirment la RA si leurs résultats sont concordants avec l'histoire clinique.

  • Dosage d'IgE spécifiques : Un résultat d'IgE positif confirme une sensibilisation in vivo chez le patient. Cependant, un dosage positif ne permet pas seul le diagnostic d'une allergie. Le résultat doit en effet être corrélé à l'histoire clinique.

tags: #rhinite #allergique #grossesse #traitement

Articles populaires:

Share: