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SOPK, PMA et Obésité : Recommandations et Stratégies pour Optimiser la Fertilité

L'infertilité touche aujourd'hui près d'un couple sur six, et les parcours de procréation médicalement assistée (PMA) représentent pour beaucoup un véritable marathon physique et émotionnel. Parmi les nombreux facteurs susceptibles d’influencer la fertilité, le poids corporel, et plus précisément l’excès de masse grasse, occupe une place souvent sous-estimée. Cet article vise à explorer les liens entre le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), l'obésité et les recommandations en matière de procréation médicalement assistée (PMA), en s'appuyant sur des données scientifiques et des témoignages.

SOPK et Infertilité : Une Liaison Complexe

Le SOPK est un syndrome, et non une maladie, défini par un ensemble de symptômes. Il est caractérisé par des critères diagnostiques spécifiques, tels que l'hyperandrogénie, l'oligo-anovulation et une image échographique particulière des ovaires. Il est difficile d’estimer le nombre de femmes atteintes du SOPK et infertiles. On sait néanmoins, que le SOPK est une pathologie évolutive et que les troubles ovariens ont tendance à diminuer avec le temps. Ainsi, contre toute attente, les femmes atteintes du SOPK sont généralement + fertiles à 35 ans qu’à 25 ans car elles ovulent mieux et plus vite. Certaines études menées sur des cohortes de femmes atteinte du SOPK montrent que + de 70% de ces patientes avaient conçu complètement spontanément, sans avoir recours à un traitement médical. Les délais de conception pouvaient être plus ou moins longs mais cela montre bien que le SOPK n’est pas signe de stérilité. La stérilité étant définie comme l’incapacité à concevoir. Si on vous souffrez du SOPK et d’infertilité, n’hésitez pas à prendre RDV en naturopathie pour améliorer votre hygiène de vie et vos chances de concevoir, en complément de votre suivi médical conventionnel. Les chances de grossesses sont d’environ 25% par cycle entre 25 et 30 ans et sont ramenées à 15% par cycle entre 35 et 40 ans. Il est également recommandé de consulter son gynécologue de ville, en première intention, dès le moment où l’on a un souhait de grossesse, pour avoir des conseils sur son mode de vie et améliorer le contexte préconceptionnelle.

Diagnostic du SOPK : Critères et Controverses

L’approche diagnostique du SOPK est contestée depuis de nombreuses années. Actuellement ce sont les critères de Rotterdam qui tiennent la corde en Europe avec comme définition du SOPK : syndrome comportant deux critères parmi trois : hyperandrogénie clinique ou biologique, oligo-anovulation et une image échographique. L’image échographique est : plus de 20 à 25 follicules par ovaire entre 2 et 9 mm, volume ovarien supérieur à 10 ml sans follicule dominant supérieur à 10 ml. Elle n’est pas interprétable dans les 8 ans suivant la puberté. Devant ces difficultés, on a étudié ce que donne la mesure de l’hormone anti Müllerienne AMH. Outre la variabilité des résultats suivant le kit de dosage, celui-ci semble être en voie d’amélioration : la valeur seuil varie d’un auteur à l’autre entre 6 et 7ng/ml. Insistons sur le fait que ces critères échographiques ou d’AMH isolés ne permettent en aucun cas d’affirmer le diagnostic.

Hyperandrogénie et SOPK

Le critère « hyperandrogénisme » n’est pas plus simple à affirmer car son expression clinique (hirsutisme, acné et alopécie) varie suivant la sensibilité de la peau aux androgènes. La majorité de ces hyperandrogénismes est liée le plus souvent à un polymorphisme du corépresseur du récepteur des androgènes au niveau cutané (diminution du nombre de triplets CAG du corépresseur du récepteur des androgènes) et non à une élévation nette du taux circulant de la testostérone (hirsutisme idiopathique). La sensibilité aux androgènes est particulièrement élevée par exemple autour de la Méditerranée : la pilosité y est plus importante que dans l’Europe du nord ou en Asie. Ainsi l’incidence du SOPK pourrait à tort y paraitre plus élevée qu’ailleurs puisque l’un des deux critères diagnostiques nécessaire y est quasi physiologique !

Irrégularités du Cycle Menstruel

Reste la régularité du cycle, elle aussi est sujette à discussion : on parle de spanioménorrhée au-delà de 38 jours entre les débuts de règles. Un fait habituel vient encore compliquer le diagnostic : les femmes SOPK ont tendance, du fait de l’hyperinsulinisme, à prendre du poids. Le taux de testostérone retenu pour parler d’hyperandrogénie n’est pas non plus reconnu : on évoque une hyperandrogénie pour un taux supérieur à 0,6 ng/ml pour la testostérone totale dosée au 2ème ou 3ème jour du cycle, bien entendu sans prise hormonale en particulier pilules. Quoi qu’il en soit les dosages hormonaux sont indispensables pour éliminer les diagnostics différentiels : une péri ménopause (FSH, LH, estradiol, AMH) une hyperprolactinémie, une pathologie thyroïdienne ou un bloc surrénalien congénital (dosage de la 17OH progestérone). Ainsi si le diagnostic de SOPK peut être évident dans sa forme caricaturale, l’incidence des formes dégradées dépend des critères retenus à un instant t de la vie.

Lire aussi: Conseils pour l'allaitement avec le SOPK

Etiologie et Impact Environnemental du SOPK

La prise en charge du SOPK ne peut se faire sur une base étiologique puisqu’on en ignore tout. Aujourd’hui on suspecte que le SOPK serait congénital et viendrait d’une anomalie de l’aromatisation des androgènes par le placenta de la mère in utero. Congénital ne veut pas dire héréditaire même s’il existe des familles SPOK : aucun gène responsable de façon certaine n’a aujourd’hui été retenu. Par ailleurs le SOPK, outre cet aspect congénital, est sensible à l’environnement, avec un effet promoteur de l’insuline sur ce syndrome. Il s’agit donc d’un syndrome congénital à révélation environnementale.

Hyperinsulinisme et SOPK

70% des femmes SOPK ont des stigmates d’insulino-résistance. L’hyperinsulinisme est aussi une pathologie congénitale qui toucherait environ 25% de la population et dont les manifestations cliniques dépendraient des potentiels génétiques associés de chaque individu. Il s’agit soit d’une anomalie génétique d’une ou plusieurs des protéines de la cascade d’action post membranaire de l’insuline au niveau musculaire, soit, et cette autre hypothèse n’est pas exclusive, d’une augmentation génétique, liée à l’âge et à la sédentarité, de l’adiposité viscérale. L’hyperinsulinisme entraine prise de poids androïde, troubles métaboliques et cardiovasculaires favorisant l’athérogènese en particulier par l’oxydation des LDL. Le diagnostic d’hyperinsulinisme peut se faire soit par des mesures biologiques plus ou moins sophistiquées comme le Homa test ou des tests sur les lipoprotéines (score LPIR). Mais le plus simple est de mesurer le tour de taille, considéré comme pathologique en France au-delà de 80 à 85 cm. L’insulino-résistance peut ainsi être fortement améliorée par l’hygiène de vie.

Traitement de l'Hyperandrogénie

L’hyperandrogénie, est un des symptômes majeurs du SOPK. Elle est le plus souvent liée à l’association d’une sensibilité particulière aux récepteurs des androgènes et d’une production thécale élevée dans le SOPK, ainsi que d’une baisse de la protéine porteuse de la testostérone du fait de l’hyperinsulinisme. Le traitement pour le freinage de la sécrétion des androgènes et l’augmentation de la protéine porteuse de la testostérone diminuant la testostérone libre consiste à donner un estroprogestatif. La pilule classique est donc la première arme thérapeutique dans le traitement de l’hyperandrogénie chez la femme. On choisira plutôt des pilules qui élèvent la protéine porteuse de la testostérone, à savoir contenant un progestatif peu androgénique.

SOPK et Fertilité : Dissiper les Idées Reçues

Il est impératif ici d’affirmer avec force que les femmes SOPK ne sont pas stériles, la baisse de fertilité est liée aux troubles de l’ovulation. Une augmentation des fausses couches, peut être tardives, a été évoquée mais n’est à ce jour pas prouvée. Il est inacceptable de recevoir aujourd’hui en consultation des femmes effondrées car un professionnel de santé sur la vue d’une image échographique a annoncé une « stérilité probable ou même potentielle !

Rôle de l'Inositol

Une autre explication est qu’un deuxième messager de l’insuline au niveau de l’ovaire est un sucre appelé inositol qui existe sous la forme de 9 stéréoisomères, dont deux nous intéressent particulièrement : le myo-inositol et le D-chiro-inositol. Dans le SOPK, il existe une augmentation intra-folliculaire du D-chiro-inositol aux dépens du myo-inositol. Le SOPK pourrait aussi être lié à une anomalie primitive inconnue de la thèque congénitale, l’hyperinsulinisme n’étant qu’un facteur aggravant et/ ou révélateur chez 70% des femmes SOPK.

Lire aussi: SOPK : Impact sur la Grossesse

Stratégies pour Diminuer l'Hyperinsulinisme

Comment diminuer l’hyperinsulinisme ? Une méta-analyse récente montre que le traitement de fond de l’OPK est une prise en charge diététique avec une perte de poids et une augmentation de la consommation musculaire du glucose par l’activité physique. Une étude portant sur 1200 participants a montré que l’amélioration de la diététique était significativement corrélée à l’amélioration de l’insulino-sensibilité, de la composition corporelle, de la régularité des cycles et de la fertilité. Enfin lors des grossesses chez les femmes SOPK le risque de diabète gestationnel est augmenté et amélioré par le myo-inositol. Il est prouvé que la metformine diminue le risque d’hyperinsulinisme mais avec des résultats souvent décevants sur le taux de grossesse, en particulier dans la PMA. Un apport de myo-inositol améliore également l’insulino-sensibilité : le myo-inositol est présent dans l’alimentation (fruits, céréales riches en son, amandes, noix etc.). La dose nécessaire pour rétablir l’équilibre D chiro/myo-inositol au niveau folliculaire est mal évaluée. La dose retenue est en général de 4 grammes par jour en une ou deux prises. En PMA chez des femmes SOPK le déficit relatif en myo-inositol folliculaire est toxique pour l’ovocyte et l’embryon. Il a été montré que l’augmentation du D chiro accroit le nombre d’ovocytes immatures et le nombre d’embryons obtenus. L’apport de myo-inositol permet de diminuer d’une part la dose totale de FSH nécessaire lors de la stimulation, et d’autre part sa durée d’administration. Toujours dans le SOPK lors de la stimulation par Clomid l’apport conjoint de myo-inositol augmente le taux d’ovulations et de grossesses, permettant ainsi de diminuer la dose de Clomid nécessaire. En comparaison avec la metformine l’efficacité sur les ovulations est 3 fois supérieure, le taux de grossesses amélioré de 12%. Insistons sur l’excellente tolérance digestive du myo-inositol ce qui le différencie aussi de la metformine. Chez les femmes SOPK on observe aussi des taux sériques de chrome, vitamine D, zinc, vitamine B9 abaissés.

Obésité et Infertilité : Un Cercle Vicieux

L’infertilité touche aujourd’hui près d’un couple sur six, et les parcours de procréation médicalement assistée (PMA) représentent pour beaucoup un véritable marathon physique et émotionnel. Parmi les nombreux facteurs susceptibles d’influencer la fertilité, le poids corporel, et plus précisément l’excès de masse grasse, occupe une place souvent sous-estimée. À l’inverse, une perte de poids modeste peut contribuer à restaurer les fonctions reproductives, et même favoriser la réussite des traitements de la fertilité.

Impact de l'Adiposité Viscérale

Chez la femme, l’excès d’adiposité viscérale favorise la résistance à l’insuline, soit une diminution de l’efficacité de l’insuline sur ses tissus cibles. Pour compenser, le pancréas réagit en produisant davantage d’insuline, et c’est cet hyperinsulinisme compensatoire qui perturbe l’activité des ovaires. En effet, l’hyperinsulinémie chronique stimule la stéroïdogenèse ovarienne et la production d’androgènes, dérègle l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien, désorganise le cycle menstruel et complique l’ovulation. À tout cela s’ajoutent les adipokines (leptine, adiponectine, cytokines inflammatoires) directement sécrétées dans la circulation sanguine par le tissu adipeux lui-même.

PMA et Obésité : Défis et Recommandations

Concernant la PMA, la littérature scientifique est plus nuancée : certaines études montrent une amélioration des grossesses cliniques après perte de poids, d’autres ne retrouvent pas d’effet sur le taux de naissances vivantes quand l’amaigrissement précède immédiatement une fécondation in vitro (FIV). Cela ne disqualifie pas pour autant la démarche, au contraire ! L’objectif doit être à la fois réaliste, durable, et suffisant pour avoir un impact conséquent sur la fertilité : viser d’abord 5 à 10 % du poids corporel initial.

Importance d'une Approche Nutritionnelle Adaptée

Si la perte de poids est essentielle, il ne faut surtout pas qu’elle se traduise par une fonte musculaire et une dénutrition, ce qui nuirait à la fertilité et au bon déroulement d’une grossesse. L’idéal : une approche structurée basée sur un véritable programme de rééducation nutritionnelle, et une alimentation hypocalorique mais incluant des protéines en quantité suffisante, des fibres et des graisses de bonne qualité. Pour de nombreuses personnes, obtenir une perte de poids conséquente et durable nécessite cadre, suivi et personnalisation. Le programme met en avant une préservation de la masse maigre via un apport protéique adapté, et une alimentation riche en nutriments grâce à un encadrement par des diététiciens. L’accompagnement psycho-comportemental, qui va au-delà du simple contrôle du poids et de l’alimentation, met l’accent sur une modification globale des habitudes de vie, notamment concernant l’activité physique. En cas d’infertilité ou dans le cadre d’un parcours de PMA, la surcharge pondérale constitue un élément défavorable mais modifiable pour le succès d’une grossesse.

Lire aussi: Espoir et Épreuves: PMA et SOPK

Témoignages et Réalités du Parcours PMA

Chloée découvre, quatre ans et demi plus tôt, deux kystes ovariens anormaux. Après une intervention chirurgicale en urgence, il ne lui reste qu’un petit morceau d’ovaire. On lui parle de fertilité compromise et de l’urgence de concevoir ou de préserver sa fertilité. Sylvie Moriette : Comme beaucoup de femmes ou d’hommes qui passent la porte d’un centre d’AMP pour bénéficier d’une aide médicale à leur projet de parentalité, Choée se retrouve finalement face à un médecin qui s’attarde sur certains symptômes, comme le poids, la sexualité, le psychologique. Pourtant, en dehors de l’AMP, la question du poids ne se pose pas dans le projet bébé. Il est naturel que ces consultations déstabilisent et génèrent beaucoup d’émotion allant de la colère, l’injustice, la sidération, la culpabilité, l’impuissance. C’est d’autant plus difficile à entendre lorsque les femmes et les hommes en surpoids ou en sous-poids n’imaginent pas que ce puisse être « un risque » dans une prise en charge en AMP, ou pire encore, responsable de leur infertilité.

Impact Psychologique et Importance du Soutien

Dans ce contexte, la consultation peut créer une blessure ou encore réveiller un sujet douloureux qui dort depuis longtemps, plus encore s’il n’est pas réglé chez le patient. Dans ce cas précis, les patients doivent pouvoir échanger sur l’histoire de leur problème de poids et ne pas refermer la porte de la consultation en colère. Lorsque le patient est, comme Chloée, en acceptation de son corps, l’exigence du médecin de la fertilité à perdre du poids vient percuter le corps. Sans le savoir, le professionnel de santé peut réduire à néant tout le cheminement que la personne en surpoids ou en sous-poids a déjà réalisé pour se réapproprier son corps. En demandant de perdre du poids, on cherche à faire habiter un autre corps. C’est difficile pour les patients. Ils sont venus avec un corps qui contient tout leur être et on leur demande d’habiter un corps qui n’aurait pas la même forme. Parfois cela crée un déclic, et d’autres fois un blocage.

Communication et Accompagnement Médical

Il n’y a normalement jamais de refus de prise en charge, mais plutôt une décision pluridisciplinaire qui préfère attendre et se donner quelques mois pour réévaluer la question du poids (en fonction d’une éventuelle prise ou perte). Parfois dans les faits, la première consultation motive la prise en charge du poids. En revanche, le régime n’est pas la bonne réponse à apporter. Dans un parcours du combattant déjà très violent, il faut continuer à se faire plaisir. Si les patients mettent en place des restrictions, et qu’elles sont vécues comme des frustrations, il y a un risque d’alimenter un processus éphémère.

Conseils et Stratégies pour Améliorer son Hygiène de Vie

Si vous êtes en situation de surpoids, ou de sous-poids, sachez d’abord que le sujet va être abordé par le médecin. Les risques de prise en charge dans ce contexte sont réels, et le médecin cherche à prévenir au maximum ces risques. Même si ce sujet génère un signal émotionnel très fort, Sylvie Moriette explique qu’il est primordial d’aborder l’histoire du trouble avec le médecin d’AMP : est-ce lié à une question médicale ? À un traumatisme ? À une mauvaise hygiène de vie ? Qu’est-ce qui a déjà été mis en place ? Comment êtes-vous entouré ou soutenu ? Cela permet au médecin de se mettre en lien avec le service spécialisé pour étudier si la prise en charge est possible, mais également de créer du lien et de l’amener à mieux vous comprendre. Ensuite, demandez de l’aide ! Chloée, dans son cas, a accentué le suivi avec sa nutritionniste ; elle a rejoint un programme spécialisé, et elle a vu des spécialistes : coach sportif, hypnose, naturopathe, acupuncture, pour finalement réussir à perdre 15 kg. La question du poids est souvent multifactorielle, mais parfois des choses simples peuvent faire la différence, explique Sylvie Moriette. La cohérence cardiaque peut apaiser les troubles du comportement alimentaire, vous pouvez remettre en question vos habitudes ou mettre en place une alimentation « raisonnée » en allant faire vos courses dans des marchés, en planifiant vos repas, mangeant des produits frais, etc. Essayez d’identifier des pistes pour améliorer votre hygiène de vie, pour l’AMP, mais aussi pour vous, plus globalement. Adoptez des conduites que vous pourrez partager avec votre enfant plus tard. Dans tous les sujets, l’AMP est révélatrice des dysfonctionnements que l’on a et dont on n’avait pas forcément conscience : problématique conjugale, sociale, mauvaises habitudes. C’est un effet miroir qui renvoie des choses que vous pouvez mettre en travail, ajoute Sylvie Moriette. N’hésitez pas aussi à consulter des diététiciens nutritionnistes ou des psychologues pour vous sentir moins seul dans cette course au bébé.

PMA : Une Épreuve Transformative

L’AMP une épreuve qui secoue, peut abimer, mais peut aussi rendre plus fort, conclut Sylvie Moriette. Elle apporte une expérience immense, une maturité, elle fait grandir. Vous êtes rentrés comme vous étiez et vous ressortirez différent. C’est une vraie épreuve de vie !

Surpoids, Obésité et AMP : Risques et Complications

L’obésité ou le surpoids sont de vrais sujets de santé, au même titre qu’un problème cardiaque, de diabète ou de n’importe quelle autre pathologie qui exposent les patients à des risques de complications. D’abord, le surpoids (ou le sous-poids) est un facteur d’infertilité qui peut provoquer des troubles ovulatoires ou impacter les paramètres spermatiques, comme le démontrent de nombreuses études scientifiques. Ensuite, le surpoids impacte le déroulement de l’AMP. Les recherches montrent que le surpoids peut influencer à la baisse le nombre d’ovocytes en FIV, mais c’est aussi techniquement plus difficile. La graisse rend les échographies moins performantes, donc le comptage des follicules et le monitorage des ovaires ou de l’utérus sont plus approximatifs. Les traitements doivent être adaptés avec de plus fortes doses. Il y a également plus de risques anesthésiques et plus de difficultés d’accessibilité des follicules lors de la ponction. Enfin, en cas de grossesse en situation d’obésité, là aussi, il y a plus de facteurs de risques à la fois pour la maman et le bébé.

Risques Maternels et Fœtaux

Une récente publication de l’équipe de l’hôpital de Tenon reprend ces risques : augmentation du nombre de fausses couches, diabète maternel, hypertension, malformation fœtale, prééclampsie, macrosomie ou retard croissance, accouchement plus compliqué et instrumental, augmentation du nombre de césariennes, complications thromboemboliques, état néonatal plus fragile. À ces sur risques s’ajoutent une difficulté des équipes médicales à surveiller la grossesse à cause d’outils inadaptés (échographe, table qui ne supporte pas plus de 160 kg, etc.). Au-delà de ces complications, l’enfant à venir est plus à risques d’avoir des troubles métaboliques à l’âge adulte.

Recommandations Médicales et Prise en Charge

Ce sont autant de raisons qui encouragent les médecins à accompagner et encourager leurs patients à perdre du poids, en veillant par exemple à une alimentation qualitative, une bonne hygiène de vie (activité physique régulière, repas équilibrés, sommeil de bonne qualité) et ainsi mettre toutes les chances de leur côté. Dans les faits, il n’existe pas de « seuil » de poids ou d’IMC validé par tous pour accepter ou non une prise en charge en AMP. Chaque centre est décisionnaire et sera plus ou moins souple. Les centres d’AMP sont plutôt à l’écoute du cas individuel et essaieront de trouver un compromis entre ce qui est nécessaire et un objectif atteignable pour augmenter ses chances, sans démotiver. Néanmoins, si on regarde les études, on remarque que les femmes qui ont perdu un peu de poids n’ont pas statistiquement de meilleures chances de succès en AMP. Ceci s’explique probablement par le fait que la perte de poids n’est pas suffisante pour changer la donne. Il est préférable de perdre du poids sur le long terme en changeant les habitudes de manière progressive et durable plutôt que perdre beaucoup de poids trop rapidement. Finalement, les médecins de la fertilité vont également prendre en compte le facteur temps. S’il faut 2 ans pour perdre 5 kg, ces deux ans seront plus délétères sur la fertilité de la femme que le bénéfice lié à la perte des 5 kg. L’âge de la patiente va être déterminant. Au-delà de 35 ans, on ne perd plus de temps !

Options de Traitement en PMA

Remarque : De nombreux gynécologues de ville sont compétents en stimulation ovarienne et peuvent faire la prise en charge directement dans leur cabinet de ville, sans avoir recours à un centre en AMP.

Clomid (Citrate de Clomifène)

Le Clomid est le traitement de première intention pour stimuler l’ovulation. C’est une molécule « antiestrogènes ». Elle agit comme un leurre au niveau au niveau du cerveau (complexe hypolamao-hypohysaire) pour lui faire croire qu’il n’y a pas assez d’œstrogènes. Le Clomid est donné pendant 5 jours, du 2e au 6e jours de règles : 1 comprimé/jour. Puis un contrôle est réalisé avec une échographie en milieu de cycle, pour vérifier que le traitement fonctionne correctement : bonne croissance d’un follicule et surtout qu’il n’y a pas de réponse multi-folliculaires, pourvoyeur de grossesse multiple.

Létrozole

Ce traitement est un anti-aromatase : il empêche la transformation des androgènes en œstrogènes. Ce traitement est très utilisé à l’étranger mais aujourd’hui en France n’a pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour cette indication. Les traitements de première intention (Clomid ou Létrozole) permettent d’atteindre environ 20% de chance de grossesse par cycle, soit 60% en cumulé après avoir réalisé plusieurs cycles sous traitements.

Gonadotrophines Injectables

Traitement sous la forme de stylo injectable : injection à la patiente directement d’hormone FSH pour stimuler le développement d’un follicule dominant. Ensuite, soit l’ovulation se fait naturellement, soit elle est déclenchée en donnant un autre produit injectable sous forme de HCG (Hormone Gonadotrophine Chronique). La réalisation du premier cycle est parfois longue car elle permet de définir la juste dose d’hormone nécessaire pour obtenir une réponse adéquate du corps : c’est-à-dire la croissance d’un ou 2 follicules sans hyperstimulation.

Drilling Ovarien

Le drilling ovarien consiste de manière schématique à faire des « trous » à la surface de l’ovaire.

Protocole de FIV

En Protocole de FIV, les gonadotrophines sont administrées à des doses plus importantes, car l’objectif ici est de récolter entre 10 à 15 ovules. Ce protocole est un peu plus lourd car il y a un risque d’hyperstimulation ovarienne.

Optimiser les Traitements de Fertilité

Faire en sorte que les traitements contre l’infertilité, proposés en PMA, fonctionnent au mieux, avec notamment une prise en charge du surpoids, de l’obésité et des addictions. Le poids diminue les chances de grossesse naturelles et en AMP et augmente les risques de fausses couches et de pathologies obstétricales (notamment diabète gestationnel et hypertension pendant la grossesse).

Idées Reçues et Réalités

On entend souvent cette idée reçue qu’il faudrait arrêter longtemps en amont son traitement contraceptif et après commencer les essais bébé. C’est une fausse croyance, il n’y a pas de délai à avoir entre la fin de son contraceptif oral et les essais bébé. Au contraire, les mois qui suivent l’arrêt du contraceptif, il y a encore une petite imprégnation hormonale qui bloque la sécrétion excessive de LH, qu’on retrouve souvent chez les femmes atteintes du SOPK.

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