Les saignements durant la grossesse suscitent souvent des inquiétudes chez les futures mamans. Bien que certaines hémorragies soient bénignes, d'autres doivent alerter en raison de complications potentielles, comme l'hématome rétroplacentaire (HRP). Parallèlement, les chutes pendant la grossesse, bien que fréquentes, peuvent également entraîner des conséquences qu'il est important de connaître.
Qu'est-ce qu'un Hématome Rétroplacentaire (HRP) ?
Un hématome rétroplacentaire, également appelé "placenta abruptio" ou "décollement prématuré du placenta normalement inséré (DPPNI)", est un amas de sang qui se forme entre l’utérus et le placenta. Ce caillot sanguin résulte d'un décollement prématuré, soudain et brutal du placenta au cours de la gestation, généralement après 20 semaines de grossesse. La séparation peut varier de quelques millimètres à un décollement complet du placenta. Il ne faut pas confondre cette complication avec un décollement marginal de placenta (au niveau de la marge du placenta), qui peut survenir au premier ou au second trimestre.
L’hématome rétroplacentaire est une complication rare mais grave, mettant en jeu le pronostic fœtal et maternel. Il se produit dans 0,4 % à 1,5 % des grossesses, selon le manuel médical Le Manuel MSD, avec un pic d’incidence entre 24 et 26 semaines de grossesse. Le décollement placentaire interrompt les échanges fœto-maternels, essentiels à la survie du fœtus, et peut entraîner une hypoxie fœtale aiguë (diminution de l’oxygène). Le décollement du placenta et l’hématome rétroplacentaire augmentent le risque de mortalité chez la mère et le nouveau-né et doivent ainsi être prise en charge rapidement.
Causes de l'Hématome Rétroplacentaire
Bien que les causes exactes de l’hématome rétroplacentaire ne soient pas entièrement connues, certains facteurs de risque avérés peuvent contribuer à sa survenue. Des traumatismes directs ou indirects, tels qu’une chute ou un accident, sont souvent les causes d’un décollement placentaire. D'autres facteurs de risque comprennent :
- Le tabagisme
- La consommation de cocaïne
- Un âge maternel supérieur à 35 ans
- La multiparité (avoir eu plusieurs grossesses)
- Un antécédent d’HRP
- L'hypertension artérielle (liée à la grossesse ou chronique)
- L'ischémie placentaire (insuffisance placentaire) se manifestant par un retard de croissance intra-utérin
- Les vascularites
Diagnostic de l'Hématome Rétroplacentaire
Devant tout saignement durant la grossesse, la future mère doit consulter son médecin ou se rendre aux urgences. Pour diagnostiquer un hématome rétroplacentaire, il faut observer les symptômes et réaliser quelques examens, tels qu’un monitoring du cœur du bébé, une palpation de l’abdomen, une échographie ou un toucher vaginal. Ces nombreux examens permettent aux médecins de confirmer le diagnostic et vérifier l’état de santé du bébé. Le diagnostic est plus difficile à réaliser en l’absence de signes. Les signes et symptômes d'un décollement placentaire peuvent inclure :
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- Saignements vaginaux
- Douleur ou sensibilité utérine
- Souffrance ou mort fœtale
- Choc hémorragique
- CIVD (Coagulation Intravasculaire Disséminée)
Le bilan du décollement placentaire (hématome rétroplacentaire) peut inclure divers examens tels que l'enregistrement du rythme cardiaque fœtal, la numération formule sanguine, le typage sanguin et Rh, le temps de prothrombine, le temps partiel de thromboplastine, la mesure du fibrinogène, le dosage des PDF (Produits de Dégradation de la Fibrine), une échographie pelvienne, et éventuellement le test de Kleihauer-Betke chez les patientes présentant un facteur Rh négatif.
Prise en Charge de l'Hématome Rétroplacentaire
Il n'existe pas de traitement à proprement parler, mais plutôt une nécessité de prise en charge rapide. Un hématome rétroplacentaire est une urgence grave et vitale, pour la mère et le nouveau-né. Si le pronostic vital de la mère et du fœtus est menacé ou si la grossesse est à terme, une césarienne doit être pratiquée en urgence car il faut faire naître le bébé au plus vite et éviter au nouveau-né et à la mère des complications. En revanche, si la mère et le fœtus sont stables et la grossesse est à terme, il est possible d’envisager un accouchement par voie basse. Attention : l'hématome rétroplacentaire constitue tout de même un facteur de risque de l'embolie amniotique. Si le fœtus est vivant, la prise en charge dépend de la situation, selon le rythme cardiaque du fœtus que l’on observe, le contexte vasculaire, l’évolution des symptômes, etc. Si le terme est relativement proche, l’équipe médicale préférera sans doute déclencher l’accouchement (par la rupture des membranes si c’est possible). L’accouchement se fera alors soit par voie basse, soit par une césarienne en urgence, notamment si l’hématome rétro-placentaire est associé à un placenta praevia qui bloque le col, ou si l’on perçoit des signes de souffrance fœtale.
Chutes Pendant la Grossesse : Fréquence et Conséquences
Une femme sur quatre environ est victime d’une chute durant sa grossesse. D’après l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), l’âge moyen des femmes lors de la naissance de leur enfant est de 31 ans. Le volume de l’abdomen augmente légèrement à partir de la 12e semaine de grossesse environ. Il atteint l’ombilic vers 20 semaines, et la cage thoracique vers 36 semaines. La mobilité des femmes enceintes est plus compliquée en fin de grossesse.
Conséquences d'une Chute
En cas de choc direct sur l’utérus, il peut y avoir un impact au niveau du placenta, pouvant entraîner des lésions modérées. Il faut donc vérifier que le sang du fœtus n’est pas passé dans celui de la mère. « Un test sanguin appelé test de Kleihauer est réalisé. Il est destiné à rechercher la présence de globules rouges du fœtus dans le sang de la maman. Normalement, il ne doit pas y en avoir. Mais on en trouve en cas de lésion du placenta localisée. Il faut alors surveiller que cela reste stable ou régresse », explique le gynécologue-obstétricien.
Exceptionnellement, en cas de choc violent, il peut y avoir un décollement du placenta, provoquant de fortes douleurs abdominales et des saignements. Il y a alors un risque de perdre le bébé.
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Que Faire en Cas de Chute ?
Que le choc ait été assez fort ou minime, jouez la carte de la prudence et rendez-vous impérativement chez votre médecin ou aux urgences. C’est une évidence pour les femmes qui ont des symptômes suite à un coup ou une chute : douleurs abdominales, fortes contractions, saignements. Mais les autres aussi, celles qui n’observent rien de particulier, doivent consulter. Certaines complications comme un saignement du fœtus ou un hématome retroplacentaire peuvent évoluer sans le moindre signe extérieur.
Vous aurez droit à un bilan complet pour écarter toutes vos inquiétudes ! D’abord, le médecin s’assurera que pas une goutte de liquide amniotique ne s’écoule : des tests vaginaux permettent de le déterminer. Grâce à un monitoring, il pourra vérifier que le rythme cardiaque de votre tout-petit est normal et que vous n’avez pas de contractions. L’échographie le renseignera sur l’état du placenta. Et enfin, pour terminer, une petite prise de sang pour être bien sûr que des globules rouges de votre bébé ne se baladent pas dans votre circulation !
Quand il y a eu un accident de voiture, le médecin pratique parfois une IRM cérébrale du fœtus. Pourquoi cette attention particulière à son petit cerveau ? « Au moment du freinage brutal, la future maman part vers l’avant, mais comme elle est retenue par sa ceinture, elle revient brutalement vers l’arrière. Ce phénomène d’accélération/décélération fait que tous les organes à l’intérieur d’elle - y compris le fœtus - bougent de l’avant vers l’arrière à grande vitesse. De même pour le cerveau du bébé qui peut alors taper contre l’os de sa boîte crânienne… », explique le médecin.
Prévention des Chutes
Pour limiter les risques de chutes à la maison, commencez par passer votre intérieur en revue. « Il s’agit d’éviter les fils électriques ou les tapis dans lesquels on peut se prendre les pieds, les jouets qui traînent par terre sur lesquels on peut déraper, de porter des chaussures antidérapantes s’il y a un escalier glissant, d’avoir un bon éclairage dans tous les coins et recoins », conseille-t-il. Il est bon aussi de s’entraîner à amortir une chute pour en limiter la force. « Par exemple, en travaillant sa souplesse grâce au yoga ou du stretching : cela permettra de partir en fente plutôt que de chuter genoux à terre. Etre en permanence attentive à l’environnement permet d’anticiper certains chocs et de les éviter.
Il ne faut pas hésiter non plus à faire valoir ses droits et à réclamer une place assise dans les transports en commun si personne ne la propose pas. Si la loi prévoit de protéger les femmes enceintes, ce n’est pas pour rien ! », insiste Jacques Choque. En règle générale, pour éviter les collisions malheureuses, évitez les bains de foule, faites vos courses à des heures de moindre affluence, fréquentez la piscine quand elle est réservée aux cours pour femmes enceintes.
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Ceinture de Sécurité et Grossesse
Il faut aussi savoir que lors d’un choc à 30 km/h, le risque de mort, de traumatisme ou de complications graves pour le fœtus est de 12 % chez les femmes correctement ceinturées et de 70 % chez celles qui sont attachées… mais incorrectement. Tout est donc dans l’art et la manière de s’attacher ! « La partie ventrale de la ceinture ne doit surtout pas être positionnée en plein milieu du ventre mais bien en dessous, en appui sur les os du bassin. Quant à l’autre côté, celui qui part de l’épaule, il doit d’abord passer entre les seins puis sur le côté, mais pas sur le ventre », insiste le spécialiste.
Saignements en Début de Grossesse : Spotting, Pertes Marrons et Fausse Couche
Au cours du 1er trimestre de grossesse, des saignements vaginaux sont susceptibles de survenir, sans qu’ils ne revêtent un caractère anormal ou ne soient le signe d’un décollement ou d’une fausse couche. Dans ce cas, on parlera davantage de "spotting" pour qualifier ces petites pertes sanguines, souvent rosées ou marron clair. Généralement indolores, ces saignements vaginaux légers sont assez courants en tout début de grossesse, car ils résultent de l’implantation de l’embryon au sein de la muqueuse utérine. Les importantes fluctuations hormonales en cours à ce stade précoce peuvent également expliquer ces spottings.
Les pertes marron, quant à elles, révèlent souvent une perte sanguine ancienne qui n’aurait pas été évacuée rapidement et se serait légèrement oxydée. Il n’y a bien souvent pas lieu de s’inquiéter davantage qu’en présence d’un spotting plus classique. Elles ne sont pas systématiquement préoccupantes si elles sont isolées, mais peuvent nécessiter une consultation médicale par précaution. En revanche, un saignement rouge vif, abondant et accompagné de douleurs pelviennes vives, requiert une prise en charge en urgence, car il peut être le signe d’une fausse couche.
Dans tous les cas, l’échographie pratiquée par un professionnel de santé spécialisé reste le seul moyen d’établir une distinction formelle entre ces différents types de saignements et d’établir un diagnostic fiable.
Décollement Placentaire au Premier Trimestre
Le décollement placenta au 1er trimestre se caractérise par une large diversité de signes cliniques. Toutefois, les saignements vaginaux constituent l’un des symptômes les plus fréquents. Les pertes sanguines rouge foncé peuvent être associées à des douleurs abdominales localisées ou diffuses, légères à intenses. Certaines femmes enceintes décrivent également une sensation de pesanteur ressentie au niveau du bas-ventre. Relativement rares au cours du premier trimestre de grossesse, les contractions utérines représentent, à ce titre, un signal d’alerte à ne surtout pas négliger. En outre, des symptômes plus rares, comme une sensation de malaise, une pâleur extrême ou une tension artérielle abaissée, peuvent apparaître en cas d’hémorragie importante.
Dans tous les cas, l’apparition de saignements ou de douleurs pendant le premier trimestre de grossesse justifie une consultation médicale urgente pour écarter tout risque de complications. Néanmoins, il est important de noter que le décollement placentaire peut rester asymptomatique et n’être détecté qu’au cours d’une échographie. Le suivi de grossesse revêt alors une importance capitale.
Plusieurs facteurs peuvent être à l'origine d'un décollement placentaire, dont principalement :
- Traumatisme abdominal : Un choc violent au niveau de l'abdomen, comme lors d'un accident de voiture ou d'une chute, peut provoquer un décollement placentaire. Il est donc essentiel de se protéger et d'éviter les situations à risque durant la grossesse.
- Hypertension artérielle (liée à la grossesse ou chronique) : L'hypertension (HTA) chez la femme enceinte peut entraîner une mauvaise implantation du placenta, favorisant ainsi son décollement. Il est important de surveiller régulièrement sa tension et de suivre les recommandations médicales pour prévenir ce risque.
- Infections intra-amniotique : L'infection intra-amniotique se caractérise par une infection, ainsi que l'inflammation qui en découle, affectant le chorion, l'amnios, le liquide amniotique, le placenta, la caduque basale, le fœtus ou leur association. Cette infection accroît le risque de complications obstétricales et de problèmes chez le fœtus et le nouveau-né.
Un bon rythme cardiaque chez le fœtus, lorsque l'échographie détecte une activité cardiaque chez l'embryon ou le fœtus, le pronostic est généralement très positif, avec une régression spontanée de 80 à 90 % de ces hématomes. On considère comme des facteurs de pronostic moins favorable un hématome qui persiste au-delà de deux mois.
En l'absence d'activité cardiaque détectée, l'hématome peut être un signe indiquant une fausse couche spontanée. Dans environ trois-quarts des cas, la fausse couche se résout spontanément, mais dans certains cas, un traitement médicamenteux peut être nécessaire pour faciliter l'expulsion, voire un curetage.
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