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Trisomie 21 : Une histoire de musique, de concerts et d'anormalité assumée

C'est un groupe français adulé à travers le monde, malgré un certain désamour médiatique dans leur propre pays. Après plus de deux décennies de carrière, onze albums et plus d'un million de disques vendus, Trisomie 21 continue de surprendre. Leur dernier album, Elegance Never Dies, a été revisité par neuf des plus grands producteurs mondiaux, dont Chris Kimsey, Dave Bascombe, Peter Walsh et David Allen. Rencontre avec Philippe Lomprez, le chanteur de ce groupe emblématique.

Genèse d'un groupe atypique

L'histoire de Trisomie 21 commence simplement : deux frères qui décident de faire de la musique. Hervé se lance à la guitare, Philippe à la batterie. Immédiatement, ils essaient de composer, quelque chose de "primitif" car ils ne savent pas jouer. Ils n'ont pas d'influences et n'en veulent pas. La seule chose qui compte, c'est de ne rien reproduire d'existant.

Lors de leur premier concert, un journaliste de La Voix du Nord les "dézingue", listant des influences comme The Cure, etc. Les frères Lomprez commandent alors les disques en question et décident de mettre tout ça "dans un coffre" pour plus tard.

Dès le début, ils choisissent de chanter en anglais, car ils veulent être internationaux et refusent les frontières.

Un nom provocateur et engagé

Le nom Trisomie 21 est un "électrochoc". Originaires d'une région frappée par le chômage de masse, les frères Lomprez perçoivent une forme d'acculturation et préfèrent l'anormalité à la norme. Il y a un côté punk dans ce nom, mais aussi une sensibilité envers les personnes atteintes de trisomie, avec lesquelles ils avaient un projet théâtral. Ils ne voulaient pas faire carrière, alors ils ont osé.

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Ce nom leur a causé quelques problèmes avec la presse, mais ils l'assument pleinement.

Influences et identité musicale

La musique de Trisomie 21 est marquée par le nord de la France et ses problèmes sociaux. Ils se sentent proches de Manchester, Maubeuge, Liège et Bruxelles. La Belgique est un pays important pour eux, car ils ont signé avec le label belge PIAS (Play It Again Sam). Ils se considèrent comme un groupe européen, avec une culture européenne.

Leur musique est souvent qualifiée de froide, avec des émotions rentrées. Ils viennent de régions où les guerres ont tout massacré, et cela se ressent dans leur musique. Ils expriment ce qu'ils ressentent réellement, sans artifices.

Leurs influences ne sont pas uniquement musicales. Ils aiment la peinture, le cinéma, et cela se perçoit dans leur musique. Ils sont influencés par Edith Piaf, Maurice Ravel, Hitchcock ou Goya. La musique est apparue comme un débordement, une nécessité.

Parcours international et évolution musicale

Trisomie 21 a rapidement connu un succès international, souvent sans même s'en rendre compte. Ils recevaient des lettres du Brésil et ont été surpris de leur popularité au Canada.

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Musicalement, ils ont beaucoup évolué. Hervé compose la musique, Philippe écrit les paroles. Le grand changement intervient avec Million Lights en 1987. Ils se retrouvent à deux sans bassiste et décident de faire un disque sans basse, à contre-courant de l'époque.

Million Lights reste un album de référence pour eux, très personnel. Ils l'ont enregistré la nuit à Bruxelles, se baladant dans des fêtes foraines avant d'aller en studio.

Création et scène

Le groupe n'est pas très intéressé par la scène, car ils trouvent que répliquer en live n'a pas grand intérêt. Cependant, ils apprécient de rencontrer leur public. C'est pour cela qu'ils tournent, et aussi pour faire du rock sans costume à paillettes.

Avec le temps, leur musique s'est durcie, devenant plus rock. Ils ont toujours essayé de nouvelles choses, comme faire venir un guitariste de Hard Rock sur un de leurs disques.

Leurs textes parlent de voyages, de politique, de la façon dont les gens sont traités. Philippe a souvent une écriture presque automatique.

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Pause et retour

En 2009, après une carrière riche, Trisomie 21 annonce son arrêt, avant de revenir en 2017. Cet arrêt est dû à des problèmes de contrats avec PIAS. Ils reviennent avec un remix pour Indochine et sortent un disque sur leur propre label. Ils décident d'arrêter la scène, mais pas le groupe.

Finalement, c'est le public qui décide. Un ami les pousse à retourner en studio, et ils se rendent compte que tout est encore là. Ils prennent le risque d'avoir un son plus ouvert, ce qui pourrait désarçonner leur public.

Un collectif créatif

Trisomie 21 est un collectif créatif réduit à deux personnes. Ils n'ont pas la vie d'un groupe de rock classique. Ils ne répètent pas tous les jours et sont loin des clichés du rock. Leur originalité réside dans leur indépendance : ils font ce qu'ils veulent quand ils veulent.

Leur dernier album a été bien reçu par le public, et ils sont actuellement en tournée mondiale.

L'énigme médiatique française

Malgré leur succès international, les médias français ne les suivent pas beaucoup.

Sur scène, ils sont accompagnés de Gregg (Anthe, de Morthem Vlade Art et HNN) à la guitare. Philippe chante et joue de la guitare sur un morceau. Ils envisagent parfois d'intégrer un batteur.

Un nouveau projet est en cours : un disque de remix des morceaux du dernier album, réalisés par des producteurs célèbres comme Dave Bascombe, Dave Allen et Chris Kimsey. C'est un projet de leur manager, Olivier, qui a contacté ces producteurs pour qu'ils fassent leurs propres versions originales.

Après la tournée, ils envisagent de faire un autre album, mais ils prennent leur temps.

Héritage et influence

Trisomie 21 est un groupe culte, dont la musique a survécu à toutes les époques. Ils ont capté et sublimé l'esprit de leur temps, participant à l'émergence de la cold wave.

Leur musique a inspiré de nombreux artistes, comme The Hacker. Ils ont servi de source d'inspiration pour les DJs.

Ils ne sont pas un groupe nostalgique et ne veulent pas rejouer les années 80. Ils veulent évoluer et aller vers autre chose.

Ils ont toujours eu cette volonté de faire table rase du passé et d'aller vers autre chose. Ils veulent enregistrer du bruit et expérimenter avec des chambres d'échos.

Anecdotes et souvenirs

Au début, ils n'avaient pas de matériel et ont dû se débrouiller avec des barils de lessive et des plaques de métal. Ils possédaient un vieux magnéto à bande Grundig avec une chambre d'écho intégrée.

Ils ont toujours eu le courage de créer leur propre musique, sans chercher à copier les autres. C'est ce qui a créé leur identité musicale.

Ils ont été influencés par des groupes comme Kraftwerk et Tuxedomoon.

Philippe a croisé Steve Jones et Paul Cook des Sex Pistols à Londres en 1976. Il a trouvé génial d'avoir cette liberté et cette réactivité épidermique.

Ils viennent d'une région laminée par la fermeture des usines métallurgiques. Cela les a beaucoup marqués.

Relations avec la presse

Ils ont souvent eu l'impression de ne pas être aidés ou soutenus par la presse. Leur nom, Trisomie 21, a souvent dérangé.

Ils ont été considérés comme un groupe belge.

Le renouveau

Après leur "dernier concert" en 2009, ils ont opéré un retour très attendu avec l'album Elegance Never Dies et une tournée mondiale.

Ils ont su imposer un son qui leur est propre et dépeindre la société hantée et cabossée des villes industrielles du nord de la France dans les années 1980.

Ils pensent que T21 est un livre qui ne se termine jamais.

Ils ont la chance d'enregistrer une ligne de basse avec le premier bassiste du groupe, Pascal Tison.

Ils sont entourés d'amis qui leur disent qu'un groupe comme le leur a vocation d'essayer d'être éternel, au moins par son œuvre.

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