L'utilisation de médicaments pendant l'allaitement est une préoccupation majeure pour les nouvelles mamans. Cet article vise à fournir des informations claires et précises sur l'utilisation du Prozac (fluoxétine) pendant l'allaitement, en s'appuyant sur les données disponibles et les recommandations actuelles.
Qu'est-ce que le Prozac (Fluoxétine) ?
Le Prozac, dont le principe actif est la fluoxétine, est un antidépresseur de la famille des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Il est couramment prescrit pour traiter :
- Les états dépressifs chez l'adulte et l'enfant de plus de 8 ans (en association avec une psychothérapie en cas de réponse insuffisante à la psychothérapie seule).
- Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC).
- La boulimie (en complément d'une psychothérapie).
Il est important de noter que la fluoxétine est disponible sous différents noms commerciaux, comme FLUOXÉTINE ACCORD, et sous différentes formes (gélules, comprimés dispersibles, solution buvable).
Risques potentiels de la fluoxétine pendant l'allaitement
La fluoxétine passe dans le lait maternel et peut potentiellement affecter le nourrisson. Les risques potentiels incluent :
- Effets sérotoninergiques ou syndrome de sevrage : L'exposition du nouveau-né aux ISRS, comme la fluoxétine, en fin de grossesse peut entraîner des symptômes tels qu'irritabilité, tremblements, hypotonie, pleurs persistants, difficultés de succion ou troubles du sommeil. Ces symptômes peuvent être le signe d’effets sérotoninergiques ou d’un syndrome de sevrage.
- Malformations cardiovasculaires : Quelques études ont suggéré une augmentation du risque de malformations cardiovasculaires chez les nourrissons exposés à la fluoxétine pendant la grossesse. Cependant, la qualité méthodologique de ces études ne permet pas de tirer des conclusions définitives. Des cas rapportés chez des nourrissons dont les mères avaient pris de la fluoxétine au cours des premiers mois de grossesse, suggèrent une augmentation du risque de malformations cardiaques à la naissance. Dans la population générale, environ 1 % des nourrissons naissent avec une malformation cardiaque. Ce risque atteindrait environ 2 % chez les nourrissons dont les mères avaient pris de la fluoxétine.
- Effets indésirables chez le nourrisson : Des effets indésirables tels qu'irritabilité, cris, pleurs, diarrhée avec vomissements et faible prise de poids ont été rapportés chez des nourrissons allaités dont les mères prenaient de la fluoxétine.
Recommandations officielles concernant la fluoxétine et l'allaitement
Compte tenu des risques potentiels, les recommandations officielles sont généralement les suivantes :
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- L'allaitement est à éviter pendant la durée du traitement par fluoxétine. Le RCP (Résumé des Caractéristiques du Produit) mentionne que l'allaitement est à éviter pendant la durée du traitement.
- Privilégier d'autres antidépresseurs : La sertraline ou la paroxétine sont souvent préférées à la fluoxétine pendant l'allaitement en raison de leur passage lacté plus faible et de l'absence d'effets indésirables rapportés chez les nourrissons allaités.
- Si la fluoxétine est nécessaire : Si le traitement par fluoxétine est indispensable, il est recommandé d'utiliser la dose minimale efficace et de surveiller attentivement le nourrisson pour détecter tout signe d'effet indésirable.
Alternatives à la fluoxétine pendant l'allaitement
Si un traitement antidépresseur est nécessaire pendant l'allaitement, certaines alternatives peuvent être envisagées :
- Sertraline (Zoloft®) : La sertraline est considérée comme l'un des antidépresseurs les plus sûrs pendant l'allaitement. La quantité rapportée au poids reçue par un enfant allaité est estimée à 2 %. De plus, il n’a pas été mis en évidence d’effets indésirables chez l’enfant allaité.
- Paroxétine (Deroxat®) : Bien que le Déroxat® (paroxétine) soit déconseillé pendant la grossesse, l’allaitement bien que déconseillé peut être autorisé sous couvert d’une surveillance du comportement du nouveau-né. En effet, la quantité rapportée au poids reçue par un enfant allaité est estimée à 0,4 %.
- Fluvoxamine (Floxyfral®) : L’allaitement bien que déconseillé peut être autorisé sous couvert d’une surveillance du comportement du nouveau-né. En effet, la quantité rapportée au poids reçue par un enfant allaité est estimée à 0,5 %.
- Antidépresseurs tricycliques (imipramine, clomipramine) : Leur utilisation est possible quel que soit le terme de la grossesse. Le passage lacté est mal connu. Par mesure de précaution, l’allaitement est à éviter pendant la durée du traitement par clomipramine. Si un nouveau-né est exposé en fin de grossesse et/ou via le lait maternel, une surveillance des fonctions neurologiques et digestives doit être envisagée pendant les premiers jours de vie.
Il est crucial de discuter de ces options avec un médecin pour déterminer le traitement le plus approprié en fonction de la situation individuelle.
Surveillance du nourrisson en cas d'exposition à la fluoxétine
Si une mère allaite tout en prenant de la fluoxétine, il est essentiel de surveiller attentivement le nourrisson pour détecter tout signe d'effet indésirable. Les signes à surveiller comprennent :
- Irritabilité
- Tremblements
- Hypotonie
- Pleurs persistants
- Difficultés de succion
- Troubles du sommeil
- Diarrhée
- Vomissements
- Faible prise de poids
Si l'un de ces symptômes apparaît, il est important de consulter immédiatement un médecin.
Informations importantes sur la fluoxétine
Il est important de connaître les informations suivantes concernant la fluoxétine :
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- Contre-indications : La fluoxétine ne doit pas être utilisée en cas d'allergie à la fluoxétine ou en association avec les IMAO non sélectifs et les médicaments contenant du métoprolol utilisés dans l'insuffisance cardiaque.
- Précautions : Des précautions sont nécessaires en cas d'épilepsie, de prédisposition aux hémorragies, de glaucome à angle fermé, de diabète, d'insuffisance hépatique ou d'insuffisance rénale.
- Interactions médicamenteuses : La fluoxétine peut interagir avec de nombreux médicaments, notamment les IMAO, le lithium, le tamoxifène, la warfarine et les AINS. Il est important d'informer votre médecin de tous les médicaments que vous prenez.
- Effets indésirables : Les effets indésirables les plus fréquents de la fluoxétine sont l'insomnie, les maux de tête, les nausées, la diarrhée et la fatigue.
Informations générales sur les antidépresseurs et l'allaitement
Outre la fluoxétine, il est utile de connaître les informations générales sur les antidépresseurs et l'allaitement :
- Antidépresseurs tricycliques ou imipraminiques (Tofranil® : imipramine ; Anafranil® : clomipramine) : Leur utilisation est possible quel que soit le terme de la grossesse. Lorsqu’ils sont utilisés jusqu’à l’accouchement, les manifestations néonatales qui surviennent dans la première semaine de vie sont le plus souvent transitoires et peu sévères. Elles sont de type atropinique et se traduisent par des troubles neurologiques (hypotonie, hyperexcitabilité, trémulations), respiratoires (polypnées, accès de cyanose) et digestifs (difficulté de l’alimentation, retard à l’émission de méconium, distension abdominale). Le passage lacté est mal connu. Par mesure de précaution, l’allaitement est à éviter pendant la durée du traitement par clomipramine. Si un nouveau-né est exposé en fin de grossesse et/ou via le lait maternel, une surveillance des fonctions neurologiques et digestives doit être envisagée pendant les premiers jours de vie.
- Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine : Pendant la grossesse, on préfère ne plus utiliser le Déroxat® (paroxétine), des études épidémiologiques suggérant une légère augmentation du risque de malformation cardio-vasculaire (communications interseptales) après exposition au premier trimestre. On privilégie les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) ayant un plus grand recul d’utilisation et des données de tératogénicité et de fœtotoxicité rassurantes telles que le Prozac®, le Floxyfral® ou le Zoloft® (sertraline), plutôt que les IRS les plus récents (citalopram, escitalopram). L’exposition fœtale à un IRS en fin de grossesse expose le nouveau-né à un syndrome de sevrage ou d’imprégnation qu’il est souvent difficile de séparer. En outre, la possibilité de survenue d’une hypertension artérielle pulmonaire (0,6 à 1,2 %) a été soulevée. Enfin les IRS pouvant entraîner des ecchymoses et des syndromes hémorragiques chez l’adulte, ces éléments sont à rechercher chez le nouveau-né exposé en fin de grossesse, d’autant que des cas d’hémorragie cérébrale néonatale ont été rapportés avec la prise d’IRS (paroxétine, citalopram). L’arrêt de l’allaitement doit être envisagé si un traitement par Prozac® (fluoxétine) s’avère nécessaire. En effet, la quantité journalière de fluoxétine reçue par l’enfant serait de 6 à 17 % de la dose théorique pédiatrique, sa demi-vie est longue et des effets indésirables chez des nourrissons allaités ont été rapportés (irritabilité, cris, pleurs, diarrhée avec vomissements, faible prise de poids). En revanche, avec d’autres IRS, tels que la paroxétine (Deroxat®), la fluvoxamine (Floxyfral®) ou la sertraline (Zoloft®), l’allaitement bien que déconseillé peut être autorisé sous couvert d’une surveillance du comportement du nouveau-né. En effet, la quantité rapportée au poids reçue par un enfant allaité est estimée à 0,4 % pour la paroxétine, 0,5 % pour la fluvoxamine et 2 % pour la sertraline. De plus, il n’a pas été mis en évidence d’effets indésirables chez l’enfant allaité. L’allaitement est déconseillé en cas de traitement par citalopram, en l’absence de données suffisantes. Bien qu’on estime que l’enfant recevrait via le lait 0,2 à 6 % de la posologie thérapeutique rapportée au poids, cette recommandation doit être respectée car des manifestations cliniques (difficultés d’endormissement, diminution de l’appétit, irritabilité, agitation) ont été rapportées chez quelques enfants allaités. Si un IRS est poursuivi jusqu’au terme, et a fortiori si la maman allaite, une surveillance du comportement du nouveau-né est vivement recommandée.
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