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La prise de sang en pédiatrie : Déroulement, spécificités et conseils

La prise de sang chez les enfants, et plus particulièrement chez les nourrissons, est une intervention courante mais délicate. Elle nécessite une approche spécifique en raison de la petite taille des veines et de la sensibilité accrue des jeunes patients. Cet article a pour but de détailler le déroulement de la prise de sang en pédiatrie, en mettant l'accent sur les particularités liées à l'âge, les techniques utilisées, les moyens de réduire la douleur et l'anxiété, ainsi que les bonnes pratiques à respecter pour garantir la sécurité et le confort de l'enfant.

Examens sanguins courants chez le nourrisson

Dès les premiers jours de la vie d'un enfant, certains examens nécessitant une prise de sang peuvent être effectués. Parmi les plus courants, on retrouve :

  • Le test de Guthrie (dépistage néonatal) : Anciennement appelé test de Guthrie, ce test est réalisé systématiquement chez tous les enfants, 3 jours après la naissance.
  • La glycémie : Cet examen est effectué seulement dans certains cas (par exemple, si le bébé est de faible poids, s'il a des difficultés à téter…). Il consiste à mesurer la quantité de glucose dans le sang, un sucre qui est une des sources principales d'énergie pour le bébé.
  • Le dosage de la bilirubine : Cet examen est fait quand le nouveau-né a une jaunisse (ou ictère). Généralement, on utilise un bilirubinomètre (appelé aussi biliflash), un appareil que l'on pose sur le front ou le sternum du bébé et qui évalue le dosage grâce à une sorte de "flash" lumineux et indolore.

Ces examens permettent un dépistage précoce de certaines maladies et une surveillance de la santé du nouveau-né.

Où et comment prélever le sang ?

Selon l'examen à réaliser, le sang peut être prélevé à différents endroits du corps du bébé :

  • Au niveau du talon : C'est la méthode la plus courante chez les nourrissons, notamment pour le test de Guthrie.
  • Dans une veine : Le sang peut être prélevé dans une veine située sur le dos de sa main, au pli du coude ou parfois sur son crâne. Les prises de sang sont techniquement difficiles à réaliser chez le tout-petit, à cause de la petite taille et/ou de la mauvaise visibilité des veines. Si la première tentative échoue, le professionnel fera un deuxième essai, éventuellement à un autre endroit. Parfois aussi, il pourra passer la main à une autre personne de l'équipe médicale.

Avant le prélèvement, on pose un garrot adapté à la taille de l'enfant pour mieux voir la veine.

Lire aussi: Calendrier des prises de sang post-FIV et suivi de grossesse.

Préparation de l'enfant et réduction de la douleur

La prise de sang peut être une source d'anxiété et de douleur pour l'enfant. Il est donc essentiel de le préparer au mieux et de mettre en place des stratégies pour réduire son inconfort.

  • Information et explication : Cette fiche explique aux enfants pourquoi on fait une prise de sang, son déroulement précis (avant, pendant, après), comment faire pour avoir moins peur et moins mal et en particulier comment utiliser la crème anesthésiante. Dites-lui les choses avec simplicité et de façon rassurante. Aidez-le à comprendre l’examen qui va se dérouler.
  • Crème anesthésiante (EMLA) : Pour les nourrissons nécessitant une prise de sang, certains médecins prescrivent un patch ou une crème anesthésiante (EMLA) pour que le nourrisson ne sente rien. Vous pouvez éventuellement lui poser un patch type EMLA®, acheté en pharmacie et prescrit par votre médecin. Prenez soin de poser le patch sur le pli du coude en veillant à bien appuyer, pour une meilleure diffusion du produit. Veillez à enlever le patch 15 minutes avant votre venue au laboratoire. N’hésitez pas à nous demander conseil en cas de doute sur l’application du patch. Laisser suffisamment de temps à l’anesthésique pour agir : par exemple, 1 à 2 minutes pour le MEOPA. Pour les anesthésiques topiques comme le patch d’EMLA, prévoir au minimum 1 heure de pose (cf. notice du dispositif).
  • MEOPA (mélange équimolaire d'oxygène et de protoxyde d'azote) : nommé « Meopa ». Votre enfant respire dans un masque qui délivre le gaz, ce qui lui permet d’être détendu et de diminuer le risque de garder un mauvais souvenir de cet examen. gaz s’arrête quelques secondes ou minutes après le retrait du masque.
  • Distraction : Des jeux, des jouets, des comptines ou des vidéos permettent de distraire votre enfant pendant la piqure. Confort du nourrisson : distraire le bébé avec son doudou ou un jouet peut grandement aider à le calmer pendant la procédure. Nous vous conseillons de tourner ce moment en quelques chose de ludique pour que l’enfant ne se rende pas réellement compte de ce qu’il se passe. Pensez à apporter son doudou ou son objet fétiche ! Il se sentira ainsi en confiance.
  • Présence et soutien des parents : Les enfants sont prélevés en présence de l’un des parents ou de l’adulte accompagnant. Si l’adulte refuse d’être présent lors du prélèvement ou si le préleveur juge qu’il est préférable que le parent ne soit pas présent, l’enfant pourra être prélevé seul avec l’accord du parent. Soyez vous-même confiant : l’enfant le ressentira. Ne vous moquez jamais de lui et/ou ne le grondez pas s’il pleure ou se plaint. Rassurez-le.
  • Techniques non médicamenteuses : Cette fiche explique à quoi servent les vaccins et comment cela se passe avant, pendant et après le vaccin. Elle présente les différentes solutions qui aident l’enfant à avoir moins peur et moins mal en valorisant l’importance des moyens non-médicamenteux de prise en charge de la douleur : l’information, la distraction, le rôle des proches.

Déroulement de la prise de sang : les étapes clés

Pour garantir la sécurité et la qualité du prélèvement, il est important de respecter les étapes suivantes :

  1. Identification du patient : Demander au patient de décliner spontanément son nom de naissance, son prénom et sa date de naissance.3 Éviter les formulations fermées (« Vous êtes bien M. Dupont ? Renforcer la vigilance chez les enfants, les patients non communicants, porteurs de troubles cognitifs ou en situation de handicap.
  2. Consentement éclairé : Avant tout acte de prélèvement, le/la professionnel(le) de santé doit recueillir le consentement libre et éclairé du patient, conformément aux obligations légales et éthiques prévues par les articles L1111-2 et L1111-4 du Code de la santé publique.5 Cela suppose que le/la soignant(e) informe le patient de manière claire, loyale et adaptée à son niveau de compréhension. Pour un prélèvement sanguin courant, le consentement est oral, mais il doit être explicite, donné en toute connaissance de cause et réversible à tout moment. Il ne prend une forme écrite que dans des cas particuliers (actes à risque, examens génétiques, recherche biomédicale). Lorsque le patient est mineur, le consentement est recueilli auprès des titulaires de l’autorité parentale (parents ou représentant légal), conformément à l’article 371-1 du Code de la santé publique6 et hors urgences médicales7.
  3. Préparation du matériel : Le matériel de prélèvement doit être complet, stérile et prêt à l’emploi pour un geste sûr et efficace.
  4. Installation du patient : Installer correctement le patient : position assise ou allongée selon son état clinique.
  5. Choix du site de ponction : Pour faciliter le repérage des veines, vous pouvez utiliser une lampe de poche ou un dispositif de transillumination. ✅ Désinfection et hygiène : la désinfection de la zone de prélèvement est une étape obligatoire.
  6. Pose du garrot : Avant le prélèvement, on pose un garrot adapté à la taille de l'enfant pour mieux voir la veine. Le garrot doit être utilisé pour identifier la veine, cependant, il ne doit pas rester en place pendant le prélèvement sanguin, sauf si la veine est petite et difficile d’accès. Si vous laissez le garrot trop longtemps en place, les cellules « explosent », ce qui causera une hémolyse et/ou une hyperkaliémie, car il y a du potassium dans les globules. Pour certains tests, le garrot ne doit pas être utilisé. Veuillez vous référer au protocole du laboratoire pour plus de détails.
  7. Antisepsie : L’antisepsie du site de prélèvement est une étape indispensable pour prévenir le risque de contamination bactérienne, en particulier lors d’un prélèvement de flacon d’hémocultures. Avant toute antisepsie, il est impératif de vérifier que la peau est propre, sèche et exempte de lésions. Historiquement, une technique en spirale, du centre vers la périphérie ou de l’endroit qui sera ponctionné vers le haut de la veine, est recommandée5.8, avec trois passages successifs et en respectant strictement le temps de séchage. Actuellement, on parle de plus en plus d’une technique alternative en quadrillage, visant une antisepsie plus uniforme.
  8. Ponction veineuse : Tendre fermement la peau à l’aide du pouce, quelques centimètres sous le site d’insertion, afin de stabiliser la veine et d’éviter qu’elle ne roule. Ce geste améliore la précision de la ponction et limite l’inconfort. Introduire l’aiguille dans le vaisseau avec prudence et détermination, dans le sens du retour veineux, biseau orienté vers le haut. L’insertion doit se faire à un angle compris entre 5 et 30 degrés, selon la profondeur de la veine. Une fois l’aiguille insérée dans le vaisseau selon les règles de bonne pratique, il convient d’être attentif/attentive à l’apparition du reflux sanguin. Ce signe indique que la pointe de l’aiguille est bien située dans la lumière veineuse. Maintenir fermement le porte-tube, en stabilisant sa main contre le bras du patient, permet de garder le site de ponction immobile pendant le prélèvement. En l’absence de reflux après 1 à 2 cm d’insertion, un réajustement millimétrique peut être tenté, en déplaçant très légèrement l’aiguille vers l’avant ou l’arrière sans la retirer. Si le sang n’apparaît toujours pas, retirer le garrot, retirer complètement l’aiguille, comprimer le point de ponction, et envisager un autre site, en utilisant une nouvelle aiguille. Chez certains patients (en pédiatrie particulièrement), l’aspiration par tubes sous vide peut provoquer un affaissement veineux. Il est alors possible d’utiliser la technique à l’écoulement, sans vide, en recueillant le sang par gravité dans des microtubes.
  9. Remplissage des tubes : Une méthode simple pour le retenir est de suivre l’ordre alphabétique, à l’exception du tube gris qui est généralement utilisé en dernier et moins fréquemment : Bleu, Jaune, Rouge, Vert, Violet, (et finalement Gris.) Attention, les codes couleur peuvent varier d’un laboratoire à l’autre. Il est essentiel de mélanger chaque tube en réalisant des mouvements amples, délicats et réguliers. Quel que soit le dispositif utilisé, la coagulation du sang prélevé commence immédiatement, avec l’apparition de microcaillots dans les 15 premières secondes. Il est impératif de remplir le tube citraté jusqu’à la marque indiquée, car il contient un volume précis d’anticoagulant. Les résultats attendus sont basés sur cette dilution. Il convient d’éviter de transférer le sang entre les tubes. Transvaser du sang d’un tube vert à un tube bleu introduit un autre anticoagulant qui perturbe les réactions chimiques et fausse les résultats. De même, si du sang est transvasé d’un tube violet à un tube vert, cela pourrait entraîner une augmentation artificielle du potassium et une diminution artificielle du calcium. Si le prélèvement sanguin est difficile sur un patient, il est préférable d’utiliser un tube pédiatrique et de le remplir à moitié, car il contient moitié moins d’anticoagulant.
  10. Retrait de l'aiguille et compression : Avant le retrait de l’aiguille, s’assurer que le garrot a bien été relâché pour éviter tout risque d’hématome. Retirer délicatement l’aiguille à l’aide d’une compresse, sans gestes brusques. En cas d’utilisation d’un dispositif à ailettes (de type « butterfly »), suivre les consignes du fabricant, en maintenant l’angle d’insertion jusqu’au retrait complet afin de limiter les traumatismes veineux. Après avoir retiré l’aiguille, exercer une pression ferme sur le site de ponction avec une compresse propre, sans masser, afin de favoriser l’hémostase. Maintenir la pression pendant plusieurs minutes, selon le profil du patient (traitement anticoagulant, troubles de la coagulation, etc.).
  11. Pansement : Une fois l’hémostase obtenue, poser un pansement adapté au type de peau et aux éventuelles allergies.
  12. Élimination des déchets : Tous les déchets souillés par du sang (compresses, gants, tubulures) doivent être éliminés dans un collecteur DASRI (déchets d’activités de soins à risques infectieux). L’aiguille doit être jetée immédiatement après usage, sans être désassemblée, dans un collecteur OPCT (objet piquant coupant tranchant).
  13. Surveillance du patient : Avant de quitter la chambre, il est important de s’assurer du confort et de la sécurité du patient. Dans tous les cas, vérifier la bonne compréhension des explications données et rester attentif/attentive aux signes de malaise ou de douleur.
  14. Étiquetage des tubes : Étiquetage des tubes : réaliser cette étape immédiatement après le prélèvement, en présence du patient4, pour garantir la traçabilité. La traçabilité est une exigence réglementaire et un gage de sécurité pour le patient.
  15. Traçabilité : Chaque acte de prélèvement sanguin doit faire l’objet d’une traçabilité rigoureuse dans le dossier de soins.

Facteurs de qualité et de sécurité

Plusieurs éléments contribuent à la qualité et à la sécurité de la prise de sang en pédiatrie :

  • Compétences du préleveur : Venir au laboratoire avec son enfant peut être source de stress. C’est pourquoi nos équipes mettent tout en œuvre pour vous aider à vous préparer afin que tout se passe au mieux. Vous confiez votre enfant à un personnel formé, compétent et habitué à recevoir les tout-petits. Formation continue : la pédiatrie est un domaine exigeant une formation spécifique. Partage d'expériences : L'échange avec vos collègues sur vos expériences respectives peut être une source précieuse de conseils et d'astuces.
  • Respect des bonnes pratiques : L’infirmier(e) doit être vigilant(e) lorsqu’il/elle prélève des échantillons de sang afin de garantir la sécurité du patient. Ce guide pratique du prélèvement de sang veineux à l’intention des étudiant(e)s et/ou infirmier(e)s explique le déroulement du soin pas à pas conformément aux bonnes pratiques et offre des conseils pratiques pour garantir la sécurité et le confort du patient. Si vous souhaitez connaître les prérequis du prélèvement veineux, nous avons publié un article qui couvre les aspects à prendre en compte pour un prélèvement sanguin réussi.
  • Phase pré-analytique : La phase pré-analytique est une étape déterminante du prélèvement sanguin veineux. Elle conditionne la fiabilité des résultats biologiques, la sécurité du patient et le respect des exigences réglementaires. Toute erreur à ce stade peut compromettre l’analyse réalisée par les automates et l’interprétation effectuée par les biologistes et entraîner des conséquences cliniques graves. Les conditions pré-analytiques spécifiques : certaines analyses nécessitent un jeûne, un prélèvement à heure précise (ex. : dosage hormonal, bilan martial, cortisolémie), ou l’arrêt de médicaments interférents (anticoagulants, antibiotiques, antiépileptiques…). Un prélèvement sanguin fiable repose sur le respect strict des recommandations pré-analytiques.
  • Transport et conservation des échantillons : ​Les délais d’acheminement et les conditions de température pour la conservation des échantillons biologiques varient en fonction des analyses à réaliser et des protocoles de chaque laboratoire. Il est essentiel de se référer aux recommandations locales. Numération formule sanguine (NFS) : certains laboratoires recommandent un délai maximal de 6 heures à température ambiante, tandis que d’autres acceptent jusqu’à 24 heures. Vitesse de sédimentation (VS) : le délai d’acheminement peut varier de 4 heures à température ambiante à 24 heures dans d’autres cas. Glycémie : un laboratoire peut exiger un délai maximal de 2 heures avec un tube hépariné, tandis qu’un autre autorise jusqu’à 24 heures avec un tube fluoré. Potassium, LDH : les délais varient de 3 à 6 heures, avec des recommandations spécifiques pour une centrifugation rapide. Hémocultures : le prélèvement doit être acheminé au laboratoire dans les 2 heures (conservation à T° ambiante). Si ce n’est pas possible : max.
  • Gestion des erreurs pré-analytiques : Critères administratifs : Ces problèmes sont généralement liés à l’identification du patient, comme des erreurs, des omissions ou des incertitudes. Critères qualitatifs : Ces problèmes sont liés au non-respect des délais ou des températures requis, comme des tubes fondus ou des délais trop longs.

Rôle de l'infirmière libérale

Avant toute chose, comme pour tous soins, votre rôle d'infirmière libérale est de vous assurer que les parents soient pleinement informés de la nécessité et du déroulement de la procédure. La réussite de la prise de sang chez un nourrisson dépend aussi de la bonne immobilisation du nourrisson. ✅ Prélèvement : la douceur et la rapidité sont vos meilleures alliées. ✅ Après le prélèvement : une fois le prélèvement effectué, appliquez une pression douce sur le site pour éviter la formation d'un hématome. Expliquer clairement chaque étape : de la procédure aux parents est essentielle pour les rassurer. 📢 Grâce au dossier de soins vocal agathe YOU, vous pourrez vous concentrer sur les soins prodigués au nourrisson sans vous soucier de la saisie des infos patients dans votre logiciel infirmier ! Après la prise de sang, vous n'aurez qu'à dicter le soin.

Après la prise de sang

Il faut en général attendre en moyenne 2 heures après la réalisation du prélèvement par l’infirmière avant d’obtenir les résultats. Félicitez votre enfant ! Tu as été courageux ! Bravo ! Je suis fier de toi !

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