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Pilule Abortive : Effets Secondaires à Long Terme

L'interruption volontaire de grossesse (IVG), qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, est un acte encadré par la loi en France. Bien que légale et accessible, elle suscite de nombreuses interrogations, notamment concernant ses effets secondaires potentiels à long terme. Il est donc essentiel de démystifier les idées reçues et d'informer précisément sur les risques et les suites possibles d'une IVG.

IVG Médicamenteuse : Fonctionnement et Effets Immédiats

L'IVG médicamenteuse est une méthode qui consiste à interrompre la grossesse par la prise de médicaments. Elle est possible jusqu'à la 7e semaine de grossesse (9 semaines d'aménorrhée). Elle se déroule en plusieurs étapes :

  1. Première consultation : Entretien avec un médecin ou une sage-femme pour recevoir les informations nécessaires, un entretien psycho-social et un certificat de demande d'IVG. Un délai de réflexion de 8 jours est obligatoire.
  2. Deuxième consultation : Confirmation écrite de la demande d'IVG, examen gynécologique et échographie pour dater la grossesse.
  3. Prise de mifépristone : Ce premier comprimé, pris à l'hôpital ou chez le médecin, bloque l'action de la progestérone, hormone essentielle au maintien de la grossesse. Il fait croire au corps que vous n’êtes plus enceinte.
  4. Prise de misoprostol : Deux ou trois jours plus tard, ce deuxième médicament provoque des contractions utérines pour expulser l'embryon. La prise peut se faire à domicile, par voie vaginale ou sublinguale. La prise de misoprostol est déconseillée par voie vaginale par les laboratoires (risque de douleurs abdomino pelviennes plus fréquentes).

Effets secondaires immédiats :

  • Douleurs : Elles sont souvent comparées à des douleurs de règles, mais plus intenses, dues aux contractions utérines. Des antidouleurs sont prescrits systématiquement.
  • Saignements : Ils sont plus abondants que des règles et peuvent durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines (10 à 20 jours). Des caillots de sang peuvent être présents. La patiente lors d’une interruption de grossesse médicamenteuse peuvent survenir entre 30mn et 3 jours après la prise de médicament. Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du 2ème médicament, le misoprostol. Dans 5% des cas, ces saignements surviennent dès la prise de la mifépristone.
  • Troubles digestifs : Nausées, vomissements, diarrhées sont possibles.

IVG Chirurgicale : Procédure et Suites Opératoires

L'IVG chirurgicale, réalisée à l'hôpital ou dans une clinique spécialisée, consiste à aspirer l'œuf présent dans l'utérus. Elle est pratiquée sous anesthésie locale ou générale et nécessite d'être à jeun.

  1. Consultation pré-anesthésique : Discussion avec un anesthésiste au moins 48h avant l'intervention.
  2. Préparation : Des comprimés sont insérés dans le vagin pour favoriser la dilatation du col utérin. Une anesthésie locale du col est réalisée.
  3. Aspiration : L'œuf est aspiré à l'aide d'un petit aspirateur, parfois complété par un curetage pour vérifier qu'il ne reste plus rien dans la cavité utérine.
  4. Surveillance post-opératoire : La patiente reste sous surveillance quelques heures.

Effets secondaires immédiats :

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  • Douleurs : Généralement faibles grâce à l'anesthésie et aux antalgiques prescrits.
  • Saignements : Similaires à des règles, ils durent quelques jours.
  • Troubles digestifs : Diarrhées ou nausées causées par les antibiotiques (uniquement en cas d’IVG chirurgicale par aspiration ou d’avortement instrumental).

Effets Secondaires à Long Terme : Mythes et Réalités

Contrairement à certaines idées reçues, l'IVG, qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, n'entraîne pas de stérilité si elle est réalisée dans des conditions médicales adéquates. Les complications graves sont rares et surviennent généralement suite à des infections ou des lésions de l'utérus.

Stérilité : Le risque de stérilité est exceptionnel et lié à un syndrome rarissime, le syndrome d'Asherman, qui peut survenir en cas de curetage important ayant endommagé les muqueuses utérines. Désormais, La technique par aspiration limite beaucoup la réalisation de ces curetages, plus agressifs, autrefois réalisés.Grossesse extra-utérine et fausse couche : L'IVG n'augmente pas le risque de grossesse extra-utérine ou de fausse couche ultérieure.Cancer : Il n'existe aucun lien avéré entre l'IVG et un risque accru de cancer du sein ou du col de l'utérus.

Suites Psychologiques : Un Accompagnement Nécessaire

Les conséquences psychologiques d'une IVG sont variables d'une femme à l'autre. Il n'existe pas de "syndrome post-avortement" systématique. Le vécu de l'IVG dépend du contexte personnel, de l'accompagnement reçu et des convictions individuelles.

Certaines femmes peuvent ressentir de la tristesse, de la culpabilité ou de l'anxiété. Il est important de ne pas nier ces émotions et de proposer un accompagnement psychologique adapté si nécessaire. Parler à un professionnel de santé, un psychologue ou une association peut être bénéfique.

Complications Possibles et Signes d'Alerte

Bien que rares, des complications peuvent survenir après une IVG. Il est important de connaître les signes d'alerte et de consulter rapidement un médecin en cas de :

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  • Fièvre : Température supérieure à 38,5°C pendant plus d'une journée.
  • Saignements abondants : Nécessité de changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes pendant plus de deux heures.
  • Douleurs abdominales intenses : Persistant malgré la prise d'antalgiques.
  • Malaise.
  • Pertes inhabituelles en couleur et odeur.

Une consultation de contrôle est programmée 14 à 21 jours après l'IVG pour s'assurer de l'absence de complications et vérifier que la grossesse est bien interrompue.

Contraception Après une IVG : Un Choix Essentiel

Il est possible de tomber enceinte très rapidement après une IVG. Il est donc essentiel de choisir une méthode contraceptive adaptée et de la mettre en place dès la reprise des rapports sexuels.

Toutes les méthodes contraceptives sont possibles après une IVG, sauf cas particulier. Le choix se fait en concertation avec le médecin ou la sage-femme, en fonction des préférences et des besoins de chaque femme. Les centres de santé sexuelle (anciens centres de planification et d’éducation familiale) délivrent à titre gratuit des médicaments ou dispositifs contraceptifs aux mineures désirant garder le secret et aux personnes ne bénéficiant pas d’une couverture sociale.

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