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Production d'œufs fécondés Ross 308 en petite quantité : un élevage précis et technique

L'intégration d'Amandine Piet au Gaec familial en mars 2023 marque un tournant avec l'ajout d'une activité d'élevage de poules reproductrices. Cette diversification s'appuie sur un bâtiment neuf et une approche méticuleuse de la production d'œufs fécondés. L'article explore les spécificités de cet élevage, de la sélection des souches à la biosécurité, en passant par les équipements et les perspectives économiques.

Un projet mûrement réfléchi

Après un bac CGEA (Conduite et Gestion des Exploitations Agricoles) et une expérience dans l'élevage de canes reproductrices, Amandine Piet a souhaité développer sa propre activité au sein du Gaec familial. Dès 2021, elle commence à réfléchir à son projet. L'installation d'un bâtiment dédié à la production d'œufs fécondés de poules Ross 308 est le fruit d'une réflexion approfondie. La zone géographique choisie pour l’implantation du bâtiment est exempte d’élevages avicoles dans un rayon de trois kilomètres, le lieu est idéal. « Depuis toute petite je voulais m’installer, le goût des volailles est venu plus tard. C’est le fait que le travail soit technique et minutieux qui me plaît en volailles repro », ajoute la jeune femme. L'objectif est de créer une exploitation viable, tout en préservant un équilibre entre vie professionnelle et personnelle, avec l'embauche d'un salarié à mi-temps.

Le choix de la souche Ross 308

L'élevage d'Amandine Piet est dédié à la souche Ross 308, reconnue pour ses performances en production de viande. Au sein de son unique bâtiment de près de 115 mètres de long et de 28 mètres de large, elle accueille 22 500 poules repro de souche Ross 308 avec 9,5 % de coqs de souche Ross RJE. Ce choix implique une gestion rigoureuse, notamment en termes de transition et de suivi de la fécondation. « À partir du démarrage, il faut compter quatre semaines de transition pour que les poules pondent et que les coqs cochent. Avant d’incuber, on attend que le poids des œufs soit convenable, puis s’ensuit une période de 10 jours durant lesquels les œufs sont triés », précise Josie Chouteau. Les poules sont gardées durant 10 mois avant de partir à l’abattoir. En 10 mois, ce sont environ 200 œufs qui seront pondus par chaque poule, « mais il est difficile de donner un nombre d’œufs fécondés sur l’ensemble », complète la technicienne de Boyé Accouvage. Les prévisions d’éclosions sont adaptées en fonction de la capacité de production du bâtiment.

Un bâtiment optimisé pour le bien-être animal et la performance

Le bâtiment de 3 500 m2 a été conçu pour optimiser le bien-être des animaux et la performance de l'élevage. Le bâtiment est flambant neuf. Tout est prêt pour accueillir les 22 500 poules Aviagen Ross 308 et les quelque 2 100 coqs jaunes RJ-e en avril. Les 3 500 m2 comprennent une surface d’élevage de 3 220 m2 (115 x 28 m) et un sas de 8 x 28 m. Le choix d’un seul bâtiment l’a emporté sur deux plus petits en raison du moindre coût. « C’est devenu la norme en Europe et notamment en Allemagne », précise Josie Chouteau, technicienne poule reproduction chez Boyé Accouvage. L'investissement s'élève à 1,35 million d'euros (386 euros par mètre carré couvert). Les équipements installés par Applica Soft Agri sont intégralement de conception allemande (Big Dutchman).

Ventilation et régulation thermique

Une attention particulière a été portée à la ventilation et à la régulation thermique. Un filet mobile accroché au faîtage permet de séparer si besoin l’élevage en deux lots génétiquement différents. Trois zones d’élevage sont délimitées par deux rangées doubles de pondoirs, bordées de caillebotis de 1,80 m. Amovibles, ils faciliteront le nettoyage au vide sanitaire. Les toits des pondoirs sont relevables par treuil motorisé. L’air frais entre par des cheminées Fumus. Une nouveauté, la ventilation est assurée par une cheminée d’air Fumus. « C’est le premier bâtiment Boyé avec ce système », souligne la technicienne. L’air frais extérieur est envoyé dans le poulailler par un ventilateur installé dans la partie basse de la cheminée. Un répartiteur d’air contrôle la quantité de l’air entrant. Ainsi, de la position du clapet dépend la proportion d’air frais et d’air vicié. « Il est possible d’avoir 100 % d’air frais, 100 % d’air intérieur ou un mixte des deux. » L’extraction est réalisée par des cheminées en toiture, renforcée l’été par des turbines au pignon. Des jalousies latérales disposées à l’opposé sur les côtés peuvent être actionnées pour faire entrer plus d’air, si besoin. Quatre lignes de brumisateurs haute pression rafraîchissent l’ambiance en période chaude. Le bâtiment protégé par 60 mm d’isolant est chauffé par deux canons au gaz, un brasseur d’air assure une bonne circulation. Des jalousies peuvent être ouvertes en période chaude pour augmenter la vitesse de circulation de l’air.

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Alimentation et abreuvement

La distribution d'aliments est optimisée pour garantir une ration homogène à chaque animal. La chaîne d’alimentation des poules comprend six circuits de chaînes plates approvisionnées chacune par les deux silos de 30 m3. « L’objectif est de distribuer rapidement pour que chaque animal accède à l’aliment en même temps et consomme une ration identique. » Les coqs disposent de quatre lignes d’assiettes alimentées par un silo de 12 m3. Ces équipements sont relevables sur tube de manière à favoriser l’activité des coqs et faciliter le travail de l’éleveuse (surveillance, ramassage des œufs, brassage de la litière). « C’est plus cher mais plus confortable », indique Amandine.

Collecte et conditionnement des œufs

La collecte et le conditionnement des œufs sont facilités par des équipements modernes. Dans la salle de conditionnement, les œufs triés sont déposés dans les plateaux par une emballeuse. La manutention est facilitée grâce à une table élévatrice ancrée dans une fosse. « Je chargerai les plateaux de 150 œufs dans le chariot toujours à la même hauteur », prévoit Amandine. La ventouse dépose les œufs dans les plateaux de 150.

Biosécurité et suivi sanitaire

La biosécurité est une priorité absolue dans cet élevage. La conception du bâtiment et les protocoles mis en place visent à prévenir l'introduction et la propagation de maladies. La biosécurité a été particulièrement étudiée.

Partenariat avec Boyé Accouvage

Amandine Piet travaille en étroite collaboration avec Boyé Accouvage, une filiale de Terrena spécialisée dans l'accouvage. L’amortissement du poulailler est prévu sur douze et quinze ans, en accord avec le contrat d’engagement Boyé Accouvage établi sur douze ans. Ce dernier fournit les animaux, la litière, les aliments et compléments alimentaires et le suivi technique. L’éleveuse a en charge le bâtiment et son fonctionnement (eau, électricité). Pour sa prestation de services, elle sera rémunérée sur la base du nombre d’œufs produits (environ 4,5 millions), des performances d’éclosion (80 % attendus) et de la qualité des poussins. S’ajoute une aide à l’investissement Boyé étalée sur douze ans. 1,1 million de poussins (80 % en standard et 20 % en coloré) et 300 000 pintadeaux sortent chaque semaine des trois couvoirs de Boyé Accouvage, la filiale de Terrena basée dans les Deux-Sèvres. Les œufs fécondés proviennent d’une trentaine d’élevages (110 000 m²) de reproducteurs situés dans les départements alentour. De nouveaux éleveurs vont venir grossir le rang des partenaires. « Certains sont proches de la retraite, nous prospectons pour établir de nouveaux partenariats », explique Josie Chouteau. « Notre besoin est de 2000 m² supplémentaires par an, dans les trois prochaines années. » Les candidats doivent avoir suivi un cursus agricole, mais pas forcément avicole, l’entreprise assurant une formation interne et des visites de sites. « Tous les œufs pondus sont payés et un système de prime est mis en place en fonction de l’éclosion des œufs », complète Josie Chouteau.

Perspectives d'avenir

L'installation d'Amandine Piet témoigne d'une volonté de diversification et de développement d'une agriculture durable. Son projet, basé sur une production d'œufs fécondés de qualité, s'inscrit dans une filière dynamique et en constante évolution. Avec l'embauche d'un salarié à mi-temps afin d’avoir une vie à côté de son exploitation en prenant des week-ends de repos et quelques vacances, elle envisage déjà son avenir.

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