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PMA : Présentation au Conseil des Ministres et Implications Bioéthiques

La procréation médicalement assistée (PMA) est un sujet complexe et en constante évolution, suscitant des débats passionnés et des réflexions éthiques profondes. La présentation du projet de loi relatif à la bioéthique au Conseil des ministres marque une étape importante dans le processus législatif visant à encadrer et à moderniser les pratiques liées à la PMA en France. Ce projet de loi, qui inclut notamment l'extension de la PMA à toutes les femmes, s'inscrit dans un contexte de transformations sociétales et de progrès scientifiques rapides.

Contexte et Genèse du Projet de Loi

Le projet de loi bioéthique est le fruit d'une longue réflexion et de nombreux travaux préparatoires. En janvier 2018, le Comité Consultatif National d'Éthique (CCNE) a lancé les États généraux de la bioéthique, qui ont abouti à un rapport de synthèse le 5 juin 2018. D'autres contributions importantes ont été apportées par le Conseil d'État, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) et une mission d'information de l'Assemblée nationale, s'appuyant sur des centaines d'auditions.

Ces travaux ont permis de mettre en lumière les enjeux éthiques, juridiques et sociaux liés à la PMA, ainsi que les attentes de la société en matière de bioéthique. Le projet de loi vise à répondre à ces attentes en modernisant le cadre juridique de la PMA et en garantissant la sécurité et la qualité des pratiques concernées.

Principales Mesures du Projet de Loi

Le projet de loi bioéthique comprend plusieurs mesures phares, dont :

  • L'extension de la PMA à toutes les femmes : Cette mesure, promesse de campagne d'Emmanuel Macron, permettrait aux femmes célibataires et aux couples de lesbiennes d'accéder à la PMA, mettant fin à une discrimination d'accès à cette technique. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a souligné que cette évolution répond à une demande sociétale et vise à sécuriser le parcours des femmes concernées.
  • La sécurisation de la filiation des enfants nés d'une PMA dans un couple de femmes : Le projet de loi prévoit un nouveau mode de filiation fondé sur une déclaration anticipée de volonté, signée devant notaire par les deux femmes avant la PMA avec don de sperme. Cette déclaration sera ensuite transmise à l'officier d'état civil après la naissance de l'enfant.
  • L'amélioration de la qualité et de la sécurité des pratiques : Le projet de loi renforce l'encadrement des examens de génétique et de la transmission des résultats, afin de garantir la protection des personnes et la prévention des risques.
  • La promotion de la solidarité : Le projet de loi encourage le don d'organes et de cellules souches hématopoïétiques, tout en respectant les droits individuels.
  • Le soutien à la recherche : Le projet de loi lève certains verrous juridiques et supprime des contraintes infondées, notamment pour la recherche sur les cellules souches, afin de favoriser une recherche libre et responsable au service de la santé humaine.
  • La possibilité de congeler ses ovocytes ou son sperme : Le texte prévoit ainsi la possibilité, pour une femme, de congeler ses ovocytes et, pour un homme, de congeler son sperme "en vue de la réalisation ultérieure à leur bénéfice" d'une PMA.

Enjeux et Débats Autour de la PMA

L'extension de la PMA à toutes les femmes est une mesure qui suscite des débats passionnés au sein de la société française. Si une majorité de Français y est favorable, selon les sondages, certains s'inquiètent des conséquences de cette évolution sur la famille et la filiation.

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Les opposants à la PMA pour toutes les femmes mettent en avant des arguments liés à la place du père, à l'intérêt de l'enfant et aux risques de dérives liées à la marchandisation du corps humain. Ils craignent que cette mesure ne conduise à une remise en cause du modèle familial traditionnel et à une banalisation de la PMA.

Les partisans de la PMA pour toutes les femmes, quant à eux, soulignent que cette mesure est une question d'égalité et de justice sociale. Ils estiment que toutes les femmes doivent avoir le droit de fonder une famille, quelle que soit leur orientation sexuelle ou leur situation matrimoniale. Ils mettent également en avant les bénéfices de la PMA pour les couples infertiles et les personnes atteintes de maladies génétiques.

Le Parcours Parlementaire du Projet de Loi

Après sa présentation au Conseil des ministres, le projet de loi bioéthique a été examiné par le Parlement. Le texte a fait l'objet de nombreux amendements et de débats approfondis, tant à l'Assemblée nationale qu'au Sénat.

Plusieurs commissions spéciales ont été mises en place pour étudier le projet de loi et auditionner des experts. Des rapports ont été publiés par les députés et les sénateurs, rendant compte des enjeux et des controverses liés à la bioéthique.

En raison de divergences entre l'Assemblée nationale et le Sénat, une commission mixte paritaire a été réunie le 17 février 2021, mais n'a pas pu parvenir à élaborer un texte commun sur les dispositions restant en discussion. Le projet de loi a donc continué son parcours parlementaire, avec des navettes entre les deux chambres.

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Le 15 juin 2021, la commission du Sénat a décidé de déposer une motion tendant à opposer la question préalable au projet de loi, ce qui a conduit à son rejet. Malgré cet obstacle, le gouvernement a maintenu son engagement de faire adopter le projet de loi bioéthique.

Plan contre l’infertilité

Promis par Emmanuel Macron mais longtemps resté lettre morte, un plan contre l’infertilité émerge enfin. Présenté ce jeudi par le gouvernement, il prévoit notamment de mieux sensibiliser sur ce sujet qui touche plus de trois millions de Français. « Les enjeux de l’infertilité ont été analysés dans tous leurs aspects » pour permettre le « lancement immédiat de mesures concrètes et trop longtemps attendues », a déclaré jeudi la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, lors de la présentation de ce plan.

Mesure phare du plan, un message doit, à partir de la fin de l’été, être envoyé à tous les Français lors de leur 29 ans. Une campagne de communication sur les enjeux de reproduction doit être lancée fin 2026 et, très prochainement, un site d’information sera disponible sur le sujet.

Le ministère veut aussi augmenter les possibilités de congeler ses ovocytes, un choix permis par la loi bioéthique de 2021 mais qui se heurte dans les faits à de longs délais d’attente. D’ici à 2028, le ministère voudrait habiliter plusieurs dizaines de nouveaux établissements à le faire. Il envisage clairement d’ouvrir ce terrain au privé, assurant néanmoins que la procédure restera gratuite et exempte d’une « logique marchande ».

Le plan promet aussi une meilleure prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un trouble qui touche de nombreuses femmes et favorise l’infertilité.

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Chronologie des Événements Clés

Pour mieux comprendre l'évolution de la bioéthique en France, il est utile de rappeler quelques dates clés :

  • 14-16 octobre 2003 : L'UNESCO adopte la Déclaration internationale sur les données génétiques humaines.
  • 14 avril 2003 : Annonce de l'achèvement du séquençage du génome humain.
  • 7 mai 2002 : Avis du Groupe européen d'éthique sur la brevetabilité des inventions impliquant des cellules souches humaines.
  • 24 janvier 2002 : Signature du Protocole additionnel à la Convention sur les droits de l'Homme et la biomédecine relatif à la transplantation d'organes et de tissus d'origine humaine.
  • 20 décembre 2001 : Rapport du député Alain Claeys sur "la brevetabilité du vivant".
  • 18 janvier 2001 : Avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) sur l'avant-projet de révision des lois de bioéthique.
  • 27 juin 2001 : Rapport d'information déposé par la mission d'information parlementaire commune préparatoire au projet de loi de révision des "lois bioéthiques" de juillet 1994.
  • 21 juin 2001 : Déclaration commune des ministres allemand et français des affaires étrangères sur le clonage reproductif de l'être humain.
  • 20 juin 2001 : Adoption par le gouvernement du projet de loi de révision des lois de bioéthique de 1994.
  • 14 juin 2001 : Avis du Conseil d'État sur l'avant-projet de loi du gouvernement concernant la révision des lois de bioéthique.
  • 25 janvier 2001 : Avis de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) sur l'avant-projet de loi révisant les lois de bioéthique de 1994.
  • 28 novembre 2000 : Présentation par le Premier ministre, Lionel Jospin, des grandes lignes de l'avant-projet de loi sur la bioéthique.
  • 14 novembre 2000 : Avis du Groupe européen d'éthique sur les aspects éthiques de la recherche sur les cellules souches humaines et leur utilisation.
  • 7 septembre 2000 : Adoption par le Parlement européen d'une résolution prônant l'interdiction de toute recherche sur le clonage humain.
  • 16 août 2000 : Acceptation par le gouvernement britannique d'une proposition scientifique visant à autoriser le clonage d'embryons humains à des fins de recherche thérapeutique.
  • 29 juin 2000 : Avis de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) portant sur la révision des lois de 1994 sur la bioéthique.
  • 24 février 2000 : Rapport du député Alain Claeys et du sénateur Claude Huriet sur "le clonage, la thérapie cellulaire et l'utilisation thérapeutique des cellules embryonnaires".
  • 29 novembre 1999 : Rapport du Conseil d'État intitulé "Les lois de bioéthique, cinq ans après".
  • 18 février 1999 : Rapport du député Alain Claeys et du sénateur Claude Huriet sur l'application de la loi du 29 juillet 1994.
  • 6 juillet 1998 : Directive communautaire n° 98/44/CE du Parlement européen et du Conseil relative à la protection juridique des inventions biotechnologiques.
  • 12 janvier 1998 : Signature du Protocole additionnel à la Convention pour la protection des droits de l'Homme et de la dignité de l'être humain à l'égard des applications de la biologie et de la médecine, portant interdiction du clonage d'êtres humains.
  • 11 novembre 1997 : Adoption de la Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l'Homme par la Conférence générale de l'Unesco.
  • 14 mai 1997 : Résolution de l'Assemblée de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) condamnant le clonage humain.
  • 22 avril 1997 : Avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) sur le clonage reproductif.
  • 4 avril 1997 : Signature, sous l'égide du Conseil de l'Europe, de la Convention sur les droits de l'Homme et la biomédecine.
  • 11 mars 1997 : Dans deux avis, le CCNE recommande d'assouplir la législation concernant la recherche sur l'embryon humain.
  • 23 février 1997 : Annonce, par une équipe de chercheurs britanniques, qu'elle est parvenue à cloner pour la première fois un mammifère adulte (une brebis nommée "Dolly").
  • 25 septembre 1996 : Avis du Groupe européen d'éthique sur les aspects éthiques de la brevetabilité des inventions portant sur des éléments d'origine humaine.
  • 6 septembre 1995 : Publication du nouveau Code de déontologie médicale qui adapte les pratiques des médecins aux nouvelles lois sur la bioéthique et les expérimentations biomédicales.
  • 29 juillet 1994 : Promulgation des lois n° 94-653 et n° 94-654 relatives au respect du corps humain et à l'assistance médicale à la procréation.
  • 27 juillet 1994 : Décision du Conseil constitutionnel.

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