L'énurésie, communément appelée "pipi au lit", est un sujet délicat qui touche de nombreux enfants et leurs familles. Bien que souvent associée à la petite enfance, elle peut persister ou réapparaître, suscitant des interrogations et des inquiétudes. Cet article vise à explorer les causes potentielles de l'énurésie, en particulier l'énurésie secondaire (réapparition des pipis au lit après une période de propreté), et à offrir des pistes pour comprendre et gérer ce phénomène.
Qu'est-ce que l'énurésie secondaire ?
L’énurésie secondaire se définit par la réapparition des pipis au lit chez les enfants de 5 ans et plus, après une période d'au moins six mois sans "accidents" nocturnes. Si mouiller occasionnellement son lit n’est pas pathologique jusqu’à 5 ou 6 ans, l'énurésie secondaire peut être source de malaise et de honte pour l'enfant concerné.
Causes possibles de l'énurésie secondaire
Plusieurs facteurs peuvent être à l'origine de ce phénomène. Il est essentiel de les identifier pour apporter une réponse adaptée.
Facteurs émotionnels et psychologiques
Dans la majorité des cas, un changement ou un événement stressant est à l'origine de l'énurésie secondaire. Parmi ces facteurs, on peut citer :
- Un déménagement.
- L'arrivée d'un nouvel enfant dans la famille.
- Des difficultés scolaires (échec scolaire).
- Tout autre événement provoquant un stress émotionnel.
- Le décès d'un proche.
- Les conflits de couple.
- Une situation de chômage prolongée.
Ces situations peuvent engendrer des sentiments d'abandon, de dévalorisation et blesser l'amour-propre de l'enfant, contribuant ainsi à la régression de la propreté. Il est important de noter que les personnes souffrant d’incontinence révèlent souvent ce que l’on appelle un « terrain dépressif ». Sans être des personnes dépressives à proprement parler, elles présentent une certaine fragilité psychologique, manquent généralement de confiance en elles et ont une image altérée de leur propre corps.
Lire aussi: Solutions pour l'énurésie nocturne
Facteurs physiologiques
L'énurésie secondaire peut également avoir une cause physiologique. Parmi celles-ci :
- Une petite capacité vésicale : Certains enfants ont une vessie de plus faible capacité ou dont le seuil d'éveil est très élevé, ce qui signifie que le besoin d'uriner ne les réveille pas toujours.
- Une production excessive d'urine la nuit : Normalement, la glande hypophysaire sécrète une hormone antidiurétique (ADH) en plus grande quantité la nuit pour ralentir l'activité des reins. Un déficit en ADH peut entraîner une production excessive d'urine nocturne.
- Constipation : La constipation peut exercer une pression sur la vessie et provoquer des fuites.
- Infection urinaire : Une infection urinaire peut irriter la vessie et provoquer des mictions fréquentes et involontaires. Une diminution de la fréquence des mictions, surtout si elle s’accompagne de fièvre, d’irritabilité ou de douleurs lors de la miction, peut être le signe d’une infection urinaire.
Autres facteurs
- Facteurs héréditaires : L'énurésie a souvent une composante héréditaire. Si l'un ou les deux parents ont été énurétiques, l'enfant a plus de chances de l'être également.
- Diabète: Bien que le diabète ne cause pas directement d’énurésie, il provoque une polydipsie (soif excessive), et donc des envies fréquentes et urgentes de faire pipi (polyurie), dont la nuit en dormant.
- Hypertrophie de la prostate: Chez les hommes, l’hypertrophie de la prostate peut entraîner un rétrécissement de l’urètre, rendant difficile l’écoulement de l’urine. On parle alors de rétention d’urine dans la vessie, ce qui provoque de l’incontinence ou énurésie.
- Consommation excessive d'alcool: La consommation d’alcool augmente la quantité d’urine produite et peut causer un relâchement du sphincter ou une incapacité à se réveiller pour aller aux toilettes la nuit.
- Traitements médicamenteux : Certains tranquillisants peuvent pousser une personne à faire pipi au lit à l’âge adulte.
Comment réagir face à l'énurésie secondaire ?
La réaction des parents est cruciale pour aider l'enfant à surmonter cette difficulté.
Adopter une attitude compréhensive et encourageante
Il est essentiel de rassurer l'enfant et de lui faire comprendre qu'il n'est pas responsable de ce qui lui arrive. Grondements et punitions sont à proscrire, car ils ne feraient qu'aggraver son anxiété et sa culpabilité. Il est primordial de lui faire comprendre que ce n’est pas grave et surtout pas de sa faute, que cela finira par s’arrêter.
Mettre en place des mesures simples
Plusieurs mesures peuvent être mises en place pour réduire la fréquence des accidents nocturnes :
- Limiter l'apport de liquides le soir : Inciter l'enfant à boire peu le soir, en évitant les boissons gazeuses ou les soupes trop liquides. Réduire la quantité de liquides que votre enfant consomme juste avant le coucher peut aider à éviter d’avoir une couche qui fuit la nuit. Bien sûr, il est important de s'assurer que votre enfant reste toutefois bien hydraté tout au long de la journée.
- S'assurer que l'enfant vide sa vessie avant de se coucher : Ne pas oublier le pipi avant de se coucher.
- Mettre en place une routine régulière : Établir une routine du coucher relaxante et prévisible peut aider à réduire l'anxiété de l'enfant.
- Utiliser des protections nocturnes : Des sous-vêtements absorbants ou des culottes imperméables peuvent aider à limiter les fuites sur le matelas et à soulager l'anxiété de l'enfant. Absorbantes et discrètes, ces protections de nuit ressemblent à de vrais sous-vêtements et assurent une protection maximale, avec une capacité d’absorption plus importante en fonction de l'âge. Si l'enfant est réticent, insistez bien sur le fait qu’il s’agit de sous-vêtements de nuit absorbants et que ce ne sont pas des couches ce qui aurait pour conséquence de l'infantiliser. Il ne faut jamais les imposer à l'enfant.
- Responsabiliser l'enfant : Encourager l’enfant tout en le responsabilisant. Lui demander par exemple de mettre son pyjama au sale ou de changer ses draps.
- Créer un environnement sécurisant : S’il est en jeune âge, il a peut-être peur de se lever pour aller aux toilettes dans le noir. Pensez aux veilleuses voire aux veilleuses à capteurs de mouvements !
Rechercher un soutien psychologique si nécessaire
Si l'énurésie est liée à un stress émotionnel, un ou plusieurs rendez-vous avec un psychologue ou un pédopsychiatre peuvent aider à y remédier. Le soutien d'un professionnel peut aider l'enfant à exprimer ses émotions et à développer des stratégies d'adaptation.
Lire aussi: Symptômes d'ovulation et miction
Quand consulter un médecin ?
Il est conseillé de consulter un médecin si :
- Les pipis au lit persistent malgré les mesures mises en place.
- L'enfant exprime un malaise important ou de la honte.
- L'énurésie s'accompagne d'autres symptômes, tels que des douleurs abdominales, des mictions fréquentes pendant la journée, une soif excessive ou une perte de poids.
- Il y a des signes d’infection urinaire.
Le médecin pourra évaluer la situation, rechercher d'éventuelles causes médicales et proposer un traitement adapté. Dans un premier temps, on n'est pas obligé de prescrire un médicament, il suffit d'adopter certains gestes simples.
L'alarme stop-pipi
L’alarme stop-pipi est aussi une solution. Sous la forme d’un slip avec capteur qui, dès la détection de la première goutte, va faire sonner une alarme. Celle-ci réveille immédiatement l’enfant qui pourra se lever pour aller faire pipi.
Prévenir les fuites de couches chez les bébés
Bien que cet article se concentre principalement sur l'énurésie chez les enfants plus âgés, il est également important de considérer les fuites de couches chez les nourrissons. Voici quelques conseils pour minimiser ce problème :
- Choisir la bonne taille de couche : Une couche trop petite va comprimer bébé et déborder à la moindre occasion. Trop grande, elle va bailler et laisser passer toutes les fuites. Choisir la bonne taille de couche pour votre bébé, ça change tout. Vérifiez régulièrement la taille de la couche. Si bébé prend du poids ou change de morphologie, il est peut-être temps de passer à la taille supérieure.
- Bien mettre la couche : Vérifiez que la couche est bien centrée, que les attaches sont symétriques et que les barrières anti-fuites (les petits volants sur les côtés) sont bien dépliés. Pour les petits garçons, n'oubliez pas de bien positionner le pénis vers le bas avant de refermer la couche. Cela permet d'éviter les fuites par l'avant.
- Adapter les vêtements : Un body trop ajusté va compresser la couche et l'empêcher d’absorber correctement. Préférez donc des vêtements bien adaptés à la taille de votre bébé. Veillez à ce que le body ne serra pas la couche.
- Changer la couche régulièrement : Même si les couches ont une capacité d'absorption importante, il est recommandé de changer régulièrement votre bébé afin que sa peau ne reste pas en contact prolongé avec les selles et les urines et pour éviter que la couche n'atteigne sa limite d'absorption. Changez bébé régulièrement, surtout les premiers mois lorsque les selles sont parfois très liquides, notamment chez les bébés allaités.
- Choisir des couches de qualité : Toutes les couches ne sont pas fabriquées de la même manière. Certaines ont un très bon système d’absorption et d’autres, beaucoup moins. Veillez à toujours utiliser des couches sures pour votre bébé et préférez les couches avec une capacité d’absorption d’au moins 12h limitant au maximum le risque de fuites. Privilégiez des couches bien absorbantes, qui obtiennent la meilleure note d'absorption A.
Régression de la propreté chez l'enfant
Après une période de propreté acquise, il arrive que les enfants connaissent une régression et recommencent à avoir des accidents. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène :
Lire aussi: Couche Alarme Pipi: Guide Complet
- Changements majeurs : Si la vie de l’enfant a été chamboulée par un grand changement, il faut en parler avec lui et l’encourager à exprimer ses émotions.
- Problèmes à l'école : Si l’enfant ne veut plus aller sur le pot, car il déteste les toilettes de l’école, les parents doivent s’efforcer de trouver des solutions, en collaboration avec l’enfant, pour résoudre le problème.
- Jalousie : Parce que le nouveau bébé porte des couches et monopolise l’attention des parents.
- Pression : Les pédagogues Montessori invitent les parents à encourager les enfants dans leur curiosité et leur envie d’être propres, en le mettant sur le pot s’ils en font la demande, même s’ils n’ont pas encore cette capacité, et en évitant toute pression liée à l’attente de résultats.
Dans ces situations, il est important de faire preuve de patience et de compréhension, d'identifier la cause du problème et d'aider l'enfant à retrouver confiance en lui.
Diminution de l'émission d'urine chez le bébé
Il est également important de surveiller la quantité d'urine produite par le bébé. Une diminution de l’émission d’urine peut être un signe de déshydratation ou d'autres problèmes de santé.
Causes possibles
- Apport liquidien insuffisant : Si un bébé a pris moins de lait ou s’il vient d’être sevré, il est normal qu’il urine moins et qu’il laisse une couche sèche.
- Chaleur : Par temps chaud, ne vous inquiétez donc pas que bébé émet peu d’urine.
- Fièvre : De même, si bébé a une forte fièvre.
- Infection urinaire : Une diminution de la fréquence des mictions, surtout si elle s’accompagne de fièvre, d’irritabilité ou de douleurs lors de la miction, peut être le signe d’une infection urinaire.
- Maladies rénales : Certaines maladies plus graves mais moins fréquentes peuvent être à l’origine d’une diminution du volume des urines. Il s’agit de pathologies liées à une insuffisance rénale.
Que faire ?
- Augmenter l'hydratation : Augmentez les fréquences de ses tétées, surtout si elles sont de courte durée. Chez un bébé sevré, l’augmentation et la diversification des boissons est recommandée. Introduisez du jus de fruits et de légumes, sans addition de sucres, et des bouillons à ce qu’il boit en journée.
- Consulter un médecin : Si, au bout d'une semaine après avoir pris ces mesures, le volume d’urine de l’enfant ne change pas, une consultation pédiatrique s’impose.
tags: #pas #de #pipi #dans #la #couche