Nombreuses sont les femmes qui se posent la question de savoir s'il est possible d'arrêter ou de retarder leurs règles, que ce soit pour des raisons pratiques, médicales ou simplement par confort personnel. Les avancées médicales offrent aujourd'hui des solutions fiables pour gérer son cycle menstruel en toute sérénité. Cet article explore en profondeur les différentes méthodes disponibles, leurs avantages, leurs inconvénients et les risques potentiels, afin de vous aider à faire un choix éclairé.
Décaler ses règles avec la pilule : est-ce possible et sans danger?
La réponse est oui. Il est possible de décaler ses règles avec la pilule sans danger. Il n’y a aucun problème à coller plusieurs plaquettes de pilules ensemble pour éviter les saignements. Si vous partez en vacances, avez un mariage, ou un examen qui arrive bientôt et que vous vous demandez si vous pouvez décaler vos règles avec votre pilule, sachez que c’est possible.
La seule chose à savoir, c’est que si vous retardez vos règles plusieurs fois d’affilée, il est possible qu’à un moment votre corps se mette à faire du spotting. Le spotting, ce sont des petits saignements ponctuels en dehors des périodes de règles (souvent peu abondants). Cela peut éventuellement être inconfortable.
Impact sur la fertilité
Retarder ses règles n'impacte pas la fertilité. Cela fait partie des questions fréquemment posées, mais les médecins confirment que ce n'est pas un problème. Si vous prenez la pilule, vous avez la possibilité de choisir de décaler vos règles ou non.
Choisir la date de ses règles sous pilule
Vous pouvez choisir la date de vos règles : si ça vous arrange que ça tombe pendant vos vacances pour vraiment vous reposer à fond, génial. Si ça vous arrange que ça tombe pendant votre examen pour profiter d’une énergie beaucoup plus posée, parfait. Ou si ça vous arrange d’avoir vos règles au mariage et d’avoir une excuse pour vous éclipser plus vite, alors profitez-en. Et si ça ne vous arrange pas, eh bien vous pouvez juste les décaler et basta !
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La pilule contraceptive : fonctionnement et types
La pilule est un moyen de contraception qui consiste en la prise quotidienne d’un comprimé. Il en existe deux types, œstroprogestative contenant deux hormones et progestative contenant une seule hormone. La pilule contraceptive se prend généralement à raison d’un comprimé par jour à heure régulière pendant 21 jours suivi d’une période d’arrêt de 7 jours ou de la prise de 7 comprimés placebos ne contenant pas d’hormones. Le premier comprimé de votre plaquette se prend le premier jour des règles. L’effet contraceptif de la pilule est immédiat en cas de pilule combinée débutée le premier jour des règles, il est effectif au bout de 48h en cas de pilule progestative.
Les saignements des menstruations apparaissent au moment de l’arrêt ou de la prise des comprimés placebos. Une nouvelle plaquette doit systématiquement être débutée au bout de 7 jours d'arrêt, même si les saignements ne sont pas terminés. Si vous ne respectez pas cette période de 7 jours pendant lesquels il n’y a pas de comprimés à prendre ou bien des comprimés placebos, et que vous enchaîner immédiatement avec une nouvelle plaquette, cela peut supprimer vos règles.
Au-delà du confort d’arrêter ses règles pendant les vacances, d’autres raisons peuvent vous pousser à souhaiter supprimer vos menstruations (traitement thérapeutique, raisons personnelles, impératif professionnel, éviter les symptômes liés aux règles, etc.) et à prendre la pilule en continu. Si vous souhaitez arrêter vos règles, peu importe la raison, prenez un rendez-vous avec votre gynécologue, ou s’il n’est pas disponible, un spécialiste gynécologue en téléconsultation. Après avoir examiné votre état de santé, il vous expliquera comment procéder pour éviter vos règles sans perturber votre cycle menstruel.
Arrêter ses règles : quelle pilule prendre ?
La question de la prise en continu pour arrêter les règles se pose pour les pilules dites combinées, c’est-à-dire qui contiennent les deux types d’hormones (œstrogène et progestérone) car les pilules ne contenant qu’un progestatif se prennent toujours en continu avec la survenue de règles non-contrôlable.
Effets secondaires potentiels de la pilule en continu
Même si retarder ou annuler ses règles semble simple au premier abord, il faut rester conscient que chaque femme est différente et que son corps pourra réagir différemment, notamment sur le long terme. Quelques effets secondaires peuvent en effet être provoqués par la prise de la pilule en continu :
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- Le gonflement des seins ;
- Une baisse de la libido ;
- Des troubles digestifs comme des ballonnements ;
- Et surtout des spottings qui sont des saignements imprévisibles, ce phénomène apparaît souvent au bout de 3 à 4 mois de prise continue.
Hormis ces quelques effets secondaires, il n’y a pas de réels dangers pour la santé à prendre la pilule en continu. Alors soyez rassuré, aucune étude n’a démontré que la pilule en continu affecte la fertilité. Certaines femmes peuvent constater une prise de poids avec la prise de la pilule en continu mais il s’agit surtout d’un effet secondaire de la pilule car les hormones contenues (les œstrogènes) interviennent également dans la fabrication et le stockage des graisses.
Optimizette : une pilule microprogestative et l'arrêt des règles
Optimizette appartient à la famille des pilules microprogestatives et utilise le désogestrel comme principe actif. Concrètement, quand l’ovulation est bloquée, il n’y a plus la chute hormonale caractéristique de la fin du cycle qui déclenche les règles. Cela explique pourquoi l’interruption des règles survient souvent chez les utilisatrices d’Optimizette.
Pour rendre cela concret, imaginons Léa, 29 ans. Après trois mois sous Optimizette, elle constate qu’elle n’a plus de saignements mensuels. Son corps s’est adapté : sans ovulation, plus de chute brutale d’hormones, donc plus de menstruations. Plusieurs points méritent d’être soulignés : l’arrêt des règles avec Optimizette n’est pas systématique et varie selon les femmes. Chez certaines, les premiers mois sont marqués par des saignements irréguliers (spotting) avant qu’une absence complète ne s’installe. Il est utile de rappeler que l’interruption n’est pas définitive : l’effet disparaît après l’arrêt de la pilule, et le cycle retrouve progressivement son rythme.
Comme tout traitement hormonal, Optimizette entraîne des effets secondaires possibles. Les plus fréquemment rapportés concernent le plan des saignements et du cycle menstruel : spotting, règles irrégulières, voire absence totale de menstruations. Pour illustrer, Léa a vécu trois mois de spotting avant que ses règles ne s’arrêtent complètement. Ce type de trajectoire est courant et ne signifie pas que la pilule est inefficace ; au contraire, il reflète l’adaptation hormonale en cours.
Il est essentiel de distinguer les effets secondaires bénins et temporaires des signaux d’alerte qui nécessitent une consultation. En résumé, les variations du cycle sous Optimizette sont fréquentes mais rarement alarmantes. Pour beaucoup, l’absence de règles représente un gain de qualité de vie. Parmi les bénéfices concrets : disparition des douleurs menstruelles, réduction du syndrome prémenstruel, économie sur les protections hygiéniques, et plus de libertés pour les activités sportives et les voyages.
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Conseils pour une utilisation sereine d'Optimizette
Il est cependant important d’adopter des repères simples pour vivre sereinement cette nouvelle réalité corporelle. Pour les personnes sportives ou en profession active, l’absence de règles est souvent décrite comme libératrice. Des retours terrain montrent que nombre d’utilisatrices retrouvent un confort corporel et un meilleur sommeil. Il est utile de savoir distinguer ce qui relève d’une adaptation normale de ce qui nécessite un avis médical. Par ailleurs, certaines interactions médicamenteuses peuvent diminuer l’efficacité d’Optimizette. Il est important d’informer le praticien de tous les traitements en cours, y compris les phytothérapies ou médicaments pour des pathologies chroniques.
Enfin, si l’objectif est de maîtriser le contrôle des règles pour des raisons médicales (endométriose, ménorragies), Optimizette peut être proposé et surveillé de près. Beaucoup se demandent si l’interruption des règles avec Optimizette est définitive. La réponse est claire : l’effet est réversible. Les délais de retour varient selon les personnes.
Alternatives à la pilule pour la contraception hormonale
Les méthodes contraceptives hormonales offrent différentes options pour celles qui souhaitent gérer ou supprimer leurs règles.
- Le DIU hormonal (stérilet hormonal) : Ce dispositif intra-utérin libère des hormones progestatives directement dans l’utérus. Il est très efficace pour réduire l’abondance et la durée des règles, et chez de nombreuses utilisatrices, il entraîne une aménorrhée (absence de règles) complète après quelques mois d’utilisation. Sa durée d’action est de plusieurs années (généralement 3 à 5 ans selon le modèle).
- L’implant contraceptif : Ce petit bâtonnet inséré sous la peau du bras libère également des progestatifs en continu. Il peut entraîner une absence de règles chez certaines personnes, ou des saignements irréguliers chez d’autres. Son efficacité contraceptive dure 3 ans.
- L’injection contraceptive : Administrée tous les trois mois, cette injection de progestatifs peut également entraîner une absence de règles. C’est une option pour celles qui préfèrent une méthode non quotidienne.
- Le patch contraceptif et l’anneau vaginal : Ces méthodes, comme la pilule œstroprogestative, permettent de décaler les règles en prolongeant leur utilisation sans la période d’arrêt habituelle. Par exemple, pour le patch, il suffit de coller un nouveau patch après trois semaines au lieu de faire la semaine de pause. Pour l’anneau vaginal, on insère un nouvel anneau immédiatement après avoir retiré le précédent.
Les progestatifs seuls : une solution ponctuelle
Pour les personnes qui n’utilisent pas de contraception hormonale mais souhaitent retarder leurs règles de manière ponctuelle (par exemple, pour des vacances), votre médecin peut prescrire un traitement à base de progestatifs (comme la noréthistérone). Ce médicament doit être commencé quelques jours avant la date prévue des règles et pris pendant toute la durée souhaitée du décalage. Les règles reviennent généralement quelques jours après l’arrêt du traitement.
Cette méthode est destinée à un usage occasionnel et ne doit pas être utilisée de manière régulière. Elle ne constitue pas une contraception et ne protège pas contre les grossesses. De plus, elle peut entraîner des effets secondaires tels que des nausées, des maux de tête ou des tensions mammaires.
Est-il dangereux d’arrêter ou de retarder ses règles avec ces méthodes ?
La réponse est claire : non, il n’y a aucun danger pour la santé à arrêter ou retarder ses règles sous surveillance médicale. Les saignements menstruels sont le résultat d’un cycle hormonal et non une nécessité physiologique pour la santé. De nombreuses femmes dans le monde ont des cycles irréguliers ou des aménorrhées naturelles sans que cela ne pose de problème de santé. Au contraire, pour les personnes souffrant de règles très douloureuses (dysménorrhée) ou très abondantes (ménorragies), l’arrêt des règles peut considérablement améliorer leur qualité de vie et prévenir des complications comme l’anémie.
Cependant, il est important de signaler à votre médecin tout effet secondaire indésirable ou toute inquiétude. Par exemple, les « spottings » (petits saignements irréguliers) peuvent survenir lors de la prise de pilule en continu, mais ils sont bénins et n’affectent pas l’efficacité contraceptive.
Les « méthodes naturelles » : mythes, inefficacité et dangers potentiels
Internet regorge de conseils et d’astuces pour retarder ou arrêter ses règles par des moyens « naturels » : boire du jus de citron, du vinaigre de cidre, prendre des bains chauds, consommer de la gélatine, ou encore des infusions de plantes diverses. Face à ces suggestions, il est impératif d’être extrêmement vigilant : aucune de ces méthodes n’a prouvé son efficacité scientifiquement pour influencer le cycle menstruel, et certaines peuvent même présenter des risques pour la santé.
Pourquoi ces méthodes sont-elles inefficaces ?
Le cycle menstruel est un processus complexe, finement régulé par un équilibre hormonal délicat. Les hormones (œstrogènes et progestérone) agissent sur l’utérus pour préparer une éventuelle grossesse. Les règles surviennent lorsque cet équilibre hormonal chute, entraînant le détachement de la muqueuse utérine. Des aliments ou des pratiques non médicales n’ont tout simplement pas le pouvoir d’interférer de manière significative avec ce mécanisme physiologique.
Les témoignages d’efficacité que l’on peut trouver en ligne relèvent souvent de l’effet placebo, d’une coïncidence (les règles peuvent naturellement varier en durée et en intensité), ou d’une mauvaise interprétation. Il est facile de croire qu’une méthode a fonctionné si les règles sont arrivées plus tard que prévu, alors que ce retard aurait pu se produire de toute façon.
Dangers potentiels de certaines pratiques
- Consommation excessive de citron ou de vinaigre de cidre : Ces pratiques peuvent entraîner des brûlures d’estomac, des ulcères, et à long terme, des problèmes digestifs chroniques.
- Infusions de plantes sans avis médical : Certaines plantes ont des propriétés médicinales, mais leur utilisation doit être encadrée par une professionnelle de santé (médecin, phytothérapeute). Des plantes comme la grande camomille, le persil ou le gingembre sont parfois citées pour leurs prétendues vertus emménagogues (qui favorisent le flux menstruel), mais leur efficacité pour retarder les règles n’est pas prouvée, et leur consommation à fortes doses peut être toxique, interagir avec des médicaments, ou provoquer des effets secondaires indésirables (troubles digestifs, réactions allergiques, etc…).
- Bains très chauds ou efforts physiques intenses : Bien que le stress ou une activité physique intense puissent parfois influencer le cycle menstruel (retardant les règles ou les rendant plus légères), les utiliser délibérément et de manière excessive pour tenter de stopper les règles peut être risqué. Les bains très chauds peuvent provoquer des malaises, et un surentraînement physique peut entraîner des déséquilibres hormonaux plus graves, voire une aménorrhée pathologique, qui nécessite une prise en charge médicale.
Le corps est un système complexe. Tenter de le manipuler avec des méthodes non prouvées et potentiellement agressives peut avoir des conséquences imprévues et néfastes sur la santé générale. En cas de doute ou de question, la seule démarche responsable est de consulter une professionnelle de santé.
L’influence du mode de vie : un impact indirect mais réel
Si les « remèdes miracles » sont à proscrire, certains facteurs liés au mode de vie peuvent influencer le cycle menstruel, mais de manière indirecte et non contrôlable :
- Le stress : Un stress intense, qu’il soit physique ou émotionnel, peut perturber l’équilibre hormonal et entraîner un retard ou une absence temporaire de règles (aménorrhée de stress). Cependant, il ne s’agit pas d’une méthode pour contrôler ses règles, et le stress chronique est néfaste pour la santé.
- L’alimentation et le poids : Des changements drastiques de poids (perte ou gain important), des régimes restrictifs ou des troubles alimentaires peuvent affecter la régularité du cycle menstruel, voire provoquer une aménorrhée. Une alimentation équilibrée est essentielle pour un bon fonctionnement hormonal.
- L’activité physique : Un entraînement sportif très intense et prolongé, notamment chez les athlètes de haut niveau, peut entraîner une aménorrhée. C’est un signe de déséquilibre énergétique et hormonal qui doit être pris au sérieux et suivi médicalement.
Ces facteurs ne sont pas des leviers pour « arrêter » ses règles à volonté, mais des indicateurs de la sensibilité du corps aux déséquilibres. Si vous constatez des perturbations de votre cycle liées à votre mode de vie, il est important d’en parler à une professionnelle de santé pour identifier la cause et y remédier de manière saine et durable.
Idées reçues sur la pilule en continu et l'absence de règles
L’idée selon laquelle prendre la pilule sans discontinuité serait mauvais pour la santé est répandue. D’après un sondage YouGov réalisé pour 20 Minutes en 2020, 50 % des femmes qui n’ont jamais décalé ou supprimé leurs règles ne l’ont pas fait principalement parce que cela ne leur paraît « pas naturel », et 23 % par peur des effets négatifs sur la santé. « On m’a toujours dit que cela pouvait amener à devenir stérile, témoigne Whitney sur X. Mon médecin généraliste le pense et je l’ai toujours entendu. »
Ces idées reçues n’étonnent pas Julia Maruani, gynécologue médicale et secrétaire générale de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale (FNCGM). « Il y a beaucoup de croyances, notamment religieuses, sur la nécessité des règles. Il y a l’idée selon laquelle le sang éliminé permet de nettoyer le corps de la femme. Mais les règles ne nettoient rien, cela veut juste dire qu’il n’y a pas eu fécondation. » Julia Maruani voit aussi dans cette peur de l’absence de règles une « hormonophobie » [la peur des effets secondaires des hormones], un phénomène qu’elle juge de plus en plus présent.
Elise Thiébaut, autrice de Ceci est mon sang (Éditions La Découverte), considère, elle, que cette idée est inscrite dans « notre mémoire ancestrale ». « Historiquement, le fait de ne pas avoir ses règles est le signe d’un dysfonctionnement. Pendant des siècles, les femmes mesuraient leur état de santé selon leurs menstruations, qui montraient qu’elles étaient en capacité de tomber enceintes. Cela fait seulement trois générations que l’on peut arrêter ses règles, ce n’est rien. »
Les règles sous pilule : de fausses règles « sans intérêt » ?
Mais enchaîner les comprimés abîme-t-il vraiment le corps ? « Il n’y a aucun danger à la prendre en continu, peu importe le type de pilule, sachant que les règles sous pilule ne sont pas des vraies règles mais des hémorragies de privation », tranche Julia Maruani. En gros, une femme qui ne prend pas de contraception hormonale a un cycle hormonal naturel, avec une ovulation, une absence de fécondation (sauf en cas de grossesse) et donc une chute d’hormone qui va entraîner l’élimination de l’endomètre et faire saigner. Sous pilule de 21 jours, il n’y a plus d’ovulation. C’est seulement l’arrêt des hormones au début de la 4e semaine qui va provoquer un saignement. « Ces fausses règles n’ont aucun intérêt d’un point de vue médical », confirme le gynécologue François Guillibert.
« Quand les pilules œstroprogestatives ont été créées, elles ont été pensées pour être prises pendant 21 jours. Mais c’est au fur et à mesure des connaissances sur le cycle qu’on s’est rendu compte que la prendre en continu ne pouvait pas avoir d’impact sur la santé », ajoute Julia Maruani.
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